Les Lumières à l'ère numérique (dite commission Bronner) est une commission française chargée de faire des propositions dans les champs de l'éducation, de la régulation des réseaux sociaux., de la lutte contre les et de la désinformation. La commission, présidée par le sociologue Gérald Bronner, est installée par le président de la République Emmanuel Macron le .
Contexte thumb|alt= Mosaïque de 4 images durant une manifestation. Un gilet jaune inscrit L'état veut dissoudre le peuple en élire un autre bankable, le peuple pas d'accord. Un panneau avec une croix gammée en forme de qr code. Un panneau avec Ceausescu barré et Macron point d'interrogation. Un panneau avec Mes anticorps avec vax, immunité contre contre le covid 19 seulement à vie, voici votre choix et Mes anticorps sans vax immunité inné ayant un impact sur des millions de maladies à vie, voici mon choix|Manifestation contre le passe sanitaire à Paris, le 17 juillet 2021. . Le Parlement français a adopté une loi contre la manipulation de l'information fin 2018. La loi crée un devoir de coopération des plateformes, qui doivent mettre en œuvre des mesures en vue de lutter contre la diffusion de fausses informations susceptibles de troubler l'ordre public. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), qui est chargé de la supervision de l'application de la loi, a publié le le deuxième bilan de l’application et de l’effectivité des mesures mises en œuvre par les plateformes pour lutter contre la diffusion de fausses informations..
En , le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (Viginum), une agence nationale de lutte contre les manipulations de l'information, est mis en place sous l'égide du secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN). Il doit , en particulier dans le cadre de l'élection présidentielle française de 2022, qui suscite des d'ingérences étrangères..
La régulation des plateformes est en cours de révision au niveau européen. Les autorités françaises espèrent une adoption du « Digital Services Act » en 2022... En parallèle, la Commission européenne envisage de renforcer son code des bonnes pratiques contre la désinformation en ajoutant des contraintes et des obligations..
Hasard du calendrier, deux députés ex-LREM, Matthieu Orphelin et Paula Forteza, publient le un rapport sur le complotisme dans lequel ils font dix propositions.. Le Conseil national du numérique a également publié en juin une étude sur les infox afin de nourrir le débat avant la prochaine élection présidentielle...
Objectifs La commission Bronner a huit thématiques de travail. : le rôle des algorithmes(il s'agit de la révolution algorithmique en matière d’organisation de l’information et du rôle des logiques algorithmiques dans les dynamiques de diffusion de la fausse information) ; le financement des infox (fake news) ; les moyens de développer l'esprit critique ; la liberté éditoriale des médias face à la pression de la dérégulation du marché de l'information ; les types de dispositifs juridiques possibles ; les mécanismes psychologiques et sociologiques qui conduisent à la diffusion de fausses nouvelles ; les ingérences étrangères ; et le type de citoyenneté numérique et d'espace démocratique renouvelé pouvant être mis en place.
Jean Garrigues insiste sur l'indépendance du groupe de réflexion : , ..
Le communiqué de l'Élysée précise les objectifs. : « Définir un consensus scientifique qui sera mis à disposition du grand public, des médias, des acteurs de la société civile sur l'impact d'Internet dans nos vies de citoyens : notre information, notre rapport à l'autre, notre représentation du monde et de nous-même, notre exposition à des biais cognitifs qui peuvent enfermer. Formuler des propositions dans les champs de l'éducation, de la prévention, de la régulation, et de la judiciarisation des entrepreneurs de haine afin de libérer la société des bulles qui enferment une partie de nos concitoyens et nourrissent les extrémismes, la haine, la violence, les dérives sectaires et les obscurantismes. Proposer de nouveaux espaces communs de la démocratie, de la citoyenneté, du collectif qui puissent trouver leur place dans le monde numérique, donner du sens à des citoyens isolés. Développer une analyse historique et géopolitique de l'exposition de la France aux menaces internationales qui pèsent sur notre démocratie et notre société au travers d'Internet et des recommandations sur les enjeux à porter dans le débat international et européen. »
Critiques L'objectif même de la commission est critiqué. Pour la journaliste Eugénie Bastié, « il ne faut pas surestimer une menace complotiste qui, si elle existe, reste marginale ». Elle rappelle que les trois quarts des Français sont vaccinés et qu'une large majorité a approuvé le passe sanitaire.. Julien Giry, chercheur en science politique à l’université de Tours, rappelle qu'.
L'historien Emmanuel Kreis déplore l’utilisation massive du qualificatif par les politiques et les experts, ce qui a contribué à galvauder la notion..
La philosophe Aliénor Barrière dénonce .. Cette interprétation est aussi celle de Philippe Bilger qui dénonce également ..
En , François-Bernard Huyghe, directeur de recherches à l'Iris et président de l'Observatoire stratégique de l'information, déclare dans Le Figaro : . .
L'intervention de l'État est également questionnée. Pour Eugénie Bastié, « ce n’est pas à l’État de lutter contre le complotisme, mais à chaque citoyen ». Pour le maire de Cannes David Lisnard, l'État doit se concentrer sur « le niveau de l'instruction publique, l'apprentissage de la raison critique et de l'esprit scientifique, meilleurs antidotes au complotisme »..
Fonctionnement Le , Le Journal du dimanche évoque pour la première fois la création d'une commission devant analyser .. Puis L'Express dévoile un peu plus l'initiative présidentielle dans deux articles publiés le 27 et le ... La commission Bronner, officiellement intitulée « Les Lumières à l'ère numérique », est lancée le . Il s'agit de la troisième commission mise en place par Emmanuel Macron durant le quinquennatLa commission des 1000 premiers jours de l'enfant en 2019 et le rapport Blanchard Tirole en 2021..
La commission a tenu sa première réunion le . Gérald Bronner et Laurent Cordonier travaillent à temps plein pour la commission. Tous les membres se réunissent une à deux fois par semaine. La commission procède à des auditions : grands acteurs français du monde numérique, experts sur la question de la régulation algorithmique, médias, juges et magistrats., etc. Pour plus de transparence, les auditions sont filmées. Le rapport est rendu public le . et communiqué à chaque personne candidate à l'élection présidentielle. 150 auditions et contributions ont été réalisées.. Il présente de manière synthétique l'état des connaissances de la désinformation à l'ère du numérique et propose 30 recommandations de moyens de lutte.
Les conclusions du rapport sont vivement critiquées dans AOC-Média par Julien Giry, Antoine Hardy, Philippe Huneman, Emmanuel Kreis, Jérôme Lamy et Arnaud Saint-Martin..
Composition La commission est composée initialement de quatorze personnes (sept hommes et sept femmes) et présidée par Gérald Bronner.
La composition de la commission est critiquée, notamment, le , dans une tribune du Monde. par la pneumologue Irène Frachon. pour la présence de l'urologue Guy Vallancien, lequel démissionne le et n'est pas remplacé.
Membres de la commission thumb|Gérald Bronner en 2018. Gérald Bronner, sociologue, membre du conseil scientifique de Conspiracy Watch. et du conseil d'administration de la Fondation Descartes. et rédacteur au Point. Roland Cayrol, politologue et directeur de recherche associé au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF). Laurent Cordonier, chercheur en sciences sociales à la Fondation Descartes Frédérick Douzet, professeure de géopolitique à l'Université Paris-VIII et membre du conseil scientifique de la Fondation Descartes. Rose-Marie Farinella, ancienne journaliste, professeure des écoles, spécialisée dans l'analyse des infox. Aude Favre, journaliste et créatrice de la chaîne YouTube Aude WTFake Jean Garrigues, historien, professeur à l’université d’Orléans, président du Comité d’histoire parlementaire et politique et rédacteur à Franc-Tireur. Rahaf Harfoush, consultante en stratégie, écrivaine et membre du Conseil national du numérique Rachel Khan, actrice, écrivaine, juriste et rédactrice à L'Express et Franc-Tireur. Anne Muxel, directrice de recherches en sociologie et en science politique au CEVIPOF., directrice du domaine Défense et société de l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM) et membre du conseil d'administration de la Fondation Jean Jaurès Rudy Reichstadt, directeur de l'Observatoire du complotisme (association éditrice du site Conspiracy Watch) et rédacteur à L'Express et Franc-Tireur Iannis Roder, professeur agrégé d'histoire en Seine-Saint-Denis, président de l’Observatoire du conspirationnisme (association éditrice du site Conspiracy Watch). et directeur de l'Observatoire de l'éducation de la Fondation Jean Jaurès Bertrand Warusfel, professeur de droit à l'Université Paris-VIII et avocat. Annette Wieviorka, historienne, spécialiste de l'histoire et de la mémoire de la Shoah
Guy Vallancien Le , Guy Vallancien est désigné membre de la commission « Les Lumières à l'ère numérique ».. La présence de l'urologue et membre du conseil scientifique de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques est vite critiquée. La pneumologue Irène Frachon, lanceuse d'alerte de l'affaire du Mediator, publie une tribune dans Le Monde où elle qualifie Guy Vallancien de , et déplore sa participation à la commission, estimant qu'elle ne fera que ... Outre l'affaire du Mediator, l'affaire dite du charnier de Paris-Descartes est évoquée. Guy Vallancien dirigeait le Centre du don des corps de l'université de Paris-Descartes au moment des faits. Enfin, le médecin venait d'écoper le d'un blâme de la part de l'Ordre des médecins pour avoir rédigé un certificat médical .. La commission décide le de maintenir Guy Vallancien dans ses rangs.. Mais les critiques se poursuivant, Guy Vallancien démissionne trois jours plus tard tout en dénonçant l'..
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Accusations d'ingérences russes dans l'élection présidentielle américaine de 2016, Loi contre la manipulation de l'information (), Loi contre les contenus haineux sur internet (), Loi confortant le respect des principes de la République (), Observatoire de la haine en ligne (), Viginum, agence française de lutte contre les manipulations de l'information (), Hold-up, film documentaire indépendant conspirationniste (), Manifestations contre les mesures vaccinales de 2021.
Liens externes
Rapport, Enregistrement vidéo des auditions « Les Lumières à l'ère numérique » : lancement de la commission Bronner, sur elysee.fr « Liberté, Égalité… Vérité » : 10 mesures pour lutter contre le complotisme, par Paula Forteza et Matthieu Orphelin Récits et contre-récits. Itinéraire des fausses informations en ligne, par Adrien Basdevant et Rahaf Harfoush
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