Arundhati Roy (née le à Shillong en Inde) est une écrivaine et militante indienne. Elle est notamment connue pour son roman Le Dieu des Petits Riens, qui lui a valu le prix Booker en 1997 et a été cité par le New York Times et le Guardian comme l'un des livres les plus remarquables de l'année, ainsi que pour son engagement en faveur de l'écologie, des droits humains, de l'altermondialisme, de la réduction des inégalités et de la dignité humaine. D'inspiration chrétienne, sa réflexion littéraire s'interroge notamment sur les questions de l'amour universel et de la justice sociale.

Elle a également travaillé ponctuellement pour le cinéma et la télévision, comme scénariste et actrice.

Selon le New Yorker, elle est considérée comme l'un des 20 auteurs anglo-saxons les plus significatifs du .

Biographie Arundhati Roy est née en Inde, à Shillong, au sein d'une famille et d'un environnement chrétiens, dans l'État d’Assam.. Sa mère, Mary Roy, est une chrétienne de saint Thomas (chrétienne syriaque malayalie) et militante des droits des femmes, originaire du Kerala.. Son père est Rajib Roy, bengali hindou originaire de Calcutta et gestionnaire d'une plantation de thé. Ses parents divorcent quand elle a deux ans et elle retourne vivre avec sa mère et son frère au Kerala, dont elle se considère ainsi originaire.

N'étant pas les bienvenus à cet endroit, ils déménagent chez le grand-père maternel de Roy à Ooty, au Tamil Nadu. Lorsqu'elle a cinq ans, la famille retourne au Kerala, où sa mère fonde une école.

Arundhati Roy fréquente l'école Corpus Christi de Kottayam, puis la , au Tamil Nadu. Elle étudie ensuite l'architecture à l' de Delhi, où elle rencontre l'architecte Gerard da Cunha. Roy et da Cunha vivent ensemble à Delhi, puis à Goa, avant de se séparer. Roy retourne alors à Delhi, où elle obtient un poste à l'. En 1984, elle écrit le scénario du film Massey Sahib en collaboration avec le réalisateur Pradip Krishen, qui deviendra son mari. Ils collaborent ensuite sur une série télévisée qui porte sur le mouvement pour l'indépendance de l'Inde et sur deux films, et . Déçue par le monde du cinéma, Roy enchaîne plusieurs emplois et se sépare de Krishen.

Son roman Le Dieu des Petits Riens, publié en 1997, lui permet de poursuivre sa carrière d'écrivaine.

En 2026, elle remporte le Grand Prix de l'Héroïne Madame Figaro catégorie roman étranger pour Mon refuge et mon orage

Analyse de son œuvre Cinéma Au début de sa carrière, Arundhati Roy travaille pour la télévision et le cinéma. Elle écrit les scénarios de en 1989, un film basé sur ses propres expériences en tant qu'étudiante en architecture et dans lequel elle apparaît, et de en 1992., les deux étant réalisés par son mari de l'époque Pradip Krishen. Elle reçoit le Lotus d'argent du meilleur scénario pour .

En 1994, Roy critique La Reine des bandits de Shekhar Kapur, un film basé sur la vie de Phoolan Devi. Dans sa critique, intitulée , elle s'interroge sur le droit de et accuse Kapur d'utiliser Devi et de représenter sa vie de manière inexacte...

Le Dieu des Petits Riens Arundhati Roy commence à écrire son premier roman, Le Dieu des Petits Riens () en 1992. Elle le termine en 1996.. Le livre est inspiré de sa vie et une grande partie est basée sur son enfance au Kerala.

La publication du Dieu des Petits Riens rend Roy célèbre à travers le monde. Le livre reçoit le prix Booker en 1997 et fait partie de la liste des livres remarquables du New York Times la même année.. Le livre est également un succès commercial : publié en mai, il est vendu dans 18 pays dès juin et atteint la quatrième place sur la pour la fiction indépendante..

Le Ministère du Bonheur Suprême En raison de son lieu de publication et des enjeux qui y sont liés, le livre passe pratiquement inaperçu dans le monde littéraire français. Pourtant, les rares critiques francophones sont globalement très favorables.....

Militantisme et analyses politiques Arundhati Roy est aussi connue pour son activisme pacifiste et ses multiples combats . Son premier essai, intitulé The End of Imagination (La Fin de l'imagination), était une réaction aux tests nucléaires indiens de Pokharan au Rajasthan. Suivront The Greater Common Good (Le plus grand bien commun), contre la politique des grands barrages menée par le gouvernement indien, et The Reincarnation of Rumpelstiltskin (La réincarnation de Rumpelstiltskin), qui analyse la privatisation des canaux de distribution de choses essentielles comme l'eau et l'électricité.

Elle défend l'idée d'après-développement et a participé à sa conceptualisation. Ainsi elle a participé à plusieurs forums sociaux, notamment celui de Mumbai (2004).

En , elle est condamnée par la Cour suprême indienne pour avoir dénoncé la décision de justice autorisant la construction d'un barrage sur la Narmadâ, condamnation symbolique d'un jour de prison et de 2000 roupies (35 € au cours de ).

En 2004, Roy reçut le prix Sydney de la Paix pour son engagement dans des campagnes sociales et son appui au pacifisme. En 2005, elle participa au Tribunal mondial sur l'Irak.

Le , le magazine indien Outlook publie le récit de sa visite dans les zones contrôlées par la guérilla naxalite. Ce récit qui veut apporter au public les raisons de cette lutte connaît un écho national et international. Bien qu'elle-même ne partage pas le projet politique et les méthodes des insurgés maoïstes, elle a été durement critiquée par la plupart des médias indiens. Son domicile a été attaqué par des membres de la branche féminine du Bharatiya Janata Party (BJP, nationalistes hindous). Le , le ministère de l’Intérieur indien et la police de l’État du Chhattisgarh annoncent avoir enregistré une plainte contre l'auteure, pour violation des dispositions du CSPSA (loi spéciale de sécurité publique du Chhattisgarh).

Dans son livre , elle soutient qu'un grand nombre d'organisations non gouvernementales sont des instruments utilisés par les gouvernements occidentaux, la Banque mondiale, l'ONU et certaines compagnies multinationales pour neutraliser la résistance au néolibéralismeExtrait du livre The End of Imagination sur le site Beautiful Rising..

Le , dans le contexte de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, particulièrement grave en Inde, elle publie un appel invitant le Premier ministre Narendra Modi à démissionner pour céder la place à un gouvernement d'union compétent pour gérer l'urgence sanitaire.

En , le vice-gouverneur de New Delhi, , autorise son inculpation (et celle de ) selon la loi sur la prévention des activités illégales (dite UAPA Law), une loi anti-terroriste. La plainte concerne des propos tenus en 2010 dans lesquels elle considère que la région du Cachemire ne fait pas partie intégrante de l'Inde...

Pour son engagement politique (sur les attaques contre les droits de l'homme en Inde, sur les problèmes environnementaux, sur la guerre et le capitalisme) et la qualité de son travail littéraire, elle reçoit le en 2024..

Œuvres Traductions en français Romans

Essais

Arundhati Roy (trad. de l'anglais par Irène Margit), Mon refuge et mon orage, Gallimard, coll. « Du monde entier », , 400 p. ()

Articles Assiéger l’Empire Les périls du tout-humanitaire Le monstre dans le miroir, sur http://anti.mythes.voila.net/evenements_histoire/inde/arundhati_roy_15_12_08.pdf et http://divergences.be Ma marche avec les camarades, récit de son séjour chez les guérilleros naxalites, publié le dans Outlook Magazine (texte original, en anglais)

Ouvrages en anglais

The End of Imagination.

The Greater Common Good.

Essais : The End of Imagination, The Greater Common Good, Power Politics, The Ladies Have Feelings, So..., The Algebra of Infinite Justice, War is Peace, Democracy, War Talk, et Come September.

Hommage Sur l'album Ce que l'on sème de Tryo, le morceau Mrs Roy, écrit et composé par Christophe Mali, lui est dédié.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Ranjan Ghosh et Antonia Navarro-Tejero, Globalizing Dissent: Essays on Arundhati Roy, Routledge, New York, 2009, 214 p. . Myriam Louviot, Poétique de l'hybridité dans les littératures postcoloniales , université de Strasbourg, 2009, 3 vol., 948 p. (thèse de littérature comparée). Shibu Simon et Sijo Varghese C., Art and Activism in Arundhati Roy: A Critical Study Based on Spivak's Theory of Subalternity, Sarup Book Publishers, New Delhi, 2010, 227 p. .

Articles connexes Littérature indienne

Liens externes

Je n'aime pas Slumdog, critique d'A. Roy publiée dans Courrier international, La démocratie : un modèle en perte de vitesse, discours d'ouverture au festival international de littérature de Berlin de 2009

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