Jo est un film français réalisé par Jean Girault, sorti en 1971. Il s'agit de la seconde adaptation cinématographique de la pièce de théâtre The Gazebo (1958), après Un mort récalcitrant réalisé en 1959 par George Marshall.
Le film suit Antoine Brisebard, auteur comique à succès, qui est victime de Jo, un maître-chanteur qui menace de dévoiler les origines familiales douteuses de sa femme, une actrice célèbre. Résolu à se débarrasser de lui, Brisebard prétexte l'écriture d'une pièce policière afin de recueillir les ingrédients du crime parfait auprès d'un ami avocat. Mais à peine le maître-chanteur éliminé, Brisebard va éprouver de nombreuses difficultés à faire disparaître le corps et, pire, découvrir que ce n'est pas Jo qu'il a assassiné...
Synopsis
vignette|Louis de Funès, ici en 1970, tient le rôle d'Antoine Brisebard, auteur comique menacé par un maître-chanteur.
Dans une vaste maison de campagne, le dramaturge Antoine Brisebard tire, après hésitation, un coup de revolver sur son ami Me Adrien Colas, ce qui provoque la panique de Mathilde, sa femme de chambre. Il s'agit en réalité de la répétition de sa nouvelle pièce de théâtre, consacrée à l'histoire d'un homme victime d'un maître-chanteur de plus en plus gourmand et qui décide, pour en finir, de supprimer ledit maître-chanteur, en réussissant le crime parfait. Bien que peu convaincu par le sujet de la pièce (Brisebard écrivant généralement des pièces comiques), Adrien quitte Antoine en lui donnant quelques éléments essentiels dans la réalisation du crime, notamment la nécessité de faire disparaître le corps.
La visite de , agent immobilier s'occupant de la vente de maison des Brisebard, ainsi qu'un inquiétant coup de téléphone révèle que c'est bien Antoine qui est la victime du maître-chanteur, un certain Jo. Survient alors un maçon, M. Tonelotti, qui vient livrer la gloriette acquise par Sylvie Brisebard, l'épouse d'Antoine qui voulait lui faire une surprise pour sa fête. D'abord récalcitrant, Antoine a alors une idée : il demande à Tonelotti de commencer les travaux d'installation de la gloriette le plus vite possible, soi-disant afin que les travaux soient terminés pour une fête donnée dans deux jours pour la première de la pièce de Sylvie. Dans l'intervalle, il contacte Jo et lui fixe un rendez-vous pour le soir même, ayant l'intention de le tuer et de faire disparaître le corps dans les fondations de la gloriette qui auront été creusées.
vignette|redresse|gauche|Claude Gensac, ici en 1964, incarne son épouse la comédienne Sylvie Brisebard.
Le soir venu, Antoine attend que Sylvie parte à la représentation de sa pièce et prépare la scène de crime. Dans la pénombre, un homme arrive, et Antoine l'abat (accidentellement, car il n'a pas eu le courage de le tuer comme prévu). Mais les difficultés s'enchaînent : la bonne, qui devait être sortie, surprend le meurtre, mais, croyant toujours à une répétition de la future pièce, elle ne le prend pas au sérieux et quitte la scène (à plusieurs reprises dans le film elle surprendra les événements les plus tragiques, et, pensant à chaque fois que cela fait partie de la pièce, éclatera de rire avant de partir). Puis arrive Mme Cramusel, accompagnée de M. Grunder, industriel anglais et acheteur potentiel de la maison, et son épouse alcoolique. Antoine se débarrasse d'eux et tombe ensuite sur Tonelotti, venu inspecter son chantier de nuit (et compliquant le plan d'Antoine). Après son départ, Antoine réussit tant bien que mal à dissimuler le corps dans le trou des fondations.
Le surlendemain, lors de la fête prévue, Antoine reçoit la visite de l'inspecteur Ducros, venu l'interroger sur Jo. Antoine l'évite, avant de découvrir avec horreur que les fondations de la gloriette sont en train de s'effondrer. Tonelotti, présent, lui avoue qu'il a fait « du provisoire » afin d'être dans les temps mais promet de revenir le terminer. Confronté par Ducros, qui sait que Jo le faisait chanter, Antoine lui révèle que Jo avait appris que Sylvie, sa femme, était la fille d'un criminel, Granuda, et qu'il menaçait de tout révéler, ce qui aurait grandement nuit aux carrières du couple. Ducros, qui posait une simple question de routine, s'en va en apprenant à Antoine qu'il est chargé d'élucider le meurtre de Jo, retrouvé mort chez lui à Bagnolet et ne le suspectant aucunement. Antoine est terrifié : qui a-t-il bien pu assassiner alors ? Une remarque de Sylvie et d'Adrien sur une partie des invités le fait envisager le pire. Il fait alors le tour de tous ses contacts, se montrant grossier, impoli ou affolé auprès de sa famille, de ses amis, ou d'artisans dont la venue était attendue. Une autre mauvaise nouvelle survient : Mme Cramusel lui annonce que les Grunder sont prêts à acheter la maison et qu'ils projettent de raser la gloriette pour creuser une piscine (ce qui ferait réapparaître le corps).
vignette|Sylvie offre à son mari une gloriette pour agrémenter le jardin. Antoine s'en sert pour cacher le cadavre encombrant.
La nuit, après une rapide dispute avec Sylvie, Antoine est réveillé par un orage qui détruit la gloriette. Se préparant à réparer l'ouvrage en catastrophe, il est soudainement interpellé par deux malfrats, Grand-Louis et le Duc, car ils sont à la recherche d'un certain Riri et surtout de l'argent qu'il avait sur lui. Ils accusent Antoine d'avoir gardé l'argent en tuant Riri. Alors qu'un des deux bandits (Le Grand-Louis) commencent à torturer le pied d'Antoine avec un couteau pour le faire parler, ils sont soudainement alertés par le bruit de la gloriette qui s'effondre. Ayant accouru dehors, ils identifient le corps comme celui de Riri et récupèrent la mallette contenant l'argent avant de laisser Antoine désemparé. Etant resté avec le cadavre à découvert, Brisebard a une nouvelle idée : prétextant une soudaine passion pour la sculpture, il décide de cacher le corps dans une statue de ciment (qu'il dit représenter sa grand-mère) au milieu de son salon.
Le lendemain, Ducros revient, bien plus soupçonneux, et apporte quelques éclaircissements : Riri était un associé de Jo, et l'a assassiné avant de venir encaisser les Brisebard à sa place. Il soupçonne maintenant Antoine d'avoir assassiné Riri par erreur et d'avoir caché le corps quelque part. Sylvie, qui a assisté à l'échange, trouve l'idée fantastique pour une nouvelle pièce, avant de réaliser que c'est exactement ce qui s'est passé ; pire, elle comprend que le cadavre est caché dans la statue voisine. Alors que Ducros est parti fouiller la maison à la recherche du corps, Antoine met sa femme dans la confidence. Émue, elle comprend qu'il a fait tout ça par amour pour elle et l'aide à faire disparaître le corps de Riri.
Mais à nouveau les imprévus se succèdent : la statue s'écroule partiellement puis complètement, amenant le couple à déployer des trésors d'imagination pour dissimuler le cadavre à des visiteurs, tous plus loufoques les uns que les autres : Adrien, qui a la mauvaise idée de parler du crime parfait devant Ducros, Tonelotti, se sentant déshonoré par la ruine de son chantier, une amie de Sylvie délaissée par son mari, Mme Cramusel et M. Grunder qui souhaite visiter, Mme Grunder qui part se saouler avec Tonelotti et l'amie de Sylvie, un plombier, un facteur, ainsi qu'un représentant de commerce envahissant qui manque d'allumer un incendie lors d'une démonstration.
vignette|gauche|alt=Photogramme montrant un homme corpulent aux yeux tombants.|Bernard Blier, ici dans L'Étranger (1967), campe l'inspecteur Ducros, chargé d'enquêter sur l'assassinat de monsieur Jo.
Après de nombreuses péripéties (qui nécessitent de cacher le corps dans une horloge), presque tous, dont Ducros et ses hommes, quittent la maison. Antoine et Sylvie décident de préparer une croisière qui leur permettra de se débarrasser du corps en haute mer. Ducros revient : le corps de Grand-Louis, l'un des deux truands qui avait torturé Antoine, a été découvert. Ducros est toujours sûr que le couple a caché le corps quelque part. Le cadavre de Riri, désormais caché dans une malle pour la croisière, est chargé par Sylvie et Antoine dans la camionnette de Tonelotti. Ce dernier, ivre, choisit ce moment pour quitter la maison, emportant la précieuse malle. Le couple est à nouveau confronté à Ducros, qui lui présente... ses excuses. En effet, il vient d'apprendre que le Duc, l'autre truand de la veille, s'est tué dans un accident de voiture, avec la sacoche de Riri. Ducros en a déduit que le Duc et Grand-Louis ont éliminé Riri, avant que le Duc ne supprime Grand-Louis à son tour. Il se retire et les Brisebard se lancent à la poursuite de la malle, qui, perdue par Tonelotti sur la route, a été ramassée par un affable adjudant de gendarmerie, grand admirateur de Sylvie qui la lui a ramené. Tout semble s'arranger, enfin.
Antoine se débarrasse finalement du corps de Riri en le cachant dans une voiture qu'il pousse dans un ravin. Par manque de chance, non loin de là, pique-nique l'inspecteur Ducros, qui découvre le corps et aperçoit Antoine. Il se lance alors à sa poursuite et le film se conclut sur Mme Cramusel, qui passait par là et observe la scène en mimant le geste qu'elle faisait pour désigner l'alcoolisme de Mme Grunder (« Tut-uût »).
Fiche technique Titre : Jo Réalisation : Jean Girault, assisté de Tony Aboyantz Scénario, adaptation et dialogues : Claude Magnier et Jacques Vilfrid, d'après les pièces de théâtre Jo de Claude Magnier et The Gazebo d'Alec Coppel Décors : Sydney Bettex Costumes : Colette Baudot ; costumes de Cerruti, robes de Rety Photographie : Henri Decaë Montage : Armand Psenny Son : René-Christian Forget Musique : Raymond Lefebvre Générique : Stan Production : Leo L. Fuchs Société de production : Trianon Production Société de distribution : Metro-Goldwyn-Mayer Pays de production : Langue : français Studios : Franstudio (Studios de Saint-Maurice) Format : couleur (Eastman Kodak) - 35 mm - 1,66:1 - son mono (Westrex P.S.C) Genre : comédie policière, burlesque Durée : 86 minutes ; métrage : 2341 m sur le site du CNC. Date de sortie : France : Affiche : Clément Hurel (France)
Distribution Louis de Funès : Antoine Brisebard Claude Gensac : Sylvie Brisebard Bernard Blier : l'inspecteur Ducros Michel Galabru : Tonelotti, le maçon Christiane Muller : Mathilde, la gouvernante Florence Blot : Cramusel Guy Tréjan : M Adrien Colas Ferdy Mayne : Yvonne Clech : Micheline Luccioni : Françoise, l'amie délaissée par son mari Jacques Marin : Andrieux, officier de police Dominique Zardi : le "Duc", gangster Henri Attal : Grand Louis, gangster Paul Préboist : l'adjudant de gendarmerie qui rapporte la malle Jean Valmence : le représentant de commerce Carlo Nell : Plumerel, officier de police Patrice Fontanarosa : le violoniste
Non crédités : Marcel Gassouk : le plombier Henri Guégan : l'ouvrier Jean Droze : Riri Roger Lumont : voix de Jo
Production Genèse et développement vignette|Après la pièce de théâtre Oscar, Claude Magnier a écrit Jo, adaptation de The Gazebo d'Alec Coppel.
Le film est adapté d'une pièce de théâtre Jo, écrite par Claude Magnier, d'après la comédie britannique The Gazebo, dont Hollywood avait tiré un film en 1959
Attribution des rôles Louis de Funès s'entoure une fois de plus d'acteurs familiers parmi lesquels Claude Gensac, qui avait déjà interprété son épouse dans 5 films, et Michel Galabru, déjà croisé dans Le Petit Baigneur et la série des Gendarmes. Jo marque également la huitième collaboration entre Louis de Funès et le réalisateur Jean Girault, après Pouic-Pouic (1963), Faites sauter la banque (1964), Le Gendarme de Saint-Tropez (1964), Le Gendarme à New York (1965), Les Grandes Vacances (1967), Le Gendarme se marie (1968) et Le Gendarme en balade (1970).