Giórgos Papandréou (en , souvent traduit Georges Papandréou), né le à Saint Paul (États-Unis), est un homme d'État grec, membre du Mouvement des socialistes démocrates (Kinima). Président de l'Internationale socialiste (IS) de 2006 à 2022, il a longtemps été membre et dirigeant du Mouvement socialiste panhellénique (PASOK).

Fils de l'ancien Premier ministre Andréas Papandréou, il est notamment ministre de l'Éducation, puis des Affaires étrangères dans des gouvernements socialistes. Président du PASOK à partir de , il est nommé Premier ministre de Grèce après la victoire de la gauche aux élections législatives de 2009. Il est rapidement confronté aux effets d'une grave crise financière provoquée par l'emballement de la dette publique, ce qui l'oblige à mettre en œuvre une sévère politique d'austérité.

Il quitte le pouvoir en , sous la pression des institutions européennes et des créanciers de la Grèce. Quatre ans plus tard, il quitte le PASOK et fonde son propre parti sans parvenir à conserver son siège de député, ce qui exclut la famille Papandréou du Parlement grec pour la première fois depuis .

Après s'être brièvement retiré de la vie politique, il redevient député en mais échoue à retrouver un rôle de premier plan.

Origines, études et famille Héritier d'une dynastie politique Né en 1952 à Saint-Paul, aux États-Unis, il est le fils d'Andréas Papandréou (1919-1996), Premier ministre de 1981 à 1989 puis de 1993 à 1996, et de Margaret Chant, de nationalité américaine. Il est, en outre, le petit-fils de Geórgios Papandréou (1888-1968), qui fut également Premier ministre grec, en novembre-, puis de à .

Formation à l'étranger Giórgos Papandréou commence sa scolarité à Toronto, Canada. Il suit ensuite ses études au Amherst College, dans le Massachusetts, où il obtient son baccalauréat en arts, à l'université de Stockholm, à la London School of Economics, où il obtient son master en sociologie, et, enfin, à l'université Harvard.

Mariages Giórgos Papandréou épouse, en 1976, Evánthia Zisímidis, née à Chypre et résidant au Royaume-Uni. De ce mariage, naît un fils, Andréas, en 1982. Le couple divorce en 1987. Après avoir épousé Áda Papapánou en secondes noces, Giórgos Papandréou devient père d'une fille, Margaríta-Eléna, en 1990.

Carrière de chercheur

Son activité professionnelle débute en 1972, lorsqu'il est chargé de recherches sur les problèmes des migrations à l'université de Stockholm, jusqu'en 1973. Par la suite, il devient membre du centre de recherches sur les relations internationales de Harvard de 1992 à 1993. Il parle couramment le grec, l'anglais et le suédois.

Parcours politique Débuts Giórgos Papandréou est de retour en Grèce après la chute des colonels en 1974, et adhère au Mouvement socialiste panhellénique (PASOK). Il devient membre du comité central du parti en 1984. L'année au cours de laquelle son père devint Premier ministre, en 1981, Giórgos Papandréou entra au Conseil des Grecs pour une circonscription en Achaïe, la région d'où sa famille est originaire.

Il est nommé quatre ans plus tard sous-secrétaire d'État aux Affaires culturelles.

Père et fils au sein du gouvernement

Giórgos Papandréou est promu ministre de l'Éducation et des Affaires religieuses le , dans le gouvernement de son père, Andréas, mais doit renoncer à ce poste dès le , au début d'une période d'instabilité politique pour le pays. Avec le retour au pouvoir du PASOK en 1993, il devient ministre adjoint des Affaires étrangères, puis retrouve le ministère de l'Éducation le . Il met alors en place la discrimination positive en réservant 5 % des postes universitaires en Thrace à des musulmans, tout en créant l'enseignement universitaire à distance en Grèce.

Lorsque son père est remplacé par Kóstas Simítis à la tête du gouvernement en 1996, il retourne au ministère des Affaires étrangères en tant que ministre adjoint. Un an plus tard, il est chargé de coordonner l'action gouvernementale en vue de la candidature grecque à l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2004.

Le , Giórgos Papandréou est nommé ministre des Affaires étrangères, à la suite de la démission de Theódoros Pángalos. Il met alors en œuvre une politique de rapprochement avec la Turquie. Il a d'ailleurs reçu le prix Ipektsi (Abdi Ipekci Peace and Friendship Prize) créé en 1981 pour honorer ceux qui favorisent les bonnes relations entre Grèce et Turquie.

Président du PASOK

Alors que les sondages annoncent une probable défaite pour le PASOK, le président du parti, Kóstas Simítis, démissionne en de son poste et l'offre à Papandréou, homme politique le plus populaire de Grèce. Dans le but de démocratiser le mouvement, il organise des primaires pour désigner le nouveau président, même s'il n'eut aucun opposant. Il veut ainsi rompre avec la tradition des « dynasties politiques ». Il ne parvient toutefois pas à remporter les élections législatives et le PASOK perd donc le pouvoir au profit des conservateurs de Kóstas Karamanlís.

Élu vice-président de l'Internationale socialiste (IS) en , il en devient président le , à la suite de la nomination d'António Guterres au poste de haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés.

Après une nouvelle défaite électorale du PASOK en 2007, la direction du mouvement lui est contestée par Evángelos Venizélos et Kóstas Skandalidis, mais il réussit à se maintenir en poste.

Premier ministre

Victoire aux élections législatives de 2009

Le , le PASOK obtient 43,94 % des suffrages aux élections législatives, et , au Conseil des Grecs, soit la majorité absolue.

Il succède à Kóstas Karamanlís au poste de Premier ministre deux jours plus tard. Il forme son premier gouvernement, avec de fortes personnalités du PASOK, comme l'ancien ministre des Affaires étrangères, Theódoros Pángalos au poste de vice-Premier ministre, mais aussi Loúka Katséli à l'Économie et à la Marine marchande, ainsi que Giórgos Papakonstantínou aux Finances, poste stratégique du gouvernement. Par ailleurs, le grand rival historique de Papandréou au sein du PASOK, Evángelos Venizélos, est nommé à la Défense nationale. Venizélos est connu pour sa rivalité avec le nouveau Premier ministre depuis 2007, date à laquelle les deux hommes s'étaient alors affrontés pour la présidence du parti.

Gestion de la crise financière

Onze jours après son arrivée au pouvoir, il annonce, dans un souci de transparence, que l'état réel des finances grecques avait été caché par le précédent gouvernement http://www.desmos-grece.com/athenes.php?page=177 : Notes du 19 octobre 2009 « Papaconstantinou: Regain de la confiance perdue en matière de finances publiques » et « Vénizélos annonce une réduction drastique [sic] des dépenses d’armement » consultées le 6 novembre 2011, en page 177 à cette date (plus loin après cette date, du fait de l'archivage sur le site) "Le marasme grec enfin fini?" sur le site du Taurillon « L'erreur de Berlin et de Paris », Le Nouvel Observateur. « La Grèce menacée, l'Euro en danger » sur un blog lié à l'Express, 2009.. Il fait rétablir les véritables données économiques, dont un déficit équivalent à 12,5 % du PIB pour la seule année 2009. La Commission européenne confirmera cette falsification des données quelques semaines plus tard « La Grèce épinglée pour ses statistiques économiques truquées », Courrier International, 2009.. Il décide donc de renoncer à son programme de campagne. Il mène alors une politique d'austérité. Les mesures qu'il souhaiterait faire adopter comprennent une diminution des investissements publics, ainsi qu'une baisse des primes accordées aux fonctionnaires, et des pensions accordées aux retraités, avec un recul de cinq ans, à , de l'âge légal de départ à la retraite. Les mesures prévoient également la création de nouveaux impôts, et l'augmentation de deux points de la TVA Le détail des mesures d'austérité en Grèce, Le Nouvel Observateur. Consulté le 2 mai 2010.. Elles ont pour objectif d'économiser d'euros en trois ans, et de faire passer le déficit public de 13,6 % en 2009 La Grèce impose une révision drastique (sic) de la gouvernance de l’Europe, Le Monde, consulté le 2 mai 2010., à 2,6 % en 2014.

Papandréou obtient le soutien du FMI et de la zone euro, sous forme d'un prêt de d'euros sur trois ans, à la fin de l'année 2010.

Le , la Grèce est fortement touchée par une vague de protestation qui s'étend dans tout le pays, en particulier à Athènes, la capitale. Les Grecs manifestent alors contre les différents plans d'austérité du gouvernement Papandréou et demandent la démission de Giórgos Papakonstantínou, le ministre des Finances. Sous pression, isolé, dans ce contexte de crise économique et sociale, Geórgios Papandréou propose de démissionner et de former immédiatement un gouvernement d'unité nationale, dans le but d'apaiser la colère de ses concitoyensGrèce : Remanier pour apaiser, euronews, . Mais après le refus du parti d'opposition, le Premier ministre annonce dans une déclaration télévisée qu'il formera un nouveau gouvernement dès le lendemain avec des personnalités issues du PASOK et qu'il demandera la confiance dans les jours à venir. Malgré ces annonces, deux députés du PASOK, Georges Floridis et Hector NasiokasGrèce : démission de deux députés socialistes, tempsreel.nouvelobs.com, ., annoncent leur démission, ce qui met en cause l'autorité de Papandréou sur ses troupes, qu'il réunit le jour-même au sein du Parlement grec.

Le , Papandréou annonce la composition de son cabinet remanié : son grand rival au sein du PASOK, le ministre de la Défense nationale, Evángelos Venizélos est nommé au poste stratégique et important en ces temps de crise de ministre des Finances et obtient également le titre de vice-Premier ministreGeorges Papandréou remanie son gouvernement et change son ministre des Finances, euronews, .. Il s'agit, selon le presse hellénique et européenne, d'une belle revanche pour Venizélos, qui rêvait d'occuper un poste clé du nouveau gouvernement; le ministre des Finances sortant, Giórgos Papakonstantínou, qui ne voulait pas quitter le cabinet, est nommé quant à lui à l'Environnement. Au ministère de l'Intérieur, Yánnis Ragoússis, nommé ministre des Transports et des Infrastructures, est remplacé par le ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Háris Kastanídis ; le Premier ministre annonce également la scission entre le portefeuille ministériel de l'Intérieur et celui de l'Administration électronique, jusque-là, occupés tous les deux par un seul ministre.

Fin du mandat et démission Il décide, le , d'organiser un référendum sur le plan de sortie de crise approuvé cinq jours plus tôt par l'Eurogroupe et qui prévoit notamment une diminution de 50 % du montant de la dette grecque détenue par le secteur bancaire privé « Grèce : un referendum sur le sommet européen », Le Figaro, . Ce référendum devait être une réponse apportée aux Grecs qui manifestaient depuis plusieurs mois contre les différentes réformes « imposées » par des institutions internationales « La Grèce abandonne son référendum sur la zone Euro », L'Humanité, 2011. « Athènes joue l'Euro à pille ou face », Libération, novembre 2011. « La démocratie de la zone Euro sujette à caution »; Libération, novembre 2011.. Cette annonce entraîne une importante chute des Bourses européennes dès le lendemain « Les Bourses européennes dévissent après le revirement grec », lemonde.fr avec AFP, le . Ce choix est critiqué par l'opposition, qui y voit un moyen d'éviter des élections législatives anticipées « Les Grecs se prononceront par référendum sur le plan d'aide européen », lemonde.fr, ..