Guy de LusignanNom patronymique attesté dans les chartes. (ap. 1222-ap. ) est un cadet de la maison de Lusignan, membre de la haute aristocratie féodale. Il est seigneur de Cognac, Archiac et Merpins de 1246 à 1288.

Biographie

Famille

Guy est le second fils d' (v. 1182-1249), comte de la Marche (1219-1249) et de son épouse Isabelle Taillefer (v. 1188/92-1246), comtesse d'Angoulême suo jure (1202-1246), et reine consort d'Angleterre (1200-1216) par son premier mariage avec Jean sans Terre (1166-1216)..

Guy est de ce fait le frère utérin du roi (1207-1272) et de Richard de Cornouailles (1209-1272), roi des Romains (1257-1272)..

Son frère aîné, (v. 1221-1250) est seigneur de Lusignan, comte de la Marche (1249-1250) et d'Angoulême (1246-1250). Ses cadets, (v. 1227-1296) et Aymar de Lusignan (1228-1260) deviennent respectivement comte de Pembroke (1247-1296) et évêque de Winchester (1250-1260) en Angleterre.

Anthroponyme Guy porte le prénom d'un aïeul, dont les hauts faits véhiculent une mémoire familiale prestigieuse, un autre Guy de Lusignan (av. 1153-1194) : croisé, comte de Jaffa et d’Ascalon (1180-1186), roi de Jérusalem (1186-1192) puis seigneur de Chypre (1192-1194)....

Homonyme

Guy ne doit être confondu avec Guy de Lusignan (v. 1243-1310/11), seigneur de Couhé et de Peyrat, son neveuFils d' (v. 1221-1250) et de Yolande de Bretagne (1218-1272). ; ainsi qu'avec (v. 1269-1308), seigneur de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, son petit-neveuFils d' (av. 1241-1270) et de Jeanne de Fougères (av. 1242-ap. 1273)..

Apanage Le , renonce à ses droits sur les châtellenies de Jarnac, Cognac et Merpins..

En , à Angoulême, ses parents partagent leurs domaines entre leurs enfants : Guy reçoit en apanage les châteaux de Cognac, Archiac et Merpins... ainsi que les vignobles des Borderies au nord de Cognac.. Il en devient le seigneur en 1246, au décès de sa mère Isabelle.

En , à Saint-Maixent, à la suite du traité de Pons, Guy prête hommage lige à Alphonse de Poitiers pour ses châteaux de Cognac et de Merpins..

La guerre de Saintonge

Guy participe au soulèvement de la noblesse saintongeaise et poitevine, organisé par ses parents contre Alphonse, le nouveau comte de Poitou, frère de . et Isabelle d'Angoulême reçoivent le soutien d' qui souhaite reconquérir l'héritage familial aquitain. À la fin du mois de , débarque sur le continent à Tonnay-Charente et adoube Guy ainsi que son frère Geoffroy.

La bataille de Taillebourg

Le , à Taillebourg, les armées française et anglo-saintongeaise se font face de chaque côté du pont qui relie les rives de la Charente. Le , la bataille de Taillebourg se résume en une charge massive des chevaliers français qui déboulent du château et bousculent leurs adversaires, contraints de fuir....

La bataille de Saintes Le , sous les murs de Saintes, se déroule la bataille décisive. Guy participe aux combats aux côtés de son père et de ses frères Hugues le Brun et Geoffroy. Ils attaquent les fourrageurs français qu'ils mettent en déroute.. Cependant, les Anglo-Saintongeais sont défaits et abandonnent Saintes... L'ensemble des membres de la famille Lusignan est vaincu.

Le traité de Pons (1242) Le à Pons, et Isabelle d'Angoulême se soumettre, avec leurs enfants, à avant de rendre hommage au frère du roi. Le , le règlement de la révolte féodale est sévère pour les Lusignan. Le , impose en outre à la remise pour quatre ans de ses châteaux de Merpins et Château-Larcher, pour huit ans du château de Crozant, à charge pour ses parents de payer les frais de garde... De plus, Guy et ses frères devront prêter hommage au comte de Poitou pour les possessions qu'ils recevront de leurs parents en héritage., morcelant encore plus le lignage principal.

Un destin outre-manche En , Guy accompagne ses frères Guillaume de Valence, Aymar et sa sœur Alix en Angleterre. Ils débarquent à Douvres et s'installe à la cour royale avec ses deux frères et sa sœur. Le souverain anglais se charge aussitôt d'assurer leur avenir : Alix épouse le jeune comte de Surrey, Jean de Warenne et Guillaume épouse, le , Jeanne de Montchenu.

Septième croisade

Le , à Lyon, Guy prend la croix et s'engage pour la septième croisade.. Il débarque à Damiette en avec une armée de renfort composée d'un contingent anglais et de soldats poitevins. Il est accompagné de son frère aîné, , de sa belle-sœur, Yolande de Bretagne, et du comte de Poitou, Alphonse. Quand ils arrivent, la ville est déjà aux mains des croisés. La prise de Damiette, date du , elle a pour unique victime : , comte de la Marche, son père. Guy est affecté à la garnison de la ville pendant que s'avance, avec le reste de l'armée, vers la ville du Caire..

Le l'armée croisée, où sert son frère aîné, remporte une victoire à Mansourah au prix de nombreuses vies. Le , l'avant-garde de l'armée est décimée à Fariskur. ne survit pas à cette bataille..

Guy rentre en Angleterre et retrouve son frère utérin , à la cour royale à la fin de l'année 1250, peu de temps après les fêtes de noël.

La Seconde guerre des Barons

Pendant la Seconde Guerre des Barons, Guy soutient face à Simon de Montfort et les barons rebelles au roi d'Angleterre. Lors de la bataille de Lewes, le , il combat au sein de l'aile droite sous le commandement du prince Edouard, son neveu. Sa mort présumée dans cette bataille est souvent enregistrée dans certaines sources ; c'est une erreur. En fait, Guy et son frère Guillaume de Valence réussissent à s'extraire du champ de bataille après une défaite dévastatrice pour le camp royaliste.. Après la défaite de Simon de Montfort à la bataille d'Evesham en 1265, les Lusignan retournent en Angleterre.

Testaments, décès et sépulture Le premier testament de Guy de Lusignan est daté du . Il en rédige un second, sept années plus tard, le , puis disparait des sources. En date du , il semble qu'il soit décédé.. Si ses dernières volontés testamentaires ont été respectées, Guy a été enterré dans l'église des Franciscains de Cognac....

Mariage et descendance Guy semble avoir été marié, peut-être dès 1247. L'identité de son épouse reste inconnue, mais un lien de parenté entre les époux est évoqué dans les registres du pape . Aucune postérité ne lui est attribuée ou connue.

Ascendance

Sceaux et armoiries

Sceaux Guy de Lusignan porte d'abord les armes burelés Lusignan brisées d'une escarboucle en . Puis, il change pour un lambel après la mort du cousin de son père, (♰ ) comte d'Eu. Guy évite ainsi toute homonymie héraldique au sein du groupe familial..

Sceau Avers : Rond, ...

Description : Type équestre de chasse, à droite. Le cheval au galop. Le cavalier, nu-tête, vêtu d'une cotte et d'un surcot, tient de la main gauche les rênes de sa monture, et, de la droite un petit chien debout sur la croupe du cheval ; le cor dans le champ derrière lui.

Légende : ✠ S' • GVIDONIS ⠅DE ⠅MARChIA ⠅MILITIS

Légende transcrite : Sigillum Guidonis de Marchia, militis

Sceau du secret : Rond, ....

Description : Écu burelé de dix-sept pièces chargé d'une escarboucle brochant sur le tout.

Légende : ✠ SECRETO) GVIDONIS

Légende transcrite : Secretum Guidonis

Sceau [1248-1258] Avers : Rond, ....

Description : Type équestre de chasse, à droite. Le cheval au galop. Le cavalier, nu-tête, vêtu d'une cotte et d'un surcot, tient de la main gauche les rênes de sa monture, et, de la droite un petit chien debout sur la croupe du cheval ; le cor dans le champ derrière lui.

Légende : ✠ …. GVIDONIS ⠅DE ⠅LEZINIACO ⠅DOMINI ⠅DE ..MPNIACO ⠅Premier titre porté sur la légende : seigneur de Cognac.

Légende transcrite : Sigillum Guidonis de Leziniaco, domini de Compmiaco

Sceau du secret : Rond, ......

Description : Écu burelé de dix-sept pièces au lambel de cinq pendants.

Légende : ✠ S’ SECRETI • GVIDONIS ⠅DE ⠅LEZINIACO ⠅

Légende transcrite : Sigillum secreti Guidonis de Leziniaco

Sceau [1281-1287] Avers : Rond, .....

Description : Type équestre de chasse, à droite. Le cheval au galop. Le cavalier, nu-tête, vêtu d'une cotte et d'un surcot, tient de la main gauche les rênes de sa monture, et, de la droite un petit chien debout sur la croupe du cheval ; le cor dans le champ derrière lui.

Légende : S' • GV.......COMMIACO

Sceau du secret : Rond, ....

Description : Écu burelé de quinze pièces au lambel de cinq pendants.

Légende : ✠ S’ SECRETI GVIDONIS DE LEZINIACO

Légende transcrite : Sigillum secreti Guidonis de Leziniaco

Armoiries

Armoiries Références

Armoiries [1248-1258] Références

Armoiries [1281-1287]

Références

Armoiries [v. 1292]

Références...

Notes et références

Sources et bibliographie

Sources narratives Guillaume de Nangis, « Gesta sanctæ memoriæ Ludovici regis Franciæ », Recueil des historiens des Gaules et de la France, éd. Pierre Dannou et Joseph Naudet, , Paris, Imprimerie royale, 1840, . Matthieu Paris, Matthæi Parisiensis, Monachi Sancti Albani, Chronica Majora, éd. Henry Richards Luard, : A. D. 1240 à A. D. 1247, Londres, Longman, 1877. Matthieu Paris, Matthæi Parisiensis, Monachi Sancti Albani, Chronica Majora, éd. Henry Richards Luard, : A. D. 1248 à A. D. 1259, Londres, Longman, 1880. Matthieu Paris, Matthæi Parisiensis, Monachi Sancti Albani, Chronica Majora, éd. Henry Richards Luard, : Additamenta, Londres, Longman, 1882.

Sources sigillographiques SIGILLA : base numérique des sceaux conservés en France, « Guy de Lusignan », sigilla.irht.cnrs.fr, Cnrs / IRHT. Sigillographie de l'Angoumois, éd. Philippe de Bosredon et Joseph Mallat, Périgueux, La Dordogne, 1892. Sigillographie du Poitou jusqu'en 1515 : étude d'histoire provinciale sur les institutions, les arts et la civilisation d'après les sceaux, éd. François Eygun, Poitiers, Société des Antiquaires de l'ouest, 1938.

Bibliographie

Pierre Martin-Civat, « Les seigneurs de Cognac, Jarnac et Merpins [Charente] dans l'empire anglo-angevin aux », dans Bulletin de l'Institut d'histoire et d'archéologie de Cognac et du Cognaçais, , 1957, .

Eugène Cousin, « Les châtellenies de Cognac et de Merpins, aux , », dans Histoire de Cognac, Jarnac, Segonzac et d'un grand nombre de localités entre Saintes et Châteauneuf, Archiac et Rouillac, Pons et Saint-Jean d'Angély, dans leurs rapports avec l'histoire générale de la France, depuis les temps celtiques jusqu'à l'an, Bordeaux, Gounouilhou, 1882, .

François Marvaud, Études historiques sur la ville de Cognac et l'arrondissement, , Poitiers, Mansuy, 1870. François Marvaud, Études historiques sur la ville de Cognac et l'arrondissement, , Poitiers, Mansuy, 1870. Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan () : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell, Université de Nantes, , , .

Annexes

Articles connexes

Guy de Lusignan (homonymie) Maison de Lusignan Armorial de la maison de Lusignan Liste des seigneurs de Lusignan Isabelle d'Angoulême

Richard de Cornouailles Jeanne d'Angleterre Isabelle d'Angleterre Aliénor d'Angleterre

Isabelle de la Marche

Aymar de Lusignan Alix de Lusignan Château de Cognac Château de Merpins Comté de Poitou Saintonge Angoumois Guerre de Saintonge (1242) Bataille de Taillebourg (1242) Septième croisade (1248-1254) Provisions d'Oxford Provisions de Westminster Seconde guerre des Barons (1264-1267) Bataille de Lewes (1264) Neuvième croisade (1271-1272) Croisé Tiers-Ordre franciscain

Catégorie:Maison de Lusignan Catégorie:Seigneur français Catégorie:Histoire de l'Angleterre médiévale Catégorie:Croisé du XIIIe siècle Catégorie:Septième croisade