Tourrettes-sur-Loup (Tourretto-sus-Loup en provençal) est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle porta le nom de Tourrettes-lès-Vence du jusqu'à 1894. Ses habitants sont appelés les Tourrettans.
La commune doit sa renommée à son village médiéval situé sur un éperon rocheux dominant la Méditerranée ainsi qu'à la violette, devenue sa principale culture en 1880L'express international, 2002, page 48..
Géographie
Localisation La cité est établie à l'ouest de Vence (), sur un éperon rocheux tombant à pic dont les maisons extérieures forment un rempart surplombant des ravins arborés. Elle se situe ainsi en pays vençois, à du littoral et de Nice.
Communes limitrophes
Géologie et relief Tourrettes-sur-Loup est comme séparée en deux ensembles géologiques distincts par la RD 2210 (route Vence-Grasse), qui traverse la commune d'est en ouest :
Au nord, le relief aride s'élève jusqu'au plateau karstique de Saint-Barnabé via la chaîne des puys (d'est en ouest : puy de Naouri, ; puy de Tourrettes, , sur la commune de Courmes ; pic des Courmettes, , point culminant de la commune), visible depuis une bonne partie du littoral azuréen, qui constitue le relief le plus avancé des Préalpes de Grasse dans la continuité des baous, juste à l'est. Excepté les contreforts gagnés par l'habitat contemporain, à proximité du village, la majeure partie de cette zone est incluse dans le parc naturel régional des Préalpes d'Azur ; Au sud, des collines boisées de pins et de figuiers de Barbarie sont parcourues de vallons se déversant dans les eaux du Loup. Le paysage est caractérisé par la présence de lauves (dalles, ou pierres plates en provençal), formations géologiques constituées de sédiments déposés là par une mer primitive..
Le village est, quant à lui, fixé à d'altitude. et domine les vallons du Cassan et des Bouirades.
Hydrographie vignette|Les gorges du Loup. La commune appartient dans son intégralité au bassin hydrographique du Loup.
Elle est traversée par les cours d'eau suivants :
Le fleuve du Loup (), auquel elle doit son nom, borde la commune au sud et à l'ouest. Il entre dans la commune par le nord-ouest, au débouché de ses gorges escarpées, passe sous les vestiges du viaduc qui l'enjambait jusqu'à la Seconde Guerre mondiale et atteint le hameau de Pont-du-Loup. Là, il longe les confins occidentaux de la commune (Gourdon, Le Bar-sur-Loup) avant de s'orienter vers l'est et de marquer sa limite sud (Le Bar-sur-Loup, Roquefort-les-Pins) tout en traversant de basses gorges (d'altitude plus réduite que celles situées en amont) jusqu'à La Colle-sur-Loup. Le site naturel du fleuve et de ses rives, dont la faune et la flore sont victimes d'une hausse de fréquentation en saison estivale (randonnées, canyoning, spéléologie, pêche), est classé Natura 2000. ; Vallons du Cassan, des Bouirades, du Clarel (frontalier de La Colle-sur-Loup et Vence) et Notre-Dame (frontalier de Vence), tous affluents du Loup.
Voies de communication et transports
Transports routiers
La RD 2210 (ancienne route nationale) traverse la commune d'est en ouest et la relie à Vence ainsi qu'à Grasse en passant par le village et par Pont-du-Loup ;vignette|Le viaduc de Cassan, avec le village en arrière-plan. La RD 6 longe l'ouest de la commune et permet de rejoindre le littoral, au sud, ou les montagnes, au nord, en direction des stations de ski de Gréolières 1400 et de L'Audibergue via les gorges du Loup et Pont-du-Loup.
Transports publics Tourrettes-sur-Loup est desservie par une ligne du réseau de transport en commun Envibus, qui dessert la Communauté d'agglomération Sophia Antipolis, et se situe sur l'itinéraire de la ligne 651 (Grasse-Vence) du réseau Zou !, desservant la région Sud.
Le village fut desservi par la ligne ferroviaire Central-Var « Train des Pignes » de 1889 jusqu'à la destruction des viaducs du Loup − à Pont-du-Loup − et de Pascaressa − en dessous du village − par l'armée allemande en 1944, près de six ans avant la fermeture définitive de la ligne en 1950..
Hameaux Pont-du-Loup, à l'entrée des gorges du Loup, est administrativement divisé entre les communes de Gourdon () et de Tourrettes-sur-Loup ().
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Var, Alpes-Maritimes, caractérisée par une pluviométrie abondante en automne et en hiver (250 à en automne), un très bon ensoleillement en été (fraction d’insolation > 75 %), un hiver doux () et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Valbonne à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Tourrettes-sur-Loup est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Nice, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Nice, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (72 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (74,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (45,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (25,4 %), zones urbanisées (20,8 %), zones agricoles hétérogènes (7,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,1 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Habitat D'après La Dépêche du Midi, Tourrettes-sur-Loup serait la troisième commune de France avec le plus faible taux de logement HLM (1,74 %), derrière Solliès-Toucas (0,79 %) et Le Castellet (1,03 %)..
Histoire
Toponymie
Préhistoire et Antiquité vignette|Maisons-remparts de Tourrettes-sur-Loup. Le territoire de Tourrettes-sur-Loup est riche en sites préhistoriques et protohistoriques (17 y ont été recensés). En effet, dès le Paléolithique moyen, le site de la grotte de la Baume Obscure et, surtout, celui de l'abri de Pié Lombard ont été fréquentées... L’occupation paléolithique de Pié-Lombard, datée d’environ , a également livré quelques restes d’homme de Néandertal.
Quelques traces d’installation des derniers chasseurs nomades (Épipaléolithique et Mésolithique, entre et ) ont été identifiées à Pié Lombard et aux Courmettes.
Beaucoup plus près de nous, dans le courant du millénaire , on observe quelques traces de fréquentation des grottes par les pasteurs et paysans du Néolithique moyen (Chasséen) : Baume Obscure, grotte de Schlumberger, petit abri du vallon de la Tuilière.
La fin du Néolithique (3500-2000 ) n’est documentée que par des sépultures collectives, qu’il s’agisse de mégalithes (Dolmen de Camptrassier, fouillé au début du ) ou de grottes (Baume Obscure, grotte du Sanglier).
La plupart de ces sites ont été réutilisés au cours de l’âge du bronze (2000-750 ) mais à la fin de cette période on remarque des traces de fréquentation humaine sur les hauteurs (Courmettes, Les Sabières II).
Enfin, trois enceintes semblent avoir été édifiées au cours de l’âge du fer. Deux d’entre elles se situent sur le sommet de la Colle de Naouriès et la dernière, sur le pic des Courmettes. Toutefois, les fragments de céramique non tournée, ramassés sur chacun des sites, n’autorisent pas une datation précise. Des structures pouvant s’apparenter à des habitats ont été observées à l’intérieur ou dans le voisinage de chaque enceinte, mais elles sont peu nombreuses. En outre, l’altitude des sites ( et ), et la pauvreté du sol, rendent difficile une implantation humaine à l’année. Certaines particularités architecturales observées dans les murs de l’enceinte (présence d’un enclos, dimensions importantes des ouvertures), permettent d’envisager la pratique d’activités pastorales, sur ces sommets.
La tradition locale veut qu'un oppidum celto-ligure se trouve sous le village actuel et se serait transformé en un camp romain occupé et ce jusqu'en 476. L'oppidum protohistorique n'est pas attesté. Quant à la présence d'un camp romain, on peut évoquer quelques blocs ouvragés en réemploi dans les murs du village, ainsi que quelques céramiques sigillées qui semblent évoquer le tracé possible d'une enceinte d'époque romaine. Un autel païen voué à Mercure () est réemployé en tant que bénitier dans l'église Saint-Grégoire..
Du Moyen Âge à la Révolution française
Le site subit à partir du les invasions barbares des Wisigoths, des Huns, des Francs et des Lombards. En 972, les Sarasins profitent de ce plateau tombant à pic, propice à la défense, pour y édifier une forteresse..
On fait référence au site de Tourrettes en 1024 sous le nom de Castrum de Torretis. La ville s'organise autour du château et les maisons construites jusqu'au bord des ravins servent de remparts.
La mort de la reine Jeanne I ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis d'Anjou. Puis Aix se soumet en octobre 1387, ce qui précipite le ralliement des carlistes, dont le seigneur de Tourrettes, Guichard de Villeneuve. Il obtient un « chapitre de paix » de Marie de Châtillon le 2 janvier 1388 et prête hommage à Louis II d'Anjou, âgé de dix ansGeneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, 408 (note 33)..