Zadig ou la Destinée est un conte philosophique de Voltaire, publié pour la première fois en 1747 sous le nom de Memnon. Allongé de quelques chapitres, il fut publié une nouvelle fois en 1748 sous son titre actuel.
Ce conte retrace les mésaventures d’un jeune homme, nommé Zadig, qui fait l’expérience du monde dans un Orient de fantaisie.
D’après Sébastien Longchamp, secrétaire de Voltaire, c’est au cours des soirées mondaines données à Sceaux, chez la duchesse du Maine, que l’idée d’écrire des contes inspire à Voltaire ce petit roman, qualifié aussi de conte philosophique, qui connaît plusieurs éditions à partir de 1747.
Cette œuvre est inspirée d'un conte persan intitulé Voyages et aventures des trois princes de SerendipVoltaire, Zadig, chapitre III.. Cependant Zadig va plus loin que les trois princes de Serendip en ce sens qu'il utilise la science de son temps, un « profond et subtil discernement », pour parvenir à ses conclusions. Il a acquis « une sagacité qui lui découvrait mille différences où les autres hommes ne voient rien que d'uniforme ». Voltaire n'évoque pas le hasard mais parle d'une « bizarrerie de la providence ». Il introduit également le suspense dans son récit, alors que dans la tradition du conte oriental le lecteur est averti dès le départ que les trois frères n'ont pas vu l'animal, ce qui rapproche le raisonnement par déduction de Zadig de la méthode scientifique.
Résumé Voltaire retrace les mésaventures d’un jeune homme, nommé ZadigLa racine du nom Zadig pourrait être l'hébreu tsadik qui désigne le Juif juste et vertueux. Lire en ligne, qui fait l’expérience du monde dans un Orient de fantaisie.
Tour à tour favorable ou cruelle, toujours changeante, la fortune du héros passe par des hauts et des bas qui rythment le texte : tantôt victime d'injustices, tantôt accusé à tort, Zadig échappe plusieurs fois à des amendes ou à la prison. Quand il devient Premier ministre du roi de Babylone, celui-ci l'apprécie fort, car Zadig mène une politique équitable, et ses décisions ou jugements ne prennent pas en compte la richesse de ses administrés.
Malheureusement pour lui, l’amour compromettant qu’il porte à la reine Astarté est découvert par la Cour. Zadig, craignant que le roi n'assassine la reine par vengeance, se résout à fuir le royaume de Babylone.
Durant son voyage à travers le monde, Zadig rencontre de nombreux personnages hauts en couleur, se trouve parfois en proie au désespoir ou à la souffrance, doit faire face à l’injustice et à la superstition, ainsi qu’à tous les dangers d'une telle errance, mais ne perd pas l'espoir de retrouver un jour Astarté. Il revient finalement à Babylone, défie le roi et, vainqueur, prend sa place.
C'est du chapitre VI qu'est extraite la célèbre citation .
Résumé par chapitre I. Le borgne : Zadig est un babylonien vertueux, suivant pieusement les préceptes de Zoroastre et . Alors qu'il s'apprête à épouser Sémire, femme belle, riche et de haute naissance, Orcan, jaloux, vient enlever cette dernière. Zadig défend fièrement sa dame, mais il est grièvement blessé. On fait venir un médecin de Memphis, Hermès, lequel lui annonce que Zadig sera borgne. Toutefois, Zadig guérit deux jours après. Il apprend alors que Sémire, figure de l'inconstance, l'a quitté et s'est mariée à Orcan. Zadig en souffre longuement, mais s'en remet. Il décide d'épouser Azora, une riche bourgeoise.
II. Le nez : Azora rentre au domicile hors d'elle. Alors que Cosrou, une jeune veuve, avait juré de rester à côté de la tombe de son mari, tant que le ruisseau auprès duquel il est enterré coulerait à côté, Azora l'a vue détourner le ruisseau. Azora surréagit et s'emporte. Zadig n'aime pas sa réaction, feinte. Il imagine un stratagème pour vérifier la probité de sa femme : Il se fait passer pour mort et demande à son ami Cador de feindre une maladie dont le remède est un bout du nez d'un mort récent. Azora, déjà intéressée par Cador, n'hésite pas à aller chercher le nez de Zadig. Ce chapitre est inspiré de La Matrone d'Éphèse et d'un conte Chinois du lettré Tchouang-tseu et de sa femme Tien, transcrit par Jean-Baptiste Du HaldeVoir la note : Zadig, éd. Folio, 1999, p. 31..
III. Le chien et le cheval : On recherche la chienne de la reine, et Zadig arrive à décrire parfaitement l'allure de la chienne, mais dit qu'il ne l'a point vue. Il arrive la même histoire pour le cheval. On le soupçonne donc du vol des animaux. Il explique qu'il avait deviné leur apparence par les traces qu'ils avaient laissées dans la forêt. On admire son génie, mais la justice lui prend plus en frais que l'amende à laquelle il avait été condamné. Un prisonnier politique passe ensuite sous sa fenêtre, mais il ne réagit pas, par crainte de s'attirer de nouveaux ennuis. Il est condamné à verser 500 onces d'or. Ce chapitre s'inspire du conte persan Voyages et aventures des trois princes de Serendip.
IV. L'envieux : Pour avoir contredit un mage sur le griffon, Zadig est menacé d'exécution. Un homme jaloux de la renommée de Zadig, Arimaze, est présent un soir chez lui et voit Zadig écrire un poème au sujet du roi sur une tablette puis, insatisfait, la rompre verticalement en deux et la jeter. Arimaze en retrouve une moitié, y trouve une injure contre le roi Moabdar, se dépêche de faire incarcérer Zadig. Pendant son procès, un perroquet rapporte l'autre partie : il apparaît que le texte complet était une louange au roi ; Zadig est disculpé et se trouve apprécié du roi. Voltaire s'inspire d'une mésaventure qui lui est arrivé en 1745 avec le Poème de FontenoyZadig, éd. Folio, 1999, p. 45..
V. Les généreux : Pour un événement qui a lieu tous les cinq ans, Zadig est choisi comme le plus vertueux, car il a osé parler en bien d'un ministre que le roi venait de renvoyer. Cette marque de courage et d'intégrité lui vaut le titre de citoyen ayant fait la meilleure action, tandis que le roi acquiert une réputation de prince magnanime.
VI. Le ministre : Zadig devient premier ministre et il est très aimé. Il démêle beaucoup de problèmes complexes en donnant raison à celui qui est le plus juste et le moins avare.
VII. Les disputes et les audiences : Zadig règle une dispute entre les adeptes d'un temple dont certains disaient qu'il fallait y entrer du pied gauche et les autres du pied droit, en y entrant à pieds joints. Il accorde aussi de nombreuses audiences aux dames qui veulent le voir, mais on dit qu'il semble préoccupé et ne succombe jamais à leurs charmes.
VIII. La jalousie : Zadig s'éprend de la reine Astarté. L'épouse d'un envieux remet au roi une jarretière de la même couleur que celle de la reine. Le souverain remarque alors que les rubans d'Astarté sont assortis au chapeau de Zadig et se persuade qu'ils sont amants. Fou de jalousie, il ordonne leur mise à mort pendant la nuit. Prévenu à temps par le muet de la reine, Zadig s'enfuit et confie Astarté à Cador. Pour tromper les poursuivants, Cador affirme que Zadig a pris la route des Indes, alors qu'il s'est réfugié en Égypte.
IX. La femme battue : Il rencontre en Égypte une femme battue, Missouf, qui lui demande de la sauver de son agresseur. Ce dernier arrive et attaque Zadig, qui se défend et n'a d'autre choix que de le tuer. Missouf est fâchée de son geste. Des gens viennent l'enlever mais Zadig décide de ne plus la sauver.
X. L'esclavage : En entrant dans la ville, il se fait arrêter pour avoir tué Clétofis, mais il est seulement vendu comme esclave étant donné la nature de légitime défense de son geste. Sétoc, un marchand, l'achète et finit par le trouver intelligent. Zadig fait ses preuves alors qu'il le tire d'une affaire avec un Hébreu qui lui devait de l'argent : tous les témoins de l'entente sont morts mais Zadig fait avouer à l'Hébreu qu'il connaissait l'existence du lieu du pacte et donc que ce dernier avait bel et bien été conclu.
XI. Le bûcher : Zadig trouve ridicule la tradition du bûcher de veuvage qui veut que les femmes se brûlent avec leur mari lorsqu'il décède. Il réussit à s'entretenir avec une veuve, Almona, et la persuade de ne pas se brûler vu tous ses charmes et ce qu'elle a encore devant elle. Il conclut que chaque veuve devra maintenant s'entretenir toute une heure avec un jeune homme avant de se brûler et éradique la tradition.
XII. Le souper : Sétoc et Zadig vont à la grande foire de Balzora, où ils assistent à un souper durant lequel des marchands se chicanent pour des croyances spirituelles culturelles différentes. Zadig finit par leur montrer qu'ils croient en fait tous au même Dieu créateur.
XIII. Les rendez-vous : Les prêtres n'apprécient pas la fin des bûchers de veuvage et l'arrêtent. Almona le sauve en priant quatre prêtres de signer la liberté de Zadig en échange de ses faveurs. Elle leur donne rendez-vous tous au même endroit et invite les juges à assister à leur arrivée pour montrer leur manque de vertu. Zadig est libéré et Sétoc épouse Almona.
XIV. Le brigand : Zadig et son accompagnateur se font arrêter par des soldats qui disent qu'ils leur appartiennent. Ils se battent tout de même courageusement et Arbogad, le maître du château, les voit et les invite à entrer. Il leur explique qu'il est le plus grand des brigands. Il apprend aussi à Zadig que le roi Moabdar est mort et que Babylone va très mal. En revanche, il ne sait pas où est Astarté.
XV. Le pêcheur : Zadig croise un pêcheur qui dit être le plus malheureux des hommes et veut mettre fin à ses jours. Il était auparavant un marchand de fromage à la crème à Babylone, mais un jour il n'a pas été payé par Zadig et la reine car ils s'étaient enfuis. Il alla par la suite chez Orcan pour demander de l'aide mais celui-ci n'aida que sa femme qu'il garda avec lui. Il voulut ensuite vendre sa maison mais elle fut brûlée. Zadig lui dit d'aller voir Cador à Babylone et de l'attendre. Il lui donne la moitié de son argent et lui redonne espoir.
XVI. Le basilic : Zadig croise des femmes qui cherchent un basilic pour soigner leur maître Ogul qui souffre d'obésité. Il voit Astarté qui lui raconte toute l'histoire : le frère de Cador l'a enfermée dans une statue alors que Cador donnait des fausses pistes sur leur fuite au roi. On crut alors l'avoir trouvée alors qu'il s'agissait de Missouf, mais le roi Moabdar décida de la prendre pour femme, et elle régna très mal sur Babylone. Moabdar vint supplier la statue où Astarté se trouvait et elle lui répondit que les dieux ne l'aideraient pas. Il devint fou. Astarté se trouva enlevée par un prince mais Missouf prit sa place, vu leur ressemblance, et elle s'enfuit. Cependant, le voleur Arbogad l'enleva et la vendit à Ogul. Après avoir appris toute l'histoire, Zadig donne un faux basilic à Ogul et lui dit non pas de le manger mais de le pousser et de faire un régime. Il demande la liberté d'Astarté en échange. Ogul maigrit et se sent mieux. Le médecin d'Ogul veut l'empoisonner, mais il est sauvé à temps par une lettre d'Astarté.
XVII. Les combats : Astarté revient glorieusement à Babylone et on décide pour choisir le roi que le prétendant au trône devra réussir une épreuve de combat et une énigme. Zadig gagne les combats mais Itobad lui vole son armure durant la nuit et est proclamé vainqueur à sa place.