Sigmar Polke, né le à Oels (Silésie), maintenant Oleśnica (Pologne) et mort le à Cologne, est un artiste allemand contemporain qui a pratiqué essentiellement la peinture en faisant constamment l'analyse critique, dans ses aspects matériels et esthétiques autant que dans ses finalités culturelles. Mais son œuvre multiforme comporte entre autres la photographie, le cinéma, les installations et performances.
Vie et démarche
La famille de Polke a fui la République démocratique allemande en 1953. À son arrivée en Allemagne de l'Ouest, à Wittich, Sigmar Polke a commencé à passer du temps dans les galeries et les musées tout en travaillant comme apprenti dans une fabrique de vitraux appelée Düsseldorf Kaiserwerth, avant d'intégrer l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf à 20 ans. Là, il a fait des peintures qui incorporent des photographies sur la toile. À la remise des diplômes en 1968, il a publié un carton de 14 photographies faites avec un appareil-photo emprunté signifiant ses “sculptures de dessus de table” et ses performances. Pendant les quatre années suivantes, il a fait des milliers de photographies qui n'ont jamais été imprimées et plusieurs films jamais édités, pour des raisons financières. Autodidacte en photographie, Polke a fait avec l'aide de chimistes des expériences avec des produits chimiques, incorporant des erreurs et des éléments de hasard dans son travail fini.
Avec ses condisciples Gerhard Richter et Konrad LuegKonrad Lueg, qui a pris le pseudonyme Konrad Fischer, et est devenu un célèbre galeriste. Arte 31/05/2010: Metropolis, exposition Barcelone : MACBA : http://www.macba.es. , il a lancé à Kunstakademie un courant appelé le "Réalisme capitaliste"Grafik des kapitalistischen Realismus : KP Brehmer, KH Hödicke, Sigmar Polke, Gerhard Richter, Wolf Vostell, Druckgrafik bis 1971. C'est un anti-style de l'art, s'appropriant la sténographie imagée de la publicité. Ce réalisme se rapportait au modèle de réalisme artistique connu sous le nom de « Réalisme socialiste soviétique », donc la doctrine officielle d'art de l'Union soviétique, mais il a également commenté l'art de l'incitation à la consommation, « doctrine » du capitalisme occidental.
Le côté anarchique du travail de Polke a été en grande partie guidée par son approche critique paradoxale de l'histoire, des valeurs de la société occidentale, mais aussi du rapport que nous entretenons avec le temps, et son œuvre reste encore largement énigmatique tout en étant éminemment stimulante, « un champ de bataille où s'affrontent matières et sujets dangereux » pour reprendre la formule de Bernard Marcadé. Son irrévérence à l'égard des techniques traditionnelles de peinture et des matériaux, son plaisir à lexpérimentation et à se jouer des styles personnels (anciennes « marques de fabrique » qui permettaient d'identifier chaque artiste) comme des styles - figuration, abstraction, Expressionnisme, Romantisme... - ou des différents statuts de l'image - expressive, publicitaire, documentaire, ready-made... - toutes ces attitudes qui caractérisent sa démarche d'artiste ont établi sa réputation maintenant respectée de révolutionnaire visuel.
La peinture intitulée Paganini qui manifeste, mais comme un rébus peut le faire, la « difficulté de se défaire des démons du nazisme »., est typique de la tendance de Polke à accumuler différents moyens plastiques sur une unique toile, mais en restant dans le domaine bidimensionnel, sans en faire jamais une œuvre multimédia. Polke combine souvent les laques, les matériaux de ménage, les couleurs thermo-sensiblesSuzanne Pagé in ., la peinture, les colorants, ainsi que des couleurs aujourd'hui retirées du marché pour cause de toxicité, mais aussi des mixtures à base d'aluminium, de fer, de potassium, de cire à cacheter, ou ses propres photographies. Plusieurs de ces matériaux se retrouvent ensemble souvent dans une seule pièce au point de mettre en péril la conservation de l'œuvre. Le support traditionnel est souvent abandonné au profit de la toile à motifs imprimés. Il en assemble parfois plusieurs morceaux et cela peut constituer le l'essentiel et la raison d'être de l'œuvre : ce qui est habituellement caché apparait au grand jour. Il utilise aussi des voiles synthétiques transparents qui laissent visibles le châssis. Cette méthode révèle encore la démarche de l'artiste qui, sans jamais être démonstratif mais avec humour, se plait à révéler l'« envers du décor », et nous inviter à interroger le visible, ne pas évacuer ce qui le sous-tend. Des fragments de "récits" complexes utilisent souvent le médium photographique, ou la copie d'écran, mais manipulé au point que l'image est partiellement détruiteSur l'usage de la photographie par Polke : Sigmar Polke : Perdre le référent dans les transformations de l'image, , (dans la partie consacrée à : La photographie comme une image ouverte) in : Mémoire collectif soutenu à l'École Nationale Supérieure Louis Lumière en 2013 : Du détail à l'effacement de l'image rendue à une matière plus ou moins informe, et pourtant transposée en peinture bien souvent avec le plus grand soinC'est le cas de Pasadena de Sigmar Polke, au Centre Pompidou.. Ce récit fragmentaireLe jour de gloire est arrivé, 1988, ou Flüchtende (fugitifs), 1992 in est souvent implicite dans l'image multicouche, donnant l'effet de la projection d'hallucinations ou d'images de rêve sur une série de voiles superposés. mais l'« image » peut aussi n'apparaître que s'il y a un observateur pour la « réchauffer » avec une lampe électrique. Ou encore, c'est en travaillant des deux côtés de la toile en misant sur la transmigration lente du travail réalisé sur le dos de la toile vers la face. Ou en réalisant une peinture qui se métamorphose dans la lumière changeante de Venise Biennale de Venise, 1986, pavillon allemand., du matin au soir. Ici le temps nous est donné à voir comme un co-réalisateur de l'œuvre.
Polke a fait une série de voyages à travers le monde pendant les années 1970, dont il manipule les photographies au Pakistan, à Paris, à New York, en Afghanistan et au Brésil. Ces photographies font partie intégrante de son œuvre.Enseignant : Il a également enseigné par intermittence en Allemagne de 1970 à 1978. Il s'est alors installé à Cologne, où il continua à vivre et travailler.
En 2010, Sigmar Polke obtient le Prix Haftmann, récompense artistique la plus richement dotée en Europe ( Francs suisses, soit €), décerné par la Fondation Roswitha Haftmann, une fondation suisse, à un « artiste vivant ayant produit une œuvre de première importance. »
Sigmar Polke est mort à l'âge de 69 ans, le .
Citation :
Courte chronologie 1941 : Naissance à Oels, Silésie, Allemagne 1945 : Sa famille fuit en Thuringe, qui fera partie de l'Allemagne de l'Est lors de la création de l'État en 1949 1953 : À 12 ans il émigre à Berlin-Ouest en faisant semblant de dormir dans le métro de Berlin. Puis il s'installe à Düsseldorf, Allemagne de l'Ouest où il apprend la peinture sur verre de 1959 à 1961 1961-1967 : Étudie à l'Académie des Beaux Arts de Düsseldorf, auprès de Karl Otto Götz et Gerhard Hoehme.. Joseph Beuys y est alors enseignant, mais interdit à ses élèves de peindre.. Le groupe Fluxus y est alors très actif. 1963 : Fonde (Réalisme capitaliste) un mouvement artistique avec Gerhard Richter et Konrad Lueg (Konrad Fischer) ; , exposition à Düsseldorf avec Kuttner, Lueg (Konrad Fischer) et Richter 1964 : , galerie René Block, Berlin ; primé aux à Baden-Baden avec Klaus Geldmacher et Dieter Krieg 1975 : Récompensé dans la catégorie peinture à la Biennale de Sao Paulo 1980 : Voyage en Australie et en Nouvelle-Guinée, au contact des Aborigènes 1986 : Récompensé par un Lion d'or de peinture à la Biennale de Venise 1988 : Lauréat du 1977 - 1991: Professeur à l'Académie des Beaux-Arts Hambourg 1995 : Carnegie Art Award. au Carnegie International, Pittsburgh, Pennsylvanie 1998 : : ; P.S. 1 Contemporary Art Center, New York 2002 : Praemium Imperiale décerné par l'association d'art du Japon.
Œuvres
Kathreiners Morgenlatte, 1969-79, techniques mixtes sur toile et tissu, 235 x 305 cm, musée Guggenheim de Bilbao Sans titre, 1979, techniques mixtes sur toile, 130,5 x , Musée d'art de Toulon. L'œuvre représente une jeune femme attrapée par deux policiers. La toile est, entre autres, percée de dizaines d'épingles à nourrice. Cameleonardo da Willich, 1979, acrylique sur coton, 110,5 x 205 cm, musée national d'art moderne, Paris Paganini, 1982, acrylique sur tissu, Thomas Ammann Collection, Zurich Watchtower, 1984, acrylique sur tissu, Museum of Modern Art, New York Ein Bild sollte nicht grösser als ein Bett,''' 1985, acrylique sur toile de matelas, 180 x 148,5 cm, collection FRAC Bourgogne inventaire 9850061. Jeux d'enfants, 1988, peinture acrylique sur tissu synthétique, 255 x 300 cm, musée national d'art moderne, Paris Flüchtende, 1992, Carré d'art à Nîmes Lapis Lazuli II, 1994, Carré d'art à NîmesOn donne du grain aux poules, 2005, Acrylique sur toile préparée, 250 x 250 x 2 cm, musée de Grenoble
Zurich, Grossmünster, vitraux en lames d'agate 2009Ulrich Gerster, Die Kirchenfenster des Grossmünsters Zürich : Augusto Giacometti, Sigmar Polke (Schweizerische Kunstführer 915/92), Société d'histoire de l'art en Suisse, Berne 2012
Expositions (sélection) - : Sigmar Polke, Carré d'art, Musée d'art contemporain, Nîmes puis - IVAM, Centro Julio Gonzalez, Valence. - : Sigmar Polke. Transit, Staatliches Museum, Schwerin. 2001 : Sigmar Polke et la Révolution française, Musée de la Révolution française, Vizille. - : Sigmar Polke, Musée de Grenoble... - : Sigmar Polke, Palazzo Grassi - François Pinault Foundation, Venise. - : Sigmar Polke and the 1970s Museum für Gegenwartskunst, Siegen. - : Les infamies photographiques de Sigmar Polke'', Le Bal, Paris.. - : Sigmar Polke, sous les pavés la terre, Fondation Vincent Van Gogh, Arles
Références
Notes
Bibliographie . . . . .
Liens externes
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