Sud Radio, initialement Andorradio en 1958 puis nommée Radio des Vallées d'Andorre en 1961, est une station de radio privée généraliste d'information générale, sociétale et politique, économique, sportive et de débat, à vocation nationale, filiale de Fiducial Medias, principalement financée par la publicité.

Initialement basée en Andorre afin de contourner la législation française interdisant les stations commerciales et privées jusqu'en 1981, Sud Radio est lancée en 1958 sous le titre Andorradio et exploite la modulation d'amplitude et les ondes moyennes avant d'être autorisée à émettre depuis le territoire français, à partir des années 1980. Progressivement elle étend sa couverture initiale dans le Midi de la France puis la région parisienne et enfin, au plan national grâce à son réseau d'émetteurs dans la bande FM.

À partir des années 2010, Sud Radio est abondamment critiquée pour l'espace qu'elle accorde aux théories complotistes et aux idées d'extrême droite et ce, sans contradiction.

1951-1966 : naissance d'une station périphérique

Originellement basée en Andorre afin de contourner la législation française interdisant les stations commerciales et consacre un monopole de l’audiovisuel public, elle exploite la modulation d'amplitude. En 1951, un habitant des Vallées d'Andorre, Stanislas Puiggros, impliqué dans la création de Radio Andorre, mais en délicatesse avec ses associés, propose au gouvernement français de lui vendre la licence d'exploitation radiophonique qu'il a trouvée dans sa corbeille de mariage et datant de 1935.

À la demande du président de la République française Vincent Auriol, des négociations chaotiques commencent avec les autorités andorranes pour la construction d'un émetteur. La mise en service se fait le et la station prend le nom d'Andorradio.

Le , un accord avec le Conseil des Vallées d'Andorre stipule que deux stations sont dorénavant autorisées à émettre depuis l'Andorre pour une durée de vingt ans. D'un côté Radio Andorre, plus tournée vers l'Espagne ainsi que l'international et, de l'autre côté, représente une radio plus orientée vers la France, laquelle change de nom pour éviter toute confusion avec sa rivale. Andorradio devient la Radio des Vallées d'Andorre.

En 1966, Radio des Vallées d'Andorre devient Sud Radio. L'émetteur, situé en principauté d'Andorre au Pic Blanc, près du Pas de la Case, point de jonction avec la France par la route, est modernisé et bénéficie d'une puissance d'émission plus importante (), permet à Sud Radio de devenir une station périphérique très écoutée dans le Sud-Ouest de la France : Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

1966-1981 : radio périphérique depuis l'Andorre En 1981, la concession de Sud Radio arrive à échéance, les autorités andorranes décident de fermer l'émetteur du Pic Blanc.. La même année, le monopole d'État accordé à Radio France, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, pour la radiodiffusion depuis la France, est abrogé par le gouvernement dirigé par Pierre Mauroy, selon la promesse électorale du président François Mitterrand. Sud Radio obtient en l'autorisation d'émettre depuis l'émetteur de Gauré (non loin de Toulouse) sur la même fréquence, soit .

1981-1994 : station régionale française En , Sud Radio reçoit l'autorisation d'émettre sur la bande FM française.

L'année suivante, les laboratoires pharmaceutiques Fabre prennent le contrôle de Sud Radio avec, à leurs côtés, des investisseurs régionaux.. En 1989, Sud Radio prend le contrôle, à hauteur de 75 %, de la radio Wit FM alors détenue en totalité par le club de football des Girondins de Bordeaux..

En 1994, Sud Radio développe sa zone de diffusion, couvrant désormais 22 départements du sud de la France. Le chiffre d'affaires du groupe passe la barre des 100 millions de francs en 1995. En 1997, le programme de Sud Radio est diffusé dans le bouquet radio de Canal Satellite.. En 1998, les activités médias des laboratoires Fabre sont regroupées sous l'entité Sud Communication..

1994-2010 : émergence d'une radio à vocation nationale

Dès l'année 2000, toutes les émissions de la station sont diffusées en numérique. En 2001, le CSA attribue quatre nouvelles fréquences à Sud Radio en Auvergne-Limousin (Brive, Ussel, Mauriac et Le Puy-en-Velay). En , Sud Communication vend Sud Radio et Wit FM à Sudporters, holding codétenue par le groupe Start, les stations Alouette et Scoop ainsi que par le fonds FEDERI. Après RMC en 2000, pour la seconde fois en France une radio périphérique historique est reprise par un pool de radios créées après la libéralisation des ondes, en 1981. Une nouvelle grille est lancée l'année suivante avec le nouveau format « Show et Info ».

En 2008, Sud Radio déménage ses studios à Labège, près de Toulouse et installe un correspondant permanent à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. Un émetteur permet la couverture de l'agglomération de Marseille-Aix-en-Provence, soit un bassin d'audience potentielle de plus de 1,3 million de personnes.

En 2009, un plan de sauvegarde de Sud Radio est prononcé par le tribunal de commerce.

2010-2011 : passage de la radio en catégorie E En , le CSA sélectionne Sud Radio en catégorie E à Clermont-Ferrand et à Limoges. Le , le CSA sélectionne Sud Radio à Paris sur la fréquence 99.9 FMMarie Grivot, « Sud Radio va émettre à Paris », publié le 21 janvier 2011 sur toulouse.latribune.fr. Elle commence à émettre en Île-de-France le sous le nom de Sud Radio Plus. Le même mois, sur le modèle de sa concurrente RMC, la radio se lance dans une nouvelle grille de programmes en privilégiant la parole donnée aux auditeurs et souhaite exploiter la fin du « politiquement correct ». Un nouveau slogan apparaît alors : « Ouvrez-la ! »Le Nouvel Observateur, Robert Ménard polémiquera bientôt sur Sud Radio, 22 juillet 2011. La radio enregistre dès lors les arrivées de Robert Ménard, Guillaume Tatu (ex Beur FM), Pascal Bataille (ex Nostalgie), Karim Hacène (ex Europe 1) et le retour de Gilles Tessier lequel prend en 2010 les commandes du jeu « Duel Gagnant »Radio Actu, Sud Radio - La station met en place sa grille de rentrée et recrute Pascal Bataille, 17 août 2011.

2011 : polémique des propos discriminatoires Le , la radio organise un débat afin de recueillir l'avis de ses auditeurs sur les circonstances de la libération de Dominique Strauss-Kahn, après son incarcération pour viol sur une femme de chambre à New-York. Au cours de deux émissions dédiées au sujet, Cardoze-Mazet, liberté de parole et Ménard en liberté, plusieurs auditeurs font part en direct de leur théorie complotiste concernant le « lobby juif » ou « l'argent des Juifs », avec les réactions timides voire complaisantes de certains journalistes animant l'émission. Si Michel Cardoze s'indigne des propos antisémites, son coanimateur Éric Mazet, lui, insiste complaisamment sur le sujet..

L'émission Ménard en liberté, présentée par le journaliste puis homme politique Robert Ménard, est le théâtre de propos racistes et sexistes d'auditeurs, diffusés en direct à l’antenne, notamment l'un qui qualifie Nafissatou Diallo, la femme de chambre violée par DSK, de « négresse » attirée par l'argent « comme toutes les femmes », ainsi qu'un proverbe sur les violences conjugales qu'il attribue à tort aux Algériens. Robert Ménard s'indigne des propos tenus par cet auditeur, qui les assume totalement..

Le , le Conseil supérieur de l'audiovisuel décide de mettre en demeure Sud Radio pour « propos discriminatoires ».. Sud Radio met aussitôt à pied Éric Mazet., remplacé le par Laurence Peraud pour animer la tranche - aux côtés de Michel Cardoze. Un article de fond des Inrockuptibles sur l'affaire dévoile que ..

Ces polémiques conduisent les Chevaliers du Fiel, duo d'humoristes stars, à quitter la radio. « Le différend porte sur l'état d'esprit de la nouvelle ligne éditoriale de la radio, à savoir une libre antenne avec les dérapages que cela induit. On est contre le fait qu'il se dise n'importe quoi à l'antenne. Artistiquement, cette ligne n'est pas tenable et nous ne voulons pas assumer », explique Éric Carrière au journal La Dépêche du Midi..

2011-2013 : processus de vente de la radio Au printemps 2012, après avoir constaté et admis son échec dans le domaine de la radio généraliste, Jean-Éric Valli décide de vendre Sud Radio. Au mois de novembre, des négociations exclusives avec Marc Laufer, ex-directeur général de NextRadioTV, sont ouvertes pour le rachat de la station..

Le , Sud Radio Groupe annonce avoir mis un terme aux négociations avec Marc Laufer, ce dernier ayant modifié . Marc Laufer se dit toujours , alors qu'en parallèle et selon le Figaro, Bernard Tapie, avec La Dépêche du Midi, pourrait participer à l'appel à candidature..

Le , le CSA valide finalement la cession de la radio au groupe Fiducial.

Le , la vente de Sud Radio à Fiducial Médias par Sud Radio Groupe pour un montant de 7 millions d'euros est validée par le CSA.

À cette occasion, Fiducial Médias prend l'engagement de .

2013-2016 : nouvelle approche éditoriale Une attention particulière est portée au rugby afin que ce sport, historiquement lié à Sud Radio, soit valorisé et soutenu à l'antenne..

En , Bruno Dubois rejoint Sud Radio en qualité de directeur de l'antenne. Le , Patrick Roger devient le directeur général de la radio. La nouvelle grille, lancée le , est marquée par l'arrivée de Brigitte Lahaie, de à , après son départ de RMC, ainsi que de Valérie Expert, André Bercoff, Jacques Pessis, Jean-Luc Petitrenaud, Philippe Verdier, Alain Marty ou Nathalie Shraen-Guirma. Les émissions sont produites depuis les studios parisiens et réalisées depuis les studios toulousains durant toute la saison 2016-2017 — seuls les flashs et les journaux sont produits à Toulouse.

2017 : la radio devient totalement parisienne Le , Sud Radio diffuse à son dernier journal depuis ses locaux de Toulouse. Dès lors, plus un seul salarié ne travaille à cet endroit, des licenciements ayant été prononcés..

Positionnements et controverses

Complotisme et désinformation À partir de 2011, puis de nouveau 2019, la radio est accusée de pencher fortement vers l'extrême droite et de soutenir des théories complotistes, ce qui lui vaut des controverses de la part de différents observateurs et médias, comme Acrimed, Conspiracy Watch, Le Nouvel Obs et France-Soir...

En 2024, Sud Radio est décrite par TF1 comme le « média privilégié des amateurs de théories complotistes »..

À propos de la pandémie de Covid-19 Sud Radio est également controversée pour sa couverture de la Covid-19. Selon le magazine Capital, elle « donne largement la parole aux « rassuristes » qui minimisent l'épidémie et ses conséquences ». La plateforme YouTube retire ainsi une vidéo de pour diffusion d'informations médicales inexactes, fausses ou trompeuses, lors d'une interview de Christian Perronne. — invité régulier de la station — et menace de supprimer le compte de la radio..

Pendant la pandémie, Sud Radio participe à la « diffusion du covido-complotisme » en relayant le « monde parallèle » de la désinformation composé de « complotistes » et de médecins et scientifiques controversés ou « rassuristes », tels Christian Perronne et Louis Fouché, ainsi que la généticienne Alexandra Henrion-Caude, désavouée par l'Inserm.. En , en raison du relais par la radio de nombreuses théories complotistes, YouTube supprime certaines vidéos de Sud Radio, dans le cadre de la lutte contre les escroqueries ou les fausses informations et menace de supprimer totalement la chaîne YouTube de la chaîne pour diffusion de fausses informations..... L'émission d'André Bercoff est particulièrement pointée par les vérificateurs de faits..

À propos de l'invasion de l'Ukraine par la Russie