est un genre fossile de thérapsides gorgonopsiens ayant vécu durant une période contesté du Permien, dans l'actuelle Russie européenne. L'unique espèce connue est , décrite en 2018 à partir d'un spécimen découvert dans la localité de Kotelnitch, près de la rivière Viatka, constitué d'un crâne presque complet associé à des restes postcrâniens. Le nom générique Nochnitsa se réfère au , un esprit nocturne horrifique de la mythologie slave, conçu comme un équivalent régional des gorgones de la mythologie grecque, dont le nom est repris par de nombreux gorgonopsiens. L'épithète spécifique geminidens se traduit par « dent jumelle », en référence à ses dents postcanines autapomorphes disposées par paires.
Avec un crâne d'environ de long, Nochnitsa s'avère être un gorgonopsien relativement petit. Le museau est allongé et les dents, pointues et dentelées, sont généralement inclinées vers l'arrière. Les canines sont nettement plus grandes que les incisives et les dents postcanines, mais restent relativement petites pour un gorgonopsien. Nochnitsa se distingue principalement des autres représentants du groupe par la disposition de ses dents postcanines supérieures, organisées par paires et séparées par de courts diastèmes. Sa mandibule, très semblable à celle des thérocéphales, est dépourvue du « menton » caractéristique des gorgonopsiens et présente une symphyse mandibulaire basse. Les éléments connus du squelette postcrânien ne montrent pas de différences notables avec ceux des autres gorgonopsiens, mais indiquent un humérus gracile, l'absence apparente de phalanges réduites en forme de disque et de possibles métacarpiens parmi les plus grands du groupe.
Depuis sa description officielle, les analyses phylogénétiques placent Nochnitsa comme étant le gorgonopsien le plus basal connu, suivi de Viatkogorgon, également connu de Kotelnitch. Tous les autres gorgonopsiens semblent appartenir à deux groupes plus tardivement divergents, d'origine russe et africaine. L'âge du membre Vanyushonki, d'où Nochnitsa est connu, reste incertain, mais est généralement estimé entre la fin du Permien moyen et le début du Permien supérieur. La petite taille de Nochnitsa par rapport à son contemporain Viatkogorgon et aux thérocéphales présents dans cette localité indique qu'il occupait un rôle de prédateur comparativement réduit.
Découverte et dénomination vignette|gauche|redresse=1.3|alt=Carte de la Russie européenne indiquant la position de Kotelnitch et de la rivière Viatka, ainsi que les principales villes environnantes comme Kirov, Perm, Moscou et Saint-Pétersbourg.|Carte montrant la localité de Kotelnitch, en Russie, d'où Nochnitsa a été découvert (encadré en bas à gauche, agrandi en haut à droite).
L'unique spécimen actuellement connu de Nochnitsa est découvert en 1994 par le paléontologue russe Albert J. Khlyupin dans la localité de Kotelnitch, dans l'oblast de Kirov en Russie européenne, région connue pour ses affleurements datant du Permien le long de la rivière Viatka. Une fois collecté, le spécimen est par la suite transféré au , où il est depuis catalogué sous le numéro KPM 310. Après sa préparation, celui-ci consiste en un crâne presque complet et relativement bien conservé, associé à un squelette partiel comprenant des côtes, la portion axiale de la colonne vertébrale ainsi qu'un membre antérieur droit incomplet. Si le côté gauche du crâne est bien conservé, le côté droit est comprimé latéralement et est en grande partie masqué par des éléments osseux du membre antérieur droit inclus dans la matrice rocheuse. Certaines sutures restent néanmoins difficiles à distinguer, et le museau présente quelques fissures au niveau de sa surface. Une large fissure, s'étendant du bord antérieur de l'orbite gauche jusqu'à la fenêtre temporale droite, est comblée en plâtre. D'autres fissures plus petites sont colmatées avec du caoutchouc en silicone. De plus, la surface de l'os palatin est complètement masquée par la mandibule fermé, empêchant toute description détaillé de cette partie du crâne.
Dans un article publiée en 2018, le paléontologue américain Christian F. Kammerer et son collègue russe Vladimir Masyutin décrivent le spécimen en tant qu'holotype d'un nouveau genre et espèce de gorgonopsiens qu'ils nomment Nochnitsa geminidens. Le nom générique Nochnitsa se réfère au , un esprit nocturne horrifique de la mythologie slave. Il est conçu comme un équivalent régional des gorgones, sorcières monstrueuses de la mythologie grecque dont le nom est repris par de nombreux genres d'autres gorgonopsiens. L'épithète spécifique geminidens dérive quant à lui des termes latins , « jumeau », et , « dent », le tout donnant « dent jumelle », en référence aux dents postcanines autapomorphes disposées par paires chez l'animal. Les découvertes de gorgonopsiens en Russie débutent dans les années 1890 avec la trouvaille d’Inostrancevia, l'un des plus grands représentants connus du groupe. Peu de découvertes sont faites au cours des deux siècles suivants, Nochnitsa étant le premier gorgonopsien valide décrit en Russie depuis Suchogorgon en 2000, le pays en question étant d'ailleurs le seul endroit en dehors de l'Afrique où la présence du groupe est unanimement reconnue. Nochnitsa représente aussi le second gorgonopsien décrit de Kotelnitch juste après Viatkogorgon en 1999 ; Kammerer et Masyutin redécrivant à cette occasion le crâne de l'holotype de ce dernier afin de le comparer à celui du nouveau taxon..
Description Crâne vignette|redresse=1.45|alt=Photographies (à gauche) et schéma (à droite) de crânes fossiles d'animaux préhistoriques carnivores.|Crâne et diagramme non à l'échelle des spécimens types de Nochnitsa (C-D ; ici montré à l'envers) et de Viatkogorgon (A-B). Les zones grises indiquent la matrice rocheuse et les hachures indiquent la reconstitution due au plâtre.
Nochnitsa est un gorgonopsien particulièrement petit, l'holotype disposant d'un crâne long de . À titre de comparaison, les plus grands gorgonopsiens du Permien supérieur, tels qu’Inostrancevia et Rubidgea, atteignent des longueurs crâniennes supérieures à .. Le museau de Nochnitsa est relativement long pour un gorgonopsien. Le prémaxillaire (l'os le plus antérieur de la mâchoire supérieure) est peu visible sur la face latérale du museau, comme chez Viatkogorgon. À l'image de la plupart des gorgonopsiens, cinq incisives sont présentes de chaque côté. Les incisives supérieures sont légèrement recourbées, présentant des dentelures marquées vers leur extrémité. Tout comme chez Viatkogorgon, il reste incertain de savoir si leur taille diminue vers l'arrière de la rangée dentaire, car les deux seules incisives intactes de leur holotypes correspondent à la même dent de chaque côté (I5). De manière générale, les dents sont pointues, aplaties sur leur face externe et légèrement convexes sur leur face interne, et la zone dentelée de chaque dent est décalée vers le bord externe de la couronne. Le (un petit os situé entre l'os nasal et le maxillaire, principal os de la mâchoire supérieure) présente un processus latéral plus long que chez Viatkogorgon.
vignette|gauche|redresse=1.1|alt=Photographie (en haut) et schéma (en bas) en vues rapprochées de la dentition du crâne fossile d'un animal carnivore.|Vue rapprochée de la dentition de Nochnitsa, telle que préservée sur le côté droit de l'holotype.
Le maxillaire de Nochnitsa est relativement long et bas pour un gorgonopsien, son bord supérieur étant arrondi. Le processus postérieur formant le bord inférieur du maxillaire est plus long que chez Viatkogorgon et atteint le milieu de l'orbite sous l'os jugal. La « marche » située au niveau du diastème (l'espace) entre les incisives et la canine (cette dernière constituant la dent en sabre) est moins marquée que chez Viatkogorgon. Comme chez ce dernier, la canine de Nochnitsa est relativement petite pour un gorgonopsien et présente des dentelures sur son bord postérieur. En revanche, contrairement à son contemporain, la rangée dentaire située derrière la canine, bien que plus courte que cette dernière et les incisives, comprend jusqu'à six postcanines allongées, inclinées vers l'arrière et également dentelées. Trait unique chez les thérapsides, ces dents postcanines sont disposées en trois paires séparées par de courts diastèmes d'environ . Au sein de chaque paire, la dent antérieure est plus petite que la postérieure. Le maxillaire présente au-dessus de cette rangée une faible crête, moins développée que chez Viatkogorgon, Eriphostoma et les rubidgeinés.
L'os nasal (situé au niveau du bord postérieur de la narine osseuse) de Nochnitsa est légèrement moins large à l'avant que chez Viatkogorgon. L'os préfrontal (situé au niveau du front, au-dessus et en avant de l'orbite) est proportionnellement plus long que chez ce dernier et contribue plus au bord antérosupérieur de l'orbite, où l'os lacrymal (qui forme le bord antérieur de l'orbite) occupe une part moins importante. L'orbite de Nochnitsa est également plus petit que celui de Viatkogorgon. En vue dorsale, l'os frontal est de forme hexagonale, contribuant de manière importante aux orbites, ce qui n'est pas le cas chez d'autres gorgonopsiens. L'os postfrontal (situé au-dessus et en arrière de l'orbite) est assez bien développée chez Nochnitsa, ce qui est plutôt courant chez les thérapsides basaux mais pas spécialement chez les formes plus dérivées. L'os jugal, qui forme le bord inférieur de l'orbite, occupe une portion moins étendue de la face latérale que chez Viatkogorgon.
vignette|droite|redresse=1.1|alt=Vue dorsale du crâne fossile d’un animal carnivore.|Vue dorsale du crâne holotype de Nochnitsa.
La barre postorbitaire (située entre l'orbite et la fenêtre temporale) de Nochnitsa est faiblement incurvée vers l'avant, dont l'extrémité ventrale n'est que légèrement élargie antéropostérieurement, contrastant avec l'expansion plus marquée observée chez des gorgonopsiens plus dérivées. Le prépariétal (située entre l'os frontal et pariétal, au sommet du crâne) est un os médian rhomboïdal, non ornementé, situé entre les frontaux et les pariétaux et séparé du foramen pinéal par une courte suture médiane. Le pariétal de Nochnitsa, principal os du toit crânien intertemporal, possède des processus amincis et est percé en avant d'un petit foramen pinéal entouré d'une collerette, non surélevé en « cheminée » comme chez de nombreux thérapsides basaux. L'os squamosal est surtout limité à l'occiput et à l'arc zygomatique, séparés par une crête portant un sillon squamosal restreint à la portion zygomatique, et se termine par un processus antérieur pointu n'atteignant pas la barre postorbitaire. Les os de l'occiput étant indistincts, celui-ci présente une longue crête nucale bien développée s'étendant sans interruption du sommet de la plaque occipitale jusqu'au foramen magnum le long de la ligne médiane.