Le Tempo Matador est une série de petits véhicules utilitaires due à l'ingénieur Dietrich Bergst, qui ont été commercialisés successivement sous les marques Tempo-Werke jusqu'en 1966, Hanomag et Hanomag-Henschel de 1966 à 1970 et enfin, Mercedes-Benz de 1970 à 1978.

La gamme du Tempo Matador a connu plusieurs séries et variantes : Matador - fourgon tôlé ou partiellement vitré, pick-up plancher bois, châssis-cabine, Wiking - version low-cost - fourgon et camionnette plateau bois fixe, Rapid - version restylée - minibus à 8 places.

Genèse et développement La société Vidal und Son a été créée à Hambourg en 1883 pour fournir des services de lutte contre les incendies dans les ports, notamment ceux qui traitaient l'importation de charbon. En 1927, l'économie allemande est écrasée sous le poids des réparations de guerre et l'importation de charbon tombe à un niveau très bas. Face à cette récession, la société "Vidal und Son" recherche de nouvelles opportunités. Max Vidal et son fils Oskar décident de tenter leur aventure dans l'industrie automobile. Ils se consacrent au développement d'un véhicule utilitaire simple, similaire au populaire "Blitzkarren" de Carl Borgward, lancé en 1924. Le résultat sera le Tempo T1, un tricycle avec benne sur le devant, propulsé par un moteur monocylindre 198 cm3 à deux temps. Ils construisent également une version plus grande, le T2, avec un moteur de .

La société Tempo-Werke est créée en 1924. En 1928, le gouvernement allemand promulgue une loi par laquelle les véhicules à moteur de moins de quatre roues et d'une cylindrée inférieure à 200 centimètres cubes peuvent être conduits sans permis et sont détaxés. Cette disposition a fait croître fortement la demande de ce type de véhicules en Allemagne.

La société Tempo présente alors son premier tricycle, le "Tempo T1" équipé d'un moteur JLO. En 1933, le tricycle bénéficie d'une cabine fermée. Tempo présente aussi une voiture décapotable à quatre roues. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Tempo produit, à la demande du Bundesgrenzschutz, un véhicule spécial pour les patrouilles frontalières, réalisé sur la base d'un châssis de Land Rover.

En 1955, Tempo-Werke est repris par Hanomag (50 %) qui est racheté, à son tour, par le groupe Rheinstahl en 1959.

En 1956, un premier restyling de la cabine rajeunit la face avant et abaissant les phares, c'est le Matador 56. En 1963, la face avant est à nouveau retouchée pour adoucir le style, et le rendre plus dans l'air du temps, les phares sont placés plus bas et une grille de calandre est ajoutée.

En fin d'année 1965, la marque Tempo disparaît. À partir de 1966, les véhicules sont commercialisés sous la marque Hanomag puis, de 1967 à 1970, sous la marque « Hanomag-Henschel » puis, après la faillite du groupe Rheinstahl en 1970 et son rachat par Daimler-Benz en 1971, sous la marque Mercedes-Benz.

En 1967, le petit fourgon de livraison Tempo Matador bénéficie de quelques retouches de carrosserie avec une face avant moins ronde et des phares rectangulaires intégrés dans une calandre. Il est renommé « Harburger Transporter », commercialisé sous les noms Hanomag F20, F25, F30 & F35. En 1969, Rheinstahl fusionne ses deux filiales Hanomag et Henschel pour créer Hanomag-Henschel. À cette occasion, le , l'usine Tempo devient une simple entité de Hanomag-Henschel Fahrzeugwerke GmbH. Le groupe Rheinstahl est déclaré en faillite en 1970 et est racheté à moindre coût par Daimler-Benz AG en 1971.

Le Tempo Matador Tempo Matador 50 Le Tempo Matador a été développé par Dietrich Bergst, concepteur en chef chez Tempo-Werke. Le véhicule utilise l'ensemble mécanique de la Volkswagen Coccinelle, le moteur, un quatre cylindres à plat refroidi par air de développant 25 ch à 3.000 tours par minute, datant de 1937, placé derrière l’essieu avant pour permettre de développer facilement diverses variantes de carrosseries, la boite de vitesses et la transmission Volkswagen qui entraîne les roues avant. Ces éléments mécaniques essentiels étaient livrés directement par VW, conformément à un contrat passé entre les deux sociétés.

Les premiers Tempo Matador 50 sortent d’usine au début de l’année 1949. Il s’agit de véhicules de pré-série livrés, jusqu'à la fin du mois de février, aux concessionnaires comme véhicules de démonstration. Les premiers retours permettent de régler les derniers détails avant de lancer la production en série qui débute le . Le Matador connait un certain succès grâce aux diverses variantes proposées par l’usine : plateau, fourgon tôlé, châssis-nu… mais très vite Tempo doit faire face à de graves soucis mécaniques. La transmission Volkswagen montée sur Matador est très fragile, le différentiel casse très souvent sous effort. Ce n’est qu’à la fin de l’année 1950 que Tempo corrige ce défaut avec un nouveau différentiel renforcé et, pour redorer la mauvaise réputation du véhicule, remplace la boîte de vitesses non synchronisée et très fragile, par un nouveau modèle développé par ZF à partir de . Tempo en profite pour lancer une vague de rappel pour remplacer la boite d’origine Volkswagen par la ZF sur tous les exemplaires en circulation.

En 1950, VW présente le T1 "Bulli", officiellement appelé « Transporter » qui utilise le même moteur mais placé à l'arrière mais ne dispose d'une charge utile que de 800 kg contre les 1.000 kg du Matador qui offrait une meilleure utilisation de l'espace et une hauteur de chargement inférieure à celle du VW.

À l'automne 1951, Tempo-Werke a réussi à régler tous les problèmes techniques et gommé les défauts de jeunesse du Matador mais Volkswagen ne supporte pas la concurrence de cet utilitaire. À partir de 1952, Volkswagen arrête brutalement la livraison de ses moteurs à Tempo. Le dernier Matador à moteur Volkswagen est produit en . On dénombre 13.620 exemplaires du Matador 50 à moteur Volkswagen fabriqués entre 1949 et 1952. Tempo-Werke se met à la recherche d’un autre moteur. Le motoriste JLO, qui était un fournisseur bien connu de Tempo pour ses moteurs à deux temps depuis 1929, a été retenu pour livrer un nouveau trois cylindres à deux temps. Il va équiper la série Matador 1000/1400.

Tempo Matador 1000/1400 Le Matador 1000/1400, présenté à la hâte en avec une nouvelle motorisation JLO, va être une débâcle pour Tempo, principalement à cause du catastrophique moteur 3 cylindres JLO. De plus, à la suite de la modification de la réglementation applicable à partir du , le réservoir n'était plus autorisé à être monté sous le capot avant, mais être placé à l'arrière du véhicule. Une modification du concept a été indispensable avec l'adjonction d'une pompe pour le carburant. La qualité du moteur trois cylindres JLO utilisé étant trop médiocre, Tempo-Werke est obligé de le remplacer en urgence un moteur Heinkel, construit sous licence SAAB, un moteur à deux temps, trois cylindres de . Tempo doit alors organiser une deuxième campagne de rappel de tous les véhicules Matador livrés pour un échange de moteur mais d'autres problèmes importants n'ont pas été réglés.

thumb|250px|Minibus Tempo Matador 1400 carrossé par Mikafa. Le Matador 1400, grand frère du Matador 1000, est en fait le véritable successeur du Matador 50 à moteur Volkswagen. Le châssis, presque inchangé par rapport à son prédécesseur, était équipé de jantes plus larges (5Jx16), lui permettant une homologation avec une charge utile plus élevée et un PTAC allant jusqu'à 2,8 tonnes.

Le style de la carrosserie conserve celui inauguré sur le Matador 1000 avec une façade avant quasiment plate et les phares placés plus bas mais le Matador 1400 est un peu plus grand. Il a été commercialisé à partir de , équipé d'un moteur à quatre temps Heinkel, un quatre cylindres refroidi par eau développant 34 ch soit 9 ch de plus que l'ancien moteur VW, plus sobre et plus robuste que le trois cylindres à deux temps JLO. Le châssis est disponible avec plusieurs empattements ce qui le rend facilement exploitable par les carrossiers.

Les modèles concurrents, toujours plus présents, rendent le Matador, même modernisé, très vite vieux et obsolète. Les ventes stagnent au point que le constructeur doit impérativement proposer un vrai nouveau modèle, visuellement différent et aux lignes modernes, construit sur un châssis amélioré. Ce sera le Matador 56, présenté en fin d'année 1955.

Le Matador 1400 a été produit dans une dernière série spéciale pour les gardes-frontières fédéraux au début d'année 1956. La production est arrêtée après seulement 5.724 exemplaires fabriqués en un peu plus de 3 ans. Depuis son lancement en 1952, les ventes ont régulièrement diminué pour tomber, en 1955, à seulement 503 Matador 1000 et 1.041 Matador 1400, trop peu pour simplement couvrir les coûts de production et ce ne sera pas le Wiking, lancé en 1953 qui changera la donne. Les ventes sont insuffisantes pour assurer un développement de la série Matador. Les concurrents disposent de modèles plus attrayants et modernes ce qui ne peut qu'accentuer le sentiment que le Matador est un modèle de l'immédiat après-guerre. Oscar Vidal se résigne à céder 50 % de sa société "Vidal und Sohn KG" à Hanomag en 1955. Cet apport va lui permettre de financer le développement d'un nouveau modèle avec le même châssis amélioré, mais commun pour tous les modèles en production. Une cabine unique est étudiée pour le Wiking et le Matador avec des portes s'ouvrant contre le vent (et non plus "suicide" comme précédemment)avec des surfaces vitrées plus grandes. Le moteur 3 cylindres, sujet aux pannes fréquentes, n'est pas reconduit, seul le bi-cylindres (Wiking I) et le 4 cylindres sont proposés. Les ventes augmentent légèrement mais, ce n'est que lorsqu'il a été décidé d'installer le moteur Austin Motors de l'Austin A35 à la place du quatre temps Heinkel que les ventes du Matador vont réellement progresser.

Tempo Wiking thumb|250px|Tempo Wiking. Le Tempo Wiking est présenté comme le successeur du Tempo Hanseat à trois roues. Les ventes du Hanseat ont fortement chuté parce que les véhicules à trois roues sont considérés comme obsolètes, voire ridicules, en cette période de boom économique allemand. Le Wiking est bon marché et placé sous le Matador 1000. Afin de pouvoir le proposer à moindre prix, le châssis tubulaire, dérivé du Matador, est profondément simplifié et sans amortisseurs, les arbres de transmission sont faibles, la boîte de vitesses la moins chère est utilisée et les dimensions globales du véhicule sont inférieures à celles du Matador.

Le Tempo Wiking est un modèle plus petit avec une charge utile de 750 kg, qui utilise le moteur deux cylindres à deux temps Heinkel de développant 17 ch, bien meilleur que le précédent moteur trois cylindres. Le Wiking connait un succès mitigé, 12.590 exemplaires sont vendus entre 1955 et 1963. Ce modèle permet, par contre, de récupérer une partie de la clientèle perdue mais les difficultés de l'entreprise persistent. Un contrat pour fabriquer des Land Rover sous licence pour les forces d'occupation britanniques est signé, mais seulement 278 exemplaires sont produits.

En 1955, Tempo-Werke engage un profond restyling de sa gamme de véhicules à quatre roues. Le "Wiking I" et le "Matador 56" sont présentés. Le véhicule bénéficie d'une cabine plus spacieuse, avec un design nettement plus agréable, dans un style italien très en vogue à l'époque. La vue panoramique est améliorée par des surfaces vitrées considérablement agrandies. Le véhicule apparaît moderne dans l'ensemble, même si très peu de changements sont intervenus dans le compartiment moteur et le châssis. La puissance du moteur Heinkel est portée de 17 à 20 ch en 1957. 16.533 exemplaires sont fabriqués entre 1955 et 1963.

Tempo Matador 56