vignette|Logo de la Missile Defense Agency ayant succédé à l'IDS ; il a été modifié en 2010. vignette|Logo de 2002 à début 2010 de l'agence de la garde nationale des États-Unis chargée de la défense antimissile. vignette|Logo de l'Aegis Ballistic Missile Defense System; Division de la MDA chargé de la lutte antimissiles depuis les navires équipés de système Aegis.|200x200px
La Défense antimissile des États-Unis, appelée communément « bouclier antimissile », est un système de défense antimissile comprenant des radars et des missiles, et qui a pour but de détecter et de détruire les missiles balistiques ennemis dirigés vers le territoire des États-Unis et de certains de leurs alliés (Japon et OTAN, entre autres). En fonction depuis , le programme s'étend jusqu'aux années 2020.
Histoire Origines vignette|gauche|Un des quatre sites de lancement en Dakota du Nord destiné aux Sprint qui ne sera en service que quelques mois en 1975.
La protection du territoire des États-Unis contre une éventuelle attaque de missile balistique est une idée datant de l'apparition des premiers ICBM réapparaissant régulièrement.
En 1957, c'était le programme Ballistic Antimissile Boost Interceptor (Bambi), avec satellites en orbite basse et des missiles sol-air Nike-Zeus. Il sera abandonné en 1964 après des dépenses de de dollars américains (valeur 2000). Il sera remplacé par le
En 1967, lui succède le (d'abord baptisé Sentinel), avec missiles intercepteurs LIM-49A Spartan et Sprint prévu au départ que la signature du traité ABM le limitera à la protection d'un seul site, la base d'ICBM de Grand Forks AFB. Mis en service en 1975, il sera désactivé dès en raison des doutes pesant sur l'efficacité du système face aux missiles soviétiques à têtes multiples et l'analyse des effets que produirait la détonation des charges nucléaires de l'intercepteur comme du missile intercepté. Il aura couté de dollars la défense antimissiles du territoire (NMD) aux États-Unis, Rapport d'information au nom de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées, 14 juin 2000, Sénat français.
Les installations radar et de surveillance spatiale construites pour ces divers programmes seront intégrées à la défense américaine.
Le projet renait en pleine guerre froide, alors que Reagan est président des États-Unis. Le , celui-ci crée l'Initiative de défense stratégique (IDS), projet surnommé « guerre des étoiles » qui vise à protéger les États-Unis d'une attaque massive de missiles nucléaires soviétiques.
Le financement des programmes antimissiles aux États-Unis s’établit alors en moyenne à de dollars par an entre 1986 et 2000, budget auquel il faut ajouter les programmes (spatiaux notamment) poursuivis en dehors du cadre strict de l’agence officiellement chargée de la protection antibalistique.
Mais, à la fin de la guerre froide en 1991, le programme perd sa raison d'être et est mis de côté ; le président George H. W. Bush recentre, le , l'initiative de défense stratégique sur la défense contre une attaque non autorisée, accidentelle ou limitée, le programme étant baptisé Global Protection Against Limited Strikes. En 1993, il est officiellement aboli par Clinton et l'administration américaine décide de donner la priorité à la défense antimissiles de théâtre contre les engins de courte portée (Scuds entre autres) La National Missile Defense aux États-Unis ou de la difficulté à bâtir un nouvel ordre mondial, Xavier Pasco, Ministère français des affaires étrangères, 2000 .
Le cout des programmes depuis l'annonce de l'IDS en 1983 à 1999 est estimé à de dollars (valeur 2000) et le financement de l'ensemble des programmes antimissiles de 1957 à 1999 à de dollars Atomic Audit, S. Schwartz - Brookings Institution Press (1998), mis à jour par L. Heeter, Center for Strategic and Budgetary Assessments, mars 2000..
Programme actuel vignette|Territoires couverts par le Ground-Based Midcourse Defense face à une attaque balistique iranienne selon une projection de 2007. C'est pourtant sous son mandat que le , Clinton accepte de signer le National Missile Defense Act adopté à la quasi-unanimité par la Chambre et le Sénat des États-Unis ; cette loi indique qu'il est dans les intentions des États-Unis de construire un bouclier antimissile limité aussitôt que la technologie le permettra.
Le National missile defense, programme semblable au précédent, a cependant un objectif moins ambitieux : défendre le pays contre une offensive mineure (une vague d'une vingtaine de missiles balistique intercontinentaux et d'une centaine d'ogives), non contre une attaque massive. La seconde démarcation du projet de Reagan est que l'arsenal ne se trouve non pas dans l'espace, mais au sol. Mais les essais ne sont pas concluants et, en , Clinton quitte la présidence en laissant le soin à son successeur de trancher sur l'avenir du projet.
Le nouveau président élu, George W. Bush, relance l'idée d'un bouclier antimissile lors d'un discours le . Après les attentats du qui incitent à une sanctuarisation du territoire, le président Bush se retire du traité ABM, qui interdisait le déploiement d'un système global de défense antimissile.
Le , le gouvernement fédéral américain annonce officiellement la relance du National missile defense sous le contrôle de la Missile Defense Agency, branche du département de la Défense des États-Unis.
En date de 2008, le programme prévoit une centaine d'antimissiles pour pouvoir intercepter une vague d'une vingtaine de missiles balistiques provenant d'Eurasie et d'« États voyous » tels l'Iran ou la Corée du Nord. Mais, en 2009, le commandant du Space and Missile Defense Command estime raisonnable à s'en tenir aux trente exemplaires qui seront en service à la fin de cette année..
En 2009, l'administration Obama réévalue à la baisse la menace d'ICBM iraniens et, le , le président constatant la prolifération de missiles balistiques à courte et moyenne portées souhaitent désormais protéger ses intérêts en Europe contre ces vecteursGuillaume Steueur, Antimissile : l'Europe à l'heure des choix, Air et Cosmos , . dans le cadre d'une Approche européenne adaptative progressive (European Phased Adaptive Approach). Lors du sommet de l'OTAN de Lisbonne en , il est décidé de développer une capacité de défense antimissile pour protéger les pays européens de l'Alliance avec des intercepteurs SM-3 en mer à partir de 2011, à terre en Roumanie en 2015 et en Pologne en 2018 (n'est pas opérationnelle en ).. En , il annonçait la mise en place de 14 intercepteurs supplémentaires et un troisième site, sans doute sur la Côte Est des États-Unis, est envisagé qui ne s'est pas réalisé en 2022.
Opposition Deux grandes puissances nucléaires autres que les États spécifiquement désignés par les États-Unis s'estiment visées par ce système d'arme : la Chine. et la Russie.
La Russie qui estime que ce programme est dirigé contre elle déploie de façon temporaire en représailles le , deux bombardiers stratégiques Tu-160 au Venezuela et signe avec la Biélorussie le un accord bilatéral sur la création d’un système commun de défense antimissile.. Le , le président russe Medvedev estime durant son adresse annuelle devant l'Assemblée fédérale que , qu'il détaille : Maintien en état d'alerte de la RVSN, stationnée à Kozelsk, au Sud-Ouest de Moscou, dotée de missiles SS-19 Stiletto d'une portée de ; Installation possible de missiles de théâtre Iskander, ayant une portée de , dans l'enclave russe de Kaliningrad et sur la mer Baltique..
En , le président américain Obama écrit à Medvedev pour lui proposer l'arrêt du programme de bouclier. En échange, il réclame l'appui de la Russie sur la demande d'arrêt du programme nucléaire iranien. ., répondit le Kremlin. La Maison-Blanche annonce le l'arrêt de l'implantation du radar à longue portée en Tchéquie et de la batterie de dix Ground Based Interceptor en Pologne.
Lors du sommet de Lisbonne de , la Russie annonce qu'elle acceptait de coopérer au projet mais qu'elle doit néanmoins ..
Plan de développement Celui-ci a évolué dans le temps en fonction des impératifs techniques, politiques et financiers : vignette|Mise en place dans son silo d'un Ground-Based Interceptor dans le cadre du Ground-Based Midcourse Defense en 2004. vignette|Arrivée en 2006 à Pearl Harbor d'une plate-forme radar à devant être déployée dans l'Océan Pacifique L'United States Army utilise des radars Cobra Dane sur l'île de Shemya en Alaska, à la base aérienne de Beale, en Californie, et à la base aérienne de Fylingdales, au Royaume-Uni construite durant la guerre froide ; En , les six premiers missiles intercepteurs à longue portée Ground-Based Interceptor (GBI) dépendants du 100th Missile Defense Brigade dont le QG se trouve à Colorado Springs sont déployés sur terre à Fort Greely en Alaska à partir du et mis en œuvre par le 49th Missile Defense Battalion. et deux en décembre sur la Vandenberg Space Force Base en Californie. Ces deux centres de conduites de tir sont reliés par de fibres optiques ; En 2005, 14 autres missiles antimissiles et des missiles Patriot viennent s'ajouter en Alaska. SM-3 intercepteurs de missiles de courte et de moyenne portée sont ajoutés sur des navires de l'US Navy équipés du système de combat Aegis ; Un radar mobile d'alerte avancée à bande X ou Forward Based X-band Transportable (FBX-T) est déployé en 2006 au nord du Japon sur la base aérienne de Shariki dans la ville de Tsugaru. : on prévoit en 2014 un total de de ce type ; Démarrées en 2007, des discussions pour l'installation d'un radar près de Prague en République tchèque aboutissent le et le Sénat tchèque vote en sa faveur le en attendant le vote de la Chambre des députés à la fin 2008. De son côté, le , la Pologne paraphe l'accord sur le déploiement d'une dizaine de missiles intercepteurs GBI. La Russie y voit une sérieuse provocation Le torchon brûle entre la Pologne et la Russie, Le Nouvel Observateur, .. Le , l'administration Obama annonce l'abandon du projet du bouclier antimissile en Europe ; En , vingt-et-un GBI sont en service en Alaska et trois en Californie Le projet de bouclier antimissile américain, Le Nouvel Observateur, . ; En , un radar FBX-T est déployé sur la base aérienne de Nevatim au sud-est de Beersheba en Israël. ; l'installation du laser COIL sur un Boeing YAL-1 qui devait devenir un système opérationnel devient un démonstrateur technologique en 2009 ; Un grand nombre de satellites de détection sont développés, tout cela devant être achevé en 2012 ; Plusieurs destroyers et croiseurs Aegis équipés de radars SPY-1 ( en 2010, 27 en 2013) et armés de SM-3 doivent protéger les zones stratégiques en permanence à partir de 2011. 4 navires sont prévus pour l'Europe. Les SM-3 doivent évoluer dans les années 2010 pour étendre la zone de protection ; En remplacement du site d'ABM en Pologne, l'administration Obama propose d'installer dans les Balkans une version basée à terre du SM-3. En , la Roumanie donne son accord de principe pour un site sur son territoire qui devrait être en service en 2015 ; Début , le croiseur USS Monterey devient le premier navire à commencer une mission de six mois en Méditerranée avec pour objectif la protection de l'Europe. ; Début , la Roumanie annonce que la base aérienne de Deveselu a été choisie. Elle abritera 24 SM-3 et un contingent de américains en 2015. ; Le , la Turquie signe un mémorandum pour l’implantation d'un radar à Raytheon AN/TPY-2 dans l'ancienne base-radar de Kürecik. qui sera opérationnel à la fin de l’année. Il sera contrôlé par le centre de commandement Command, Control, Battle Management and Communications (C2BMC) de Ramstein Air Base ; Le , annonce officielle que quatre navires Aegis américains seront basés à Rota en Espagne. ; 2012 : 26 Ground-Based Interceptor sont déployés sur terre à Fort Greely en Alaska, 4 autres à Vandenberg Space Force Base en Californie,