Le Groupe union défense (plus connu sous l'acronyme GUD) est, de 1968 à 2024, une organisation étudiante française d'extrême droite radicale réputée pour ses actions violentes, et très active dans les années 1970. Le groupe s'inscrit dans la mouvance néo-nazie.

Le symbole du rat noir et de la croix celtique sont emblématiques de cette organisation.

En perte de vitesse depuis les années 1980, le mouvement entre en sommeil en 2002 tandis que plusieurs de ses anciens membres rejoignent le Rassemblement étudiant de droite.

L'organisation tente de faire un retour en 2010 sous le nom d'Union de défense de la jeunesse (UDJ) sur le campus de l'université Paris-Panthéon-Assas.

Le GUD entre de nouveau en sommeil en 2017, au profit du Bastion social et de Zouaves Paris. Après la dissolution de ces groupuscules, l'organisation est à nouveau réactivée en 2022.

Le , la porte-parole du gouvernement Prisca Thevenot annonce la dissolution du GUD.

Historique

Création et débuts Le GUD est créé en au centre universitaire Assas de la Faculté de droit de Paris sous le nom de Union Droit, puis Groupe union Droit, par d'anciens militants d'Occident (Alain Robert, Gérard Longuet, Robert Allo, Gérard Écorcheville, Hugues Leclère, Jack Marchal, Jean-Noël Prade) à la suite de la dissolution de cette organisation le de la même année. L'organisation est créée en vue des élections étudiantes de . Elle obtient plus de 10 % à Clignancourt, Saint-Maur, Nanterre et Assas" Le mouvement homosexuel français face aux stratégies identitaires", par Yves Roussel, dans la revue Les Temps Modernes, mai-juin 1995 ...

Le GUD s'affirme durant ses premières années d'existence comme le principal pôle militant de l'extrême droite en France (et même pratiquement le seul en 1969) et se fait connaître par des actions violentes. Par la suite, avec l'apparition de mouvements nationalistes structurés tels que Ordre nouveau, il tient une place de plus en plus marginale, à plus forte raison avec l'émergence comme force électorale du Front national dans les années 1980.

Entre et , le GUD participe à plusieurs affrontements violents contre des militants de gauche et d'extrême gauche à l'université d'Assas et de Nanterre. L'université Panthéon-Assas est fermée deux jours à la suite de l'une de ces rixes..

Le , les dirigeants du GUD Patrice Janeau et Michel Bodin, opposés au rapprochement d'Ordre nouveau avec Jean-Marie Le Pen en vue de créer le Front national, partent former le Groupe action jeunesse (GAJ) avec des dissidents d'Ordre nouveau. Une équipe dirigeante alternative prend immédiatement la relève. En 1974, face à la concurrence du GAJ, le GUD est menacé de disparaître durant un temps. En , le GUD devient le mouvement étudiant du Parti des forces nouvelles (PFN).

Durant les années 1980 Le ., à la suite d’incidents quelques jours plus tôt à Tolbiac., une trentaine de militants du GUD se rend à l'université de Nanterre, où une bagarre fait 23 blessés, dont deux graves parmi le GUD, avant d'être pris en chasse par plusieurs centaines d'étudiants jusqu'au RER de la gare de Nanterre-Université. Les étudiants encerclent le train, tirent le signal d'alarme pour l'immobiliser et brisent les vitres des voitures où se sont réfugiés « ceux d'Assas ». 27 nationalistes sont arrêtés. Une manifestation spontanée d'étudiants, soutenue par l'Unef-ID a lieu l'après-midi, du campus Pierre-et-Marie-Curie de Jussieu au pont de la Concorde. Dans un communiqué, le Collectif des étudiants libéraux de France, proche des jeunes giscardiens, condamne ..

Le , le GUD s'autodissout officiellement à la suite de la victoire à l'élection présidentielle de François Mitterrand du . Il se reconstitue à l'automne 1981 au centre Assas à l'initiative d'une nouvelle équipe d'étudiants menée par Charles-Henri Varaut et Richard Rouget. Il participe ensuite à la création du Renouveau nationaliste. Le , le PFN, le GUD et le RN protestent contre la commémoration des Accords d'Évian de 1962 organisée par la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie.. Entre et , le GUD participe au mouvement contre la réforme des universités du ministre socialiste de l'Éducation, Alain Savary ; la presse parle alors d'un .

Les manifestations contre la loi Savary redynamisent le GUD, qui s'implante notamment à Lille, Lyon, Montpellier et Clermont-Ferrand. Durant les années 1980, les scores des organisations étudiantes d'extrême droite dont le GUD augmentent et atteignent jusqu'à 5 à 10% des suffrages selon les universités..

En 1984, le GUD se rapproche du Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR) de Jean-Gilles Malliarakis. Lors des élections étudiantes, il obtient à Assas, soit 2,4 % des . La même année, une liste de l'Union des étudiants de droite (UED), syndicat , participe aux élections des délégués des étudiants au conseil de direction à la commission paritaire de Sciences Po Paris. En sixième position apparaît le nom de Nathalie Ducoulombier, le nom de naissance de Nathalie Loiseau..

En 1985, le GUD devient l'organisation étudiante du MNR tandis que la Jeune garde en est sa branche lycéenne. Le , le GUD participe à la fondation de Troisième Voie. Les deux organisations rompent le .

Le , une trentaine de militants du GUD, menés par Serge Ayoub, attaquent une assemblée générale au campus de Jussieu."Histoire secrète des RG" par Brigitte Henri, Editions Flammarion.. Le , une centaine de militants du GUD mène une attaque contre la manifestation étudiante opposée au projet de loi Devaquet, aux alentours des boulevards Saint-Germain et Saint-MichelArchives INA 27 novembre 1986 - . à quelques centaines de mètres de la rue d'Assas. Une partie du service d'ordre étudiant, présenté comme « autonome », se rend rue Joseph-Bara pour contre-attaquer.. Les jours suivants, une attaque similaire se produit à Lyon tandis qu'un raid à Paris mené par le GUD, accompagné de skinheads, du MNR, et de militants liés l'Union nationale inter-universitaire (UNI) paralyse à vie un étudiant, frappé à coups de barre de fer.

Le GUD atteint son apogée en 1987, année durant laquelle il multiplie les agressions et démonstrations de force. Roger Griffin, chercheur à l'université Oxford Brookes, dénombre sa participation à cinq manifestations et de nombreux raids violents sur six universités visant principalement l'organisation Pour un syndicalisme autogestionnaire. Par la suite, l'influence du GUD décline face à la popularité croissante du Front national.

Le , le GUD se reconstitue sous le nom d'Union de défense des étudiants d'Assas (UDEA) et, un an plus tard, Union de défense des étudiants parisiens.

Rapprochement avec le Front national puis avec Unité radicale et mise en sommeil En 1992, malgré son affaiblissement progressif, le GUD participe à une manifestation contre Disney au cours de laquelle est chanté . Les années suivantes, l'organisation participe à plusieurs raids, notamment contre les locaux de l'UNEF, agressions, et manifestations anti-américaines. Quelques-uns de ses militants s'engagent dans l'armée croate pour participer à la guerre en Yougoslavie.

En 1993, l'organisation se rapproche du Front national de la jeunesse (FNJ) et du Front national. Le , le GUD organise une manifestation à Paris sous le slogan afin de protester contre le du débarquement américain. Le rassemblement prévu place Denfert-Rochereau est interdit, la police encercle et matraque les manifestants, en arrête plus d'une centaine. Parmi ceux, qui parviennent à s'échapper, Sébastien Deyzieu, 22 ans, est poursuivi sur plus de par des policiers en civil, tente de se réfugier dans l'immeuble du 4, rue des Chartreux (non loin du centre Assas), tombe du et fait une chute mortelle. Ce fait devient l'affaire Sébastien Deyzieu. Le , le GUD de Frédéric Chatillon et le FNJ de Samuel Maréchal fondent le Comité 9 mai pour dénoncer . Le , plusieurs militants du GUD et du FNJ tentent d'envahir l'appartement de Pasqua. Ils se font repousser puis occupent le conseil général des Hauts-de-Seine. Le GUD manifeste depuis lors chaque en hommage à leur militant..

Dès 1994, Frédéric Chatillon, directeur du GUD, se rapproche de Moustapha Tlass, ministre de la défense syrien. Le régime d'Hafez el-Assad finance les activités du GUD, car il . Frédéric Chatillon assurera la propagande du régime syrien, y compris sous Bachar el-Assad, pendant la guerre civile syrienne, et les liens entre le GUD et le régime syrien serviront à organiser de nombreux voyages de propagande en Syrie, y compris d'élus français d'extrême droite...

En 1995, le GUD participe à la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen. À la faculté d'Assas, Benoît Fleury dirige l'organisation de 1995. à 2000.. En , le GUD participe à la création d'Unité radicale (UR) ; il publie alors Le Rongeur masqué, puis Jusqu'à nouvel ordre. En , lors de la scission du Front national entre lepénistes et mégrétistes, les GUD de province, contrôlés par Unité radicale, soutiennent Bruno Mégret. Celui de Paris montre sa réticence en mettant en avant le slogan .. Il participera, le , à la création d'un censé regrouper la jeunesse d'extrême droite, sans lendemain.

À l'automne 1999, le GUD crée l'Union de défense des étudiants et lycéens ; à la suite de procédures judiciaires, Benoît Fleury se met en retrait de la présidence au profit de Gaëtan Dirand, qui lui succède en 2000.. Au 2002, le GUD reprend son autonomie vis-à-vis d'UR, accusée de « mégrétisme ». Après la disparition d'UR en 2002, le GUD entre en sommeil. Entre 2004 et 2009, les militants du GUD passent plusieurs années « en immersion » à l'intérieur du Rassemblement étudiant de droite (RED), aux côtés d'éléments d'autres provenances..

Réactivation dans les années 2010 Le , l'hebdomadaire d'extrême droite Minute annonce la réactivation du GUDMinute, 2432.. Le GUD est relancé en 2010 par Édouard Klein, ancien chef du RED. D'après Nicolas Lebourg, cette initiative ne convainc pas la génération des gudards des années 1990, qui la surveillent étroitement.

En 2015, à la suite de l'agression commise contre Édouard Klein., le nouveau président du GUD Logan Djian est mis en examen pour « violences aggravées ». Placé en détention provisoire, il est libéré le contre le paiement d’une caution de .. De 2015 à 2016, le GUD collabore régulièrement avec l'Action française..

Ile-de-France En , des étudiants distribuent des tracts à l'université d'Assas.. L'organisation échoue à constituer des listes aux élections universitaires, et son retour suscite la protestation des autres syndicats étudiants. L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) lance ainsi un signé par l'Union nationale inter-universitaire (UNI) et l'Union nationale des étudiants de France (UNEF). En , le GUD est impliqué dans un affrontement avec des militants de gauche, dont une des victimes se verra prescrire 21 jours d'interruption temporaire de travail.

En , le gudard Logan Djian ouvre le bar d'extrême droite Le Crabe-Tambour (en référence à Pierre Guillaume, ancien de l'Organisation de l'armée secrète (OAS)) dans le arrondissement de Paris. Le bar est fermé depuis.. En , le GUD organise un congrès européen à Nanterre.. Celui-ci accueille des nationalistes radicaux étrangers comme Konstantinos Boviatsis d'Aube dorée, Hervé Van Laethem du mouvement belge Nation, Jordi de la Fuente du Mouvement social républicain espagnol, et avec comme invités français Roland Hélie de Synthèse nationale ainsi qu'Arnaud de Robert, le porte-parole du Mouvement d'action sociale..

En , la permanence du Parti communiste français à Gentilly est vandalisée par des personnes laissant une signature du GUD..

Lyon