Ruth S. DeFries, née le , est une écologue et géographe américaine spécialisée dans l'environnement. Elle utilise la télédétection pour étudier l'habitabilité de la Terre sous l'influence des activités humaines. Avec son équipe, elle met au point une nouvelle méthode de suivi de la déforestation qui fait aujourd'hui autorité. Ses travaux sont récompensés de nombreux prix, dont la bourse MacArthur 2007 et le prix Marsh de la British Ecological Society en 2021.

Biographie Ruth DeFries obtient son baccalauréat en sciences de la Terre en 1976 à l'université de Washington et son doctorat en 1980 au Département de géographie et d'ingénierie environnementale de l'université Johns-Hopkins. Elle enseigne un temps à l'Institut indien de technologie de Bombay, est professeure de développement durable à l'université du Maryland, puis au département d'écologie, d'évolution et de biologie environnementale de l'université de Columbia. En , l'université de Columbia la nomme professeure d'université avec un laboratoire propre à son nom.

Travaux Les travaux de Ruth DeFries portent sur la transformation du paysage par l'humain ainsi que les conséquences sur le climat, le cycle biogéochimique, les processus biophysiques, la biodiversité et les services écosystémiques. Elle étudie tout ce qui permet de rendre la planète habitable grâce à l'outil de télédétection.

Ruth DeFries s'est spécialisée dans la déforestation tropicale (Afrique centrale, Asie du Sud-Est et Amazonie brésilienne) et son impact sur les émissions de carbone dans l'atmosphère. De manière classique, la déforestation est calculée grâce aux statistiques nationales sur le couvert forestier et avec des images satellites de faible résolution. Ruth DeFries et son équipe propose la cartographie de la couverture terrestre à l'échelle du paysage. Ce dernier est vu comme un continuum, plutôt que comme des catégories distinctes de forêts. Cette méthode modifie profondément les recherches sur les écosystèmes et améliore les projections sur les futurs changements climatiques. Elle permet de mieux comprendre l'impact des activités humaines sur l'habitat et la biodiversité. Cette technique est utilisée dans la surveillance et la protection des ressources naturelles par les politiques publiques. Ruth DeFries est récompensée en 2007 par le prix MacArthur pour ces travaux. alt=Déforestation en Amazonie brésilienne en 2016|vignette|Déforestation en Amazonie brésilienne en 2016. Afin de réduire la déforestation et les émissions de carbone, l'approche de l'économie des terres vise à intensifier et d'augmenter le rendement agricole. Ruth DeFries étudie ses conséquences sur le terrain et montre que dans l’État du Mato Grosso au Brésil, grâce aux politiques et des crédits, la production agricole s'est faite sur des terres déjà défrichées. Au contraire, dans l'ouest de l'Amazonie péruvienne, les grandes plantations industrielles s'installent en défrichant des forêts anciennes plus simples à gérer en termes de droit foncier ; les petites plantations à plus faible rendement s'installant sur les terres déjà défrichées. Elle montre que la politique et la culture sont structurantes dans ce domaine.

Son équipe trouve également que depuis le 21 siècle, la croissance urbaine est corrélée avec une hausse de la déforestation : en cause la hausse du niveau de vie ainsi que celle des exportations.

Son travail de vulgarisation passe par la rédaction de plusieurs articles et par des réponses aux sollicitations des médias. Elle publie plusieurs livres de vulgarisation sur le développement durable qui lui valent la reconnaissance du WWF. Elle y développe ses recherches sur la nature, notamment comment l'investissement dans la diversité, dans la redondance plutôt que dans l'efficacité, les retours auto-correctifs et les décisions qui s'appuient sur des connaissances ascendantes permettent d'être plus résilients dans les crises.

Engagement

Publication d' En , Ruth DeFries s'est jointe à un groupe d'universitaires pour publier . Il est co-signé avec John Asafu-Adjaye, Linus Blomqvist, Stewart Brand, Barry Brook, , Christopher Foreman, David Keith, Martin Lewis, Mark Lynas, , Roger A. Pielke, Jr., Rachel Pritzker, Joyashree Roy, Mark Sagoff, Michael Shellenberger, Robert Stone et Peter Teague .

Investissement dans Ruth DeFries fait partie des , un groupe de femmes scientifiques qui sont aussi mères de famille. Impulsé par Katharine Hayhoe et il vise à aider d'autres mères à répondre à leurs questionnements sur le changement climatique et à les former. En permettant aux femmes d'avoir accès à l'information scientifique, vise au empowerment (encapacitation) et à faire peser les voix des mères dans les politiques environnementales.

Distinctions Membre de l'Académie américaine des sciences depuis 2006 ; Prix « genius » de la bourse MacArthur en 2007 ; Membre du ; Membre de la Société américaine d'écologie depuis 2012 ; Prix Breakthrough Paradigm en 2015"Ruth DeFries Announced as 2015 Paradigm Award Winner". The Breakthrough Institute. Retrieved August 14, 2015. ; Docteur honoris causa de la Faculté des sciences de KU Leuven en 2017 ; pour le recherche sur le changement climatique de la British Ecological Society en 2021.

Publications Ruth DeFries est l'autrice ou co-autrice de plusieurs livres et de plus de 100 articles scientifiques.

Livres

Articles

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Géographe américain du XXe siècle Catégorie:Géographe américain du XXIe siècle Catégorie:Femme géographe Catégorie:Écologiste américaine du XXe siècle Catégorie:Écologiste américaine du XXIe siècle Catégorie:Étudiant de l'université Washington de Saint-Louis Catégorie:Étudiant de l'université Johns-Hopkins Catégorie:Professeur de l'université du Maryland à College Park Catégorie:Membre de l'Académie nationale des sciences Catégorie:Professeur à l'université Columbia Catégorie:Lauréat du prix MacArthur Catégorie:Docteur honoris causa de la Katholieke Universiteit Leuven Catégorie:Naissance en octobre 1956