Doliocarpus guianensis est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Dilleniaceae. C'est une liane néotropicale.

En Guyane, les Doliocarpus sont appelés Liane chasseur (créole), Tameyut (Wayãpi), Samugne (Palikur), Dia titey, Toku titei (Aluku), Cipó-d'agua (Portugais). Au Venezuela on l'appelle Bejuco chaparro, Bejuco de agua, Chaparrillo (Espagnol), Cuchiyumuru (Yekwana).

Description Doliocarpus guianensis est un arbuste sarmenteux ou une liane ligneuse à branches cylindriques, grises, glabres, et des cicatrices de stipules annulaires bien visibles.

Le limbe des feuilles est coriace, décurrent, formant des ailes étroites le long du pétiole canaliculé, long de , presque noir, et finement pileux au-dessus. Ce limbe est de forme obovale ou obovale-oblong, mesure , les deux faces minces, glabres, la base cunéiforme, l'apex arrondi ou obtus-apiculé. La marge est entière ou irrégulièrement ondulée vers l'apex. On compte 7 à 10 paires de nervures secondaires, généralement distantes de plus de , les supérieurs s'anastomosant à moins d' de la marge. Les nervures secondaires et la médiane sont saillantes en dessous, légèrement en retrait dessus. La nervation tertiaire est subparallèle, fine, assez dense, saillante des deux côtés, surtout celle perpendiculaire aux nervures secondaires.

Selon les sources, les inflorescences forment des grappes longues de , avec des pédicelles mesurant de long. Ou bien, les fleurs se développent en fascicules axillaires sur les branches les plus âgées, avec des pédoncules bien développés, finement pileux et glabrescents, à plusieurs fleurs (lors de la fructification, pédoncules et pédicelles réunis mesurent environ de long).

La fleur fugace comporte 5 sépales rubescents, couverts de quelques poils minuscules à l'extérieur. On compte 3-5 pétales blancs, et de nombreuses étamines, aux anthères ovales, et aux filets filiformes mais dilatés vers le haut. L'unique carpelle globuleux est glabre, avec un style court et courbé, et un stigmate pelté.

Le fruit est une baie ovoïde-globuleuse rouge, mesurant de long pour d'épaisseur, s'ouvrant par deux valves, qui protègent 1-2 graines, entièrement entourées d'arilles blanches.

Répartition On rencontre Doliocarpus guianensis du Venezuela au Brésil (Maranhão, Pará, Roraima) en passant par le Guyana, le Suriname et la Guyane. On peut le trouver à Saül, dans la forêt de terre ferme du Mont Galbao.

Écologie Doliocarpus guianensis pousse dans les forêts sempervirentes de plaine autour de d'altitude. En Guyane, il fructifie en juin.

Doliocarpus guianensis est un exemple de plante zoochore produisant des fruits charnus déhiscents.

Doliocarpus guianensis fait partie des espèces pionnières héliophiles communes jouant un rôle dans la régénération forestière en Guyane.

On trouve des cristaux de silice cubiques, presque prismatiques, dans le pétiole de Doliocarpus guianensis, ce qui est probablement en lien avec les phytolithes trouvés dans ses feuilles et ses fruits.

Utilisations Doliocarpus guianensis aurait des vertus très faiblement anticancéreuses.

L'eau extraite des tiges de cette espèce est potable et utilisée en médecine traditionnelle comme diurétique et pour soigner des maladies rénales.

La sève abondante et potable contenue dans cette « liane à eau » est connue pour désaltérer les chasseurs assoiffés en forêt : on peut remplir un verre à boire avec un tronçon d'un mètre de long.

Cette sève était autrefois utilisée en Guyane comme dépuratif. Les Urubú- du Brésil s'en servent comme tonique. Elle fournit un remède Palikur contre la coqueluche, la diarrhée, contre la « blesse » (sikgep, une douleur mobile située sous les côtes sur lesquelles elle appuie), et en traitement de longue durée, contre le diabète.

Un Doliocarpus est un ingrédient de remèdes Aluku pour soigner les douleurs abdominales, la blennorragie et les morsures de serpent.

Les tiges entrent dans la préparation d'un puissant aphrodisiaque au Guyana.

Histoire naturelle En 1775, le botaniste Aublet propose la diagnose suivante : vignette|gauche|Doliocarpus guianensis par Aublet (1775) Planche 219. L'on a groſſi courts les parties de la fleur. - 1. Bouton de fleur. - 2. Corolle épanouie. - 3. Corolle vue en deſſous. - 4. Calice. Piſtil. - 5. Ovaire. Style, Stigmate. Une étamine groſſie. - 6. Calice. Baie. - 7. Portion de l'écorce de la baie enlevée. Amande en partie dépouillée de ſa membrane.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet

Références taxinomiques

Catégorie:Dilleniaceae Catégorie:Espèce de Dilleniales (nom scientifique) Catégorie:Dicotylédone de Guyane Catégorie:Végétation tropicale américaine Catégorie:Plante décrite par Aublet