Mohammed Bensahla et Boumédiène Bensahla sont des poètes algériens du melhoun. Mohammed et son fils Boumédiène, ont vécu à Tlemcen au . Ils sont chacun l'un des plus grands auteurs du hawzi. Dans la majeure partie des poèmes, les deux poètes ne citent pas leur prénom. Nous ne trouvons à la fin de ces nombreuses poésies que le nom de filiation des deux poètes : Bensahla.
Biographie
Mohammed Bensahla a vécu à Tlemcen au . Comme Ahmed Ben Triki et Mohammed Benmsayeb, il appartient à l'école citadine du melhoun. Ce poète se compare à Imrou'l Qays et affirme que, tout comme lui, il fait partie de cette race vulnérable aux ; ses pièces continuent à être interprétées aujourd’hui.
Son fils, Boumédiène Bensahla, originaire de Tlemcen est également poète de hawzi. Tisserand de métier, comme de nombreux poètes du melhoun citadin. Reconnu par ses pairs comme « le cheikh de Tlemceni », il a vécu au , une époque marquée par l'oppression politique dans la régence d'Alger. Il est contemporain de Mohamed Bendebbah.
Boumédiène Bensahla a ainsi dénoncé l'injustice politique et sociale dans plusieurs de ses poèmes et a même été contraint de fuir Tlemcen pour les plaines d'Angad à la frontière maroco-algérienne. En cela, sa vie n'était pas très différente de celle des autres poètes exilés de l'Ouest algérien. Il était doté d'une mémoire étonnante. Il possèdait un répertoire vaste, mais avait comme une espèce de prédilection pour le hawzi.
Boumédiène chante ses amours et glorifie celles qu'il rencontre. Ses poèmes soulèvent l'indignation de toute la ville. Une pétition est adressée au Bey d'Oran par les maris jaloux et par les bourgeois offusqués. Ce dernier transfère le poète à Oran et il l'enferme dans un cachot. La favorite du Bey, Badra, intervient auprès du maître en faveur du poète. Bensahla est alors libéré, l'épreuve qu’il vient de subir l'a un peu dégrisé et assagi. Il est enterré au cimetière de Sidi Senouci à Tlemcen.
Œuvres Les Bensahla sont l'un des principaux poètes de hawzi. Leurs pièces, à l'instar des autres poètes populaire du melhoun notamment Ahmed Ben Triki et Mohammed Benmsayeb, sont une source d'informations sur les mœurs de l'époque, l'état des mentalités et l'évolution de la langue.
Boumédiène Bensahla est l'auteur du poème Wahd Al-ghazal rit Al youm (), c'est un mouachah qui a perdu de nombreuses caractéristiques structurelles de la forme andalouse originale grâce à une touche melhoun innovante du cheikh. Encore aujourd'hui, c'est un chef-d'œuvre du répertoire musical hawzi et confirme le lien historique intime entre la poésie melhoun et la musique arabo-andalouse. Il est aussi l'auteur du fameux Kif aâmali ou hilti (), qui demeure un chef-d'œuvre d'expression de la passion et du désespoir amoureux.
La tradition orale rapporte que durant son séjour forcé dans une prison à Oran qu'il aurait composé la qacida de type gormi () : Ya dhaou âayani ( ). Elle se présente comme une sorte d'évasion par l'imaginaire et la mémoire qui lui permet d'aller survoler sa ville natale, à la rencontre des lieues et des visages aimés, entrelaçant anthroponymie et toponymie tlemcéniennes.
Boumédiène tombe amoureux de Fâtma l'élégante, mais cette dernière quitte Tlemcen. Il a souvent cité dans ses vers et dont il a décrit les charmes, ainsi que la passion violente et l'ardeur de la flamme dont eut à souffrir son cœur en raison de son amour. Il lui compose le poème : Sidi men yssel aala kahl el âayn ().
Il compose d'autres poèmes pour elle : Youm el khémis wach eddani, Oueld ettir, M'dhebel lâayan. Il est aussi l'auteur des poèmes suivants Nabouni roudou el djwab, Baghi n'djaour El Mustapha et Charâa Allah ya lahbab, ainsi que Sifat chamaa wel kandil we triya. Toutefois, selon certains auteurs, c'est son père Mohammed qui semble être l'auteur de la plupart des chants signés . Mohammed semble avoir produit plus que ce qui nous est parvenu. Seuls quelques chants sont signés du prénom de Boumediène, les deux poètes ne citent pas généralement leur prénom.
Boumédiène est également l'un des auteurs locaux de la sanaa-gharnata de Tlemcen : Rît al-qamar qâd ghas (chanté dans la nouba btaîhi raml al maya, inçiraf zidane) Natfaradj maâk (chanté dans la nouba darj rasd, inçiraf sika et hsin). Allah yahdik (mokhlas maya).
Exemple d'un poème Le début du poème, Ya dhaou âayani, traduit par El-Boudali Safir :
Références
Annexes
Bibliographie Sonneck, Chants, chant , tome I (texte arabe, ) et tome II - fasc. I (traduction, ) Mornand F., La vie arabe, Paris, 1856, , traduction de « la gazelle » BEKHOUCHA Mohammed et SEKKAL Abderahman, Anthologie d'auteurs arabes, les printanières ou romantisme arabe, livre premier, * Kitab Nath el-Azhar wa Wasf el-Anwar wa Aswat el-Atyar wa Nagham el-Awtar, Tetuan, 1933, Tlemcen, 1934, 134 + 3 pages. SEKKAL Abderahman, Anthologie arabe, deuxième livre, poèmes érotiques, kitab el-Houb wal Mahboub, Tlemcen, 1939,224 pages.
Mohamed Habib Hachlaf, Diwane A-sheikh A-telmecani Boumediene BenSehla, 2001, Algérie
Articles connexes Hawzi Gharnati Mohamed Bendebbah Mohammed Benmsayeb
Liens externes La pièce Wahd Al-ghazal rit Al youm, du répertoire hawzi de l'école de Tlemcen, sur le portail du Patrimoine Culturel Algérien. La pièce Kif aâmali ou hilti, du répertoire hawzi de l'école de Tlemcen, sur le portail du Patrimoine Culturel Algérien. La pièce Ya dhaou âayani, du répertoire hawzi de l'école d'Alger, sur le portail du Patrimoine Culturel Algérien.
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