La Raison dans l'histoire (en allemand : Vernunft in der Geschichte) est une œuvre philosophique de Georg Hegel qui traite de philosophie de l'histoire. L'ouvrage est à l'origine une introduction aux Leçons sur la philosophie de l'histoire du même auteur. Publiée de manière posthume en 1837, la Raison dans l'histoire permet à Hegel d'exposer la thèse principale des Leçons selon laquelle la Raison, qui est Liberté, gouverne l'Histoire.
Historique La Raison dans l'histoire est le nom donné à la longue introduction à l’œuvre des Leçons sur la philosophie de l'histoire. Le texte est parfois édité conjointement avec les Leçons.
Plan Introduction de 1822 et 1828 : types d'historiographie L'introduction de 1822 et 1828 reproduit le cours introductif qu'Hegel avait donné ces années-là pour présenter son cours et l'objet de la philosophie de l'histoire. Il annonce son projet, qui est non pas d'écrire une simple histoire avec des exemples extraits des évènements, mais de présenter le contenu même de l'histoire en tant qu'elle est universelle.
Il distingue trois manières d'écrire l'histoire : l'histoire originale ; l'histoire réfléchie ; l'histoire philosophique. La première, celle d'Hérodote, fait connaître les évènements et les situations. La méthode de cet historien est de . Hegel ne considère pas , car ce sont, selon lui, . Le philosophe revient sur l'importance de l'écriture. Une civilisation aurait beau être trois fois millénaire, comme l'Inde, elle est et ne peut si elle dispose de l'écriture. La lecture de ces historiens permet de connaître l'esprit de la civilisation à laquelle ils appartiennent.
L'histoire réfléchie, elle, est la plus courante. Il s'agit, selon Hegel, . Elle ne se propose que d'étudier la totalité de l'histoire (d'un pays, du monde entier). Il s'agit de faire entrer le lecteur dans chaque période. L'histoire pragmatique fait partie de l'histoire réfléchie : elle vise à . Hegel se montre très critique envers la forme d'histoire qui consiste en une , ainsi que qui .
L'histoire philosophique, enfin, a un point de vue général, car elle . Le point de vue de l'histoire philosophique . Le philosophe connaît . En effet, .
Introduction de 1830 : l'histoire philosophique Hegel introduit à nouveau son cours sur le rôle de la raison dans l'histoire. Il définit d'emblée la philosophie de l'histoire comme . L'homme étant un être pensant, il y a une à l'histoire. L'histoire pragmatique est l'histoire qui établit et précise , c'est-à-dire . Ainsi, l'.
Le concept général de la philosophie de l'histoire L'idée de la Raison Hegel soutient que la seule idée que la philosophie apporte est, au fond, celle de la Raison. La Raison , et par conséquent, . La Raison, en effet, est une .
Le but de la philosophie, ici, est : la contingence n'est qu'une nécessité extérieure, c'est-à-dire une cause inattendue. Il faut chercher, dans l'histoire, , but final du monde, saisissable par la raison. L'histoire universelle est, selon Hegel, .
Partir de la Raison permet de saisir la cohérence de l'histoire. Ainsi, . L'intellect permet d'identifier les causes et les effets ; aussi, de distinguer l'essentiel et de l'inessentiel, et d'éliminer ce dernier. L'entendement permet de saisir les buts secondaires et les différencier du but principal.
Les catégories de la conscience historique Le spectacle de l'histoire apparaît généralement à la pensée sous un certain nombre de catégories. La première est celle du changement, qui résulte des évolutions perpétuelles que subissent les acteurs du monde. Ce spectacle a un côté négatif, car . On peut alors ressentir .
Toutefois, la catégorie du changement est rattachée à un aspect immédiat du changement qui est le renouveau. Hegel considère que les philosophies orientales en ont fait le maître aspect de leur métaphysique : la métempsychose proclame le retour continu de ce qui a été. La philosophie occidentale nous offre la deuxième catégorie, celle du rajeunissement, qui , mais est qui permet à l'Esprit de se renforcer et de se répandre dans l'histoire. La troisième catégorie est la Raison elle-même : .
L'idée antique de la Raison Hegel revient sur la théorie d'Anaxagore, qu'il considère comme un pionnier dans le cadre de sa conception du noûs. Le noûs est . La Raison n'est pas une intelligence en tant que conscience de soi : la rotation des planètes obéit à une loi de la raison, mais les planètes ne sont pas conscientes d'elles-mêmes.
Le philosophe rappelle que Socrate, par la plume de Platon, avait critiqué chez Anaxagore non pas tant sa prétention à expliquer le réel par la Raison, mais le fait qu'Anaxagore ne soit pas allé jusqu'au bout de son raisonnement concernant le déploiement de la Raison dans l'histoire. En fait, .
L'idée chrétienne de la Providence L'idée que la Raison gouverne le monde n'est pas inconnue du grand public, selon Hegel, du fait des religions : c'est là . La foi, toutefois, ne convient pas pour comprendre l'histoire universelle : elle , car .
Hegel contre-argumente contre ceux qui soutiennent qu'il serait . Le philosophe soutient au contraire que . Hegel déploie sa pensée au sujet de Dieu.
La théodicée Hegel affirme que sa méditation sera une théodicée, c'est-à-dire une explication du mal et du bien dans l'univers. Selon lui, . Cela est d'autant plus impératif que, partout où l'on pose les yeux dans l'histoire, le mal semble présent.
Annexe L'annexe de la Raison dans l'histoire est un ensemble de pensées d'Hegel, présentées sous la forme de paragraphes. Il soutient que l'Esprit universel est trouvable dans plusieurs domaines de la vie, telle que l'art (où l'esprit est intuition et image), dans la religion (où il est sentiment et représentation), et en philosophie, où il est pensée pure et libre. L'Esprit universel est dans l'histoire universelle, où elle agit comme un tribunal.
Le philosophe réaffirme que . Tous les , grâce à l'Esprit du monde, . L'histoire peut donc être définie comme .
L'histoire du monde fait qu'un peuple reçoit, par succession, la mission de la prise de conscience de soi de l'Esprit du monde. Pour Hegel, .
Hegel précise sa théorie de l’État. Il ne s'agit pas d'une forme d'organisation primitive. Toutefois, chaque étape qui mène à l’État (le passage de la famille à la horde, à la tribu, à la foule, etc.), . Sans État, le peuple est privé d'existence objective et n'est pas reconnu.
L'auteur réaffirme son découpage en mondes historiques, qui va du monde oriental au monde grec, avant d'arriver au monde romain puis au monde germanique.
Notes et références
Catégorie:Œuvre de Georg Wilhelm Friedrich Hegel