Arīb al-Ma'mūnīya (, née en 181/797-98 et morte en 277/890-91, est une qayna (femme formée aux arts du divertissement) du début de la période abbasside, qui a été qualifiée de Kristina Richardson, “Singing Slave Girls (Qiyan) of the Abbasid Court in the Ninth and Tenth Centuries.” In Children in Slavery through the Ages, edited by Gwyn Campbell, Suzanne Miers, and Joseph C. Miller, 105–118. Athens: Ohio University Press, 2009. (p. 114.)Cf. Tahera Qutbuddin, 'Women Poets', in Medieval Islamic Civilisation: An Encyclopedia, ed. by Josef W. Meri, 2 vols (New York: Routledge, 2006), II 866, .. Elle a vécu jusqu'à 96 ans et sa carrière s’étend sur les règnes de cinq califes.

Vie et œuvre Arīb al-Ma'mūnīya est née à Bagdad (actuellement en Irak). On disait au Moyen Âge qu'elle était la fille du vizir Ja'far al-Barmaki, un membre important des Barmécides, et de l'une des domestiques de la famille, Fāṭima. Cette filiation a été remise en question par les érudits modernes. Quoi qu'il en soit, Arīb fut une esclave pendant une partie importante de sa jeunesse, qu'elle soit née en esclavage ou ait été vendue en esclavage à l'âge de dix ans après la chute de sa famille. Dans sa poésie, Arīb proteste à deux reprises contre son statut de servitude, et elle est affranchie par Abū Isḥāq al-Mu'taṣim (qui règne de 833 à 842)Matthew S. Gordon, 'The Place of Competition: The Careers of ‘Arīb al-Ma’mūnīya and ‘Ulayya bint al-Mahdī, Sisters in Song', in ‘Abbasid Studies: Occasional Papers of the School of ‘Abbasid Studies, Cambridge, 6-10 July 2002, ed. by James E. Montgomery (Leuven: Peeters, 2004), pp. 61-81 (pp. 64-65). .. Elle serait auparavant devenue la chanteuse préférée du calife al-Maʾmūn ()Classical Poems by Arab Women: A Bilingual Anthology, ed. and trans. by Abdullah al-Udhari (London: Saqi Books, 1999), p. 140 ; books.google.co.uk/books/about/Classical_poems_by_Arab_women.html?id=WniBAAAAIAAJ&..

La principale source d'informations sur la vie d'Arīb al-Ma'mūnīya est le Livre des Chansons d'Abū 'l-Faraj al-Iṣfahānī qui date du al-Iṣfahīnī, Abu l-Faraj, Kitāb al-aghānī, Dār al-Fikr, 21 parts and Index in 9 vols., equivalent to the edition Kairo 1322/1905–5..

Comme ses pairs, nous dit-il, Arīb était versée dans la poésie, la composition et la performance musicale, ainsi que dans diverses autres compétences comme le backgammon, les échecs et la calligraphie. Son instrument de prédilection était l'oud, une préférence qu'elle transmettait à ses élèves, mais c'était surtout son chant et sa composition qui l'ont fait se démarquer. Citant Ibn al-Mu'tazz, l'une de ses sources clés, Abū 'l-Faraj fait référence à une collection de cahiers (dafātir) et de feuilles volantes (ṣuḥuf) contenant ses chansons. Celles-ci seraient environ au nombre de . En ce qui concerne son chant, Abū 'l-Faraj déclare qu'elle n'a connu aucune rivale parmi ses pairs. Il la regroupe avec les divas légendaires de la première période islamique, les chanteuses connues collectivement sous le nom de ḤijāzīyātMatthew S. Gordon, 'The Place of Competition: The Careers of ‘Arīb al-Ma’mūnīya and ‘Ulayya bint al-Mahdī, Sisters in Song', in ‘Abbasid Studies: Occasional Papers of the School of ‘Abbasid Studies, Cambridge, 6-10 July 2002, ed. by James E. Montgomery (Leuven: Peeters, 2004), pp. 61-81 (p. 64)..

L'œuvre survivante d'Arīb et les anecdotes associées suggèrent non seulement ses compétences poétiques, mais aussi une vie dans laquelle elle a eu un certain nombre de relations avec des amants et des mécènes masculins ; ces textes indiquent « qu'Arīb, comme beaucoup de ses pairs, était une concubine ainsi qu'une chanteuse lorsque les circonstances l'exigeaient ». Il semble qu'elle soit parvenue à entretenir un important entourage et qu'elle était une propriétaire terrienne. L'une des histoires les plus célèbres qui portent sur elle concerne un concours de chant qu'elle et ses chanteuses ont remporté contre sa jeune rivale et sa troupeAgnes Imhof, 'Traditio vel Aemulatio? The Singing Contest of Sāmarrā’, Expression of a Medieval Culture of Competition', Der Islam, 90 (2013), 1-20 (with a translation pp. 4-7), DOI 10.1515/islam-2013-0001, .. Les témoignages suggèrent un personnage « volontaire, profondément intelligent, impatient avec ceux d'esprit moindre et, peut-être inévitablement, perplexe et souvent cynique »Matthew S. Gordon, 'The Place of Competition: The Careers of ‘Arīb al-Ma’mūnīya and ‘Ulayya bint al-Mahdī, Sisters in Song', in ‘Abbasid Studies: Occasional Papers of the School of ‘Abbasid Studies, Cambridge, 6-10 July 2002, ed. by James E. Montgomery (Leuven: Peeters, 2004), pp. 61-81 (pp. 65-66). ..

Voici un court extrait de l’œuvre poétique d'ArībAbdullah al-Udhari, Classical Poems by Arab Women (London: Saqi, 1999), p. 140. :

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