Cette page présente la liste des personnages du livre de Georges Perec, La Vie Mode d'emploi. N'y figurent que ceux qui ont un lien direct avec l'immeuble du 11 rue Simon-Crubellier.
Les chiffres romains renvoient aux numéros des chapitres du roman.
A vignette|476x476px|Plan de l'immeuble du 11, rue Simon-Crubellier Adèle. Cuisinière de Bartlebooth. Quand elle prend sa retraite, Smautf fait embaucher Hélène (XXVI). Albin (Flora), née Champigny (XXXVIII). (Huitième étage). Le 14 juillet 1925, elle reste bloquée dans l'ascenseur avec Raymond Albin, son premier fiancé, Monsieur Jérôme et Serge Valène (XXXVIII). Après avoir rompu avec Raymond Albin, elle se marie avec un René Albin. Ils s'établissent à Damas où ils fondent une florissante manufacture de livres scolaires qui est incendiée lors des émeutes antifrançaises de 1945. L'hôtel dans lequel ils avaient investi leur fortune est bombardé le 29 mai 1945. Rentrée veuve en France, elle perd tous les procès qu'elle intente et qui engloutissent le reste de son argent. Grâce à Madame Claveau, elle peut retrouver son ancienne chambre dans l'immeuble. Elle vit avec 16 francs par jour et commence à perdre la mémoire (XLVIII). Un jour, elle avait découvert dans la chambre de Troyan une feuille de parchemin sur laquelle est imprimé un choral de Luther (XLV), et elle a gardé un souvenir très précis d'Émile Gratiolet (XCV). Albin (Raymond). Le 14 juillet 1925, au retour du feu d'artifice à Montmartre, il est bloqué dans l'ascenseur avec Flora Champigny, sa fiancée, Monsieur Jérôme et Serge Valène. il propose de passer le temps à faire une belote et sort de sa poche un jeu graisseux auquel il manque le valet de trèfle (XXXVIII). Flora Champigny le quitte quelques semaines plus tard (XLVIII). Albin (René). Parti en Syrie avec Flora, sa femme, il meurt d'un arrêt du cœur la nuit du bombardement de Damas par les troupes franco-britanniques, après avoir vu sa maison d'édition et son hôtel incendiés. Son épouse fait rapatrier son corps en France et l'inhume à Juvisy. Elle va tous les jours sur sa tombe (XLVIII). Altamont (Blanche, née Gardel). (Deuxième gauche). À dix-neuf ans, Blanche Gardel, danseuse dans une troupe, est enceinte de Riccetti qui refuse qu’elle avorte. Elle pratique l’opération quand même, avec l’aide de Cyrille Altamont, son ami d’enfance. L’apprenant, Ricetti se suicide, et Blanche épouse Cyrille un an et demi plus tard, en avril 1951. Un mois plus tard ils emménagent rue Simon-Crubellier, mais Cyrille, nommé à Genève, n’y habite presque jamais (LXXXVIII). L’appartement est celui de Madame Appenzell, dont elle est une lointaine petite cousine (XXV). Madame Altamont déteste Madame Nochère, la concierge, et demande son renvoi à chaque réunion de copropriétaires (XXXV). Elle déteste aussi Madame de Beaumont (LXXVI). Elle a refusé avec colère qu’Herman Fugger cuisine du gigot de sanglier à la bière pour leur réception annuelle (XXXVI). Mais elle a fait monter une bouteille de whisky à Joseph et Ethel, les domestiques d’Hutting qu’il leur prête pour cette réception (IX), à laquelle il assistera (XII). Les Altamont ont longtemps hésité à commander leur portrait à Hutting. Ils apparaissent dans son tableau n° 2, lui en Noé, elle en Coppélia, allusion au fait qu’elle fut jadis danseuse (LIX). Ils sont flattés d’être invités dans le château de Dordogne ou le mas de Gattières que possède Hutting (XLIX). Valène imagine qu’un jour Madame Altamont tirera un coup de révolver sur Monsieur Altamont, et que le sang se mettra à gicler sur les tomettes vernissées de leur salle à manger octogonale (XXVIII). Altamont (Cyrille). (Deuxième gauche). Âgé de cinquante-cinq ans, Monsieur Altamont, ancien élève de Polytechnique et de l’ENA, est considéré comme un homme d’affaires très énergique, circonspect et froidement réaliste. Devenu à trente et un ans fondé de pouvoir d’un organisme international chargé de financer des projets liés à l’exploitation des sous-sols, il éconduit Wehsal, ancien nazi passé au service des Américains qui a trouvé le moyen de transformer du lignite en essence. Cette erreur se révèle fâcheuse lors du premier choc pétrolier (LXII). Il a jadis aidé Blanche Gardel, son amie d'enfance qu'il épousera ensuite, à avorter. Elle le lui a toujours reproché, même après la naissance de leur fille Véronique (LXVIII). Madame de Beaumont le traite de double zéro (LXXVI). Il est toujours absent de Paris, et une grande réception est donnée à l’occasion de son retour annuel (XXV). Les Altamont ont longtemps hésité à commander leur portrait à Hutting. Ils apparaissent dans son tableau n° 2, lui en Noé, elle en Coppélia, allusion au fait qu’elle fut jadis danseuse (LIX). Ils sont flattés d’être invités dans le château de Dordogne ou le mas de Gattières que possède Hutting (XLIX). Altamont (Véronique). (Deuxième gauche). Fille de Blanche et Cyrille Altamont. Âgée de seize ans (LXXXVIII), elle fait de l’aquarelle, du piano (XXV) et est amatrice de puzzles (LXXX). Enfant, elle aimait beaucoup Béatrice Breidel (LXXVI). À l’âge de huit ou neuf ans, elle commence à enquêter sur ses parents, voulant comprendre pourquoi sa mère porte toujours autour de son poignet gauche une mince bande de gaze noire, et pourquoi celui qui se dit son père est toujours absent. Ayant découvert une photo de sa mère jeune dansant avec Ricetti, elle s’imagine d’abord qu’il s’agit de son vrai père, avant de trouver une vieille lettre de Cyrille Altamont à sa mère, qui lui révèle la vérité : elle est bien la fille de Cyrille qui, des années auparavant, avait aidé sa mère à avorter, ce qu’elle lui reproche toujours (LXXXVIII). Quand Bartlebooth devient aveugle, elle vient passer une heure ou deux avec lui presque tous les jours, pour lui faire toucher un à un les morceaux de bois des puzzles de Winckler, en lui décrivant leurs imperceptibles variations de couleurs (LXXX). Appenzzell (Marcel). (Anciennement deuxième gauche). Avec deux « z », contrairement au canton et au fromage (XVII), c'est un ethnologue autrichien. En 1932, à l'âge de vingt-trois ans, il part seul à Sumatra, à la recherche d'un peuple fantôme appelé Kubu. Il ne réapparaît que cinq ans et onze mois plus tard. Il a trouvé les Kubus, mais ceux-ci refusent toute approche. Ils s'enfoncent de plus en plus loin dans la jungle pour le fuir, acceptant des conditions de vie de plus en plus précaires et hostiles. À son retour, il ne peut pas retourner dans son université de Graz, les juifs comme lui en étant proscrits depuis l'Anschluss. Fixé à Paris, il refuse de parler de son expérience, disant réserver ses analyses pour une future conférence. La veille de celle-ci, il brûle toutes ses notes et retourne à Sumatra. Toutes les recherches que sa mère entreprend pour le retrouver restent vaines (XXV). Appenzzell (Madame), mère de Marcel. (Anciennement deuxième gauche). Toutes ses recherches pour retrouver son fils quand il repartit à Sumatra sont vaines. Elle reste à Paris sous l'occupation, tout en refusant de porter l'étoile jaune imposée par l'Allemagne nazie. Prévenue d'une arrestation imminente, elle passe en zone libre et s'engage dans la Résistance. Elle est tuée en juin 1944 près de Vassieux-en-Vercors (XXV). Araña (Madame). (Loge du rez-de-chaussée). Première concierge de l'immeuble (XXXVIII). Elle est peu aimable (XVII). Quand Flora Champigny, Raymond Albin, Monsieur Jérôme et Valène sont bloqués dans l'ascenseur, elle leur ordonne de se taire et les prévient qu'on ne pourrait les secourir avant plusieurs heures (XXXVIII). Elle a reçu comme instructions de Juste Gratiolet de ne pas monter le courrier à ceux qui habitent dans les mansardes (XLIX).
B
Bartlebooth (Percival)Contraction de Bartleby, personnage du roman de Melville, et de Barnabooth, le personnage d'un roman de Valéry Larbaud.Voir Jean-François Chassay, Récrire le monde à son image : le cas de Perceval Bartlebooth, Études littéraires, Volume 23, numéro 1-2, été–automne 1990, Georges Perec : écrire / transformer. Lire en ligne.Voir Tonia Raus, Le Voyage de Bartlebooth ou le tour de son monde, in Cahiers Georges Perec, n° 14, Les Venterniers, 2021.. (Troisième gauche). Né en 1900 (XXII), il est allé au collège de Harrow, comme Byron (X). À 20 ans, il décide d’organiser sa vie autour d’un projet unique dont la nécessité arbitraire n’aurait d’autre fin qu’elle-même. Pendant 10 ans, de 1925 à 1935, il s’initierait à l’aquarelle. Pendant 20 ans, de 1935 à 1955, il parcourrait le monde, peignant, à raison d’une aquarelle tous les quinze jours, cinq cent marines représentant des ports de mer. Elles seraient envoyées à Gaspard Winckler qui en ferait un puzzle de 750 pièces. Pendant 20 ans, de 1955 à 1975, Il reconstituerait les puzzles à raison d’un tous les quinze jours. Ensuite les marines seraient renvoyées là où elles avaient été peintes et plongées dans une solution détersive d’où ne ressortirait que le support, intact et vierge. Aucune trace ne resterait ainsi de toute l’opération (XXVI). C'est Valène qui lui donne une leçon quotidienne d’aquarelle (XVI), et il achète son appartement pour en être plus près (XVII). Pour trouver son faiseur de puzzles, il met une annonce dans Le Jouet français., et reçoit 12 réponses. il choisit Gaspard Winckler, alors âgé de 22 ans, qu’il installe avec sa femme Marguerite dans l’immeuble de la rue Simon-Crubellier (XLIV). Son voyage en compagnie de Smautf dure de 1935 à 1954 et le mène de façon parfois capricieuse tout autour du monde. Il consacre deux semaines à chaque port, voyage compris, ce qui lui laisse généralement cinq à six jours sur place. Les deux premiers jours, il se promène au bord de la mer. Le troisième il choisit son emplacement et dessine quelques brouillons. L’avant dernier, il peint sa marine, extrêmement vite, sans jamais recommencer. Puis il la donne à Smautf qui l’envoie à Winckler (XV). Après son retour, au début, il travaille vite à reconstituer les puzzles. En dix-sept ans, il en a reconstitué près de 400. Puis, au fil des années, ils deviennent de plus en plus difficiles à résoudre, pleins de pièges que prépare Winckler, et il a le plus grand mal à tenir les délais qu'il s'était imposés (XXVIII). Fin 1972, il se rend compte qu’il devient aveugle. Malgré une double opération de la cataracte, les troubles persistent, mais il s’aperçoit qu’il peut continuer son travail en associant le toucher à la vue. Début 1975, il est obligé de se faire aider par Véronique Altamont (LXXX). Le programme qu'il s’était fixé succombe sous l’attaque de Beyssandre et sous celle, beaucoup plus secrète et subtile de Winckler (LXXX). Il meurt le 23 juin 1975, à presque huit heures du soir, devant son quatre cent trente-neuvième puzzle, victime du dernier piège du faiseur de puzzles (XCIX). Beaumont (Élizabeth de, épouse Breidel). (Deuxième droite). Fille de Fernand et Véra. Née en 1929, elle est élevée par sa grand-mère à Lédignan. Son père, qu'elle n'avait jamais vu, éloigné de Paris par ses fouilles archéologiques, s'est suicidé quand elle avait six ans. Sa mère était également toujours absente, poursuivant dans le monde entier sa carrière de cantatrice. Quand elle y renonce, elle fait venir auprès d'elle sa fille de quinze ans, qui s'enfuit un an après (VI). Elle se fait embaucher sous le nom de Véronique Lambert comme fille au pair chez les Ericsson, diplomates suédois résidant en Angleterre. Ayant laissé se noyer leur fils de cinq ans, elle disparait. Après quatre ans de recherches, le diplomate la retrouve au moment où elle se marie avec François Breidel. Ayant remarqué être suivi, le couple tente d'échapper aux recherches et s'installe finalement à Chaumont-Porcien. Deux ans plus tard Sven Ericsson l'assassine (XXXI).