Itamar Ben-Gvir (), né le à Mevasseret Tsion, est un ex terroriste et homme politique israélien dirigeant du parti d'extrême droite ultranationaliste, suprémaciste et néosioniste Otzma Yehudit, il est l'actuel ministre de la sécurité nationale.
Dans les années 1990, il est membre du parti Kach et Kahane Chai, un groupe terroriste israélien, interdit de se présenter aux élections puis classé terroriste par les autorités israéliennes et américaines. Homophobe, antilibéral et antidémocrate, il croit en la suprématie de la loi divine et en celle du peuple juif.. Il est poursuivi plus de 50 fois par la justice israélienne, notamment pour émeute, racisme et possession de propagande pour une organisation terroriste..
Son parti, Force juive, réalise un score surprise aux élections législatives de 2021, puis à celles du . Le Likoud de Benyamin Netanyahou s'allie avec lui pour obtenir une majorité et former un gouvernement. Itamar Ben-Gvir l'intègre en comme ministre de la Sécurité nationale. Opposé à l'accord de cessez-le-feu avec le Hamas, il démissionne le , avant d'être réintégré à la reprise des hostilités. Depuis , il fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Turquie en pour les crimes de génocide, terrorisme et contre l’humanité« Turkey issues genocide arrest warrant against Netanyahu », Middle East Eye, 8 novembre 2025..
Biographie Premiers engagements et carrière d'avocat Il naît dans une famille laïque et modérée de la petite bourgeoisie à Mevasseret Tsion, un faubourg de Jérusalem, d’un couple juif mizrahim irako-kurde qui n'est pas religieux ; il se distingue des pratiques familiales en portant la kippa dès l'adolescence.
Dans la foulée de la Première intifada, il se radicalise en militant au sein de l'extrême droite israélienne à partir des années 1990, rejoignant d'abord le mouvement Moledet ( hébreu : מולדת, « Terre natale »), favorable à la déportation des Palestiniens de citoyenneté israélienne hors du territoire, avant de rallier la mouvance plus radicale encore kahaniste. - les partis Kach et Kahane Chai (hébreu : כ"ך) seront interdits en 1994 en tant qu'organisations terroristes par Israël et les États-Unis. Il participe durant son adolescence à des attaques contre les Palestiniens de Cisjordanie occupée, leur jetant des pierres. Il devient coordinateur de Kahane for Kids (Jeunesse de Kach).
L'armée israélienne refuse qu'il fasse à 18 ans son service militaire à cause de son passé de militant politique d'extrême droite et parce qu'il est considéré alors comme trop radical.. Des groupes comme Brothers and Sisters in Arms (hébreu : אחים ואחיות לנשק) accusent cependant Itamar Ben-Gvir d’avoir « évité » le service militaire. Il nie l'avoir esquivé de son plein gré et affirme qu’il voulait s’enrôler mais que l’armée israélienne l’a refusé en raison de ses opinions politiques et de son passé militant.
Profondément hostile au processus de paix engagé par la gauche israélienne, il fait parler de lui en 1995 lorsqu'il vole puis brandit à la télévision israélienne l’emblème d’une Cadillac, le véhicule du Premier ministre Yitzhak Rabin : « Nous avons eu sa voiture, et nous l’aurons lui aussi »., lance-t-il ; Yitzhak Rabin sera assassiné quelques semaines plus tard par Ygal Amir, militant d'extrême droite.. Itamar Ben-Gvir déclare admirer l'assassin de Rabin, arrêté et condamné par la justice de son pays.
À la tête du groupe suprémaciste Front idéologique, il conduit en 1997 des « actions » aboutissant à l'annulation du concert de la chanteuse Sinéad O'Connor. Celle-ci devait se produire dans le cadre d’une série de manifestations culturelles de l’organisation pacifiste Jerusalem Link en faveur d'une résolution du conflit israélo-palestinien. L'organisatrice, Daphna Golan, dénonce « l’atmosphère de menaces qui prévaut à Jérusalem depuis l’assassinat de Yitzhak Rabin contre tous les artistes favorables à une coexistence pacifique entre Israéliens et Palestiniens ».
Itamar Ben Gvir poursuit des études de droit à l'Ono Academic College à Kiryat Ono près de Tel Aviv, qu'il termine avec uniquement un diplôme de premier cycle, avant de servir dans l'armée.
Hostile aux droits LGBT, il est en 2006 l’un des organisateurs de la « marche des animaux » : des opposants à la Gay Pride défilent avec des ânes.
Il devient avocat tardivement, en 2011. En tant que tel, Itamar Ben-Gvir se spécialise dans la défense d'extrémistes accusés de violence contre des Palestiniens., tels que Ben-Zion Gopstein, ainsi que deux jeunes Israéliens accusés d'avoir , fin - dont le principal auteur est finalement condamné à la réclusion à perpétuité. Début , il assiste personnellement à un mariage où des colons juifs armés poignardent la photographie du nourrisson brûlé vif ; ces Israéliens ne seront pas condamnés, le procureur ayant perdu la vidéo originale de l'évènement.
Carrière politique Il a été l’assistant parlementaire de l'archéologue et député Michael Ben-Ari, fondateur de Force juive, qui est actuellement député à la Knesset.
Son parti, Otzma Yehudit (Force juive ), créé en 2012, est le successeur idéologique du parti Kach (finalement interdit), une formation suprémaciste juive et raciste réclamant l’expulsion des citoyens arabes d'Israël et l’instauration d’une théocratie... Force juive revendique l’annexion de toute la Cisjordanie mais sans accorder aux Palestiniens la citoyenneté israélienne, souhaite expulser du pays les citoyens arabes « déloyaux » et encourage les citoyens arabes en général à émigrer afin de renforcer le caractère juif d’Israël. Le parti insiste également sur la refonte du système judiciaire israélien afin de mettre l’accent sur les valeurs juives plutôt que sur les valeurs démocratiques, en particulier en ce qui concerne les droits des minorités.
Pendant la guerre de Gaza de 2014, Itamar Ben-Gvir est filmé en train de danser avec ses partisans qui chantent les paroles suivantes : .
À la tête de son parti, il organise des manifestations provocatrices dans des quartiers israéliens à forte proportion arabe, scandant avec ses partisans « mort aux terroristes ». Il lui arrive de brandir une arme lors de ce type d'action. et appelle la police à ouvrir le feu à balles réelles en cas de heurts avec des manifestants arabes. Ses actions ostentatoires lui assurent une forte médiatisation..
Il expose jusqu'en 2020 dans son salon une photographie du terroriste Baruch Goldstein, l'auteur du massacre d'Hébron, qui a causé la mort de près de 30 Palestiniens. Il déclare l’avoir retirée en après s’être aperçu que cela pouvait lui nuire politiquement. Il continue toutefois de revendiquer son admiration pour ce terroriste.
En , alors que des violences dans le quartier de Cheikh Jarrah de Jérusalem, où des familles palestiniennes sont menacées d'expulsion, sont le prélude à un embrasement, Itamar Ben Gvir y établit son bureau parlementaire en soutien aux colons.. En , alors que des heurts y opposent à nouveau colons israéliens, forces israéliennes et Palestiniens, Itamar Ben Gvir y brandit une arme à feu, et demande à la police de tirer à balles réelles sur les Arabes qui jettent des pierres.
Il tente depuis de présenter une image un peu plus modérée et un discours plus lisse, plus apaisé.. Le général Dan Haloutz, ancien chef d'État-major de Tsahal, estime qu' et avertit que ses idées pourraient bien entraîner une guerre civile dans le pays..
L'ancien Premier ministre Benyamin Netanyahou fait de lui son principal allié pour les élections législatives de 2022 et lui promet une place au gouvernement en cas de victoire - ce qui adviendra.
Ministre de la Sécurité nationale 250px|thumb|FCK BNGVR est un slogan populaire parmi les manifestants israéliens contre Ben-Gvir et le gouvernement Netanyahou. Par le jeu des alliances électorales pour unir les droites radicales et religieuses, Itamar Ben-Gvir entre au gouvernement en 2022, en étant nommé ministre de la Sécurité nationale dans le gouvernement Netanyahou VI investi le .
Déplacement au Mont du Temple Le au matin, il se rend sur le Mont du Temple. Il déclare à propos de cette visite : .. Le grand-rabbin séfarade d'Israël, Yitzhak Yosef, critique cette visite sur le Mont du Temple, rappelant que le grand-rabbinat en interdit depuis longtemps la visite aux juifs.. Yair Lapid, chef de l'opposition et précédent Premier ministre, déclare : .. Cette visite est également fortement critiquée par l'Autorité palestinienne, la Jordanie, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, les États-Unis, la France et l'Union européenne.
Répression des Palestiniens et des Arabes israéliens vignette|Rassemblement de solidarité pour la Palestine, reprenant le symbole de la pastèque, à Bruxelles (2023). Le , il prononce l'interdiction du drapeau palestinien dans l'espace public israélien.. Pour contourner cette interdiction, des représentations de pastèques, devenues un symbole de l’identité palestinienne, sont alors utilisées lors des manifestations de l'opposition israélienne..
Il poursuit la politique d'expulsion massive des dizaines de milliers de Bédouins du désert du Néguev qui demeurent encore isolés dans leurs villages ancestraux, mais non reconnus par l’État israélien. Certaines de ces localités non reconnues sont notamment privées d’eau, d’électricité, de tout-à-l’égout municipaux et les incidents sont nombreux avec la police israélienne lors des démolitions de villages.
Il est critiqué en pour la violente répression des manifestations contre la réforme du système judiciaire, au cours desquelles la foule israélienne est visée par des jets indiscriminés de grenades assourdissantes..
Le , Itamar Ben-Gvir annonce qu'il quittera le gouvernement s’il échoue à faire entendre ses demandes notamment l’établissement « d’une Garde nationale » et la peine de mort pour les « terroristes palestiniens ».. Il annonce le soutenir l’appel à une pause dans le projet de réforme judiciaire gouvernemental en échange de la promesse qu’il pourrait mettre sur pied sa « garde nationale » qu’il réclame depuis longtemps. - intention que dénonce le ministre de la Défense Yoav Galant dans une lettre à Itamar Ben-Gvir le .
Il déclare dans une interview donnée en août 2023 : « Mon droit, celui de ma femme et de mes enfants à circuler en Cisjordanie, est plus important que le droit des Arabes à circuler ».
Son directeur de cabinet, Chanamel Dorfman, fait scandale en en urinant sur les lieux du meurtre de cinq Palestiniens, près de Nazareth.
Détention des prisonniers palestiniens En tant que ministre chargé des prisons, Itamar Ben Gvir ordonne dès sa prise de fonction le durcissement des conditions de détention des prisonniers palestiniens, notamment en limitant la durée des douches des prisonniers à 4 minutes, en fermant les boulangeries des prisons et en restreignant le temps d’exercice physique et les visites des familles. Il annonce également qu'il ne fera preuve d’« aucune tolérance » face aux grèves de la faim de certains détenus, conduisant au décès de l'un d'entre eux, Khader Adnan, figure emblématique des luttes des prisonniers palestiniens.