vignette|Allemands quittant la Silésie pour l'Allemagne occupée par les Alliés en 1945. vignette|Convoi de réfugiés, à Dantzig et ses environs, février 1945. vignette|Affiches de propagande, Dantzig, février 1945 : La fuite et l'expulsion des Allemands de Pologne sont l'épisode le plus important d'une série de déplacements et d'expulsions d'Allemands en Europe pendant et après la Seconde Guerre mondiale. La population allemande fuit ou est expulsée de toutes les régions qui se trouvent actuellement dans les limites territoriales de la Pologne, y compris les anciens territoires de l'Est de l'Allemagne et certaines parties de la Pologne d'avant-guerre par l'Union soviétique.

Contexte Pendant la Seconde Guerre mondiale, des expulsions ont été initiées par l'Allemagne nazie en Pologne occupée. Les Allemands déportèrent 2,478 millions de citoyens polonais des régions polonaises annexées par l'Allemagne nazieNowa Encyklopedia Powszechna PWN. Warszawa: Państwowe Wydawnictwo Naukowe, 2004,pages 811–812 (volume 8), s. 709 (volume 6). , assassinèrent 1,8 à 2,77 millions de Polonais de souche, 2,7 à 3 millions de Juifs polonais et réinstallèrent 1,3 million d'Allemands ethniques à leur placePiotr Eberhardt, Political Migrations in Poland, 1939-1948, Warsaw 2006, p.22. Environ Allemands étaient stationnés en Pologne dans le cadre de sa force d'occupation ; il s'agissait de personnes telles que des commis, des techniciens et du personnel de soutien.

La population allemande à l'Est d'Oder-Neisse est estimée à plus de 11 millions au début de 1945"Dokumentation der Vertreibung der Deutschen aus Ost-Mitteleuropa". In Verbindung mit A. Diestelkamp [et al.] bearb. von T. Schieder Bonn, Hrsg. vom Bundesministerium für Vertriebene, 1953 pages 78 and 155. La première expulsion de masse des Allemands a suivi l'avancée de l'Armée rouge et fut composée à la fois d'une fuite spontanée, motivée par des rumeurs d'atrocités soviétiques et d'une évacuation organisée commençant à l'été 1944 et se poursuivant jusqu'au printemps 1945Arie Marcelo Kacowicz, Pawel Lutomski, Population resettlement in international conflicts: a comparative study, Lexington Books, 2007, pp.100,101 . Dans l'ensemble, environ 1% () de la population civile allemande à l'est de la ligne Oder-Neisse a péri dans les combats avant la capitulation en Spieler, Silke. ed. Vertreibung und Vertreibungsverbrechen 1945–1948. Bericht des Bundesarchivs vom 28. Mai 1974. Archivalien und ausgewählte Erlebnisberichte. Bonn: Kulturstiftung der deutschen Vertriebenen. (1989). . Pages 23–41. En 1945, les territoires de l'Est de l'Allemagne ainsi que les zones polonaises annexées par l'Allemagne ont été occupés par l'Armée rouge soviétique et les forces militaires polonaises communistes. Des civils allemands ont également été déportés au motif du « travail de réparation » en URSSPavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR Central European University Press 2003 Pages 286-293. L'Union soviétique a transféré d'anciens territoires allemands à l'Est de la ligne Oder-Neisse à la Pologne en . Au milieu de 1945, 4,5 à 4,6 millions d'Allemands sont restés sur les territoires sous contrôle polonais Andrzej Gawryszewski. Ludność Polski w XX wieku , Warszawa, Instytut Geografii i Przestrzennego Zagospodarowania im. Stanisława Leszczyckiego PAN, 2005, p. 455-460 et 466. en attendant une conférence de paix finale avec l'Allemagne, qui n'aura finalement jamais lieu; ; .

Déportations Les premières expulsions en Pologne ont été entreprises par les autorités militaires communistes soutenues par les Soviétiques en PolognePhilipp Ther, Deutsche Und Polnische Vertriebene: Gesellschaft und Vertriebenenpolitik in SBZ/ddr und in Polen 1945-1956, 1998, p.56, : From June until mid July, Polish military and militia expelled nearly all people from the districts immediately east of the rivers [Oder–Neisse line] avant même la conférence de Potsdam (« expulsions sauvages »), pour assurer l'intégration ultérieure dans une Pologne ethniquement homogèneMatthew J. Gibney, Randall Hansen, Immigration and Asylum: From 1900 to the Present, 2005, p. 197, telle qu'envisagée par les communistes polonaisNaimark, Russian in Germany. p. 75 reference 31:. Entre à Allemands ont été touchés. Contrairement à la déclaration officielle selon laquelle les anciens habitants allemands des territoires devaient être évacués rapidement pour loger les Polonais déplacés par l'annexion soviétique, les terres ont d'abord fait face à une grave pénurie de population.

Au début de 1946, avaient été « vérifiées » comme ayant la nationalité polonaise. Lors du recensement de , ont été répertoriées comme Allemandes et ont fait l'objet d'une vérification visant à établir leur nationalitéThe quality of the 1946 census data was very low. À partir du printemps 1946, les expulsions s'organisent progressivement, affectant le reste de la population allemande. En 1950, 3 155 000 civils allemands avaient été expulsés et 1 043 550 naturalisés polonaisPitor Eberhardt in POLITICAL MIGRATIONS IN POLAND 1939-1948 pages 44–45. Les Allemands considérés comme « indispensables » à l'économie polonaise sont retenus ; pratiquement tous partiront en 1960. Quelque Allemands en Pologne, en Prusse orientale et en Silésie ont été employés comme travailleurs forcés dans des camps administrés par les communistes avant d'être expulsés de PolognePolski w XX wieku / Andrzej Gawryszewski. Warszawa : Instytut Geografii i Przestrzennego Zagospodarowania im. Stanisława Leszczyckiego PAN, 2005. Page 312. Outre les grands camps, dont certains étaient des camps de concentration allemands réutilisés, de nombreux autres camps de travaux forcés, punitifs et d'internement, des ghettos urbains et des centres de détention constitués parfois seulement d'une petite cave ont été mis en place.

Selon la commission Schieder ouest-allemande de 1953, le nombre de morts parmi les civils s'élève à 2 millionsDokumentation der Vertreibung der Deutschen aus Ost-Mitteleuropa. Band 1 In Verbindung mit A. Diestelkamp [et al.] bearb. von T. Schieder Bonn, Hrsg. vom Bundesministerium für Vertriebene, 1953 pages 160. Cependant, en 1974, les Archives fédérales allemandes estiment le nombre de morts à environ (y compris les victimes des déportés de KaliningradSpieler, Silke. ed. Vertreibung und Vertreibungsverbrechen 1945-1948. Bericht des Bundesarchivs vom 28. Mai 1974. Archivalien und ausgewählte Erlebnisberichte, Bonn: Kulturstiftung der deutschen Vertriebenen. (1989). . PageIngo Haar, Bevölkerungsbilanzen" und "Vertreibungsverluste. Zur Wissenschaftsgeschichte der deutschen Opferangaben aus Flucht und Vertreibung :Herausforderung Bevölkerung : zu Entwicklungen des modernen Denkens über die Bevölkerung vor, im und nach dem Dritten Reich Verlag für Sozialwissenschaften 2007 ).

Les chiffres du gouvernement ouest-allemand concernant les personnes évacuées, émigrées ou expulsées en 1950 s'élèvent à . ( dans les anciens territoires allemands ; de Dantzig, de Pologne d'avant-guerre et Allemands baltes réinstallés en Pologne pendant la guerreDie deutschen Vertreibungsverluste. Bevölkerungsbilanzen für die deutschen Vertreibungsgebiete 1939/50. Herausgeber: Statistisches Bundesamt - Wiesbaden. - Stuttgart: Kohlhammer Verlag, 1958 Pages 38 and 45). Les recherches du gouvernement ouest-allemand évaluent à le nombre d'Allemands émigrés de Pologne de 1951 à 1982 ; ils sont également considérés comme des expulsés en vertu de la loi fédérale allemande sur les expulsésGerhard Reichling. Die deutschen Vertriebenen in Zahlen, Bonn 1995, Page 53.

Attitudes polonaises et soviétiques L'attitude des civils polonais, dont beaucoup avaient subi des brutalités lors de la précédente occupation allemande, s’avéra disparateMatthew J. Gibney, Randall Hansen, Immigration and Asylum: From 1900 to the Present, 2005, p.198, . Il y eut des incidents où des Polonais, voire d'anciens travailleurs forcés, ont protégé des Allemands, par exemple en les déguisant en Polonais. L'attitude des soldats soviétiques fut ambivalente ; beaucoup ont commis de nombreuses atrocités, surtout des viols et des meurtresEarl R. Beck, Under the Bombs: The German Home Front, 1942-1945, University Press of Kentucky, 1999, p. 176, , et n'ont pas toujours fait la distinction entre les Polonais et les Allemands, les maltraitant souvent de la même manière. D'autres Soviétiques ont été surpris par le traitement brutal des Allemands et se sont engagés dans leur protection.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

Bibliographie

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„Unsere Heimat ist uns ein fremdes Land geworden..." Die Deutschen östlich von Oder und Neiße 1945-1950. Dokumente aus polnischen Archiven. Band 1: Zentrale Behörden, Wojewodschaft Allenstein

de Zayas, Alfred-Maurice. Nemesis at Potsdam: The Expulsion of the Germans from the East. London: Routledge, 1977. Alfred M. de Zayas: Die deutschen Vertriebenen. Keine Täter sondern Opfer. Ares, Graz, 2006. . Alfred M. de Zayas: Heimatrecht ist Menschenrecht. Universitas, München, 2001. . de Zayas, Alfred-Maurice. A Terrible Revenge: The Ethnic Cleansing of the East European Germans. New York: St. Martin's Press, 1994,

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