Blauvac est une commune française située dans le département de Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Géographie
Accès La commune est située à à l'est de Carpentras. On y accède par la D 4 et la D 5 ou bien par la D 942 en passant par Mazan en bifurquant ensuite par la D 150.
Mazan , Carpentras , Avignon .
Relief Le village est perché au sommet d'une colline avec une vue sur la plaine et les monts de Vaucluse, ainsi que le mont Ventoux au nord.
Géologie Le territoire de la commune repose sur un substrat très diversifié où l'on passe d'un faciès de type urgonien à un complexe chimique carbonaté, dit de Blauvac, avec dolomies blanches, marnes vertes et brunesGéologie de Blauvac / Mormoiron.
Sismicité Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48.
Hydrographie Le territoire de Blauvac constitue un apport important au bassin versant de l'Auzon, bien que cette rivière ne soit pas située sur son territoire puisqu'elle sort au quartier des Brebonnets à Villes-sur-Auzon, à la limite de la commune de Flassan.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat de montagne et le climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Murs », sur la commune de Murs à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , Blauvac est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carpentras, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (64,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (64,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (51 %), cultures permanentes (22,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (13,2 %), zones agricoles hétérogènes (12,1 %), terres arables (0,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie La forme la plus ancienne est de Blanzaco, attestée en 1143, dans le cartulaire de l’évêché de Carpentras. Elle dérive ensuite en Blauzacum (1239) et Blauvacum (1272). Ces mentions médiévales suggèrent un nom d'homme gallo-romain, Blavius, forme latinisée du gaulois blavosAlbert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, éd. Larousse, 1968, . « pâle, terne »Pierre Gastal, Sous le français le gaulois, éd. le Sureau, 2002, p. 69..
Histoire Préhistoire et Antiquité De nombreuses études publiées indiquent entre autres, un habitat rupestre au lieudit les Abris Perret et, au néolithique un habitat au hameau de Saint-Estève, quartier des Aubes. La période gauloise est attestée par des découvertes au quartier de la Jacomine et la période romaine est représentée par les découvertes aux lieudits : le Vas, Sainte-Ursume, la jacobine, les Aubes. On notera aussi que les archéologues ont repéré un ancien oppidum celto-ligure sur le site de Notre-Dame-des-Anges qui, bien que se trouvant sur la commune de Mormoiron présente une grande proximité par rapport à Blauvac. (E) Robert Bailly situe ici la mythique Aeria''' citée par le géographe Strabon. C'est l'un des 261 emplacements proposés pour cette cité dans le Nord Vaucluse ou le Sud Drôme.
Moyen Âge Aux et s, l’église paroissiale et le prieuré Saint-Estève appartenaient à l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-AvignonGuy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du », inGuy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon , Mane, 2001, 448 p. , , pp. 215-216. La paroisse de Blauvac fut constituée, en 1273, par le partage de la montagne de Méthamis.
En l'an 1096, par acte pontifical d'Urbain II, il est reconnu dans les dépendances des bénédictins de Saint-André d'Andaon : « dans le diocèse de Carpentras, l'église de Saint-Étienne de Alairacco, celles de Blauvac, de Nomethamis […] ». Cette information est confirmée en 1119 (ecclésia de Alairacco et Églises de la Bien heureuse Marie et de Saint-Siffrein). La zone de Saint-Étienne -Saint-Estève à l'époque- faisait partie du domaine de Alairac, domaine compris entre les communes de Ville et de Blauvac. La séparation aura lieu le 26 juin 1278 et les limites définitives entre ces deux communes en 1415. vignette|Notre-Dame-des-Neiges. La limite entre les communes de Blauvac et de Mormoiron se fera en 1440.
L'Église de la Bienheureuse-Marie - où des études archéologiques montrent des inhumations entre l'an 800 et l'an 1000 - deviendra plus tard Notre-Dame-de-Blaise, puis Notre-Dame-des-Neiges. L'église du village Saint-Siffrein deviendra le 23 mars 1616, l'église Saint-Sébastien.
Aux environs de 1120-1130, construction d'un château fort cité dès 1143. La configuration de ce château est représentée sur la fresque peinte par E. Danti en 1580 dans la Galleria delle Carte geographiche au Vatican. Un des premiers seigneurs connu est Isnardi de Murmurione (en 1251), puis à partir de 1303, c'est l'évêque de Carpentras qui a le titre de seigneur du lieu. Cette attribution sera confirmée dans la bulle de Dismenbration du 12 avril 1320.
Les droits seigneuriaux de l'évêque de Carpentras seront précisés en 1489 par l'évêque Pierre de Valetariis. (E)
Renaissance À partir de l'an 1517, c'est la famille des Sadolet, Jacques, puis Jean, puis Jean-François, puis de nouveau Jacques et enfin pour une courte période Paul Emile qui porteront ce titre. Paul Emile cédera « son château, tènement et seigneurie » à Jacques de Guiramand, seigneur d'Entrechaux.
C'est lui qui fit entreprendre les premières réparations connues du château en 1616. Il vendit l'ensemble de ses biens le 27 juillet 1646, par devant le notaire APPAIS d'Avignon à Jean-Baptiste Tonduti.
Jean Baptiste de Tonduti fit entreprendre en juillet 1675 de grands travaux pour transformer le château, en château habitable en s'offrant, selon ses dires, quelques fantaisies. La gravure de David d'après les relevés du R.P. Bonfa en 1696, donne une idée de son aspect. Ces travaux sont la base de l'aspect moderne du château, après les travaux entre 1738 et 1743. C'est à ce moment que « les fantaisies » (notamment créneaux sur les murs d'enceinte) vont disparaître. Les derniers travaux à l'extérieur (parc) seront réalisés en 1774 et 1775.
Jean Baptiste de Tonduty a été un vibrant défenseur de l'Université d'Avignon et a obtenu gain de cause auprès du roi Louis XIV. La dynastie des Tonduty seigneurs de Blauvac perdurera jusqu'à la Révolution.
Il est à noter que ce n'est qu'en juin 1716 que les limites entre Blauvac et Malemort sont établies d'un commun accord. L'interpénétration entre ces deux communes jusqu'à cette date explique un grand nombre de confusions entre des faits survenus entre les deux communes. (E)
Époque moderne Le fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.
Le août 1790, élection du premier maire, puis le 30 janvier 1791, adhésion à la France. Enfin, c'est le 21 juillet 1793 qu'est déclarée l'adhésion à la République française. De 1792 à 1793, Blauvac fait partie du canton de Malemort, district de l'Ouvèze, département de la Drôme. En 1793, intégration au département de Vaucluse et enfin, en 1801, rattachement au canton de Mormoiron.
Le 23 octobre 1843, une ordonnance royale fixe définitivement les limites des communes Blauvac et Méthamis en conflit depuis l'an 1278.
En 1848, construction de l'horloge sur l'église. En 1854, construction de la mairie actuelle située jusqu'à cette date au cœur du village, dans la maison commune comportant mairie-école communale et four communal.
Entre 1840 et 1851, transformation de la grange de Bagnol en château. En 1859, achat du terrain pour le nouveau cimetière. En 1877, construction de l'école de Saint-Estève en plus de celle du village (la population était 600 habitants). En 1884, création par Jean Sixte Cornillon des cinq vitraux qui ornent l'église.
En 1920, vote pour l'érection d'un monument aux morts. En 1926, installation de la première cabine téléphonique au village. En 1928, début d'électrification de la commune. En 1931-1932, nouvelle route pour relier Blauvac à Carpentras.
En 1948, adhésion de la commune à l'appellation côtes-du-ventoux. Le 27 juin 1959, installation d'une deuxième cabine téléphonique à Saint-Estève. En 1967, aménagement d'un terrain de camping.
En 1991, installation de l'abbaye cistercienne Notre-Dame-de-Bon-Secours dans l'emplacement du château de Bagnol.
En 1993, réalisation du tout-à-l'égout. (E)
Époque contemporaine