Méthamis est une commune française située dans le département de Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont les Méthamissiens et les Méthamissiennes.

Géographie vignette|Méthamis et le mont Ventoux. Méthamis est un village type provençal du Comtat Venaissin, construit à flanc de rocher à la sortie des gorges de la Nesque et accolé aux contreforts des monts de Vaucluse, entre le Luberon et le mont Ventoux.

Accès et transports La route départementale 5 traverse la commune d'est en ouest. L'autoroute le plus proche est l'autoroute A7 et la gare TGV celle d'Avignon. La ville de Carpentras est située à .

Sismicité

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse, dont celui de Mormoiron auquel appartient la commune, sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48.

Hydrographie

Passage de la Nesque.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat de montagne et le climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Murs », sur la commune de Murs à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en ..

Le mistral

Dans cette commune qui produit des ventoux (AOC), aucun vigneron ne se plaint du mistral - même violent, car celui-ci a des avantages bénéfiques pour le vignoble. Il élimine toute humidité superflue après les orages, dégage le ciel et lui donne sa luminosité, préserve les vignes de nombre de maladies cryptogamiques et les débarrasse d'insectes parasitesJean-Pierre Saltarelli, , p. 14..

Urbanisme Typologie Au , Méthamis est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carpentras, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (87,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (88,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (74,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (13,5 %), zones agricoles hétérogènes (5,9 %), cultures permanentes (4,6 %), prairies (1,1 %), zones urbanisées (0,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom attesté le plus ancien du village date de 1206 et est celle de « Nometana ». En 1253 et 1313, le village est surnommé « Nometamiis ». En 1414, sur un cadastre, il est dénommé « Nometameis ».. Malgré de nombreuses appellations, la racine est la même et viendrait du gaulois « Nemeton » qui signifie « sanctuaire, temple, lieu sacré »..

Histoire Préhistoire et Antiquité Une présence importante tout au cours du Néolithique a été identifiée sur tout le territoire de la commune. Les sites de Sous Roque Plane et Génestriers ont fourni un outillage lithique très diversifié. Quant à l'Abri de l'église, dans les gorges de la Nesque, il a été constamment occupé du Néolithique ancien jusqu'au Moyen Âge.

Durant l'indépendance gauloise, le territoire de la commune se trouvait sur celui de la tribu gauloise des Meminii dans la confédération des Cavares.

La colonisation romaine a fourni une tête de marbre, un cippe épigraphique et une monnaie d'argent d'Auguste.

Lors de fouilles en 1987 au lieu-dit le clos Sainte-Ursume dans le massif des Auzières, à la limite des communes de Blauvac et Méthamis, un sanctuaire antique dédié au dieu Mars a été découvert sur l'emplacement d'une ancienne chapelle.. L'occupation de ce sanctuaire est attestée entre le Ier siècle av. J.C et le ap. J.C. Sur ce lieu, des lampes à huile et deux dédicaces ont été découverts. Ces dernières sont dédiés au dieu Mars.

Sur la dédicace la mieux conservée, il est écrit : M(arti), u(otum) s(oluit) l(ibens) m(erito), M(arcus) Acilius Aui+ [pro fili]o su[o] RO+. Dont la traduction serait : À Mars, Marcus Acilius Av... (sûrement Avitius devant la similarité avec un épigraphe à Saint-Didier) s'est acquitté de son vœu de bon gré, à bon droit ... pour son fils (?)....

Moyen Âge La première citation du village est attestée en 1206. Il est alors dénommé « Nometana ». Fief des Alphanti au puis des Thézan du à la Révolution, la commune eut à subir les guerres de religion.

Très peu peuplée au Moyen Âge, avec une vingtaine de maisons (soit moins de 100 habitants), Méthamis avait néanmoins construit une muraille pour se protégerGermain Butaud, « Villages et villageois du Comtat Venaissin en temps de guerre (milieu XIV-début XV siècle) », in Christian Desplat, Les villageois face à la guerre : , Actes des XXIIe Journées internationales d’histoire de l’abbaye de Flaran, 8, 9, 10 septembre 2000, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2002, , 56..

Période moderne Méthamis fut prise et occupée par les protestants en 1563.

Le fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes. Il y a alors 767 Méthamisiens..

En 1924, les mines de Lignite à proximité du village ferment une première fois avant d'être rachetées par la société des Plâtrières du Vaucluse jusqu'à qu'elles soient définitivement abandonnées en 1958.

Période contemporaine Au cours des , Méthamis a malheureusement souffert de l'exode rural. Aujourd'hui, le village reprend vie grâce à la qualité de sa production viti-vinicole. En 1900, apparaît pour la première fois l’appellation « côtes-du-ventoux ». Ces vins sont ensuite classés en « vins délimités de qualité supérieure » (VDQS) dès 1953L'arrêté du définit les conditions de production du V.D.Q.S. côtes-du-ventoux. et accèdent enfin à l’AOC le (ventoux).

Héraldique

Politique et administration

La commune de Methamis, qui était du comtat Venaissin dans les états pontificaux en 1789, est passée dans le département des Bouches-du-Rhône en 1792, puis dans celui de Vaucluse en 1793, dans le district de Carpentras et le canton de Venasque, puis en 1801 dans le canton de Mourmoiron ou Mormoiron.

Démographie

Économie Agriculture

L'agriculture est principalement concentrée sur la partie ouest de la commune. On y trouve la culture de fruitiers, mais aussi de vignes, qui constituent une des importantes ressources économiques de la zone. On y cultive essentiellement du raisin de table, notamment du muscat de Hambourg qui est produit sous l'appellation AOC et AOP muscat du Ventoux. On trouve aussi divers cépages de cuve qui donnent naissance au vin AOC ventoux (anciennement côtes-du-ventoux).

Tourisme La plaine du Comtat bénéficie de l'attrait touristique qu'engendre l'histoire de ses villages, le mont Ventoux qui la domine au sud de son relief particulier, la richesse de ses sols et le résultat de son agriculture (œnotourisme en plein développement) et bien sûr son ensoleillement.

vignette|Le mont Ventoux et le village de Méthamis.

L'on peut aussi ajouter à cela les gorges de la Nesque.

Équipements ou Services Enseignement Les collèges et lycées (classique ou d'enseignement professionnel) se trouvent sur Carpentras et Mazan.

Sports Le cadre des Monts de Vaucluse et des gorges de la Nesque sont propices aux randonnées pédestres, cyclotouristiques, VTT et moto, ainsi qu'à la pratique de l'escalade.

Santé Pas de pharmacie ni d'équipement particulier de santé. Les spécialistes, hôpitaux et cliniques se trouvent à Carpentras.

Lieux et monuments Le village possède en son sommet une église à la fois de style roman (origine du ) et gothique provençal. L'église paroissiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul fut une dépendance de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon et sa présence à Méthamis est attestée dès le début du , elle a pour patron Saint Denis. Sa nef romane et son chœur gothique aux chapiteaux sculptés de tradition romane ont été inscrits monument historique le . Au ont été agrandies et rajoutées des chapelles latérales, une nouvelle sacristie et le campanile a été reconstruit entre 1875 et 1878Base Mérimée. L'intérieur, sobre, bénéficie de la beauté de ses pierres. Elle est surmontée d'un clocher mur formant trois élégantes arcades.

Le gisement mésolithique dit de Gramari a été classé monument historique le .

Le château de Graille est situé au sud-ouest du bourg et le château de Vignal à l'est du bourg.

La chapelle de Sainte-Foi ou Sainte-Foy, à l'est du bourg daterait du , mais n'a pas été répertoriée par la DRAC.

Deux oratoires : au centre du village : Notre-Dame-de-Grâces ; au sud du bourg : Notre-Dame-des-Champs.

Fontaine de lombarde.

Une école ainsi que sa petite cour.

Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Méthamis.

Personnalités liées à la commune Ernest Pignon, dit Ernest Pignon-Ernest artiste plasticien a habité au village plusieurs années, autour des années 1965..

Yvonne Burgues a écrit en 1956, Les Badaïres de Méthamis, préfacé par Claude Sibertin-Blanc et édité par l'imprimerie Rullière d'Avignon. Il a été réédité par l'association Les Badaïres de Méthamis dans les années 1990.

La peintre Ginette Javaux a vécu, travaillé et est morte à Méthamis le .

Sa fille, Mireille Bastin, peintre naïf, s'y est installée.

Notes et références Notes

Cartes

Références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Liste des communes de Vaucluse Ventoux (AOC)

Liens externes

Méthamis sur le site de l'Institut géographique national

Catégorie:Commune en Vaucluse Catégorie:Commune dans l'arrondissement de Carpentras Catégorie:Commune dans la communauté de communes Ventoux Sud