L'Impromptu de Versailles est une comédie en un acte et en prose de Molière, créée d'abord à Versailles le , puis au Théâtre du Palais-Royal le . Cette pièce peut s'inscrire dans la catégorie « théâtre dans le théâtre ».

Dans cette pièce de théâtre, Molière attaque Edme Boursault en réponse à sa pièce Le Portrait du peintre, ou la Contre-Critique de l'Ecole des femmes (1663), ce qui valut à Boursault une certaine célébrité.

Résumé Molière, auteur, directeur de troupe, metteur en scène ainsi qu'acteur, dirige la répétition d’une de ses pièces qui doit être jouée dans quelques heures devant le roi. Les acteurs sont mécontents, car ils n’ont pas eu le temps d’apprendre leurs rôles. Ils reprochent à Molière de n’avoir pas fait plutôt une parodie des acteurs de l’Hôtel de Bourgogne qui les avaient critiqués.

Molière s’amuse à en caricaturer quelques-uns avant de vouloir reprendre la répétition et de guider ses acteurs (scène ), lorsqu’un fâcheux vient imposer sa présence. Celui-ci accepte enfin de s’en aller en disant qu’il va prévenir le roi que la troupe est prête à jouer (scène ).

La répétition peut enfin débuter. Molière et La Grange jouent deux marquis, chacun estimant que c’est l’autre qui a été visé dans La Critique de l'école des femmes. Ils prennent à témoin un tiers, Brécourt, qui tient l’emploi d’un raisonneur. Puis c’est le tour de Du Parc et de Molière de caricaturer une prude et une femme d’esprit satirique, tandis que Du Croisy joue un poète jaloux et de Brie une coquette.

Mais la répétition s’interrompt encore, les acteurs affirmant qu’ils ne sauraient jouer leurs rôles en aussi peu de temps (fin de la scène ). L’affolement gagne toute la troupe quand on leur apprend que le roi est arrivé et demande à les voir jouer (scènes à ).

Fort heureusement un dernier messager leur apprend que le roi a appris leur embarras et leur accorde un répit (scène , finale).

Quelques répliques Molière : « Il vaut mieux s’acquitter mal de ce que [les rois] nous demandent que de ne s’en acquitter pas assez tôt ; et si l’on a la honte de n’avoir pas bien réussi, on a toujours la gloire d’avoir obéi vite à leurs commandements » (scène I). Molière (s'adressant à La Grange) : « Pour vous je n'ai rien à vous dire » (scène I). C'est le plus beau compliment que Molière pouvait faire à son camarade de scène, comme le rappelle le personnage de François Foucault, professeur agrégé de lettres au lycée Henri-IV, joué par Denis Podalydès, dans le film Les Grands Esprits. Brécourt : « Le dessein [de Molière] est de peindre les mœurs sans vouloir toucher aux personnes, et que tous les personnages qu’il représente sont des personnages en l’air, [...] qu’il habille à sa fantaisie pour réjouir les spectateurs » (scène IV). Molière : « Pourquoi [Molière] fait-il de méchantes pièces que tout Paris va voir, et où il peint si bien les gens, que chacun s’y connaît ? Que ne fait-il des comédies comme celles de M. Lysidas ? Il n’aurait personne contre lui, et tous les auteurs en diraient du bien » (scène V).

Distribution Acteurs ayant créé les rôles Personnage Acteur Molière, marquis ridicule Molière Brécourt, homme de qualité Brécourt La Grange, marquis ridicule La Grange Du Croisy, poète Du Croisy La Thorillière, marquis fâcheux La Thorillière Un messager Béjart Du Parc, marquise façonnière Du Parc Madeleine Béjart, prude Béjart de Brie, sage coquette de Brie Molière, satirique spirituelle Molière du Croisy, peste douceureuse du Croisy Hervé, servante précieuse Hervé Notes et références

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