La Motte-d'Aigues est une commune française du canton de Pertuis, située dans le département de Vaucluse, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, à 35 km au nord d'Aix-en-Provence.

Ses habitants sont les Mottassins et les Mottassines.

Géographie Le village est posé sur le contrefort sud du massif du grand Luberon, au pied de son sommet, le Mourre Nègre, culminant à d'altitude, à faible distance de l'étang de la Bonde, plus grand plan d'eau artificiel du département (30 hectares), qui constitue depuis le une pièce maîtresse de l'irrigation du pays d'Aigues.

Le territoire communal, d'une superficie de , est constitué pour un tiers de bois en forte pente, de deux zones urbanisées (le Village et le lotissement du Plan, sur d'anciens champs d'oliviers), et pour un autre tiers d'une plaine agricole irriguée (vignes, céréales et vergers), comprenant plusieurs bastides liées à deux grands domaines agricoles : le domaine de La Bonde et le domaine de Saint-Jean, issus des propriétés de la marquise de Caumont, vendues sous le Second Empire.

Voies de communication et transports Voies routières La route départementale 120, qui dessert le nord de la commune, et la route départementale 27, qui dessert le sud de celle-ci, passent dans le village.

Services autocars Le village est desservi par la ligne départementaleTransVaucluse Fiche horaire ligne 17.1 17.1 (Cabrières-d'Aigues, La Motte-d'Aigues, Pertuis, Aix-en-Provence). Sismicité Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48.

vignette|L'entrée du village de la Motte-d'Aigues par la RD 120.

Hydrographie Le territoire de la commune est traversé par quatre rivières au régime torrentiel : le torrent le Riou, , qui passe par les communes de La Motte-d'Aigues, Peypin-d'Aigues, Saint-Martin-de-la-Brasque et La Tour-d'Aigues . ; le Vallat des Cayoux, , qui se retrouve sur la commune de la Tour-d'Aigues . ; le ruisseau l'Ourgouse, , qui traverse les communes de Cabrières-d'Aigues, la Motte-d'Aigues, Saint-Martin-de-la-Brasque et la Tour-d'Aigues .. Il a lui-même un affluent : le torrent de Pissay, , qui prend sa source dans la commune de La Motte-d'Aigues ..

Situé en bordure de la commune, l'étang de la Bonde, le plus grand plan d'eau du département, est alimenté principalement par la source du Mirail, il se déverse dans de nombreux petits cours d'eau affluents directs en rive droite de la Durance comme l'Èze. Il y a aussi d'autres sources de plus faible importance sur la commune :

Le Rocher de l'Aigle ; Cante Bonne.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Sannes », sur la commune de Sannes à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..

Urbanisme Typologie Au , La Motte-d'Aigues est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de La Motte-d'AiguesUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de La Motte-d'Aigues comprend une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Marseille - Aix-en-Provence, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (46,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (52,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (44,3 %), cultures permanentes (37 %), zones agricoles hétérogènes (9,4 %), zones urbanisées (7,6 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Répartition des sols La répartition des sols de la commune est la suivante . (donnée pour un total de) :

Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares) Zones urbaines 4,13 % 60,52 Zones agricoles 45,81 % 671,59 Zones naturelles 50,05 % 733,72 Total 100 %

Les zones naturelles (la moitié du territoire) sont principalement formées par les forêts méditerranéennes couvrant le petit Luberon. Les zones agricoles sont formées de vergers de fruitiers (oliviers, amandiers, etc.), des champs de lavandin et des vignes (AOC côte- du-luberon).

Toponymie Le celtique Mota et le bas-latin Motta désigne une petite élévation, naturelle ou artificielle, la motte sur laquelle s’élève le château seigneurial. On retrouve ces termes : Oppido Muta en 1096, La Mota en 1168, La Motta au ..

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Près de la ferme Saint-Jean a été découverte et fouillée une nécropole gallo-romaine. Six corps ont été retrouvés ainsi qu'un bloc sculpté, des débris de verres, un vase en céramique intact et des morceaux de tuiles. Cet ensemble a été daté du .

Moyen Âge

Le village fut fondé vers le . Il est désigné en tant de Mota Aiguerii et comme une dépendance de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon dans les bulles des papes Gélase II et Alexandre III. En 1168, le castrum de la Motte ainsi que ceux de Saint-Martin-de-la-Brasque et de Cadenet sont cédés par Bertrand II à Alix, épouse de Giranud Amic, de la branche cadette de la maison de Sabran.

Le fief de La Motte relevait du comté de Forcalquier au . Lorsque ce comté perd son indépendance en 1209, à la mort de Guillaume II, un de ses neveux, Guillaume de Sabran tente de le relever. Après une lutte de dix ans, il passe un accord à Meyrargues le avec Raimond Bérenger IV, comte de Provence et lui aussi héritier du comté de Forcalquier. Par cet accord, la moitié sud du comté, dont La Motte, lui est donnée. Guillaume de Sabran conserve sa moitié de comté jusqu'à sa mort, vers 1250Mariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thèse soutenue à l'université d'Aix-Marseille I, 2011, 486..

Ce fief, sous la première et seconde maison d'Anjou, qui régnaient sur le royaume de Naples et le comté de Provence, dépendait de la viguerie d'Apt. Au début du , ce fief était revenu par héritage à Elzéar de Sabran, le petit-neveu du comte d'Ariano. Il dut l'hypothéquer en faveur d'Antoine Brodoqui qui en rendit hommage à Louis II d'Anjou, comte de Provence, en 1417. Puis ayant apuré ses dettes, la seigneurie lui revint en 1428.

Complètement déserté pendant la première moitié du , ce fief fut donné par le roi René, comte de Provence, aux Agoult. Fouquet d'Agoult, baron de Sault et chambellan du roi, décida de créer une réserve d'eau pour le château de La Tour-d'Aigues et fit construire un aqueduc vers 1470. L'étang dit "de la Bonde" ainsi constitué permit l'irrigation de toute la vallée d'Aigues.

Le roi René confirma le le rattachement de Cabrières-d'Aigues, La Motte-d'Aigues et Villelaure à Pertuis.

Temps modernes

Mais la Motte étant restée inhabitée, en 1505, Louise d'Agoult, tutrice de son neveu François de Bolliers, seigneur de la Motte, la Tour-d'Aigues et Cabrières, signa un acte d'habitation pour repeupler ces terres. Elle fit appel pour cela à des Piémontais, adeptes du valdéisme. Ils furent parmi les premiers Vaudois du Luberon mais pas les seuls : une quarantaine de localités, de part et d'autre du LuberonGabriel Audisio, Guide historique du Luberon vaudois, Éditions du Parc naturel régional du Luberon, mars 2002, 17. accueillent au moins de Vaudois des Alpes, soit environ , venues des diocèses alpins de Turin et d'Embrun entre 1460 et 1560, selon l'historien Gabriel Audisio. Les deux tiers de ces futurs Vaudois du Luberon sont arrivés entre 1490 et 1520 et la plupart subissent le massacre de Mérindol, qui détruit 24 villages et cause .

En 1545, condamné par l'édit de Mérindol en tant que village vaudois, La Motte, tout comme 23 autres villages vaudois du Luberon, fut attaquée. Avec comme chefs militaires Paulin de La Garde et Joseph d'Agoult, sous la direction du premier président du Parlement d’Aix, Jean Maynier, baron d’Oppède, les villages vaudois furent pillés, les hommes massacrés ou envoyés aux galères, les femmes violées avant d’être tuées. Certains furent même vendus en esclavage. Il y eut près de exterminées en cinq jours et 670 hommes rescapés envoyés aux galères du capitaine Paulin. Enfin, les terres furent confisquées et les biens pillés bradés au dixième de leur prix pour payer les soldats.

Le , Paulon de Mauvans rallia les soixante églises protestantes de Provence à la conjuration d'Amboise, et ce furent deux mille hommes qui rejoignirent le parti huguenot, .. Ralliés au protestantisme après le synode de Chanforan de 1532, les Vaudois du Luberon fournirent près du quart des effectifs des huguenots d'Afrique du Sud lors de la révocation de l'édit de Nantes, qui provoque au total l'exil de plus de .

En 1585, La Motte ainsi que la Tour-d'Aigues et Ansouis furent prises par le baron de Vins, chef de la Ligue en Provence.