Gigondas est une commune française, située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Géographie Gigondas représente la principale porte d'entrée à l'ouest des Dentelles de Montmirail, qui se situent sur son territoire et constitue ainsi une ville étape recherchée par les amateurs d'escalade et de randonnée.
Accès et transports
Le village se trouve à au sud de Vaison-la-Romaine, à l'est de Orange (autoroute A7, sortie « ORANGE Centre ») et au nord-est de Carpentras.
Les routes départementales 7, 8, 79 et 80 passent sur la commune, mais seules les deux dernières s'approchent de l'entrée du bourg.
Géologie et paléontologie
Eugène Raspail, dans un ouvrage dédié à son oncle François-Vincent, a donné une description toujours actuelle du terroir de Gigondas à l'intérieur des Dentelles de Montmirail :
La partie communale située hors des Dentelles est essentiellement composée d'un substrat détritique constituant le piémont du massif et d'alluvions quaternaires (limon et galets roulés) charriées par l'Ouvèze. vignette|Neustosaurus gigondarum, découvert en 1842 par Eugène Raspail. Dans le même ouvrage, il décrit le neustosaurus gigondarum, un reptile marin qui vivait au Crétacé inférieur, il y a environ 140 à 136 millions d'années. Il appartient à l'ordre des crocodylomorphas et ses restes fossiles ont été trouvés dans les Dentelles de Montmirail sur la commune de Gigondas. Ce saurien carnivore marin du valanginien a été découvert en 1842. Le nom neustosaurus, qui lui a été donné par Eugène Raspail, son inventeur, signifie lézard de natation, et est dérivé du grec ancien neustos (natation) et sauros (lézard). Il n'existe qu'une seule espèce décrite et seulement dans sa partie postérieure (tronc et queue) qui seule a été retrouvée.. Ce fossile été rattaché aux metriorhynchidae, un groupe de reptiles liés aux crocodiles marinsE. Fraas, Die Meer-Krocodilier (Thalattosuchia) des oberen Jura unter specieller Berücksichtigung von "Dacosaurus" und "Geosaurus". Paleontographica, 1902, .. En 2009, Young et Andrade, dans une nouvelle étude sur le Geosaurus et la validité des espèces regroupées dans ce genre, ont conclu que Neustosaurus serait le synonyme plus ancien de CricosaurusMark T. Young et Marco Brandalise de Andrade, What is Geosaurus? Redescription of Geosaurus giganteus (Thalattosuchia : Metriorhynchidae) from the Upper Jurassic of Bayern, Germany, in Zoological Journal of the Linnean Society, 2009..
Sismicité
Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48.
Hydrographie La commune est arrosée par le Trignon.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat de montagne et le climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Beaumont-Mt Serein », sur la commune de Beaumont-du-Ventoux à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , Gigondas est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (61,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (61,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : cultures permanentes (60,6 %), forêts (35 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2 %), zones agricoles hétérogènes (1,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Histoire Antiquité Si la colonisation romaine fut effective à Gigondas, comme les fouilles ou les déterrements accidentels par labourage de tombeaux en plomb pour incinération, d'urnes lacrymatoires, de statuettes, de lampes, de tuiles plates, etc.Joseph Sautel, Carte archéologique de la Gaule romaine : le Vaucluse, Éd. Lerroux, Paris, 1936, p. 45, n° 79., le prouvent, les vestiges archéologiques ayant trait à la vigne ou au vin sont rares. Seule une tête de Bacchus a été mise au jour, en 1866, par Eugène RaspailEugène Raspail, archéologue, géologue et paléontologue, le neveu de François-Vincent Raspail, sur les terres de son château Raspail.
Moyen Âge Vers 1120, Rostang III, évêque de Vaison, donna à son église cathédrale, un manse qui comprenait une vigne sise à Gigondas près de l'Ouvèze. Il le fait en ces termes :
C'est l'acte le plus ancien confirmant l'existence d'un vignoble sur ce terroir.
Il faut attendre le pour connaître l'évolution de ce vignoble, fief des princes d'Orange. Un de ceux-ci, Raymond V des Baux, en juillet 1341, tout en se réservant les droits de haute et basse justice, accorda aux Gigondassiens certaines libertés contre un droit de vingtain sur le vin de ce terroir pendant sept ansBarthélemy, Inventaire chronologique et analytique des chartes de la Maison des Baux, Marseille, 1882, charte, ..
En 1376, au lieu-dit les Bosquets, les registres notariaux indiquent l'existence de « vinea culta » ; puis ceux des notaires d'Oussan, dans un acte daté de l'an 1380, font état de vignes qui couvraient un territoire descendant de la chapelle Notre-Dame des Pallières jusqu'à l'Ouvèze.
Renaissance Tout au long du , les mêmes registres indiquent que le vignoble s'étendait alors des « Garrigues » au « Trignon », en passant par la « Beaumette » et la « Coste de Saint-Cosme ».
Au siècle suivant, la Communauté rédigea ses statuts et les approuva le . L'article 45 intitulé « De ceux qui vendent du vin en gros qu'ils en vendent aux autres habitans » indique avec précision les conditions de ce négoce :
L'année suivante, cet article fut repris en faisant, cette fois, expressément mention du vin blanc. C'est un des rares textes faisant mention de ce type de vin sur le terroir gigondassien.
Époque moderne
Le fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.
Même si Jean-Joseph ExpillyJean-Joseph Expilly, Dictionnaire géographique des Gaules et de la France, 1762-1770, 6 vol. Reprint : Éd. de Paris, Desaint et Saillant, . note que la commune est « fertile en vin », le marqua une mutation importante dans les cultures. De plus en plus d'habitants délaissèrent la vigne pour se consacrer à la culture de l'olivier et du mûrier. Ce qui n'empêcha point de proclamer la ban des vendanges sur tout le territoire de la commune. Un acte communal daté de 1771 décréta d'ailleurs que tout contrevenant à cette interdiction serait passible d'une amende de cinq livres. vignette|Chateau Raspail à Gigondas. Ce fut la famille , et plus particulièrement Eugène, qui prit sa retraite politique à Gigondas, qui relança la viticulture sur place. Au cours de l'année 1861, il fit l'acquisition du domaine des Bosquets, revalorisa les 37 hectares déjà existant, en fit planter neuf autres l'année suivante, puis 26 les années qui suivirent. Par héritage paternel, il reçut le domaine du Colombier qu'il transforma en Château Raspail tout en valorisant son vignoble.
Dès 1864, la production de ses domaines fut telle qu'il put l'expédier, par le port de Roquemaure sur le Rhône, à des négociants de Valence, Lyon, Saint-Étienne et Paris, qui la lui avait acheté sur la base de 16, 50 l'hectolitre. Des résultats assez probants pour qu'il reçut, en dépit de ses idées républicaines, et avec l'aval de Napoléon III, une prime d'honneur pour son exploitation. Fier de ses résultats, le savant vigneron put noter : vignette|Les vins de Gigondas.
Il put alors se consacrer à ses passions qu'étaient l'archéologie, la géologie et la paléontologie. Les vins de ses vignobles se vendant de mieux en mieux, il constata :
L'émulation qu'il parvint à susciter déboucha même sur les premières mises en bouteille. Mais l'arrivée du phylloxéra et l'anéantissement du vignoble, au début des années 1870, réduisirent à rien ces efforts.
L'appellation d'origine contrôlée gigondas est apparue à la fin des années 1960.
Toponymie La plus ancienne graphie documentée est Jocundatis, datée de 951. Elle tire son origine du vocable latin Jucundus (agréable, utilisé comme surnom) auquel a été adjoint le suffixe -atisAlbert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, p. 1798..
En provençal, la ville se dit /Gigoundas/ (Gigoundas en graphie mistralienne, Gigondàs en graphie classique).
Héraldique
Politique et administration
Jumelages Gigondas est jumelée avec Anderlues (Belgique).
Démographie
Économie vignette|Les vignes de Gigondas avec en ligne de fond les dentelles de Montmirail. Agriculture L'agriculture, dont la production viticole, est le point le plus important de l'économie locale. Les oliviers (coopératives oléicoles) et autres arbres fruitiers complètent les productions du territoire.
Le gigondasRéférences sur la façon d'orthographier les appellations d'origine est l'une des six appellations locales (ou cru) des côtes-du-rhône méridionales. En 1924, la commercialisation des vins plafonnait à hl, elle passa en 1967 à hl, pour atteindre actuellement hl..
Tourisme
Le lieu est touristique, de par son patrimoine et sa position géographique. Le tourisme, et notamment le tourisme viticole (route des vins), joue un rôle important dans l'économie locale.
Commerce Le bar-restaurant À l'ombre des Dentelles a ouvert en ; bar de délégation de service public, il a été le projet de la commune pour faire revivre l'esprit de village et améliorer l'accueil de tous les visiteurs.
Autres