Saint-Christol (nom officiel), aussi appelé Saint-Christol-d'Albion, est une commune française située sur le plateau d'Albion, dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie La sous-préfecture Apt est à 29 kilomètres et le chef-lieu du canton est Sault.

Géologie Le massif du plateau d'Albion est formé de calcaires de l'ère secondaire, souvent perméables. L'eau s'enfonce dans la roche, créant des réseaux souterrains (système karstique), ressortant aux points bas comme la fontaine de Vaucluse.

Il y a de nombreux avens : celui du Souffleur () et l'aven Autran () sont parmi les plus profonds du plateauCavités de + de 50 m de dénivellation - Alpes de haute Provence.

Hydrographie À cause du relief karstique du plateau, aucun cours d'eau notable en surface, mais des rivières souterraines qui se trouvent à environ sous la surface.

Sismicité Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse, dont celui de Sault auquel appartient la commune, sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat de montagne et le climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en ..

Urbanisme Typologie Au , Saint-Christol est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (54,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (54,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (35,3 %), terres arables (27,3 %), prairies (19,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (7,4 %), zones agricoles hétérogènes (6,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,4 %), zones urbanisées (1 %), cultures permanentes (0,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom d'usage de la commune est Saint-Christol-d'AlbionSite non officiel de la commune, en provençal selon la norme classique, elle se dénomme Sant-Cristòu d'Aubion et Sant-Cristou d'Aubioun selon la norme mistralienne. Ses habitants sont appelés les Christolains.

Histoire Préhistoire et antiquité Des traces de passage d'hommes du Néolithique sont attestées par des haches en pierre polie retrouvées sur le territoire de la commune. La colonisation romaine parait avoir été plus stable puisqu'un autel aux Matres Elitivæ a été découvert. Le plateau d'Albion était alors le domaine de la tribu des Albiques qui lui ont donné leur nom. Leur dieu principal était une divinité guerrière et alpestre, dénommé Albiorix, et qui devint Mars Albiorix sous les Romains.

Moyen Âge Le premier nom attesté du site fut la Vila Petote, donnée en 1082 à l'abbaye de Cluny. En 1119, une bulle de Gélase II indique qu'alors ce lieu était passé aux bénédictins de Villeneuve-lès-Avignon. Le prieuré et sa mense relevait de l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, qui en percevait les revenusGuy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du », in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. , , p 227. Ce fut durant cette période, qu'eut lieu le défrichement du plateau d'Albion. Celui-ci fut édifié entre 1095 et 1119. Deux moines bénédictins étaient seulement en permanence à cette priorale placés sous l'invocation de Notre-Dame et de saint Christophe.

En 1216, Laugier d'Agoult, évêque d'Apt accorda des biens sur ce territoire à l'abbaye de Sénanque et à son abbé dom Rosier de Gordes, avec l'accord de son neveu Rostang d'Apt. Un village fut seulement créé en 1271 grâce à un acte d'habitation signé entre sept chefs de famille et les deux co-seigneurs Isnard d'Entrevennes et Bernard de Saint-Saturnin. Cet acte, par ses confronts, délimita le territoire de Saint-Christol dans ses limites actuelles.

Renaissance Saint-Christol devient terre comtale le , date à laquelle Charles IX érigea la baronnie en comté pour François d'Agoult avec création d'un siège d'appeaux. Ce comté passa successivement ensuite aux Blanchefort-Créquy, en 1573 puis aux Lesdiguières en 1611 et enfin aux Neuville de Villeroy en 1703.

Période moderne L'église du village, placée sous le double vocable de Notre-Dame et de saint Christophe, fut restaurée au cours du . Le château des Agoult, comtes de Sault, datant du , le fut, quant à lui, au début du puis ruiné en 1793. Il était épaulé de quatre tours dont l'une servait de prison, il n'en reste qu'une seule tour qui fut un temps transformée en pigeonnier.

Le fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.

Période contemporaine À partir de l'hiver 1942-1943, le plateau de Sault vit arriver les réfugiés d'Alsace-Lorraine. Déjà, en octobre 1942, dans les villages et hameaux de celui-ci, Philippe Beyne, son adjoint Maxime Fischer et leurs équipes avaient accueilli et installé plusieurs dizaines de réfractaires au S.T.O.. Ils les munirent de fausses cartes d'identité et de cartes d'alimentation. Pour faciliter leur approvisionnement ils avaient été regroupés près des villages d'Aurel, de Saint-Trinit et de Saint-ChristolAimé Autrand, Le département de Vaucluse de la défaite à la Libération (mai 1940-25 août 1944), Éd. Aubanel, Avignon, 1965.

À partir de 1966, la commune a abrité la BA200, principale base des installations stratégiques du plateau d'Albion. L'installation du GMS, avec sa base de missiles stratégiques à fusées nucléaires fut opérationnelle en 1972. Cette force de dissuasion comprenait avec des missiles IRBM (Intermediate Range Balistic Missile) de type SSBS (Sol-Sol Balistique Stratégique). Ils avaient une portée de et une puissance de . Leurs postes de tir se trouvaient à Rustrel et Reilhanette. Depuis le , l'ancienne base aérienne est occupée par le régiment étranger de génie de la légion étrangère.

Héraldique

Politique et administration

Démographie

Économie vignette|Vue sur le mont Ventoux depuis les champs de lavande des monts de Vaucluse. Au , la commune produisait essentiellement des céréales et des pommes de terre. Aujourd'hui très connue pour sa culture de la lavande, l'économie du plateau est restée essentiellement tournée vers l'agriculture (lavande, épeautre et autres céréales, champignons, production de miel, élevage ovin et caprin) et le tourisme (hôtel-restaurants, gîtes ruraux, camping vert, chemins de randonnée, VTT, spéléologie, route de la lavande). Saint-Christol possède plusieurs distilleries de lavande.

Vie locale

Les habitants peuvent bénéficier d'une salle polyvalente, des services de petits commerces (épicerie et bar-tabac) et d'un garage-station essence.

Tous les premiers dimanche du mois d'août la traditionnelle foire aux agnelles a lieu dans le centre du village.

Enseignement

On trouve sur la commune de Saint-Christol une école primaire, « Lou Fourniguie », et sur la commune voisine de Sault le collège du pays de Sault qui dessert les communes du plateau et de ses environs. Université la plus proche à Avignon.

Santé

La commune possède une pharmacie et une maison de retraite, ainsi qu'un médecin généraliste. Hôpital et spécialistes sur Apt.

Sports

Une base de loisirs avec terrain de motocross, un boulodrome, etc. Il existe sur place un important centre de spéléologie grâce à la présence de nombreux avens.

Cultes

Catholique (église).

Environnement

La protection et mise en valeur de l'environnement fait partie des compétences de la communauté de communes Ventoux Sud.

Lieux et monuments Urbanisme intra-muros vignette|Maison en hauteur située à la périphérie et qui a pu s'étendre en longueur. vignette|gauche|Maison en hauteur avec son escalier pour les pièces à vivre à l'étage. Maison en hauteur Fernand Benoit explique que . Effectivement ce type d'habitation, qui se retrouve essentiellement dans un village, superpose sous un même toit, suivant une tradition méditerranéenne, le logement des humains à celui des bêtes. La maison en hauteur se subdivise en une étable-remise au rez-de-chaussée, un logement sur un ou deux étages, un grenier dans les combles. Elle était le type de maison réservée aux paysans villageois qui n'avaient que peu de bétail à loger, étant impossible dans un local aussi exigu de faire tenir des chevaux et un attelage.

Elle se retrouve aujourd'hui dans nombre de massifs montagneux de la Provence occidentale, dont les vallées ou plateaux alpins.

Ce type d'habitation, regroupant gens et bêtes dans un village, ne pouvait que rester figé, toute extension lui étant interdite sauf en hauteur. Leur architecture est donc caractéristique : une façade étroite à une ou deux fenêtres, et une élévation ne pouvant dépasser quatre à cinq étages, grenier compris avec sa poulie extérieure pour hisser le fourrage. , les seules transformations possibles - ces maisons ayant perdu leur statut agricole - sont d'installer un garage au rez-de-chaussée et de créer de nouvelles chambres au grenier. Pour celles qui ont été restaurées avec goût, on accède toujours à l'étage d'habitation par un escalier accolé à la façade.