Jean Chrysostôme Dabas, né le à ParisArchives en ligne de Paris, fichiers de l'état civil reconstitué, cote V3E/N 592, vue 17/51 et mort le à Bordeaux, est un critique littéraire français, professeur de littérature ancienne et recteur d'académie.
Biographie Fils d'Antoine Dabas, entrepreneur de maçonnerie, et de Antoinette Soury, Jean Chrysostôme Dabas fait ses études au collège Louis-le-Grand et au collège Saint-Louis de Paris. En 1829, il intègre l'école normale supérieure. Il obtiendra ses grades universitaires en licence ès lettres (1829) et doctorat ès-lettres (Paris, ). Quelques mois plus tard, il soutient son agrégation des lettres (1832), avec une thèse de littérature sur Aristophane . La thèse philosophique en latin porte sur Dissertationem de gnomica Graecorum philosophia.
Par la suite, il travaille successivement comme professeur au collège royal de Tours (1832), au collège royal de Nîmes (1833), au collège royal d'Orléans (1834), et enfin se pose comme professeur de littérature ancienne à la faculté des lettres de Bordeaux. il enseigne pendant 37 ans de 1838 à 1875.En 1851, il est élu doyen de la faculté de Bordeaux et remplace Joseph François Rabanis (1798-1861), professeur d’Histoire. En , il est nommé recteur d'académie et succède à Jean Marie François Séguin (1823-1913). Il occupe ce poste jusqu'à sa retraite le .
En 1878, très apprécié par ses collègues et ses élèves pour son éloquence, il demandera à son ami le Cardinal Ferdinand-François-Auguste Donnet, archevêque de Bordeaux, d'intercéder en sa faveur contre son assignation de mise à la retraite. Le Cardinal s'exprimera en ces termes: « J'apprends avec peine qu'il serait question de mettre notre recteur à la retraite. Monsieur Dabas ne me paraît pas avoir atteint l'âge voulu. [...] Il est très actif et très considéré à Bordeaux ». Rien n'y fit, il avait 68 ans. Il meurt 4 mois et 11 jours plus tard.
Profondément croyant, il écrit, en 1845, une thèse sur la place de la femme dans le monde chrétien par une interprétation personnelle du Livre de la Genèse. Selon lui, la femme ne peut pas être l'esclave de l'homme (ce dernier étant lui-aussi, en moindre mesure, responsable de sa chute), car elle a été son égale originel; mais elle se doit de contrition et de soumission à Dieu qui seul peut recevoir sa rédemption. Ainsi, elle pourra retrouver sa condition d'origine.
Conservateur et défenseur de l'ordre établi, il déclarera en 1848, année de révolution, qu'il « n'entendait pas que l'enseignement littéraire dut s'établir sur le terrain toujours dangereux de la politique [...] que la république des lettres put se compromettre dans les querelles particulières de la république démocratique » ; il lèvera le voile de sa pensée un peu plus tard : « [car] le professeur est aussi citoyen, il a sa tribune, et s'il peut la faire servir à répandre quelques idées vraiment sociales au milieu d'un débordement de principes anti-sociaux pourquoi se condamnerait-il à un enseignement purement littéraire ? [...] avec l'Evangile nous sommes sauvés, sans l'Evangile nous périssons ».
En 1864, il fera une critique acerbe sur l'ouvrage William Shakespeare de Victor Hugo, qu'il qualifiera selon ces termes de « mauvais ».
Citations « L'égalité d'origine et de destinée, l'union parfaite et indissoluble. Voilà ce qui est établi tout d'abord par l'œuvre de la création. L'homme qui fournit la matière à l'ouvrier, l'homme qui donne son nom à la femme, paraît bien avoir par là quelque titre à la primauté; mais cette primauté ne constitue pas un droit d'empire : la femme est véritablement la compagne, et on peut dire l'égale de son époux ».
Promotions Licence ès lettres (1829) sont reçus : Alfred Barry; Louis Cappelle; François Collet; Jean Dabas; Alexandre Desmaroux; Emilien Hamel; Alexandre Huguenin; Pierre Lafaist (orthographié parfois Lefaist); Henri Monin; Denis Roux; Jean Baptiste Vendryès. Doctorat ès lettres (1832) sont reçus : Alfred Barry (1809-1879), futur professeur à la Faculté des lettres de Toulouse; de Jean Dabas; P. L. Mesnard, futur proviseur de lycée ; Émilien Hamel (1809-1889), futur professeur à la Faculté des Lettres de Toulouse. Agrégation des lettres (1832) sont reçus : Jacques Demogeot, Antoine René-Pugin, Jean Dabas, Emilien Hamel, Armand Mondot, Paul Mesnard, Auguste Nisard.
Distinctions
Publications principales De la déchéance de la femme et de sa réhabilitation par le christianisme, 1846 Etude sur lucrece et le poème de la nature, 1850 De la comédie d'Aristophane intitulée « Les Ecclésiazuses, ou l'Assemblée des femmes », 1854 Du Génie grec et du génie romain, leçon d'ouverture du cours de littérature ancienne à la Faculté des lettres de Bordeaux, 1859 Étude littéraire sur le caractère et les imitations, 1859 Callimaque, ou les Poètes du musée d'Alexandrie, 1859 Rapport sur le concours de poésie de 1860, 1861 Opuscules académiques, 1863 Mémoires sur quelques poésies de saint Éphrem, 1864 A propos de Shakespeare, ou Le nouveau livre de Victor Hugo, 1864 De l'Argumentation de Platon contre la poésie imitative, épique et dramatique, 1864 Note sur une question historique soulevée par le poème de Prudence contre Symmaque, 1866 Du sentiment de la nature dans Homère, 1874
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Les recteurs d'académie en France de 1808 à 1940, sous la direction de François Condette, dictionnaire biographique tome II, institut national de recherche pédagogique, 2006, Histoire d'une université bordelaise, Michelle de Montaigne, faculté des arts, faculté des lettres, 1441-1999, François Cadilhon, Bernard Lachaise, Jean-Michel Lebigre, préface et conclusion de Anne-Marie Cocula, presses universitaires de Bordeaux, 1999.
Liens externes
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