Le parc naturel régional Oise-Pays de France, créé le par décret du Premier ministre, s'étend sur 70 communes des départements de l'Oise et du Val-d'Oise. C'est un des rares parcs répartis sur deux régions administrativesLe parc naturel régional Normandie-Maine créé en 1975 et l'ancien parc naturel régional du Marais poitevin créé en 1979 et déclassé en 1996 sont à cheval sur deux régions dont les Pays de la Loire : avec la Basse-Normandie pour le premier et avec Poitou-Charentes pour le second, que l'on retrouve avec la dénomination avec Parc interrégional du Marais poitevin (régions Île-de-France et Hauts-de-France), le quatrième PNR des Hauts de France et le créé en Île-de-France.
Le parc a pour mission essentielle de préserver un territoire péri-urbain, d'une grande richesse historique et architecturale avec plus d'une centaine de monuments historiques classés ou inscrits, mais menacé par la pression foncière due à la proximité de l'agglomération parisienne et de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Situé pour l'essentiel sur la rive gauche de l'Oise, faisant la liaison entre le pays de France, au sud, et la plaine du Valois, à l'est, le territoire se caractérise par la présence de trois massifs forestiers totalisant près de vingt mille hectares, mais également par de petites rivières formant des zones humides au riche biotope, ainsi que quelques landes à bruyères.
Territoire du parc thumb|upright=1.2|Périmètre du PNR à sa création. Voir aussi le périmètre actuel sur le site officiel.
Situation Le parc naturel régional Oise-Pays de France se situe au sud de la région Hauts-de-France, et au nord de la région Île-de-France, à environ au sud d'Amiens et au nord de Paris. Il regroupait à sa création 41 communes de l'Oise et 14 communes du Val-d'Oise. À la suite d'un élargissement, le , ce chiffre est passé à 45 communes dans l'Oise et 25 dans le Val-d'Oise..
La zone du parc se situe en quasi-totalité sur la rive gauche de l'Oise, de Rhuis au nord à Asnières-sur-Oise au sud, hormis la seule commune de Boran-sur-Oise, située sur la rive droite. Le parc est à dominante forestière à l'ouest et agricole à l'est et au sud, majoritairement constituée de grande culture céréalière. Il intègre les trois grands massifs forestiers de Chantilly, Halatte et Ermenonville, ce qui lui a d'ailleurs valu son premier nom : parc naturel régional des Trois Forêts, renommé à sa création en « Oise-Pays de France », marquant mieux sa position géographique unissant le vieux pays de France et la vallée de l'Oise. Le parc intègre également les villes historiques de Chantilly, Creil, Pont-Sainte-Maxence et SenlisPlan de référence du Parc.
En effet, bien que possédant majoritairement un caractère rural, la majorité des communes possédant moins de habitants, le territoire du parc comprend en son centre la ville de Senlis (15 000 habitants) ainsi que l'agglomération cantilienne (Chantilly, Gouvieux et Lamorlaye, totalisant 45 000 habitants). Les marges du territoire sont directement influencées par des agglomérations situées sur ses franges : Creil (36 000 habitants) et Pont-Sainte-Maxence (13 000 habitants) communes de la vallée de l'Oise, en frange nord du territoire ; Fosses ( habitants) en frange sud-est..
Le parc forme un espace relativement cohérent, qui se distingue des principales zones géographiques qui l'entourent : la vallée de l'Oise à l'ouest, formant un axe de communication particulièrement industrialisé, la plaine agricole du Valois à l'est, située au-delà de la LGV Nord, les zones urbanisées de la plaine de France ainsi que l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle au sud, appartenant à l'agglomération parisienne.
Géomorphologie Le relief est assez peu accentué : le parc forme la partie occidentale du plateau calcaire du Valois, dominé par quelques buttes témoins : le mont Pagnotte, situé en forêt d'Halatte, est le plus élevé, avec une altitude de . Les buttes de Saint-Christophe (également en forêt d'Halatte), de Montépilloy, de Châtenay-en-France ou encore de Mareil-en-France constituent les autres sommets du territoire.
Hydrographie Les vallées, parcourues par des rivières de faible débit, sont peu marquées. Le réseau hydrographique, qui relèvent intégralement du bassin versant de l'Oise, représente un linéaire de . Hormis l'Oise, les principales rivières sont la Nonette, la Thève et son affluent l'Ysieux. Les cours d'eau forment en certains points des marais ainsi que des prairies humides, constituant des écosystèmes remarquables.. Les zones sableuses particulièrement pauvres sont généralement couvertes de forêts, hormis le cas singulier de la Mer de sable, transformée en parc d'attraction. Les landes à bruyères d'Ermenonville, autrefois dédiées au pâturage de troupeaux d'ovins, sont depuis le plantées de résineux..
Infrastructures Le parc est traversé par d'importants réseaux de communication : l'autoroute A1, qui le rend facilement accessible de Paris, Amiens ou Lille, ainsi que les anciennes routes nationales 16 et 17. Le tronçon nord de la Francilienne borde la limite sud du parc. La ligne de Paris-Nord à Lille ainsi que la LGV Nord traversent également le territoire du parc.
Patrimoine naturel Protections Avant même la mise en place du parc, son territoire bénéficiait de plusieurs protections au titre des sites naturels toujours existant. On dénombre ainsi parmi la vingtaine de sites naturels inscrits, la vallée de la Nonette, couvrant 49 communes appartenant toutes au parc. Par ailleurs, on compte huit sites classés : le domaine de Chantilly, La forêt d'Halatte, la forêt d'Ermenonville et de la Haute-Pommeraie, ainsi que le domaine de Valgenceuse, le vieux moulin d'Ermenonville et l'entrée du parc Jean-Jacques-Rousseau. Dans le Val-d'Oise, la butte de Châtenay et la vallée de l'Ysieux sont aussi des sites classés.
Les sites Natura 2000 couvrent 20 % du territoire du parc. Ils sont au nombre de quatre : une zone de protection spéciale (ZPS), Forêts picardes : massif des Trois Forêts et Bois du Roi., et trois zones spéciales de conservation : coteaux de l'Oise autour de Creil., coteaux de la vallée de l'Automne. et massifs forestiers d'Halatte, de Chantilly et d'Ermenonville.. On compte enfin une dizaine de zones naturelles d'intéret écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type 1 et quatre de type 2, qui permettent un inventaire complet des différents habitats naturels et espèces de flores et de faunes de son territoire.
Habitats thumb|Landes de bruyères et pins sylvestres en forêt d'Ermenonville, parcelle 162.
Le milieu naturel le plus emblématique du parc est bien évidemment la forêt. Les de massifs forestiers s'avèrent très diversifiés : la forêt de Chantilly se caractérise par d'anciens taillis sous futaie qui favorisaient la présence de grands gibiers, en cours de reconversion vers la futaie. Une ville voisine dispose d’ailleurs du musée de la Vénerie de Senlis], installé dans l'ancien prieuré Saint-Maurice, à Senlis (Oise), en mémoire d’un mode de chasse qui consiste à poursuivre un animal sauvage. La forêt d'Ermenonville est connue pour ses anciennes landes sableuses en grande partie replantées de pins depuis le . Enfin, la forêt d'Halatte, ancienne forêt royale, comporte les plus anciennes futaies « cathédrales » de hêtres du parc..
Mais d'autres types d'habitats naturels remarquables sont présents aussi sur ce territoire. Il s'agit tout d'abord des marais et prairies humides liés aux rivières, que ce soit la Nonette ou la Thève. Certains de ces zones ont connu des aménagements hydrauliques sous la forme d'étangs, les plus célèbres étant les Étangs de Commelles. Le territoire du parc comporte encore de landes sèches, qui se trouvent principalement en forêt d'Ermenonville : héritées des anciennes pratiques agro-pastorales liés aux élevages de moutons, ces formations végétales composées principalement de bruyères abritent une faune spécifique : oiseaux et. Le dernier type d'habitat naturel caractéristique consiste en des pelouses calcicoles situées principalement sur les coteaux de l'Oise. Ces derniers, anciens lieux de pâturages aujourd'hui abandonnés, comportent notamment des reptiles rares dans la région..
Faune et flore La diversité des milieux naturels, forestiers ou humides, favorisent la présence d'une faune abondante. Le cerf élaphe est particulièrement présent dans les massifs forestiers. De nombreux insectes sont présents, comme le lucane cerf-volant, plus grand scarabée d'Europe, ou la phalène du tilleul. On peut également y observer des amphibiens, en particulier près des étangs de Commelles, comme le triton crêté, ou de nombreux oiseaux, parfois assez rares, comme l'engoulevent d'Europe, la bondrée apivore, le busard Saint-Martin, le gobemouche noir, le pic noir ou le pic mar.
Le territoire possède deux principaux types de sols, favorisant la présence d'une flore variée. Les affleurements marneux ou argileux abritent plusieurs espèces végétales rares du nord de la France ; à l'inverse, les milieux sableux et pelouses des lisières accueillent une flore plus méridionale. Plusieurs espèces végétales menacées, parfois protégées, sont présentes dans les massifs forestiers : l'osmonde royale, l'ophioglosse commun, la laîche des sables, la véronique en épis, la bruyère cendrée ou quaternée, ainsi que plusieurs orchidées..
Sites touristiques majeurs du parc et fréquentation thumb|Le château de Chantilly. Le territoire du parc comporte plusieurs destinations touristiques majeures : trois des quatre sites touristiques les plus fréquentés de Picardie se trouvent sur son territoire : le parc Astérix ( visiteurs en 2009), la Mer de sable () et le château de Chantilly (). Outre ces deux parcs d'attractions, plus de cent monuments classés ou inscrits composent le patrimoine du parc attirant un public non négligeable. Outre le château de Chantilly et son domaine, son musée vivant du cheval, on peut noter la présence de la vieille ville de Senlis (secteur sauvegardé) et sa cathédrale, le parc Jean-Jacques-Rousseau à Ermenonville ainsi qu'un certain nombre d'abbayes : Royaumont, du Moncel et de Chaalis.
Historique et fonctionnement du parc Une longue gestation La création du parc naturel régional Oise-Pays de France s'est révélée particulièrement longue et complexe, avec plus de vingt ans de gestation, contre une dizaine d'années en moyenne pour la plupart des autres parcs.
Dès les années 1970, le docteur Bocquet, des chasseurs et naturalistes, ainsi que la société des amis des forêts de Chantilly, Halatte, Ermenonville (Safec) organisent des réunions publiques en vue de la création d'un espace protégé, face à l'urbanisation croissante provoquant une fragmentation de l'are vitale des cerfs de la région, et à la forte fréquentation des massifs forestiers par le public, dérangeant les animaux. En 1985, une étude de faisabilité est réalisée, mais elle ne débouche sur aucune réalisation concrète, face au manque de motivation de nombreux élus, soucieux de ne pas perdre de leurs prérogatives. En 1987, dans le cadre de l'année européenne de l'environnement, le ministère de l'agriculture envisage non pas un parc régional, mais un parc national. Toutefois le territoire n'est par sa nature pas éligible à ce type de classement. Néanmoins l'idée d'un parc régional est lancée dans une note.