de Hohenstaufen est un empereur du Saint-Empire romain germanique de 1155 à sa mort. Il est surnommé Frédéric Barberousse en raison de son éblouissante barbe rousse (en allemand : Friedrich Barbarossa, en latin : Fridericus Ahenobarbus).

Il est né en 1122 et mort le . Proclamé empereur en 1155, il possède également les titres de roi de Germanie, roi d'Italie, roi de Bourgogne et comte palatin de Bourgogne, après avoir été un temps duc de Souabe et d'Alsace.

Deuxième membre de la maison de Hohenstaufen à accéder à la dignité impériale, il est également, par sa mère, un Welf. C'est sous son règne que, pour la première fois, le terme de sacrum (« saint ») est employé pour qualifier l'Empire romain germanique.

Il reste célèbre pour son conflit face aux communes d'Italie du Nord et ruine la ville de Milan en 1162.

À la suite de la victoire de la Ligue lombarde lors de la bataille de Legnano de 1176, la paix de Constance assure aux communes une large autonomie.

Dans le même temps, sa lutte contre la papauté marque le déclin de la doctrine théocratique du Saint-Siège et contribue à l'essor du droit romain dans l'Europe médiévale.

Le , pendant la troisième croisade, il se noie dans le Göksu Nehri (Anatolie) alors qu'il mène ses armées vers la Palestine.

Sa longévité ainsi que sa volonté de restaurer l'honneur de l'Empire (honor imperii) et d'accroître l'autorité impériale, avec Charlemagne pour modèle, en font l'un des empereurs les plus connus du Moyen Âge, jusqu'à devenir, au , un héros du mouvement national allemand.

Généalogie et famille Barberousse est né en 1122, probablement au château impérial de Haguenau.. D'après la seule source contemporaine, la Welfe Judith de Bavière a donné naissance à son premier enfant dans un château près d'Altdorf. Comme il était courant à cette époque pour la mère de donner naissance à son enfant dans son pays d'origine, il est probable que Frédéric soit né sur les terres de sa mère. Toutefois, on ignore si Frédéric était effectivement ce premier enfant, car la mortalité infantile était élevée à l'époque.

Frédéric, fils du Hohenstaufen , duc de Souabe et d'Alsace, et de Judith, fille de Henri le Noir de Bavière, descend des deux lignées concurrentes dominant le Saint-Empire à cette époque. À 25 ans, à la mort de son père en 1147, il lui succède comme duc de Souabe et d'Alsace sous le nom de . Il semble avoir poursuivi les efforts de son père pour accroître l'influence de la maison de Hohenstaufen, tandis que son oncle, , roi d'Allemagne, s'employait à renforcer le pouvoir royal. Frédéric adopta, semble-t-il, une position neutre lors des démêlés juridiques entre Conrad et les Welfes, et même empêcha une procédure de Conrad contre les Welfes.

Le , alors qu'il n'était que duc de Souabe, Frédéric épouse Adèle ou Adélaïde de Vohbourg, la fille du margrave et héritière du pays d'Eger. Ce mariage sans enfant sera annulé en à Constance, ce qui n'empêcha pas Frédéric de donner le pays d'Eger à son cousin Frédéric de Rothenbourg.

Ascendance Généalogie de Frédéric Barberousse :

Descendance vignette|Autel de l'église Saint-Pierre à Antioche. Premier mariage avec Adela von Vohburg, annulé.

Second mariage avec : Rainald ou Renaud (1161 1164), enterré à Lorsch ; Béatrice (1162 début 1174 ou 1179), enterrée à Lorsch ; Guillaume (1163 1164), enterré à Lorsch ; ( /1170), duc de Souabe, enterré à Lorsch ; (1165 1197), empereur germanique, roi de Sicile, ∞ Constance de Sicile (1154 1198), fille du roi . Il est le père de l'empereur germanique ; Conrad (1167 1191) dit , duc de Souabe ; Agnès (octobre/ ou 1174 ), enterrée à la cathédrale de Spire ; (1169 1196), duc de Souabe et de Franconie ; (1171 1200), comte palatin de Bourgogne, ∞ Marguerite de Blois (1230), comtesse de Bourgogne, comtesse de Blois ; Sophie (1175 ), ∞ Guillaume, marquis de Montferrat ; (1177 1208), duc de Souabe, roi de Germanie / roi des Romains, ∞ 1197 Marie de Byzance (1181 1208), fille de l'empereur .

Frédéric, empereur vignette|redresse|Barberousse habillé en croisé, miniature de 1188.

À la mort subite de le à Bamberg, il a 30 ans. Frédéric, duc de Souabe, est alors élu à la dignité de roi des Romains dès le à Francfort-sur-le-Main et couronné le par l'archevêque de Cologne dans la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle.

avait déjà planifié sa succession avant son voyage de couronnement à Rome. Il l'avait prévu dans la perspective de l'élection et du couronnement de son propre fils ; il était habituel de régler les problèmes dynastiques avant de partir pour un long voyage qui comportait toujours des risques.

D'après la tradition et le témoignage écrit d'Othon de Freising, Conrad décida ensuite, dans l'intérêt de l'empire, de passer outre aux règles de succession dynastiques et de favoriser l'élection de son neveu à la place de son fils, prénommé également Frédéric, et qui n'avait alors que six ans. Il aurait prétendument craint qu'un épisode de régence ne permette pas d'obtenir la paix désirée dans le contexte du conflit avec Henri le Lion. La recherche historique n'a pu éclaircir ce point, le témoignage d'Othon de Freising sur les circonstances de l'élection étant postérieur de cinq ans à l'évènement, alors que Frédéric était déjà établi. Il est plus vraisemblable que le duc de Souabe sut établir, par sa diplomatie extrêmement habile, un équilibre des intérêts entre les factions rivales qui garantit de façon satisfaisante le rang et la réputation de chacun des princes et lui assura leur soutien lors de l'élection.

Des chroniques relatent plusieurs rencontres entre Frédéric et les grands de l'empire pendant la vacance du trône. Au cours de ces entretiens, l'impétrant était en mesure de promettre diverses charges et territoires aux princes pour amener ses interlocuteurs à soutenir sa candidature. Ceci concernait en particulier les partisans de son cousin Henri le Lion, qui était probablement un concurrent supplémentaire. Après l'accession au trône de Frédéric, leur oncle commun, , reçut la suzeraineté sur plusieurs domaines ainsi que des territoires en Italie (les biens de la comtesse Mathilde de Toscane, le duché de Spolète, le margraviat de Toscane, les îles de Sardaigne et de Corse). Un parent Wittelsbach, le comte reçut le titre de margrave de Moravie.

Le beau-frère d'Henri le Lion, , reçut le titre de recteur de Bourgogne (une charge impériale) ayant autorité sur des villes du Jura suisse. Barberousse lui donna par ailleurs l'assurance de le conforter dans ses droits par une expédition militaire, si lui-même pourvoyait mille cavaliers. Après cet isolement qui ne prit fin définitivement qu'en 1156, son cousin Henri le Lion reçut pour prix de son vote de soutien le duché de Bavière qu'il convoitait et qui fut repris aux Babenberg par édit princier lors de la Diète de Goslar en 1154.

Le duc Vladislav de Bohême fut nommé roi de Bohême par anticipation de futurs services.

Les princes électeurs durent voir en Frédéric, apparenté aux deux clans ennemis des Hohenstaufen et des Welf, le candidat le plus à même de les réconcilier.

Le programme de Barberousse est révélé dans l'annonce de l'élection du pape par Wibald, abbé de Stavelot-Malmedy : le rétablissement des privilèges de l'Église et la suzeraineté de l'empire en est le principe essentiel (honor imperii et sacrum imperium). Il ne s'agit cependant de rien de nouveau : certains passages de l'annonce se trouvaient déjà à peu de chose près dans les écrits de et dans la sommation papale de .

Projet de mariage byzantin En , Barberousse décida de rouvrir les négociations en vue d'une alliance avec Constantinople. Il propose d'épouser une princesse byzantine mais les négociations traînent en longueur. Anselme de Havelberg est envoyé le à Constantinople pour conclure une possible alliance. Il en revint prématurément à l’été 1155 et les relations avec l'Empire byzantin restèrent dans l'ambiguïté.

Recherche d'un équilibre en Allemagne Frédéric se consacra dans un premier temps à la pacification de l'empire. Il tint une première Diète à Dortmund après la Pâques 1152. Étaient présents l'archevêque de Cologne , le duc de Saxe Henri le Lion, le duc et Albrecht l'Ours.

Frédéric s'y présenta pour la première fois comme le suzerain de la partie saxonne de l'empire. Il ordonna la construction du château de Kaiserslautern, en Rhénanie (qui deviendra « Kaiserslautern »).

Une nouvelle Diète fut convoquée en juin de la même année pendant la tournée d'empire à Mersebourg. Il fut question du conflit entre l'archevêque de Brême, , et Henri le Lion autour du droit de fonder un évêché sur la côte de la mer Baltique.

C'est seulement lors de la Diète de Goslar en 1154 que fut accordé à Henri le droit de fonder des évêchés sur son territoire.

À Mersebourg, Frédéric intervint dans la querelle de succession de la couronne danoise au profit de , contre Knut qui était lié aux Welf. Le problème le plus crucial de la politique impériale, le conflit entre Henri le Lion et Henri Jasomirgott pour le duché de Bavière fut évoqué mais ne fut pas encore résolu. L'expansion des Welfes en Allemagne du Nord a ainsi été circonscrite.

Après avoir initialement tranché à Goslar en faveur de Henri le Lion pour l'attribution du duché de Bavière, Frédéric a commencé à négocier en avec Henri Jasomirgott sur la compensation à lui attribuer pour cette perte. N'ayant pu s'entendre avec lui, Barberousse autorisa les princes de Bavière à prêter serment de fidélité à Henri le Lion en octobre à Ratisbonne. Cependant, le duché n'a officiellement quitté les mains des Babenberg que le . Comme Henri Jasomirgott ne voulait pas abandonner son fief, un compromis aurait été trouvé à la Pentecôte 1156 ; il sera retranscrit en septembre dans le Privilegium minus : les Babenberg reçurent l'Autriche, l'ancien margraviat étant élevé au rang de duché, et Henri le Lion reçut le reste de la Bavière. Cet accord constitua les fondations de l'Autriche comme territoire indépendant.

La tournée d'empire s'arrêta après Mersebourg à Ratisbonne. Frédéric y reçut l'hommage de la noblesse bavaroise et appela à une expédition contre la Hongrie. Les princes, contestant ses chances de succès, s'y opposèrent. Le roi voulait probablement profiter de cette expédition pour détourner les Babenberg de leur combat contre les Welfes en Bavière.

Préparation du couronnement romain Le couronnement impérial à Rome, sans être indispensable à la reconnaissance de l’empereur, est un élément de prestige important. Lors de la Diète de Wurtzbourg, en , Barberousse fixa la date de son voyage à Rome à l'automne 1154. Les raisons souvent avancées pour expliquer le choix d'une date si tardive touchent au souhait de Barberousse de régler la dispute entre les Babenberg et les Welf pour le titre de duc de Bavière. Une fois la date connue, des négociations entre Barberousse et la curie romaine commencèrent afin de déterminer les conditions du couronnement.

En , à la diète de Constance, Frédéric reçut une délégation de marchands de Lodi qui se plaignaient des empiétements de la commune voisine de Milan. Les rivalités entre communes italiennes, en même temps que les demandes répétées du pape confronté à la rébellion de ses sujets romains, donnaient à Frédéric de bonnes raisons d'intervenir dans les affaires italiennes.

Le traité signé à Constance en fut l'aboutissement de ces discussions. Barberousse y promettait de soumettre la commune romaine insurgée, de restituer la ville à l'autorité papale et de ne signer aucune paix avec les Romains et les Normands sans l'accord du pape, de rétablir et renforcer le pouvoir spirituel du pape sur l'Église romaine ainsi que de contrecarrer toute velléité byzantine en Italie.