vignette|Quelques ingrédients typiques du végétalisme : fruits, légumes, fruits secs, tubercules, légumineuses, céréales.
Le végétalisme est une pratique alimentaire excluant les produits animaux, aussi bien issus d'animaux morts (viande, poisson, crustacés, mollusques, gélatine, présure) que d'animaux vivants (produits laitiers, œufs, miel), et éventuellement les produits dont le procédé de fabrication fait intervenir des produits animaux (les boissons clarifiées à l'aide de caséine ou de colle de poisson, le sucre décoloré à l'aide de charbon d'os).
On parle de « végétalisme intégral » ou « véganisme » pour désigner plus précisément le refus général de toute consommation de produits d’origine animale (pour se nourrir, se vêtir, pour la pratique de loisirs) : dans ce cas sont également exclus le cuir, la laine, le duvet, la colle de peau, les savons au suif, les engrais animaux
Les végétaliens consomment des aliments provenant des règnes végétal (graines, légumes, fruits, fruits à coque, huiles végétales, épices), fongique (champignons comestibles, levures alimentaires, levain) et bactérien (bactéries lactiques comme le bifidus dans le soja fermenté ou les leuconostoques dans la choucroute, ainsi que les sous-produits de plusieurs espèces de bactéries comme source de vitamine B). Ils consomment également des minéraux (sels de sodium, de potassium, de calcium). Certaines personnes se réclamant du végétalisme acceptent et défendent néanmoins la consommation de miel ou de bivalves.
Terminologie vignette|Stand de restauration végétarienne au salon Marjolaine, au parc floral de Paris. Le mot végétalisme désigne une pratique alimentaire mais aussi un mode de vie et une philosophie. Actuellement, le végétalisme concerne principalement l'alimentation (en anglais on parle de dietary veganism). Cependant, le mot « végétalien » est bien plus ancien que l’anglais « vegan ». On le trouve déjà dans les années 1920 en France, avec la revue Le Végétalien (1924–1929) de Georges Butaud et des colonies « végétaliennes » comme Terre libérée. Dans ces milieux, il ne désignait pas seulement une alimentation mais bien un mode de vie complet, incluant le refus de l’exploitation animale, le rejet du salariat et un idéal naturien. Le mot « vegan », lui, n’a été inventé qu’en 1944 par Donald Watson en Angleterre. La distinction moderne en français entre végétalien (alimentation) et végan (mode de vie) est donc plutôt un effet de mode linguistique, qui occulte l’origine historique du terme végétalien — lequel portait déjà une dimension philosophique et éthique..
L'expression anglaise ethical veganism se traduit en français soit par le néologisme « véganisme » soit par l'expression « végétalisme intégral ».. Le véganisme exprime non seulement le refus alimentaire, mais aussi celui de toute utilisation de tous les produits animaux provenant d'une exploitation ou souffrance animale : par exemple dans l'habillement (fourrure, cuir, laine, soie, perle…), les cosmétiques et produits d'hygiène (refus de la présence de produits animaux, des produits testés sur l'animal…) comme des produits pharmaceutiques (médicaments et vaccins), les objets ou instruments provenant d'un animal (brosse à poils d'animaux…)..
vignette|redresse|Abeille mellifère.
En fait les termes « végétarisme », « végétalisme » et « véganisme », bien que distincts et à ne pas confondre, se situent dans un continuum qui inclut des pratiques consistant seulement à s'abstenir de viande rouge. Dans cette perspective, le miel et les autres produits des abeilles sont considérés différemment. Certaines personnes peuvent accepter voire défendre sa consommation. Parmi les arguments avancés pour distinguer la ruche des autres formes d'élevage : les abeilles ne sont généralement pas tuées ; elles évoluent en liberté dans la nature et elles souffrent peu des interventions humaines ; l'élevage d'abeilles permet la pollinisation des fruits et légumes, dont la production réduit le recours à des alternatives animales. Enfin, pour certains, le miel serait essentiellement un produit végétal (le nectar des fleurs), légèrement transformé par les abeilles. Parmi les arguments adverses : la collecte du miel s'apparenterait à un vol et pourrait faire souffrir les abeilles.. Par ailleurs, l'élevage de l'abeille domestique Apis mellifera fait concurrence à d'autres espèces d'abeilles, sociales ou non, et réduirait ainsi la biodiversité des abeilles..
Il existe également un débat sur la compatibilité de la consommation de bivalves (huîtres, moules, coquilles Saint-Jacques) avec le végétalisme, ceux-ci n'étant a priori pas sentients, en l'état actuel des connaissances scientifiques....
Prévalence
Pour le Canada, on manque de statistiques précises (5 à 7 % voire 10 % des personnes se déclarent végétariennes et 3 à 4 % se disent végétaliennes) ou . selon l’Université Dalhousie. En outre, ., ce qui suggérerait que la consommation de viande pourrait encore diminuer. Ces taux déclaratifs sont confirmés par l'Université de Guelph, mais ils pourraient être biaisés par un nombre important de gens se déclarant végétaliens, mais qui mangeraient quand même épisodiquement de la viande, des œufs ou du poisson..
En France Une étude a été menée en 2021 par FranceAgriMer avec les résultats suivants. : 74 % des personnes interrogées déclarent consommer indifféremment des aliments d'origine animale ou végétale appartenant à l'ensemble des catégories nutritives sans restriction des fréquences de consommation ; 24 % se présentent comme flexitariennes, diminuant volontairement leur consommation de viande et éventuellement de poisson ; 2,2 % suivent des régimes sans viande, dont 1,1 % acceptent du poisson, 0,8 % sont strictement végétariennes, 0,3 % sont végétaliennes.
Motivations Éthiques Un grand nombre de végétaliens motivent leur rejet de toute alimentation d'origine animale par le refus de tuer, de faire tuer ou de faire souffrir des animaux aussi bien pour leur chair que pour leurs sous-produits (produits laitiers, œufs). Ils mettent en avant le fait que les productions de lait et d’œufs sont en pratique toujours associées à la production de viande. Ainsi, selon une étude publiée en 2015, aux États-Unis, 80 % des végétaliens disaient leur choix principalement motivés par le bien-être animal et l'éthique animale et seuls 20 % par leur santé..
En effet, en élevage laitier, il est nécessaire de procéder à l'insémination artificielle des vaches pour déclencher en elles de la production lactée. Après une gestation d'environ 9 mois, les vaches vêlent des veaux mâles et femelles. Or, seule une partie des jeunes femelles peut être employée pour le renouvellement du troupeau, l'autre partie sont élevés et engraissés pour leur viande. De plus, les femelles sont très souvent inséminées artificiellement par un technicien, ce que certains végétaliens assimilent à un viol.. Par ailleurs, les femelles ne sont suffisamment productives que pendant un nombre d'années limité : lorsqu'elles ne produisent plus assez et qu'il n'est plus « rentable » pour l'éleveur de les nourrir pour qu'elles produisent du lait, elles sont réformées et abattues pour leur viande. Enfin, certains produits laitiers, notamment la plupart des fromages, nécessitent l'adjonction de présure (issue de la caillette des veaux ou d'autres animaux) pour leur fabrication.
vignette|Poules pondeuses en batterie, Haryana (Inde).
De même, en élevage de poules pondeuses, les poussins mâles sont tués à la naissance car inutiles au renouvellement du cheptel, et les femelles ne produisent suffisamment d’œufs que pendant un nombre d'années limité, elles sont donc aussi réformées et abattues pour leur viande après quelques années. Dans ces deux types d'élevage les mâles qui naissent ne sont pas gardés vivants et utilisés pour la reproduction car, dans la grande majorité des cas, les éleveurs ont recours à l'insémination artificielle avec la semence d'un nombre restreint de reproducteurs sélectionnés.
Les végétaliens mettent également en avant les souffrances inhérentes aux conditions d'élevage : poules en batterie souffrant du manque d'espace, poussins mâles des races pondeuses broyés vivants, débecquage, caudectomie, séparation des veaux, agneaux et chevreaux de leurs mères quelques jours après leur naissance. Parfois, c'est de manière plus générale le refus de cautionner moralement l'exploitation des animaux qui est à l'origine de cette pratique alimentaire, qui peut alors s'inscrire dans le véganisme et l'antispécisme.
Religieuses Les raisons peuvent également être religieuses, certaines religions préconisant la non-violence face aux êtres vivants, par exemple le jaïnisme, l'hindouisme, le bouddhisme ou le sikhisme qui a le concept dahimsa, mot sanskrit signifiant « non-violence », c'est-à-dire le fait de s'abstenir de violence en actes, en paroles ou même en pensées, en la commettant directement, en la commandant à d'autres, ou en la consentant. Le régime ital des rastafariens interprète l'interdiction biblique de consommation de sang, dans le sens d'une abstention de viande, voire de tout aliment d'origine animale.
On retrouve également le végétalisme et végétarisme dans le taoïsme. Il a influencé le bouddhisme chán, via le plagiat par le moine bouddhiste Xingduan (), dans son « Livre des Trois Cuisines prêché par le Bouddha » (), du moine taoïste Du Guangting et de son « Le Livre des Cinq Cuisines » ().. Pour certaines écoles taoïstes, les œufs de cane sont tout de même autorisés..
Écologiques vignette|Plateau entièrement végétalien (saucisses, muffin, crème), Pays-Bas. Comme pour le végétarisme, les motivations sont également liées à l'aspect écologique, la production de viande et de sous-produits animaux demandant de très grandes quantités d'aliments, telles les céréales.. La nourriture consommée par le bétail mondial permettrait de nourrir 8,7 milliards de personnes, soit plus d'humains qu'il n'y en a sur Terre. Travaux de la chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnement de l'Université du Québec à Montréal. Le lien vers le fichier pdf est aussi disponible à partir de cette page.. En outre, la production de viande demande des quantités d'eau importantes ( pour produire de bœufÉcologuide de A à Z, Fondation pour la nature et l'homme et Nicolas Hulot, Le Cherche midi (éditeur), 2004 .) et d'espace, et génère beaucoup de pollutionNational Geographic. brisé le 11 janvier 2025.. Selon un rapport publié par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) en 2013, le secteur de l'élevage émet des gaz à effet de serre qui, mesurés en équivalent , atteignent 14,5 % des émissions totales.. Selon un article du site Our World in Data en 2021, l'adoption du végétalisme par l'Humanité permettrait la séquestration de 547 Gt de d’ici 2050, soit 15 années d’émissions actuelles par les combustibles fossiles..
Le secteur de l'élevage est aussi une source principale de dégradation des terres et des eaux..
Diététiques vignette|redresse|L'athlète américain Carl Lewis fait partie des sportifs végétaliensVoir sur rue89.nouvelobs.com. brisé le 11 janvier 2025.. D'autres adoptent un régime semblable pour des raisons de diététique ou de santé. En effet,
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