Louis-Georges-Gabriel de Gallois-Lachapelle (né le à Bœrsch (paroisse Saint-Léonard) dans le Bas-RhinArchives en ligne du Bas-Rhin, côte 3E52/25, vue 7/30 - décédé le à Clermont-FerrandArchives en ligne du Puy-de-Dôme, côte 6E113 220, vues 113-114/208), fait partie de la première promotion de l’École polytechnique (X 1794). Il est ingénieur des mines en 1799.
Biographie Origine et études Louis-Georges-Gabriel de Gallois-Lachapelle descend d'une famille irlandaise, émigrée en France avec le roi Jacques IIde BONNARD (bibliographie)..
Son père, capitaine au corps de Royal-Bavière a servi sous le règne de Louis XV.
Destiné à entrer dans le Corps du Génie militaire, Louis-Georges-Gabriel fait ses études à Strasbourg et est reçu élève de l'École du génie, le . Le , il est nommé adjoint aux officiers de cette arme.
Voulant se perfectionner dans les sciences mathématiques, il entre, deux mois après, à l'École polytechnique. Souffrant, il interrompt ses études mais est admis à l'École des mines compte tenu des premiers examens de sortie de l’École polytechnique.
Il est nommé ingénieur des mines le .
Famille Son fils Victor épouse en premières noces le , à Saint-Paul-en-Jarez, la fille de James Jackson maître de forges, Ellen Jackson.
Parcours professionnel
En 1801, en compagnie de Beaunier, il fait un voyage d’étude aux mines de Poullaouen et de Huelgoët.
À nouveau malade, il reprend son service en 1803. Par la suite, son état de santé l’obligera à interrompre périodiquement ses travaux.
En 1804, il est envoyé à l'île d'Elbe pour être chargé du service des mines de fer qui s’y trouvent et faisant partie de la dotation de la Légion d’HonneurChaque cohorte de la Légion d’Honneur était dotée de biens nationaux devant permettre le règlement des traitements prévus dans le décret de création de la Légion d'honneur et le financement d'hospices réservés aux légionnaires. À partir de 1819, la Légion d'honneur disposera d'un budget voté par les députés..
En 1807, il est affecté en Ligurie, avec le projet d’une affectation en Toscane, à l'effet d'introduire des perfectionnements dans les forges de ce pays. Il préfère, au préalable, aller étudier la métallurgie à l'école pratique de Geislautern et dans les usines des environs de Sarrebruck.
De retour de Geislautern, de Gallois est affecté à Gênes puis à Savone, sur la demande de Chabrol, comme chargé du service des mines des départements de Montenotte et de Marengo. Il y réalise, pendant deux ans, divers travaux relatifs à l'amélioration des procédés des forges, l'exploitation des houillères des Apennins, l'introduction de l'emploi de la houille dans un grand nombre de procédés d'usines et d'usages domestiques, enfin l'étude du sol de la contrée et sa description minéralogique.
Il est nommé ingénieur en chef en 1810. La même année de Gallois est envoyé en mission extraordinaire en Illyrie, chargé de la surveillance des mines en Carinthie et dans les provinces Illyriennes particulièrement sur les mines de plomb du Bleyberg. À cette occasion, il fait de longues tournées en Croatie avec le maréchal duc de Raguse.
En 1811, il est nommé directeur en chef des mines de mercure d'Idria en Carniole et comprise comme dotation de l’Ordre des Trois-Toisons d'Or, puis de la Légion d’Honneur. Il fait construire, dans les vallées qui environnent les mines, des écluses de flottage d'une grande utilité pour l’approvisionnement en combustible des établissements de la région.
En , de Gallois demande et obtient d'être placé dans le douzième arrondissement minéralogique, dont Saint-Étienne est le chef-lieu, afin de mettre en application ses observations faites dans les environs de Sarrebrück, à savoir l’association de minerai de fer aux terrains houillers, en vue de la création d’un établissement de transformation du minerai et de métallurgie.
Nommé, en , professeur de docimasie et directeur du laboratoire à l'École des mines, il y renonce préférant se consacrer à son projet industriel.
À cette fin, de Gallois demande un congé de trois mois pour se rendre en Angleterre qu’il emploie à visiter les ateliers de Londres, à observer les détails pratiques de l’utilisation du fer et la fonte. Ayant obtenu une prolongation de son congé, il passe six mois à Newcastle, en Northumberland, pour étudier les mines, les usines, les chemins de fer. Il parcourt également l'Écosse, le pays de Galles et ne revient en France qu'au bout de seize mois.
À son retour à Paris, il rédige un mémoire, en 1818, sur les mines et usines à fer d'Angleterre, dont une partie est consacrée au chemin de fer qu’il a pu observer dans les établissements miniers qu’il visita.
Il retourne à Saint-Étienne en et est nommé, en 1819, professeur à l’École des mineurs qui venait d’y être créée, à l’initiative de Beaunier, en qualité de professeur de métallurgie.
Il participe à la Commission temporaire des mines de la LoireLa commission est composée de Beaunier, Moisson-Desroches (pour le district de Rive-de-Gier), de Gallois (pour Saint-Étienne) et, en 1819 en renfort, Rozières (professeur à l’école des mineurs) (THEPOT (bibliographie), page 168). chargée de déterminer définitivement les concessions houillères de Saint-Étienne.
L’administration lui accorde un congé pour diriger la Compagnie des mines de fer de Saint-Étienne en étant déchargé de toute fonction comme ingénieur dans le département de la Loire mais en continuant son service dans les départements du Puy-de-Dôme, de la Haute-Loire et du Cantal.
Démissionnaire de la direction de la Compagnie des Mines de fer de Saint-Étienne en 1823, il réintègre le corps des ingénieurs de mines.
Le il est nommé chevalier la Légion d'honneur et, l'année suivante, promu à la première classe de son grade.
En , de Gallois prend les eaux au Mont-Dore ; il en revient souffrant et affaibli. Lors d’une tournée dans le département du Cantal, il se repose quelques jours à Clermont. Il y décède le .
Compagnie des Mines de fer de Saint-Étienne thumb|upright=1|right|Schéma de l'appareil d'un hauts-fourneaux.|alt=Vue en coupe du four d'un haut fourneau Ayant vu traiter dans les usines de la Sarre des minerais de fer extraits des terrains houiller environnants, de Gallois avait eu connaissance qu'en Angleterre la houille servait à fondre le minerai de fer. Fort de ses observations, il estime que les terrains houillers en France devaient aussi renfermer des minerais de fer semblables aux minerais comme en Angleterre ou comme à Sarrebrück« L’association houille et minerai de fer était courante en Grande-Bretagne, suffisamment pour qu’on la considérât loi générale d’organisation des gisements. Or Gallois était devenu un spécialiste des mines de fer. » (GARÇON (bibliographie))..
Avant de rejoindre le département de la Loire, il passe plusieurs mois à préparer le projet d'un grand établissement sidérurgique alimenté par le minerai de fer qu'il pense découvrir.
Ses espoirs ne sont pas démentis et peu après son installation à Saint-Étienne, à la fin d', il trouve le minerai de fer qu'il cherchaitGuenyveau avait reconnu l'existence des minerais de fer dans le terrain houiller de Saint-Étienne, et l'avait signalée dans un rapport adressé au préfet du département de la Loire en 1809. Mais ce fait était entièrement inconnu à M. de Gallois, et le rapport de M. Guenyveau, resté dans les cartons de la préfecture de Montbrison, n'avait pas produit les effets qu'on aurait pu en attendre (de BONNARD (bibliographie)).. thumb|200px|right|Principe du four à réverbère. Schéma effectué à partir de la planche XXIV de l'ouvrage Description de l'art de fabriquer des canons de Gaspard Monge (18 pluviôse an 2 : 6 février 1794.
Les événements des Cent-Jours retardent ses travauxGRAS (bibliographie).. Au mois de , il fait part de ses découvertes et analyses au directeur général des Ponts et Chaussées et des Mines en exprimant le souhait de fonder lui-même une grande usine de transformation du minerai.
Le projet de Gallois s’inscrit dans une démarche, souhaitée par les ingénieurs des Mines à l’époque, de créer des industries dont ils auraient la charge et qu’ils pourraient ériger en usines modèles pour fournir les procédés nouveaux aux industriels, le plus souvent autodidactes, sans que ceux-ci aient en assumer les risques d’élaborationCette démarche rencontrera très vite ses limites à la fois face aux réticences des industriels comme celle des pouvoirs publics (THEPOT (bibliographie), pages 339-340 et pages 397-398).. Par ailleurs, l’investissement industriel connait un renouveau sous la Restauration facilité par la mise en place d’un tarif douanier élevant le coût des importations pour protéger l’industrie nationale ; en particulier, les importations de fers sont soumises à un droit de 50 % en 1816-1818, relevé à 120 % en 1822Jean-Charles ASSELAIN, Histoire économique de la France du nos jours, Paris, éditions du Seuil, 1984-1990.C’est sous la pression des maîtres de forges (pénalisés par le moindre de coût de production de la fonte anglaise au coke qui n’existe pas encore en France) mais aussi des propriétaires de forêts (le charbon de bois est le combustible pour les fourneaux de transformation du minerai de fer en fonte et pour le fonctionnement des forges dans l’affinage de la fonte), représentés par l’aristocratie, que le gouvernement met en place cette forme de protectionnisme. Pour autant, le gouvernement favorable au libéralisme économique, tout comme certains maîtres des forges ou capitalistes estimant nécessaire une protection douanière temporaire afin de sécuriser leur investissement dans la construction et la production des premières hauts-fourneaux de fonte au coke, envisage de revenir rapidement à des tarifs libéraux au fur et à mesure que les prix des produits français arrivent au même niveau que ceux anglais (GILLE (bibliographie), page 26).En 1816-1817, Georges Dufaud estime le déficit de production de fers à (Guy THUILLIER, Georges Dufaud et les débuts du grand capitalisme dans la métallurgie du Nivernais au , Paris, SEPVEN, 1959, page 26, note7).Sur la politique économique de la Restauration, en particulier les tenants d’un « pur libéralisme » d’inspiration britannique (Say) et sa variante adaptée au contexte français au sortir de l’Empire (« libéraux industrialistes » - Becquey, Dutens, Chaptal…) voir Francis DEMIER, La France de la restauration (1814-1830), Paris, Gallimard, 2012, chapitre V La construction d’une « économie nation » § Repenser le développement de la France.. Face au renchérissement des importations, et à la perte des provinces belges et de la Sarre productrices de fers, les marchands de fer parisiens investissent dans des usines sidérurgiques ou métallurgiques à l’abri du tarif douanier protecteurÀ titre d’exemple, le marchand de fer parisien Boigues investit en finançant Dufaud pour la création de l’usine métallurgique de Fourchambault, mais aussi dans celle de fer blanc d’Imphy. Pour alimenter ses usines dans la Nièvre, Boigues prend des parts dans des investissements stéphanois [cokerie à Andrézieux (Guy THUILLIER, Ibid., p. 42), usine sidérurgique de Gallois au Janon, chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire (Héron de VILLEFOSSE, Rapport fait au jury central de l’exposition des produits de l’industrie française, de l’année 1823, sur les objets relatifs à la métallurgie ..., Annales des mines ou Recueil de mémoires, Volume 8, Paris, 1823, Partie 2, page 687)]. D’autres marchands parisiens, tels Riant ou Debladis, effectuent des investissements de nature similaire..
Début 1816, il conçoit la création d’une société exploitant des houillères, des mines de fer et une grande usine métallurgique. Le , la des mines de fer de Saint-Étienne, représentée par de Gallois, demande une concession de , l’établissement de hauts fourneaux à Rive-de-Gier et le privilège exclusif de traiter du minerai de fer par la houilleGILLE (bibliographie), page 72 citant un rapport de Héron de Villefosse (1821)..