Le quatrième gouvernement Castillo est le gouvernement de la République du Pérou entre le et le , dont le président est Pedro Castillo.
Contexte
La nomination du quatrième gouvernement intervient dans le contexte de tentative de résoudre une crise politique. La démission de Mirtha Vásquez le et du second gouvernement Castillo est suivie par la nomination le lendemain d'Héctor Valer et du troisième gouvernement.
La majorité des groupes parlementaires annoncent ne pas voter pour le nouveau gouvernement, celui-ci démissionne le . Pedro Castillo consulte alors jusqu'au un certain nombre de conseillers, proches et ministres.
Par exemple, le , il consulte pendant quatre heures le ministre Roberto Sánchez, ou encore Hernando Cevallos et l'ancien ministre , ces trois noms sont évoqués en rumeur pour être président du Conseil. Tandis que Pérou libre propose .
Finalement, après trois jours de suspense et différentes consultations, Pedro Castillo annonce son gouvernement le au soir. À 19h, soit une heure avant la cérémonie, la presse évoque une rumeur de la prochaine nomination d'Aníbal Torres.
Historique
Nomination
Le à , Aníbal Torres est nommé président du Conseil puis prête serment. L'ancien ministre de la Justice pendant trois gouvernements est nommé à ce poste, dont le nouveau gouvernement se veut selon le président, « large » et ouvert aux « forces politiques ».
Stratégie et réactions
La composition du gouvernement du point de vue de la coalition reste la même que le précédent, néanmoins, celui-ci semble pouvoir davantage rassurer le Congrès, puisqu'il est composé de 14 ministres indépendants, une première au sein d'un cabinet de Castillo.
Cette majorité de ministres indépendants semble être une stratégie pour s'assurer les nécessaires lors du vote de confiance, dont celles des partis centristes ou de centre-droit sont indispensables. Néanmoins, ces mêmes partis (APP, AP et SP) semblent être méfiants et vont déterminer leur vote lors de la séance de présentation.
Une autre stratégie semble être visible dans la composition du gouvernement, puisque Pedro Castillo a nommé une majorité de ministres membres ou proches de Pérou libre, sans doute une stratégie pour éviter le vote d'une vacance présidentielle par ce même parti et éviter les précédentes divisions dans le soutien au gouvernement.
Quelques jours après l'annonce de la nomination, des réactions se multiplient, déplorant notamment le départ d'Hernando Cevallos, unanimement salué dans sa gestion de la crise du Covid-19 et de la campagne de vaccination. Son successeur, Hernán Condori, est critiqué pour sa pratique de la médecine et de promotions de produits pharmaceutique comme l'eau cluster, le Collège médical du Pérou demandant sa démission.
Cette nomination provoque une crise au sein du ministère de la Santé, entrainant la démission du vice-ministre de la Santé publique, Gustavo Rosell, et de cinq conseillers. Le même jour, en raison des polémiques, le Parti violet présente une motion afin de convoquer le ministre au Congrès.
Vote de confiance
Le vote de confiance du gouvernement d'Aníbal Torres a lieu devant le Congrès le , à l'issue du discours du président du Conseil et le débat entre les parlementaires qui a duré près de cinq heures, et une manifestation en faveur du gouvernement qui a lieu au même moment devant l'institution parlementaire, le gouvernement obtient la confiance du parlement monocaméral avec pour, 58 contre et 2 abstentions.
Comme prévu, le gouvernement a bénéficié d'une courte dose de voix pour grâce aux groupes minoritaires du PD, SP et PP, et des voix minoritaires d'APP qui ont également voté pour et a bénéficié de l'appui quasi unanime d'AP.
Président du Conseil des ministres Gouvernement Date du voteVotealt=|25x25px|link=Pérou librealt=|25x25px|link=Force populairealt=|25x25px|link=Action populaire (Pérou)alt=|25x25px|link=Alliance pour le progrès (Pérou)25x25px|link=Rénovation populairePDalt=|25x25px|link=Nous sommes le Pérou25x25px|link=Podemos Perú25x25px|link=Ensemble pour le PérouNILe alt=|25x25px|link=Parti violet Parti violet, composé de 3 législateurs, est non inscrit depuis sa rupture avec SP le 12 novembre 2021.Totalsans_cadre|90px
Aníbal Torres
(Indép.) Castillo IV8 mars 2022
Majorité requise : simplesans_cadre|25x25px Oui31 0 12 4 0 0 6 3 3 5 064Non 02229 109 0 2 1 0 358Abstention 0 0 0 2 0 0 0 0 0 0 02Notes : - La présidente du Congrès, Maricarmen Alva, ne prend pas part au vote. - L'ancien président du Conseil Guido Bellido et également congressiste (alt=|25x25px|link=Pérou libre) a voté pour. - Le ministre Roberto Sánchez et également congressiste (25x25px|link=Ensemble pour le Pérou), a voté pour. - 6 députés sont absents
Évolution Motions de censure contre deux ministres (mars - avril 2022)
Démission de Juan Silva Villegas
Le , une motion de censure contre le ministre des Transports Juan Silva Villegas est signée par 33 parlementaires et déposée au Congrès de la République. Celle-ci a été créée à l'initiative du groupe Force populaire, et également signée par les autres groupes d'opposition du centre droit ou de droite comme Rénovation populaire, En avant pays, Alliance pour le progrès et Nous sommes le Pérou.
La motion de censure évoque une nomination du ministre sans que celui-ci ait « la capacité et l'aptitude nécessaire à l'exercice du poste, ni enregistrer aucun type d'expérience, d'éducation ou de formation dans l'administration publique, encore moins en matière de transports et de communications », les parlementaires soulignant que la gestion et le bilan du ministre a eu « un nombre incalculable d'erreurs et d'illégalités ».
La volonté de constitution d'un réseau et de nombreux actes de corruptions est souligné par un rapport du contrôleur général de la République, Nelson Shack et la démissionnaire vice-ministre Fabiola Caballero.
Le , la motion de censure est débattue au Congrès en séance. Celle-ci a débuté a 20h, et est suspendue deux heures plus tard vers 22h avec l'annonce sur Twitter par Pedro Castillo de la démission de son ministre Juan Silva Villegas.
Le , soit quelques jours après la démission de Juan Silva Villegas, le président Pedro Castillo décide la nomination de Nicolás Bustamante en tant que ministre des Transports et des Communications, il prête serment le soir même.
Destitution d'Hernán Condori
Le , une motion de censure contre le ministre de la Santé Hernán Condori est débattue en séance plénière au Congrès de la République. À l'issue du débat, le ministre est censuré avec pour, 32 contre et 13 abstentions. Celle-ci intervient en raison d'une mauvaise gestion de la crise de la Covid-19 par le ministre Condori et différentes polémiques autour de son passé professionnel.
Le , Jorge López Peña prête serment en tant que ministre de la Santé, il était jusqu'alors le vice-ministre d'Hernán Condori.
Remaniement de mai 2022 350px|vignette|droite|Les quatre nouveaux ministres lors de la cérémonie de prise de fonction le 23 mai 2022. (de gauche à droite : Alessandra Herrera, Juan Barranzuela Quiroga, Aníbal Torres, Pedro Castillo, Dimitri Senmache et Javier Arce Alvarado)
Le , au milieu de l'accumulation de plusieurs motions de censure par le Congrès envers quelques ministres à l'action controversée, le président Pedro Castillo décide un remaniement de son quatrième gouvernement aux portefeuilles de l'Intérieur, le Transport, le Développement Agraire et l'Énergie et des Mines.
Après l'annonce du remaniement, évoque que ces décisions « ont été prises sans consulter le Parti, les bancs du Pérou libre et le banc des enseignants, ce sont les propres décisions du Président », soulignant que ce nouveau groupe (le bloc des enseignants) n'a pas été pris en compte dans le remaniement.
L'ancien ministre de l'Intérieur, Alfonso Chávarry, était visé par une motion de convocation et de censure au Congrès, en raison de sa gestion des manifestations de 2022 au Pérou en mars dernier ayant provoqué des morts et de nombreux dégâts. Cette motion avait été déposée à l'initiative des élus d'Ensemble pour le Pérou, membre du gouvernement.
L'ancien ministre du Développement Agraire Óscar Zea était au centre de deux polémiques et une critique de son action. Le pays, touché par une crise d'engrais, et dont l'action du ministre est critiquée et une polémique concernant le secrétaire général du ministre. Mais également, le ministre avait attaqué le président de la Convention nationale de l'agriculture péruvienne (Conveagro) Clímaco Cárdenas, provoquant une polémique.
L'ancien ministre de l'Énergie et des Mines, Carlos Palacios faisait l'objet de critique quant à son action, visé par des motions d'interpellation et de censure, et les nominations critiquées au sein du ministère. Il est dénoncé par les parlementaires qu'il aurait nommé au sein de l'administration selon les appartenances politiques plutôt que selon les qualités professionnelles dans les postes de direction.
Trois des nouveaux ministres (Intérieur, Transport, Énergie et des Mines) sont des indépendants et avec un parcours lié à leur expérience professionnelle. Tandis que le Développement Agraire reste préservé à un membre de Pérou libre, mais n'ayant pas d'expérience professionnelle.
Motion de censure de Betssy Chávez
Le , Betssy Chávez, la ministre du Travail et unique membre du gouvernement issu de Pérou démocratique est censurée par le Congrès de la République avec pour, 28 contre et 12 abstentions. Les groupes de l'opposition de Force populaire, RP, En avant pays à APP ont motivé la censure par l'évocation d'une mauvaise gestion de l'action du ministère et d'une grève de contrôleurs aériens en .
Lors d'une précédente motion d'interpellation et convocation de la ministre le , Betssy Chávez avait répondu aux questions des élus quant à cette même grève, les réponses de la ministre, selon les parlementaires de droite, n'étaient pas satisfaisantes sur le dossier. Selon la ministre, elle a été davantage censurée en raison de projets non évoqués le , comme la réforme de l'avant-projet du Code du Travail.
Néanmoins, les voix des groupes d'opposition de droite évoqués précédemment ne suffisent pas à obtenir la censure d'un ou une ministre, et ce scénario a vu le jour grâce aux voix dissidentes. La ministre a également eu pour sa censure de Pérou libre, notamment les parlementaires « cerronistes » (membres de l'aile de au sein du parti) et du Bloc enseignant de Concertation nationale.
Cette décision de censure envers la ministre du Travail s'inscrit dans un contexte de tensions entre Pedro Castillo et Pérou libre, avec la nomination de quatre nouveaux ministres indépendants en . La veille du vote de la motion de censure, a rencontré Pedro Castillo au Palais du gouvernement, évoquant une « conversation avec le président en tant qu'alliés, pas en camarades », durcissant le ton envers le président.
L'un des alliés de la coalition, le Pérou démocratique se montre critique envers les parlementaires de Pérou libre, sans doute car le groupe perd la seule ministre issu de ses rangs. L'élu évoquant par exemple qu'« il y a des gens qui traînent autour du palais du gouvernement, qui démontrent pourquoi le vote d'un groupe, qui a voté avec les vacataires, et qui ont l'intention de faire un coup d'État parlementaire contre le gouvernement pour censurer un ministre dans une accusation qui Ils ne sont même pas d'accord », en référence au comportement de Cerrón.
Cette dimension de « bras de fer » et tensions avec certains membres de Pérou libre se confirme le soir même de la motion de censure, puisque des parlementaires ayant voté pour la censure exprime la nécessité de nommer un membre de Pérou libre en tant que ministre du Travail.