Kokopelli est une association française qui distribue des semences, libres de droits et reproductibles, issues de l'agriculture biologique et de l'agriculture biodynamique, dans le but de préserver la biodiversité semencière et potagère. Fondée en 1999 par Dominique Guillet, elle s'oppose à toute réglementation sur les semences. Elle a ouvert des antennes en Europe, mais également en Amérique du Sud et en Inde.

Par son travail sur la libération des semences, l'association est également à l'origine de critiques envers le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (GNIS) et le catalogue officiel des espèces et variétés végétales. Elle a également rompu avec le Réseau Semences Paysannes pour les mêmes raisons, et a accusé le ministère français de l'Agriculture d'avoir interdit au potager du Roi du château de Versailles de se fournir auprès de l'association.

Le refus de la réglementation en vigueur par l'association l'a conduite à plusieurs reprises devant les tribunaux ; les jugements rendus ont condamné à plusieurs reprises Kokopelli à des amendes, mais ont également conduit à l'irrecevabilité de certaines demandes des plaignants, voire à une condamnation identique.

Fin 2016, d'anciens salariés de l'association publient un livre contenant une critique très forte des pratiques managériales et commerciales de l'association ; l'association, malgré son discours, ne ferait que du ; la chronique d'un blog sur cet ouvrage a été attaquée sans succès par Kokopelli pour diffamation.

Le fondateur de Kokopelli, Dominique Guillet, est controversé notamment pour ses prises de positions antisémites , homophobes, et complotistes

Fonctionnement Dénonçant le fonctionnement et les principes du système semencier industriel, Kokopelli réclame un droit de semence libre, sans restriction. Elle affirme son combat pour des semences libres de droits, dénonçant ainsi les abus générés par les brevets sur les semences, et commerçant et distribuant des semences « libres de droit », en toute illégalité, issues notamment de l'agriculture biologique.

Kokopelli propose aux jardiniers amateurs ou institutionnels plus de de semences de plantes et variétés potagères. à cultiver et à préserver de la disparition (semences de nombreuses variétés anciennes). Selon Ananda Guillet, directeur de Kokopelli, l'association est constituée d'« extrémistes de l’écologie » et « refuse toute réglementation ». • Kokopelli affirme que plus de 90 % des fruits et légumes consommés en France aujourd’hui sont issus de semences hybrides F1, et l'association milite contre ces "semences stériles" (qui ne le sont pas en réalité, mais dégénèrent à la deuxième génération).

L'association Kokopelli propose des variétés dont une grande majorité est issue de l'agriculture biologique, achetées en partie à des producteurs de semences et à d'autres semenciers partenaires.

Semences sans frontières La campagne de Kokopelli, « Semences sans frontières », met en avant les problèmes internationaux liés à la problématique semencière. Les paysans des pays les plus pauvres n’ont plus accès aux semences libres et fertiles, car leurs variétés paysannes traditionnelles ont été elles aussi remplacées par les variétés hybrides F1. Le rachat des semences chaque année n’est pas possible pour tous ces producteurs. Via sa campagne, Kokopelli souhaite répondre aux besoins des pays les plus malmenés par ce système et parfois en situation de détresse alimentaire. Le but est d'offrir des graines à partir desquelles les paysans pourraient retrouver leur autonomie semencière en se réappropriant leur production.

Historique Fondation Elle a été créée par Dominique Guillet en 1999 (déclarée à la préfecture de l'Ardèche le 28 avril 1999)., prenant la suite de l'entreprise « Terre de Semences SARL » créée en 1994 et dissoute en . L’association comptait dans ses rangs Pierre Rabhi, qui en a été l'un des vice-présidents, et est soutenue par Jean-Pierre Berlan (économiste et ancien directeur de recherche à l'INRA), militant anti-OGM qui considère que l'effet hétérosis qui fonde le maïs hybride est la plus formidable mystification scientifique ; Jean-Louis Gueydon de Dives (Fondation pour une Terre humaine Fondation pour une Terre humaine | (ecolopedia.fr)), Maurice Chaudière et Isabelle Susini (Fondation Patagonia).

Développement En 2015, le chiffre d'affaires de l'association atteint 2,5 millions d'euros, puis 3,2 millions d'euros en 2016.

Kokopelli revendique en 2016 compter près de 12 000 adhérents et environ 120 000 clients.

Basée pendant plus de dix ans à Alès, dans le Gard, Kokopelli s'installe en au Mas-d'Azil en Ariège.

En 2017, l'association inaugure son nouveau siège de , pour un investissement de 1,6 million d'euros, construit avec le soutien des pouvoirs publics locaux, dont le conseil départemental de l'Ariège, le conseil régional d'Occitanie et la commune du Mas-d'Azil..

En , Dominique Guillet cède la présidence de l’association afin de pouvoir « libérer sa parole et ses actions sans engager Kokopelli », référence aux propos parfois polémiques postés sur son blog. Son fils, Ananda Guillet, est désigné par le conseil d’administration pour prendre la relève.

Dans le monde Kokopelli aide à la création d'une autre association, Annadana, en Inde, qui a pour but d'endiguer l'érosion variétale que traverse le pays, grâce au travail de Sangita Sharma, Dominique Guillet et Stéphane Fayon et à l'aide d'une subvention de la Fondation Goldsmith. Cette association bénéficie donc du support technique de Kokopelli pour sa création ; devenue autonome, ses opérations continuent via le réseau Annadana Seed Savers.

Kokopelli distribue commercialement des semences dans toute l'Europe. En 2002, une antenne est mise en place en Belgique, calquée sur le fonctionnement de l'association française. .

Qualité des semences En , le magazine Que choisir publie un classement de la qualité des semences en sachets (tomates, carottes). Kokopelli figure en dernière position de ce classement pour les tomates Saint-Pierre et pour les semences de carotte..

Critiques et polémiques Opposition au Catalogue officiel En 1997, le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (GNIS) réunit les acteurs qui souhaitaient commercialiser les semences anciennes, afin de créer un catalogue spécifique aux semences amateur. . D'autres acteurs, Biaugerme, Baumaux, Ferme de Sainte-Marthe, négocient pour leur part pour l'inscription de 250 variétés, aux frais du GNIS et de la FNPSP (Fédération nationale des professionnels de semences potagères et florales)..

Des avis contraires ont été tenus lors d'un débat contradictoire, indiquant que les restrictions du Catalogue officiel ne s'appliquent que pour les actes de commerce :

M. François Burgaud, directeur des relations extérieures du GNIS : Blanche Magarinos-Rey, avocate de l'association Kokopelli : M. Jean Beigbeder, ingénieur agronome, coprésident de Pro maïs, déclare :

Accusations de Kokopelli à l'encontre du Potager du Roi Le , Dominique Guillet affirme, dans une tribune diffusée sur plusieurs sites web et blogs, que le ministère de l'Agriculture aurait, selon lui, ..

Cette assertion du président de Kokopelli est formellement démentie, deux semaines plus tard, par un communiqué d'Antoine Jacobsohn, directeur du Potager du roi, qui indique que, si le Potager du roi a cessé d'acheter des semences à l'association Kokopelli , il n'a connaissance d'aucune « interdiction » qui aurait pu être faite au Potager du roi, par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche, sur les achats de semences à certains fournisseurs. Après avoir expliqué la politique d'achat du Potager du roi, chez divers , de , il conclut son propos en se positionnant clairement en dehors des démarches opposées de grands semenciers comme Monsanto et d'associations militantes comme Kokopelli, en estimant que, selon ses vues : .

Rupture avec le Réseau Semences Paysannes En 2013, des dissensions publiques violentes ont lieu entre Kokopelli et le Réseau Semences Paysannes (RSP), mouvement créé en 2003 et regroupant 75 organisations françaises paysannes, biologiques, de jardiniers, de solidarité, des artisans semenciers, des ONG, un parc régional et des scientifiques.

Le , lors du Festival Les Tambours de Gaïa, l'Association Kokopelli organise une table ronde dans laquelle est intervenu le Réseau Semences Paysannes (RSP).

Critiques d'anciens salariés de Kokopelli sur les conditions de travail et les pratiques commerciales En est publié l'essai Nous n'irons plus pointer chez Gaïa, un ouvrage écrit par d'anciennes jardinières et salariées de Kokopelli. Ce livre collectif fait la critique des pratiques managériales et commerciales de l'association, et entend dévoiler une face cachée de cette structure qui, selon eux, s'avère être d'abord un acteur économique surfant sur la vague du capitalisme vert..

En , Le Canard enchaîné dénonce le management de Kokopelli dans un article intitulé « Graines de violence sociale ». L’hebdomadaire relate ainsi le cas d’une ancienne salariée, partie en dépression après avoir obtenu un arrêt de travail pour harcèlement moral. L’article raille également les idées de Dominique Guillet, un « amateur de la matrice » inspiré par Gaïa et l’écrivain controversé John Lash, dont il traduit les écrits sur l’un de ses sites.

Invitation d'Henri Joyeux, personnalité controversée lors du festival Les Tambours de Gaïa À l'occasion du festival Les Tambours de Gaïa, une quarantaine de personnes manifestent, à l'initiative du Mouvement français pour le planning familial, contre la venue de Henri Joyeux invité par Kokopelli à animer une conférence sur l'alimentation biologique..

Opposition à l’industrie pharmaceutique En , Kokopelli lance officiellement la campagne « Cultivons-nous ! Pour la libération des plantes médicinales ». Dans ce cadre, l’association s’engage à distribuer chaque année gratuitement des sachets de semences d’une espèce médicinale choisie afin de démocratiser son utilisation. Pour sa première action, Kokopelli met à l’honneur l’armoise annuelle (Artemisia annua), selon elle « très efficace contre la malaria et contre le cancer ». Le même mois, l'Académie nationale de médecine met en garde contre les « dangers » de l'utilisation des feuilles séchées d'Artemisia pour traiter et prévenir le paludisme, dénonçant les allégations « scientifiquement incertaines et irresponsables » de ceux qui promeuvent ce traitement par les plantes. Selon l’académie, l'utilisation de cette plante seule, en poudre ou en tisane, n'a pas d'efficacité garantie et risquerait même d'aggraver l'émergence de formes résistantes de la maladie. La société savante médicale demande également que « cesse une campagne de promotion organisée par des personnalités peut-être bien intentionnées mais incompétentes en paludologie »L'Académie nationale de médecine met en garde contre les plantes qui soignent le paludisme, site de RTL, le 27 février 2019, consulté le 15 juillet 2019.

Antisémitisme et complotisme Dominique Guillet, fondateur de l'association Kokopelli, se décrit comme un « lanceur d'alerte » engagé contre la « Pharmacratie », les « Banksters Vaccinalistes », « la caste agonisante du Judéo-Bolchévisme » ou la « Jewstice ». Il affirme également son soutien à Dieudonné, « car cet artiste a été persécuté, durant de trop nombreuses années, par les autorités israéliennes de la France et par toutes les serpillères en charge de la Ripoublique ».