, né le et mort le au château de Melun, est roi des Francs de 1060 à 1108, quatrième de la dynastie dite des Capétiens directsGénéalogie de sur le site Medieval Lands..

Il est le fils d’, roi des Francs, et d’Anne de Kiev.

Biographie Prénom

Philippe est sans doute le premier prince en Europe occidentale à recevoir ce prénom, d'origine grecque, ce qu'il doit probablement à de sa mère Anne de Kiev. Son accession au trône fera de « Philippe » le premier prénom non germanique porté par un roi de France..

Ce choix de prénom évoque un qui se poursuit à la génération suivante : Philippe donne à son héritier le nom de Louis, référence à Clovis et à Louis le Pieux.

Couronnement

, père de Philippe et roi des Francs, sentant ses forces s'affaiblir, décide de faire sacrer son fils de son vivant selon la coutume de l'époque, et donc d'en faire un roi associé comme l'avaient fait Hugues Capet et envers leur héritier présomptif. Les grands seigneurs du royaume, l'assemblée des grands ainsi que le prélat envoyé par le pape , Hugues de Besançon, approuvent ce « passage de témoin » et Philippe est couronné à Reims le du vivant de son père, ..

ne règne seul qu'à partir de 1066, car son oncle, le comte de Flandre , assisté de l’archevêque de Reims Gervais de Belleme ainsi que, dans un premier temps, d’Anne de Kiev, exercent la régence de la mort d’, en 1060, jusqu’à 1067. Il sera couronné plusieurs fois dans son règne, par exemple le , par l’évêque Élinand, en la cathédrale Notre-Dame de Laon King of France. Consecrated 25 Dec 1071 at Laon, again 16 May 1098 at Tours, and for a fourth time 25 Dec 1100 at Reims. de , ., comme le voulait la coutume de son temps.

Règne Sous son règne se dessinent les grandes lignes de la politique des souverains capétiens du : assurer une base réelle à la puissance royale en consolidant le domaine, et abaisser ou contenir les trop puissants vassaux, chose que son père avait échoué à appliquer, provoquant une forte diminution du prestige et du pouvoir royal.

Agrandissement du domaine royal thumb|left|Denier de sous .

Pour agrandir le domaine royal, il s’empare d’une partie du Vermandois, du Gâtinais (1069), du Vexin français (1077). En 1101, il rachète pour une forte somme ( d’or) la vicomté de Bourges et la seigneurie de Dun-le-Roi à Eudes ArpinPaul Joanne, Géographie du département du Cher, 1906, 24., un chevalier qui part à la croisade. Il développe l’administration royale et, pour assurer des revenus à la couronne, dispose des biens de l’Église et vend les charges ecclésiastiques, ce qui lui attire les foudres des réformateurs grégoriens.

En 1071, il soutient Richilde de Hainaut, veuve du comte , et ses fils et contre leur beau-frère et oncle, Robert le Frison. Philippe est défait à la bataille de Cassel en février mais parvient à prendre Saint-Omer en mars. étant mort au cours de la bataille, il conclut la paix avec Robert qu'il reconnaît comme comte de Flandre et, pour consolider cette alliance, il épouse sa belle-fille, Berthe de Hollande (1055 – ), fille de , comte de Hollande, et de Gertrude de Saxe.

Lutte contre le duc de Normandie vignette| paraphe un acte.Gravure extraite du Nouveau traité de diplomatique de René Prosper Tassin, .

Mais, pendant la plus grande partie de son règne, lutte pour réduire la puissance de son vassal le plus redoutable, Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, devenu roi d’Angleterre en 1066. Philippe trouve l’appui de , comte d’Anjou, et de Robert le Frison, qui se sentent aussi menacés par ce trop puissant voisin.

En 1076, Philippe inflige une grave défaite à Guillaume près de Dol-de-Bretagne. L’année suivante, fort de sa victoire, s’empare du Vexin français, possession de Simon de Vexin (fils de Raoul de Crépy, beau-père de Veuve du roi , Anne de Kiev, mère de a épousé en secondes noces Raoul de Crépy.), qui se fait moine, avec les châtellenies de Mantes et de Pontoise. Guillaume le Conquérant renonce à la Bretagne et fait la paix avec . Ce dernier reste toutefois inquiet de la menace anglo-normande. Selon une politique qui sera reprise par ses successeurs, il s’efforce de développer les dissensions à l’intérieur de la famille du Conquérant.

En 1078, il prend parti pour Robert Courteheuse ou Courtecuisse, fils aîné de Guillaume, qui s'est révolté contre son père. Après avoir confié la garde du château de Gerberoy, à côté de Beauvais, à Robert, il semble que se soit retourné contre ce dernier. On le retrouve en 1079 en train d'assiéger le château en compagnie de Guillaume, qui est blessé au cours du siège. Peu après, Robert Courteheuse obtient le gouvernement de la Normandie. Le roi capétien reçoit en récompense la ville de Gisors située sur la rive droite de l’Epte. vignette|Denier de sous .

Échec contre les vassaux rebelles En février 1079, alors que le roi hiverne à Étampes, éclate une rébellion de ses vassaux directs, menée par Hugues Blavons, seigneur du PuisetTout cet épisode a récemment été mis en lumière par Bernard Gineste, « Eustache de Saint-Père : Appel en justice devant le roi à Étampes (8 février 1079) », dans Corpus Étampois (2007).. Au printemps, l’armée royale est écrasée près du PuisetLe récit de cet épisode par Raoul Tortaire, vers 1114, a été édité et traduit par Bernard Gineste dans le Corpus Etampois (2008).. Le prestige et l'autorité royale en sont durablement affaiblis.

Dans les années qui suivent la mort de Guillaume le Conquérant (1087), Philippe aide Robert Courteheuse qui essaie de récupérer le trône d’Angleterre dont son frère, , a hérité. Ce dernier tente, en représailles, de lui prendre le Vexin dans les années 1097–1099, mais échoue au cours de trois campagnes successives.

Frappé d'anathème

Au printemps 1092, Philippe s’entiche de Bertrade de Montfort (), l’épouse de . Il répudie alors Berthe de Hollande et se remarie avec Bertrade de Montfort le . En 1093, il signe une charte prononçant la soumission de l'abbaye Saint-Magloire à celle de l'abbaye de MarmoutierCharte dont les trois quarts en trois fragments sont conservés aux archives départementales d'Indre-et-Loire, liasse de .. Le , le concile d'Autun où sont réunis trente-deux évêques prononce l’excommunication du roi, le divorce étant prohibé et à plus forte raison le remariage du vivant de la première épouse, jugé comme un adultèreJean Verdon, « Mariage et sexualité », in Être chrétien au Moyen Âge. Paris, Perrin, 2018, p. 149-194 (lire en ligne, consulté le 25 mars 2023).. Le couple royal vit ainsi pendant sous le coup de l'anathème de l'Église. Philippe et Bertrade se soumettent lors du concile de Paris en 1104, mais, malgré leur serment, poursuivent leur vie communeAchille Luchaire, Les premiers Capétiens, Librairie Jules Tallandier, réédition 1980 , .. Son excommunication s'accompagne, selon Guibert, d'une perte du don du toucher des écrouelles..

Venu en France pour répandre la réforme grégorienne et excommunier le roi à nouveau, le pape prêche la première croisade au concile de Clermont le . Le roi excommunié ne peut participer à la croisade dont Hugues de Vermandois, son frère, est l’un des principaux acteurs, avec et Godefroy de Bouillon.

Réconciliation avec la papauté Philippe confie les opérations militaires dans le Vexin à son fils Michel Parisse et Xavier Altet, Le roi de France et son royaume, autour de l’an Mil, 1987, 36., associé à la couronne en 1098.

Après une controverse au sujet du dépositaire de l’évêché de Beauvais entre 1100 et 1104, Philippe se réconcilie avec la papauté et est absous en 1104. En 1107, le pape rencontre Philippe et le futur à Saint-Denis : l’alliance entre le royaume de France et la papauté contre le Saint-Empire est alors scellée pour un siècle.

Mort et succession

Le Achille Luchaire, op. cit., 183., meurt au château royal de Melun, à , après un règne de 48 ans. Ne voulant pas, en raison de ses fautes, être enterré à côté de ses ancêtres en la basilique Saint-Denis, il a demandé à être inhumé dans l’abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire. Son fils , âgé de vingt-sept ans, lui succède. Sa deuxième épouse, Bertrade de Montfort, alors âgée de trente-huit ans, prend le voile à l’abbaye de Fontevraud.

Généalogie Fratrie Robert (1054–1063) ; Emma (1055–1109) ; Hugues (1057–1102), comte de Vermandois, époux d'Adélaïde de Vermandois. Il est la souche des comtes de Vermandois capétiens.

Ascendance

Descendance

De l’union avec Berthe de Hollande sont issus : Constance (1078 – ) épouse d'’, comte de Champagne, puis de ; Louis (1081 – ) ; héritier de la couronne de France, règne sous le nom de ; Henri (1083 – 1089) ; Charles (1085 – 1091) ; Eudes (1087 – 1094).

De la seconde union avec Bertrade de Montfort sont issusLouis Saurel, Ceux qui ont fait la France P.R.E.S., Paris, 1967, « (1060-1108) », 33-34. : Philippe (1092 – ), comte de Mantes, marié vers 1104 à Élisabeth de Montlhéry, fille de ; Fleury (1095 – ) épouse l'héritière de Nangis ; Cécile (1097 – ), mariée en 1106 à Tancrède de Hauteville, puis à Pons de Tripoli ; Eustachie, souvent mentionnée en généalogie, n'aurait jamais existéBernard Gineste, citant Dom Basile Fleureau : Son mariage prétendu avec Jean d'Étampes repose sur une confusion avec Eustachie, fille de Ferry de Châtillon, fondatrice de l'abbaye d'Yerres Corpus Etampois..

Notes et références Notes

Références

Annexes Sources

. . Bernard Gineste (éd.), « Eustache de Saint-Père : Appel en justice devant le roi à Étampes () », in Corpus Étampois, 2007, .

Bibliographie Études historiques.

. . . . , . . . Damien Varenne, Espace d'action et d'influence du pouvoir royal sous le règne de , sous la direction d'Yves Sassier, mémoire déposé à l'université -Sorbonne, 2007.

Liens externes La mort de , 1108 (texte)

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