Tapura guianensis est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Dichapetalaceae. C'est arbuste rare. Il s'agit de l'espèce type du genre Tapura Aubl..
Au Suriname, on le nomme Boesi Kofi (Hollandais du Suriname), Wassakao (Karib), Pakira-oedoe, Pakira-tiki (Nenge tongo).
Au Guyana, il porte les noms de Lukuchi-danni, Muribania, Surubundi, Walaballi, Waidan.
Au Venezuela, on l'appelle Jabón de hoja ancha, Vara vara negro .
Description Tapura guianensis est un petit arbre atteignant de haut, à rameaux glabres ou peu pubères devenant rapidement glabre, cylindriques ou subcylindriques à côtes subéminentes.
Les feuilles, les pétioles et les jeunes tiges, sont glabres. Les pétioles sont épais, peu pubérulents à pubescents apprimés lorsqu'ils sont jeunes, devenant moins pubescents avec l'âge, rugueux, cylindriques à légèrement canaliculés, et longs de . Les stipules, sont subtriangulaires, lancéolés, caduques et longs de . Le limbe mesure , est glabre (ou avec quelques poils raides appréciés en dessous), de forme oblongue ou elliptique-oblongue (rarement oblong-lancéolé ou lancéolé), acuminé (acumen long de ), à base arrondi à cunéiforme, inégale, subcoriaces, glabres. La face inférieure est glabre ou avec seulement quelques avec des trichomes raides apprimés. La nervure médiane est imprimée dessus, saillante et glabre ou avec quelques poils raides apprimés seulement dessous. On compte 7-14 paires de nervures secondaires, arquées, anastomosées.
L'inflorescence est un glomérule ou une grappe en faisceau subsessile (ou avec un pédicelle long de ), dense, inséré sur la partie supérieure du pétiole.
Les fleurs sont hermaphrodites, jaunes, longues de à l'âge adulte. On observe une bractéole persistante, pubescente, et longue de . Le calice pileux à l'extérieur, long de , est irrégulier : les trois plus grands lobes sont plus ou moins ovales, et les deux plus petits obovales. La corolle, de couleur blanche ou jaune, est plus ou moins deux fois plus longue que le calice, en forme de long tube obconique, glabrescent à l'extérieur, densément duveteux à l'intérieur, avec des lobes inégaux : les deux plus gros sont sub-bicuculés, les trois plus petits plus ou moins lancéolés. On compte 5 étamine : 3 fertiles à base densément pubescente (alternant avec les plus grands lobes de la corolle, légèrement inégaux, les filets, adnés au tube de la corolle), et 2 petites staminodes, subulées. L'ovaire est pileux tomenteux à l'extérieur, et comporte 3 loges, avec 1 ou 2 ovules par loge. Le style est élargi en haut, avec trois stigmates recourbés. Le disque est semi-annulaire autour de la base de l'ovaire, sub-trilobé près des étamines fertiles.
Le fruit est une drupe subglobuleuse ou ovoïde, étroitement oblong à ellipsoïde, longue de , contenant généralement 1(2) loge. L'épicarpe porte une courte pubescence veloutée compacte, et le mésocarpe très fin. L'endocarpe est très fin , dur, ligneux, et glabre à l'intérieur.
NB : on distingue nettement Tapura guianensis de T. capitulifera par la structure florale, mais ils sont souvent impossibles à distinguer sur le matériel d'herbier stérile.
Répartition Tapura guianensis est présent du sud-est de la Colombie, au Brésil amazonien en passant par le Venezuela, le Guyana, le Suriname, la Guyane, l'Équateur, et le Pérou.
Écologie On rencontre Tapura guianensis dans les forêts de basse altitude sempervirentes de terre ferme (non inondées) et les basses forêts de montagne, autour de d'altitude au Venezuela, et dans les forêts anciennes guyanaises et amazonienne sur les sols inondés et non inondés, jusqu'à d'altitude.
Tapura guianensis fleurit toute l'année dans les Guyanes, avec un pic de novembre à avril. On rapporte une fructification en Guyane en août et septembre.
Les racines de Tapura guianensis se développent à 10 cm de profondeur et sont légèrement coloniéses par les mycorhizes.
Les feuilles de Tapura guianensis produisent des phytolithes courbes, fins et irréguliers.
Tapura guianensis est une des espèces ayant permis d'appuyer la "théorie des refuges forestiers du Pléistocène dans le bassin amazonien" sur une base phytogéographique.
Utilisations Le sel extrait de la cendre de Tapura guianensis contient 15,6 % de CO, 3,2 % de Cl, 23,7 % de SO4, 0,06 % de Na, 33,6% de K.
Protologue vignette|gauche|Tapura guianensis (Pl. 48) d'après Aublet, 1775 (1. Portion de feuille. Pédoncule qui porte les fleurs parmi pluſieurs écailles. - 2. Écailles qui ſoutiennent le calice. - 3 . Bouton de fleur. - 4. Calice. - 5. Corolle. Étamines. Style. Stigmate. - 6. Fleur épanouie. - 7. Corolle ouverte. piſtil. Étamines. - 8. Ovaire. Style. Stigmate.). En 1775, le botaniste Aublet propose le protologue suivant :
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet
Liens externes
Catégorie:Espèce de Dichapetalaceae (nom scientifique) Catégorie:Espèce d'arbustes (nom scientifique) Catégorie:Arbuste en Amérique Catégorie:Dicotylédone d'Amérique du Sud Catégorie:Dicotylédone de Guyane Catégorie:Plante décrite par Aublet