Arue est une commune de la Polynésie française située dans le nord-est de l'île de Tahiti, dans l'archipel des Îles du Vent. L'atoll de Tetiaroa est également rattaché administrativement à la commune. Elle comptait en 2017.. Située dans la zone urbaine à plus de trois kilomètres de la capitale Papeete, Arue couvre une superficie de . C'est le lieu de casernement du régiment d'infanterie de marine du Pacifique en Polynésie (RIMaPP) et une zone industrielle (agroalimentaire, bâtiment, second œuvre) et commerciale avec un centre de pêche artisanale, une grande surface Carrefour, un mini-marché de produits locaux et des activités de tourisme.
S'y trouvent la mairie, le bureau de poste, un centre médical, une pharmacie, un dispensaire communal, un centre social, la gendarmerie nationale, des écoles maternelles et primaires, un lycée protestant, un centre des jeunes adolescents, un groupe d'aide psychopédagogique, un collège, une association sportive avec football, rugby et salle de musculation, un club de plongée sous-marineSitué à Arue au PK 5 côté est d'après le site du club, un yacht club avec un petite marina (https://www.yctahiti.org).
Géographie vignette|gauche|En rouge le territoire communal d'Arue.
La commune se situe dans le nord-est de l'île de Tahiti. Elle est bordée par l'océan Pacifique. Face à une passe, elle a permis les rencontres avec les marins.
Toponymie Arue, en tahitien, veut dire louange. « 'Ārue i te ari'i ! », c’est en ces termes que la population avait pris l’habitude de saluer son roi Pomare , lorsqu’elle venait l’honorer dans son domaine de Papaoa, résidence principale de l’ancienne famille royale. C’est ainsi qu'Arue est devenu le nom usuel de ce lieu chargé d’histoire.
Histoire thumb|left|Tombeau du roi Pomare . Arue est une ville accueillante et attachante qui a su séduire de grands personnages. Lieu de résidence de la lignée royale Pomare, elle cumule histoire et culture. De plus, sa situation géographique, privilégiée — face à l’entrée de la baie de Matavai — a fait de Arue une terre d’accueil pour les navigateurs et les missionnaires européens. Ce n’est donc pas un hasard si c’est à Arue que se sont arrêtés Henri Nott, James Norman Hall et Marlon Brando.
Henri Nott, une mission : la Bible Henri Nott, né en 1774, n’a que vingt-trois ans lorsqu’il débarque à Tahiti pour évangéliser les Polynésiens. Il mit dix-huit ans à traduire la Bible en tahitien dont l’arrivée est fêtée le de chaque année. C’est lui qui convertit et baptisa le roi Pōmare , en 1819, dans une immense chapelle protestante située à Arue. Il devient également le confident et le conseiller du fameux roi. À sa mort, en 1844, Henri Nott fut inhumé près du lieu de sépulture des Pomare en plein cœur de Arue. thumb|left|Tombe de Henry Nott.
De James Norman Hall à Marlon Brando Une des œuvres les plus célèbres de la littérature américaine est née à Arue, dans la maison où avait choisi de vivre James Norman Hall (1887-1951), coauteur de la fameuse « trilogie de la Bounty » avec Charles-Bernard Nordhoff (1887-1947).
Le faré où a vécu James Norman Hall est aujourd’hui devenu un musée. Cette jolie maison coloniale a été reconstruite à l’identique grâce au soutien de la ville, d'une subvention de l’État et à la collaboration étroite des proches descendants de James Norman Hall, qui ont notamment offert les livres originaux de la bibliothèque du célèbre écrivain. À la suite du décès de Nancy Rutgers-Hall, la fille de l’écrivain, en 2020, c’est sa nièce Kate Feist Hall qui poursuit le travail de mémoire.
L’histoire du Bounty et de ses mutins est encore attachée à Arue d’une manière plus contemporaine, puisque Marlon Brando, qui incarna Fletcher Christian à l'écran, a fait l’acquisition de l’atoll de Tetiaroa, au large de Arue, et directement rattaché à sa municipalité. Le lien entre Marlon Brando et la Polynésie est toujours resté fort, puisque l'acteur vécut une grande histoire d'amour avec Tarita, sa partenaire du film qui lui donnera deux enfants. Teihotu Brando, le fils de Marlon, vit toujours sur l'atoll. La famille polynésienne de Marlon, consciente que Tetiaroa constitue une réserve pour l'avifaune et un site rare en ces temps où l'écologie est devenue d'actualité, tente de développer un projet touristique résolument respectueux de l’environnement de l'atoll, voire promoteur d'une démarche écocitoyenne.
L’arbre à pain du Commandant Bligh En 1792, le commandant William Bligh, de la marine royale d’Angleterre, est revenu à Tahiti chercher des arbres à pain pour les implanter aux Antilles et développer à bon compte la base de la nourriture des esclaves… Cent quatre-vingt-dix-huit ans plus tard, un voilier, réplique du Bounty, a ramené des Antilles l'un de ces plants. Baptisé « uru » en tahitien, cet arbre à pain est, en effet, une pousse d’une qui est à l'origine de l'expédition du Bounty. Les plants avaient été, pour la plupart, prélevés dans le territoire même de Arue. Cet arbre est visible dans les jardins du Musée James Norman Hall. L'essentiel des arbres à pain qui poussent aux Antilles aujourd'hui provient donc de cette ville. thumb|left|Arbre à pain du Commandant Bligh.
Histoire de la Saintonge Le bâtiment de la Saintonge n’a pas toujours abrité les bureaux de la mairie de Arue. Le domaine, construit en 1892, appartenait à un notable de Tahiti : Victor Raoulx qui décida de le vendre à son gendre, Hippolyte Malardé en 1905. Celui-ci le vend à son tour à une veuve, Magdeleine Merle de Brugière de Laveu-Coupet, résidente suisse qui vivra très peu dans le domaine. Elle finit par le mettre en location alors qu’il était dans état de délabrement avancé. Le consul d’Autriche, Marcel Krainer tomba amoureux du site qu'il occupa dès 1955. Cet intérêt pour la Saintonge ne perdant rien de son acuité après sept ans de location, il décida de l'acquérir. Le , la ville de Arue – alors commune – racheta le domaine pour en faire l’hôtel de ville et conserver ce patrimoine architectural certain très apprécié des habitants de Arue et même de tout Tahiti.
Les pétroglyphes Gravés sur trois grandes pierres d'un mètre et demi de hauteur et espacées de trois mètres, les pétroglyphes de l'ancienne mairie de Arue — qui auparavant était l'ancienne école communale — se caractérisent par un sillon tracé en spirale. Ils n'ont pas encore à ce jour été décryptés.
Politique et administration Liste des maires
Jumelages
Population et société Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1971. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee, mais la loi relative à la démocratie de proximité du a, dans ses articles consacrés au recensement de la population, instauré des recensements de la population tous les cinq ans en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Mayotte et dans les îles Wallis-et-Futuna, ce qui n’était pas le cas auparavantTitre de la loi -276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2002, publié au JORF du ., les précédents recensements ont eu lieu en 1996, 1988, 1983, 1977 et 1971.
En 2017, la commune comptait Population municipale légale en vigueur au , millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au , date de référence statistique : ., en augmentation de 7,4 % par rapport à 2012
Enseignement Lycée Samuel-Raapoto, lycée privé protestant. gauche|vignette|Lycée Samuel-Raapoto.|alt= Le lycée Samuel-Raapoto a été édifié sur la terre « Deane » du domaine « Marcillac » qui a été acquise en 1972 par l’Église évangélique de Polynésie française (actuellement Église protestante maohi). Le nom de Samuel Raapoto (1921-1976) a été donné au lycée en l’honneur du premier président de l’Église évangélique et initiateur du projet en 1972. La première pierre de l’établissement a été posée le sous la conduite du pasteur Jacques Ihorai, en présence de nombreuses personnalités civiles et religieuses. Les travaux n’ont cependant véritablement commencé que le . Le bâtiment D, dédié aux sections professionnelles, fut le premier ouvert aux élèves le avec 170 élèves et 7 divisions. La première rentrée complète s’est déroulée le mercredi en présence de 560 élèves, 60 enseignants et 18 membres du personnel non-enseignant, avec 23 divisions.
Économie La ville de Arue est l'une des plus dynamiques du territoire. Elle abrite près de cinq cents entreprises, dont certaines sont de gros employeurs, comme Carrefour, la Brasserie de Tahiti ou encore l'usine d'embouteillage Eau Royale. Depuis quelques mois, la commune est en train de préparer la reconversion, partielle, d'un site militaire, le RIMAP-P, afin d'en faire une zone économique dynamique, contenant une pépinière d'entreprises et autres projets innovant. En cela, elle sera la première commune d'outre-mer à réaliser un tel projet.
Culture locale et patrimoine Lieux de culte Église du Sacré-Cœur d'Arue. Chapelle Saint-Louis des Armées d'Arue.
Lieux et monuments Avec son histoire chargée, Arue offre au visiteur de nombreux sites à visiter. Ainsi, le tombeau du roi Pomare V, dernier roi de Tahiti, à la pointe Outouaiai, le point de vue du Tahara'a, les sources Vainahiti et Vai'uramata, le marae Tuatahi, la vallée de la Pipine, le cimetière chinois ou celui de la famille royale Pomare. L'arbre à pain du commandant Bligh donne toujours autant de fruits et le musée James Norman Hall retrace fidèlement la vie de ce célèbre écrivain.
La mairie elle-même, la Saintonge, l'une des plus vieilles maisons de Polynésie Française, montre le faste d'antan avec ses colonnades blanches.
Le bassin du Roi et Tetiaroa sont aussi à compter dans les sites importants de la ville de Arue.
Personnalités liées à la commune Henry Nott (1774-1844), missionnaire anglais. James Norman Hall (1887-1951), écrivain américain.
Notes et références Notes
Références
Annexes
Bibliographie
Articles connexes Liste des communes de la Polynésie française
Liens externes
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