Le syndrome hypoglycémique auto-immun, également connu sous le nom de maladie d'Hirata, est un type rare d'hypoglycémie d'origine auto-immune. Il a été décrit pour la première fois par Hirata au Japon en 1970Hirata Y, Ishizu H, Ouchi N et al. Insulin autoimmunity in a case of spontaneous hypoglycemia, J Jpn Diabetes Soc, 1970;13:312-320.
Épidémiologie
C'est la troisième cause, au Japon, d'hypoglycémie due à un hyperinsulinisme non iatrogène Yamada Y, Kitayama K, Oyachi M et al. Nationwide survey of endogenous hyperinsulinemic hypoglycemia in Japan (2017–2018): congenital hyperinsulinism, insulinoma, non-insulinoma pancreatogenous hypoglycemia syndrome and insulin autoimmune syndrome (Hirata’s disease), J Diabetes Investig, 2020;11:554-563 mais reste exceptionnelle ailleurs Lupsa BC, Chong AY, Cochran EK, Soos MA, Semple RK, Gorden P. Autoimmune forms of hypoglycemia, Medicine (Baltimore), 2009;88:141-153. L'incidence est probablement sous évaluée, la maladie pouvant être confondue avec un insulinomeWoo CY, Jeong JY, Jang JE et al. Clinical features and causes of endogenous hyperinsulinemic hypoglycemia in Korea, Diabetes Metab J, 2015;39:126-131.
Signes et symptômes Les patients concernés sont généralement des adultes, connaissant de multiples épisodes d'hypoglycémie spontanée avec des symptômes neuroglucopéniques.
Causes La cause du syndrome hypoglycémique auto-immun n'est pas clairement comprise. Il peut s'associer à une gammapathie monoclonale ou à d'autres maladies auto-immunes. Il est parfois retrouvé une prise médicamenteuse récente. Dans ce cas, l'hypothèse est une interaction entre la liaison disulfure dans la molécule d'insuline et des médicaments contenant un groupe thiol tels que le méthimazole, le carbimazole, le captopril, l'isoniazide, l'hydralazine, l'imipénem ou encore l'acide lipoïque . L'auto-immunisation médicamenteuse est mise en évidence par l'apparition d'auto-anticorps anti-insuline quelques semaines après la prise d'un médicament contenant le groupe thiol.
Il existe une participation génétique, avec une fréquence plus élevée chez les porteurs du HLA DR4Uchigata Y, Hirata Y, Omori Y, Iwamoto Y, Tokunaga K, Worldwide differences in the incidence of insulin autoimmune syndrome (Hirata disease) with respect to the evolution of HLA-DR4 alleles, Hum Immunol, 2000;61:154-157.
Physiopathologie Après un repas, la concentration de glucose dans le sang augmente, ce qui stimule la sécrétion d'insuline. Les auto-anticorps se lient à ces molécules d'insuline, les rendant incapables d'exercer leurs effets. L'hyperglycémie qui en résulte favorise une libération supplémentaire d'insuline. Au fur et à mesure que la concentration de glucose diminue, la sécrétion d'insuline diminue également et le niveau d'insuline total diminue. Lorsque les molécules d'insuline se dissocient spontanément des auto-anticorps, l'augmentation inappropriée du taux d'insuline libre pour la concentration en glucose provoque une hypoglycémieCappellani D, Macchia E, Falorni A, Marchetti P, Insulin autoimmune syndrome (Hirata disease): a comprehensive review fifty years after its first description, Diabetes Metab Syndr Obes, 2020;13:963-978.
Un autre syndrome proche est lié à des anticorps antirécepteurs de l'insulineCensi S, Mian C, Betterle C. Insulin autoimmune syndrome: from diagnosis to clinical management, Ann Transl Med, 2018;6:335-335.
Diagnostic Les signes cliniques habituels sont de multiples épisodes d'hypoglycémie spontanée et l'apparition d'auto anticorps anti-insuline, en l'absence d'antécédent d'administration d'insuline exogène. Le taux d'insuline est significativement élevé, généralement jusqu'à 100 mUI/L, le taux de peptide C est nettement élevé et les anticorps anti-insuline sont positifs.
Traitement Le traitement usuel consiste à recommander de petits repas fréquents et à éviter les sucres rapides. Les médicaments contenant un groupe thiol doivent être évités et les corticoïdes peuvent être utilisés dans les cas résistants .
L'évolution se fait vers une amélioration spontanée, ou après arrêt du médicament responsable, en quelques mois dans la plupart des casHaverkamp GL, Ijzerman RG, Kooter J, Krul-Poel HM, The after-dinner dip, N Engl J Med, 2022;386:2130-2136.
Dans les formes graves, le rituximab peut être essayéSaxon DR, McDermott MT, Michels AW. Novel management of insulin autoimmune syndrome with rituximab and continuous glucose monitoring], J Clin Endocrinol Metab, 2016;101:1931-1934. L'acarbose peut également être une optionPhilippon M, Sejil S, Mugnier M et al. Use of the continuous glucose monitoring system to treat insulin autoimmune syndrome: quantification of glucose excursions and evaluation of treatment efficacy, Diabet Med, 2014;31:e20-e24. La plasmaphérèse associée à des corticoïdes a également une certaine efficacitéDozio N, Scavini M, Beretta A et al. Imaging of the buffering effect of insulin antibodies in the autoimmune hypoglycemic syndrome, J Clin Endocrinol Metab, 1998;83:643-648.
Notes et références
Catégorie:Maladie auto-immune Catégorie:Maladie rare