Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) est une organisation syndicale indépendante qui représente principalement les fonctionnaires de l'État québécois. Ce syndicat représente environ membres répartis dans plus de 35 accréditations québécoises. Quelque d’entre eux sont issus de la fonction publique québécoise et répartis comme suit : près de employés de bureau et techniciens et environ 4 000 ouvriers travaillant au sein de divers ministères et organismes. Les autres membres proviennent du secteur parapublic.

Historique Le SFPQ a été créé officiellement en 1962 pour représenter les employées et les employés du gouvernement du Québec. Toutefois, l’organisation syndicale voit le jour au cours de l’hiver 1961 par la formation du « Syndicat national des fonctionnaires provinciaux du Québec », issu d’un groupe d’employées et d’employés de la fonction publique de la région de Montréal. À cette époque, une entente de service est signée avec la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Au cours de l’été de la même année, un groupe de fonctionnaires de la région de Québec emboîtera le pas.

Cependant, c’est en 1964, après plusieurs batailles et revendications que le « Syndicat des fonctionnaires provinciaux du Québec » est reconnu officiellement comme l’unique représentant de tous les fonctionnaires et ouvriers de la province travaillant au sein de la fonction publique du Québec.

L’année 1966 verra le SFPQ s’affilier à la CSN et signer sa première convention collective. Toutefois, l’avènement du Front commun de 1972, la tenue de deux référendums et le désir ardent d’avoir sa propre identité ainsi que son autonomie amènent le SFPQ à se désaffilier de la CSN, le . Il signe sa première convention collective à titre de syndicat indépendant le de la même année.

En 1985, une première unité d’accréditation à l’extérieur de la fonction publique joint les rangs du SFPQ. Il s'agit des employées et des employés de la Sépaq, qui n’est pas régi par la Loi sur la fonction publique. Au cours des vingt dernières années, une trentaine de groupes de salariés ont choisi le SFPQ pour les représenter.

En 2019, le SFPQ est toujours sans affiliation. Sur la scène internationale, le SFPQ est affilié à l'Internationale des services publics (ISP).

Positions La mission du SFPQ à l’égard de tous ses membres consiste à défendre leurs conditions de travail et à défendre les intérêts économiques, politiques et sociaux nécessaires à l’amélioration de leurs conditions de vie. Cette mission s’élargit également à l’ensemble de la société québécoise, puisque le SFPQ soutient un projet de société axé sur la démocratie, le développement durable, le partage, l’équité, la solidarité et le progrès de la société. En cohérence avec ses valeurs, il promeut les services publics comme moyen démocratique de répondre aux besoins de la population.

Structures

Le Syndicat de la fonction publique du Québec peut compter sur l'appui d'une structure militante composée de trois paliers : local, régional et national.

En adhérant au SFPQ, un membre fait automatiquement partie d’une section syndicale, qui constitue la cellule de base du Syndicat. Le SFPQ regroupe quelque 95 sections réparties un peu partout au Québec.

De plus, pour le SFPQ, le Québec se divise en sept (7) régions. Chacune d’entre elles est constituée de l’ensemble des sections syndicales situées sur son territoire. Pour assurer leur bon fonctionnement, chaque région peut compter sur une équipe de représentantes et de représentants régionaux, qui varie entre une et cinq personnes. Ces dernières sont libérées à temps plein pour occuper des fonctions politiques ou techniques. Le Syndicat compte des bureaux dans ces sept (7) régions afin d’assurer divers services à ses membres et d’y coordonner une vie syndicale et démocratique.

D'autre part, le palier national est constitué d’instances démocratiques et du personnel qui en relève, principalement localisé au siège social à Québec. Parmi les principales instances, on retrouve la plus importante, soit le Congrès, qui a lieu tous les quatre ans dans la Capitale nationale et qui regroupe la plus forte délégation, environ 400 membres. Par ailleurs, le Conseil syndical est l’instance suprême entre les congrès. Il est composé des mêmes personnes que le Congrès, sauf que les délégations des sections sont plus petites, environ 200 personnes. Le Conseil syndical se réunit deux fois par année. Le bureau de coordination national (BCN) est composé des membres de l’Exécutif national ainsi que des représentantes et des représentants régionaux qui occupent les fonctions politiques. Les membres du BCN doivent mettre en place le plan national d’action et de mobilisation. L’Exécutif national est l’instance décisionnelle entre les conseils et les congrès. Son rôle est de veiller au bon fonctionnement de l’organisation syndicale au quotidien. Il est composé de sept membres élus par le Congrès, qui sont libérés à temps complet pour un mandat de quatre ans. Les membres de l’Exécutif national se partagent les différentes responsabilités politiques.

Ligne du temps

Fondation du Syndicat national des fonctionnaires provinciaux du Québec (1961)

Bien que la formation officielle du SFPQ ait eu lieu le , les vrais débuts de la syndicalisation des employées et des employés de la fonction publique remontent au printemps 1961, grâce à une poignée de fonctionnaires regroupés sous le nom Syndicat national des fonctionnaires provinciaux du Québec.

Fondation officielle du SFPQ (1962)

Le , à Trois-Rivières, des ouvriers et des fonctionnaires ont fondé officiellement le Syndicat national des fonctionnaires provinciaux du Québec. Avec la syndicalisation des employées et des employés de la fonction publique, la société québécoise a mis fin à plusieurs décennies d’arbitraire, de patronage et de favoritisme dans l’attribution des emplois du secteur public et dans l’administration de l’État.

1er et 2e Congrès du Syndicat (1965)

Sous le thème commun « Revalorisation de la fonction publique », ces deux premiers Congrès ont été des événements heureux où les membres ont pu enfin se réjouir de tant d’années d’efforts. Retenons qu’à cette époque, le Syndicat se structurait autour d’une petite équipe composée de personnes élues, dont le rôle se résumait à négocier et à défendre deux conventions collectives : celle de l’accréditation « Fonctionnaires » et celle de l’accréditation « Ouvriers ».

Cotisations syndicales (1965)

C’est lors du 1er Congrès, en , que les cotisations syndicales ont été fixées à 1,50 $ par paie, et ce, à compter du . Il faut noter qu’auparavant, les contributions mensuelles volontaires étaient de 2 $.

Adoption de la Loi de la fonction publique (1965)

L’année 1965 a marqué l’entrée en vigueur de la Loi de la fonction publique. Celle-ci a donné aux employés de l’État le droit d’association, de négociation et celui de faire la grève. À noter que la nouvelle législation précisait que la rémunération, les heures et la durée du travail, de même que les congés, étaient négociables.

Signature de la première convention collective (1966)

Un vote à 92 % en faveur de la grève a obligé le gouvernement du Québec à négocier la première convention collective des accréditations « Fonctionnaires » et « Ouvriers ».

129 mises à pied (1968)

En pleine période de négociation pour le renouvellement de la convention collective, le gouvernement a mis à pied 129 ouvriers, majoritairement permanents ; avec la mise à pied leur ont été proposés des « cours de recyclage », sans perte de salaire.

Abolition des pauses (1968)

L’abolition des « repos intercalaires » de 15 minutes est survenue à peine un mois après la signature de la deuxième convention collective. Le conflit a mis deux ans à se régler.

Loi du ministère de la Fonction publique (1969)

En mai, le gouvernement a déposé le projet de loi 23 menant à la création d’un ministère central pour la gestion du personnel et pour la négociation collective.

210 000 travailleurs en grève (1972)

Les éléments revendiqués par le premier Front commun étaient : 100 $ minimum par semaine ; augmentation de salaire annuelle de 8 % ; sécurité d’emploi ; et égalisation, à la hausse, du volume des avantages sociaux pour tous les employées et employés de l’État. Le Front commun a entamé la première grève générale de 24 heures, suivie d’une grève générale illimitée, laquelle s’est terminée par une loi spéciale forçant le retour au travail (et l’emprisonnement des présidents des syndicats pour outrage au tribunal – ceux-ci ayant recommandé à leurs membres de défier la loi spéciale).

Salaire minimum hebdomadaire de 100 $ (1972)

Le , le Syndicat a signé une convention collective entraînant différentes améliorations relatives aux vacances, avantages sociaux, à la classification et avancement accéléré d’échelons, en plus d’établir un salaire minimum hebdomadaire de 100 $.

Création du Bureau de coordination provincial (BCP) (1973)

Composé des membres de l’Exécutif provincial, de personnes représentantes régionales, des personnes coordonnatrices de service, le BCP se réunissait deux fois par année. En 1995, le BCP est devenu le Bureau de coordination national et, depuis, seules y siègent les membres de l’Exécutif national et les personnes représentantes régionales avec un mandat politique.

Création du RREGOP (1973)

Institué le , le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics est devenu l’unique régime de retraite obligatoire pour toutes les personnes employées de la fonction publique et des organismes publics. Il a, entre autres, remplacé le Régime de retraite des fonctionnaires (en place depuis 1876 sous le nom de Fonds de retraite et de secours des fonctionnaires de l’enseignement primaire), jugé trop onéreux par le gouvernement.

Syndicalisation du personnel occasionnel (1973)

Entre 1973 et 1980, une longue bataille judiciaire a été engagée pour la syndicalisation du personnel occasionnel. Le , le tribunal a reconnu que le personnel occasionnel était assujetti aux dispositions du Code du travail et qu’il peut être syndiqué. En vain, le gouvernement en a appelé à maintes reprises pour briser cette reconnaissance. C’est finalement en que le personnel occasionnel embauché pour plus d’une année a eu droit aux mêmes avantages et conditions de travail que le personnel permanent, à quelques exceptions près.

Indexation des salaires (1975)

Le SFPQ a obtenu l’indexation pleine et entière des salaires au coût de la vie, selon l’évolution de l’indice des prix à la consommation.

J’roule pu (1977)

Première campagne de publicité du SFPQ fut sous le thème « J’roule pu », laquelle a dénoncé les trop faibles compensations allouées au personnel itinérant pour l’utilisation d’un véhicule personnel.

Refonte de la Loi de la fonction publique (1977)

Le , le gouvernement a présenté le projet de loi 53 — Loi sur la fonction publique, mais celui-ci n’a pas été adopté. L’année suivante, un nouveau projet de loi a été présenté (projet de loi 50) et sanctionné en juin, malgré le mécontentement des syndicats (trois jours de manifestations, piquetage et débrayages). Entre autres, le SFPQ a été accusé de « crime de lèse-majesté » pour avoir bloqué les issues permettant l’accès à la colline Parlementaire.

Premier débrayage ciblé (1979)

Lors du renouvellement de la cinquième convention collective, le SFPQ a modifié sa tactique et entrepris le premier débrayage ciblé dans certains ministères et organismes, notamment en ce qui a trait au courrier, à la messagerie, à l’informatique et à certains services auxiliaires.

Congé de maternité de 20 semaines (1980)

Cette cinquième convention collective s’appliquait dorénavant au personnel occasionnel et aux employées et employés nordiques. Elle a également introduit les congés de maternité d’une durée de 20 semaines avec paiement d’une indemnité, ainsi que la possibilité pour ces employées d’obtenir des congés spéciaux.