Souroubea guianensis est une espèce de plantes à fleurs la famille des Marcgraviaceae, et qui est l'espèce type du genre Souroubea Aubl.

L'espèce est connue dans les Guyanes sous les noms de Diabetere, Sweetie, Watramangro (Sranan tongo), Konopo yorokorï, Konopo jolokolo (Karib), Diabatitei (Paramaka), Kara-kara, Kwerimuru (Arawak).

Au Guyana, Karakara, Kwerimuro (Arawak « Œufs du poisson kwerimo », qui ressemblent aux fleurs aux formes irrégulières.), Konopo yorokorï (Carib), Wene (Warao).

Au Venezuela, Souroubea guianensis subsp. cylindrica est appelée Bejuco pene de diablo, Cabaya-cuaja, Jidiway, Jidiwoi (Yekwana), Moy sebe (Warao), Pirboiyek, Piruói (Arekuna).

Description Souroubea guianensis est un arbuste plus ou moins sarmenteux et grimpant, terrestre largement étalé au sol, épiphyte, ou une grande liane ligneuse hémiépiphyte. Les tiges sont rondes ou légèrement aplaties, plus ou moins succulentes, entièrement glabres, souvent lenticellées, souvent doté de longues racines aériennes. Les formes juvéniles et adultes sont similaires (au contraire d'autres Marcgraviaceae qui diffèrent fortement).

Les feuilles sont simples, alternes, spiralées, raides, coriaces au séchage. Le pétiole est long de , sillonné au-dessus. Les limbes sont émarginées ou subaiguës, épaisses, souvent inéquilatérales et asymétriques, de forme et de taille variable : étroitement elliptiques à ovales ou obovales à obovales-oblongs ou elliptiques-oblongs, , à base aiguë, cunéiforme, obtuse, jusqu'à sub-arrondie, à apex aigu à obtus ou arrondi, parfois légèrement acuminé, distinctement et fortement mucroné, de couleur verte plus foncé et rugueux sur le dessus. On observe 3-12 glandes hypophylles de chaque côté du limbe sur la face abaxiale, d'environ de diamètre, dispersées ou en rang plus ou moins régulier, à une certaine distance de la marge. La nervure médiane est proéminente en dessous. La nervation secondaire est quasi-invisible sur la face supérieure, et saillante sur la face inférieure (notamment au séchage).

Les inflorescences sont des racèmes terminal, dressé, lâche, avec un rachis épais, long d'environ , et de nombreuses fleurs (15–30). Le pédicelles des fleurs est épais, mesure de long (jusqu'à lors de la fructification) et dépassent pour les plus basses de l'inflorescence. On observe à la base de la fleur une bractée rouge, voyante, transformée en un nectaire caractéristique, long de . Il se compose d'un éperon médian rouge, tubuleux, à l'apex en massue, long de , auriculé de deux oreillettes lancéolés-spathulés, à marges retroussées, à peu près aussi longues que l'éperon. L'éperon est d'abord recourbé vers le haut jusqu'au calice, pour les formes juvéniles, puis s'étale ensuite sur le pédicelle. On note aussi 2 bractéoles sépaloïdes, dentées, collées au calice.

Les fleurs mesurent environ de diamètre, et sont réfléchies dans la fleur ouverte. Les 5 sépales sont épais, concaves, suborbiculaires, longs d'environ pour de large, à marge ciliolée. La corolle se compose de pétales charnus, de couleur jaune à orange (à l'apex), réfléchis, de forme obovale-oblongue, obtus, longs de , à base connée à On compte 5 étamines, attachées à la base des sépales, avec des filets larges, aplatis, longs d'environ , large d'environ en haut, et de à la base, rétrécis vers les anthères, à base connées. Les anthères sont de forme ovoïde-globuleuse, longues de . Les grains de pollen de Souroubea sont généralement prolés sphéroïdaux à subprolés. L'ovaire est supère, de forme ovoïde à subcylindrique, ou subglobuleuse, long de , contenant 3-5 loges, plus ou moins distinctement pentagonal, couronné par un grand stigmate sessile, à 5 rayons.

Le fruit est une baie subglobuleuse, de forme ovale à ronde, ridée, dure, coriace, de couleur brun verdâtre à brun clair, d'environ de diamètre (plus ou moins de haut pour de large), rugueuse, à 5 côtes plus ou moins distinctes, couronnée par les vestiges du stigmate à 5 angles, à paroi épaisse sub-ligneuse, à 5 cellules. Il contient des graines peu nombreuses, enrobées d'arilles rouges, recourbées, longues de , pour de diamètre .

Taxons infra-spécifiques On distingue 3 sous-espèces au sein de Souroubea guianensis : Souroubea guianensis subsp. amazonica (Mart.) de Roon Souroubea guianensis subsp. cylindrica (Wittm.) de Roon, qui se caractérise par ses grandes glandes hypophylles bien visibles, son pédoncule lisse, brun rougeâtre foncé à noirâtre (après séchage), son rachis tomentelleux (sans écailles ni fissures). Souroubea guianensis subsp. guianensis, qui se caractérise par ses glandes hypophylles petites et discrètes à grandes, sont pédoncule rarement lisse, souvent couvert d'écailles et principalement grisâtre, et son rachis tomentelleux à glabre et principalement avec un périderme fissuré.

Répartition Souroubea guianensis est présent en Colombie, au Venezuela, au Guyana, au Suriname, en Guyane, au Brésil. Souroubea guianensis subsp. cylindrica est répandu au Venezuela (Delta Amacuro, Bolívar, Amazonas), en Colombie (Amazonas,), dans l'ouest du Guyana, et au Brésil (nord-ouest de l'Amazonas, Roraima). Souroubea guianensis subsp. guianensis est connue de l'ouest du Guyana, du Suriname, de la Guyane, et du nord du Brésil (Amapá), et peut-être l'Amazonas). Souroubea guianensis subsp. amazonica est présent au Brésil dans le bassin amazonien (Acre, Amazonas, Pará, Rondônia), la zone côtière de Bahia et du Pernambouc.

D'après d'autres sources, la répartition s'étendrait sur l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud tropicale.

Écologie Souroubea guianensis subsp. cylindrica pousse au Venezuela dans les lisières de forêts inondées, forêts ripicoles, les marais à palmiers Mauritia flexuosa, les pentes boisées, les savanes, les affleurements granitiques, les affleurements ignés, autour de d'altitude

Dans les Guyane, on rencontre communément Souroubea guianensis dans les zones rocheuses, les forêts riveraines proches des rapides, et sur les montagnes granitiques, et particulièrement dans les forêts marécageuses sur pégasse au nord-ouest du Guyana.

Dans le centre de la Guyane, Souroubea guianensis est présent dans les forêts marécageuses sur sols mal drainés, fleurit et fructifie en septembre, et en lisière des inselbergs.

Souroubea guianensis serait pollinisé par les oiseaux et les insectes, et ses graines disséminées par des animaux (particulièrement des oiseaux).

Dans les fleurs de Souroubea guianensis le pollen est immergé dans un fluide huileux original, dit « huile tapetale ». Les fleurs sont protandres, auto-incompatibles, pendant 6 à 7 jours, et le taux de nouaison est faible en conditions naturelles. Le nectar contient de de sucre. Ses pollinisateurs efficaces n'ont pas été découverts.

Les fruits de Souroubea guianensis tiennent une place non négligeable dans l'alimentation des tamarins Saguinus fuscicollis et Saguinus mystax, et par Pithecia albicans dans le bassin supérieur du (Amazonas).

Au Pérou (Río Ucayali), les fruits de Souroubea guianensis sont aussi consommés par les chauves-souris (Carollia brevicauda) et les oiseaux (Catharus ustulatus, Manacus manacus, Pipra pipra, Tachyphonus surinamus, Tangara schrankii).

Utilisations Au Venezuela et dans les Guyanes, on soigne les coupures et les plaies avec l'exsudat d'écorce ou l'écorce bouillie de Souroubea guianensis et Souroubea guianensis subsp. cylindrica.

Les tiges solides et flexibles sont parfois utilisées pour la fabrication de cadres de hottes de portage.

Chez les Arawak du nord-ouest du Guyana, Souroubea guianensis est utilisée dans le traitement des maladies vénériennes : on recommande de consommer pendant quelques semaines une bouteille de décoction d'un mélange de branche de Souroubea guianensis subsp. guianensis (Wene), avec l'écorce de Licania heteromorpha var. perplexans (Kairiballi) et l'eau de graines Manicaria saccifera (Troolie). L'infusion du bois de Souroubea guianensis sert à soigner la diarrhée et les vomissements.

Une publication a rapporté l'utilisation de Souroubea guianensis var. coralline (Mart) Wittmack en Amazonie, chez les Kubuyari, pour calmer les symptômes de nervosité chez les personnes âgées,

de Souroubea guianensis var. cylindrica Wittmack comme tranquillisant chez les et comme traitement du susto (syndrome culturel spécifique, décrit comme une maladie qui survenant à la suite d'un événement effrayant) chez les Taiwanos, et serait à l'origine d'une réduction du comportement de type anxieux chez les rongeurs . Deux autres espèces proches, Souroubea sympetala et Souroubea gilgii, ont été édudiées dans ce sens. Les extraits d'une espèce proche, Souroubea sympetala, ont été testés pour le traitement de l'anxiété et du stress post-traumatique.

Protologue vignette|gauche|Souroubea guianensis : Planche 97 accompagnant la description du genre Souroubea par Aublet (1775) La fleur & les parties détachées ſont représentées de grandeur naturelle. La coupe de l'ovaire eſt groſſie. - 1. Bouton de fleur. - 2. Bouton de fleur ſans ſoutien. - 3. Corps qui ſoutiennent le calice. - 4. Calice. - 5. Fleur épanouie. - 6. Fleur épanouie ſans ſoutien. - 7. Étamine. - 8. Diſque. Ovaire. Stigmate. - 9. Ovaire coupe en travers. En 1775, le botaniste Aublet propose le protologue suivant :

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet

Liens externes

Catégorie:Marcgraviaceae Catégorie:Espèce d'Ericales (nom scientifique) Catégorie:Plante à fleurs d'Amérique Catégorie:Dicotylédone de Guyane Catégorie:Plante décrite par Aublet