Dhuoda, née vers 800 et morte après 843, est une femme de lettres de l'époque carolingienne, épouse du marquis Bernard de Septimanie, dont on a conservé un livre qui serait le tout premier livre connu écrit pour un jeune de quinze ans (son fils Guillaume) et son frère plus petit, écrit entre 841 et 843.
Biographie vignette|Épitaphe du manuel.
Elle est peut-être la fille du duc ..
Le , elle épouse Bernard dans la chapelle du palais impérial d'Aix-la-Chapelle. Le , elle met au monde un fils qui reçoit le nom de Guillaume.
Après quelques pérégrinations à la suite de son mari, Dhuoda s'installe à Uzès, un des domaines du marquisat. Le naît un second fils, Bernard, dit Plantevelue.
Peu après, elle se retrouve seule. Guillaume, âgé de quinze ans, est envoyé à la cour du roi Charles le Chauve à Aix-la-Chapelle, peut-être comme otage ; le cadet, encore bébé, est avec son père en AquitaineQu'un guerrier comme Bernard se charge d'un bébé, et ne le laisse pas à sa mère, est pour le moins surprenant !. Elle entreprend alors la rédaction d'un manuel d'éducation pour son fils Guillaume, connu en français sous le titre Manuel pour mon fils.
Rien n'est connu de sa vie après l'écriture du Manuel. Mais Bernard de Septimanie est exécuté en 844 sur l'ordre de Charles le Chauve et Guillaume le sera en 850.
Le Manuel pour mon fils
Le Manuel est un ouvrage de morale chrétienne, divisé en 73 chapitres et écrit en prose et en vers. Il a été composé à Uzès, de 841 à 843, comme Dhuoda l'indique elle-même de façon très précisément datée« Ce livre a été commencé la seconde année de la mort de l'empereur Louis, la veille des calendes de décembre, à la messe de la Saint André, dans les premiers jours de l'Avent. Il a été terminé avec l'aide de Dieu le quatre des nones de février. » Bondurand, op. cit., p. 248.. L'autrice y explique à son fils ses devoirs envers Dieu, mais aussi envers les puissances, envers ses proches et enfin envers lui-même. C'est un texte de nature profondément spirituelle, mais également au contenu très personnel, que Dhuoda a écrit au fil de ses lectures.
La vocation du Manuel est exposée dès le prologue : « Je t'engage, ô mon fils Guillaume, à ne pas te laisser absorber par les préoccupations mondaines du siècle et à te procurer un grand nombre d'ouvrages où tu puisses apprendre à connaître Dieu bien mieux que je ne puis le faire moi-même dans ce manuel que je t'adresse. »Azaïs, (où est le titre de cet opus citatum ? Il n'y a pas d'autre mention de l'auteur "Azaïs"), p. 19..
Au moment où elle écrit, elle ne peut savoir vers quelles tragédies s’acheminent son époux et son fils aîné alors âgé de seize ans. Elle est séparée de l’un comme de l’autre, car après la naissance de son second fils, Bernard, (qui par la suite rejoindra également son père), elle a dû s’installer à Uzès et cesser de suivre son mari dans ses déplacements incessants. Et d’après ses écrits, on sait qu’elle est intervenue, comme beaucoup de dames de son rang à l’époque, de façon active dans l’administration et la défense du fief en l’absence de son époux et de ses fils. On peut entendre à travers son texte que c’est en raison de sa mauvaise santé et aussi de dangers qu’elle ne précise pas qu’elle se trouve séparée de son époux et de ses enfants : « Tu n’ignores pas combien, du fait de mes infirmités continuelles et de certaines circonstances – à l’image de ce que dit l’Apôtre : – j’ai eu à souffrir en un corps fragile… ». Le Manuel de Dhuoda est donc un peu pour elle une manière de rejoindre son mari et ses fils.
Le Manuel est le seul texte connu du haut Moyen Âge écrit par une mère pour l'éducation de son fils et l'un des premiers livres connus pour enfant..
Éditions (édition d'Edouard Bondurand), Paris, Picard, 1887 (réimpression : Mégaritios Reprints, Genève, 1978). Manuel pour mon fils (édition de Claude Mondésert et Pierre Riché), Paris, Cerf, , 1987.
Hommages Rue Dhuoda : à Nîmes. Lycée Dhuoda, aussi à Nîmes. Rue Dhuoda : à Uzès. Rue Dhuoda : à Toulouse.
Voir aussi Bibliographie Régine Pernoud, « la femme au temps des cathédrales », Ed stock, 1980. Édouard Bondurand, « Le Manuel de Dhuoda », dans Manuel pour mon fils de Dhuoda, Genève, Mégaritios Reprints, 1978. Marie Demazan, Étude du Manuel pour mon fils écrit par Dhuoda pour son fils Guillaume en ligneÉtude du Manuel pour mon fils., 2007-2008. Janine Durrens, Dhuoda duchesse de Septimanie, Paris, Claisud, 2003. Peter Dronke, Women writers of the Middle Ages. A critical study of texts from Perpetua to Marguerite Porete, Cambridge, Cambridge University Press, 1984. Michel Fabre, « La Princesse Dhuoda en exil à Uzès en 840 », Némausensis - Histoire, régionalisme, patrimoine, tradition en ligneLA PRINCESSE DHUODA., 1930. Martin Gravel, Jean Meyers, Claudie Duhamel-Amado, Emmanuelle Santinelli-Foltz, Danièle Iancu, Dhuoda, belle-fille de saint Guilhem et autres femmes d'exception au Moyen Âge, Éditions Guilhem, Saint-Guilhem-le-Désert , 2014. Jocelyne Godard, Dhuoda la carolingienne, Le Sémaphore, 1997. M. Katharina Wilson, Medieval Women Writers, Athen (Georgia), University of Georgia Press, 1984. .
Liens externes
Manuscrit du Manuel à son fils conservé à la Bibliothèque Carré d'Art de Nîmes, visible sur Gallica. La princesse Dhuoda Dhuoda belle-fille de saint Guilhem et autres femmes d'exception au Moyen Âge The princess Dhuoda No. 1195: Dhuoda Le manuel de Dhuoda (843), édition d'Edouard Bondurand sur le site Gallica
Notes et références
Catégorie:Histoire du Languedoc Catégorie:Pédagogue français Catégorie:Écrivaine du IXe siècle Catégorie:Date de naissance incertaine (IXe siècle) Catégorie:Date de décès incertaine (IXe siècle) Catégorie:Comtesse de Toulouse Catégorie:Personnalité du haut Moyen Âge par nom Catégorie:Enseignement au haut Moyen Âge Catégorie:Noblesse du duché de Vasconie Catégorie:Auteur de traité d'éducation Catégorie:Empire carolingien