L’avenue de l'Opéra est une voie des 1 et 2 arrondissements de Paris. C'est l'un des grands projets du Second Empire à Paris.
Situation et accès Elle part de la place André-Malraux, devant le théâtre de la Comédie-Française et rejoint le boulevard des Capucines au niveau de l'Opéra Garnier, place de l'Opéra. Cas unique parmi les grandes avenues de Paris, cette artère ne comporte pas d'arbre afin de ménager la meilleure perspective possible sur la façade principale de l'Opéra.
C'est une voie radiale qui permet, en venant du quartier de la salle Garnier, de s'approcher du centre de Paris ou de traverser en direction de la rive gauche par le pont du Carrousel. Très fréquentée par les touristes, elle accueille notamment de nombreuses agences de voyages, des magasins de souvenirs et des banques. On peut lui rattacher le petit quartier japonais de la rue Sainte-Anne.
Ce site est desservi par les stations de métro Opéra, Pyramides et Palais Royal - Musée du Louvre.
Origine du nom Elle est ainsi nommée car elle conduit au théâtre national de l'Opéra.
Historique Des buttes arasées thumb|left|Arasement de la butte des Moulins, en 1870 (photo de Charles Marville). À l'origine, les buttes des Moulins et Saint-Roch représentaient une hauteur située au niveau des actuelles rue Thérèse et rue des Pyramides. Jeanne d'Arc y avait installé des couleuvrines pour soutenir l'attaque contre la porte Saint-Honoré et y avait été grièvement blessée...
La butte avait été arasée de moitié en 1615, couvertes de petites rues et de moulins, mais elle restait un obstacle sérieux. Tout le quartier, entre le Louvre et les Grands Boulevards, était occupé par des îlots aux rues étroites considérées comme insalubres et mal famées.
Les énormes déblais servirent à combler les excavations du Champ-de-Mars. Pour avoir une idée de l'importance de cette butte dans un quartier aujourd'hui complètement nivelé, il suffit de voir l'entrée de l'église Saint-Roch où l'on monte treize marches. Avant l'arasement de la butte, il fallait en descendre sept.
Percement de l'avenue thumb|left|Percement de l'avenue de l'Opéra (photo de Charles Marville).
Un premier projet prévoit de créer une « avenue Napoléon » (en l'honneur de Napoléon III) depuis le Louvre jusqu'à l'endroit où la rue de la Paix rejoint les boulevards. Ce tracé fait l'objet d'un décret le , mais ne reçoit qu'un commencement d'exécution : les abords du Louvre sont dégagés dans le cadre du prolongement de la rue de Rivoli en direction du Châtelet.
Au début des années 1860, le projet de construction d'un nouvel opéra relance le projet de l'avenue par le décret du , d'abord pour une largeur de .. Le chantier démarre à chaque extrémité, mais progresse lentement. La chute du Second Empire, en 1870, marque un coup d'arrêt des travaux, du moins pour quelque temps. L'« avenue Napoléon » est d'abord rebaptisée « avenue de la Nation », puis « avenue de l'Opéra » en 1873« Rapport Beudant sur les modifications à introduire dans la nomenclature des voies publiques à Paris », conseil municipal, 1873, gallica.bnf.fr... Après le décret d'utilité publique du , les travaux reprennent et sont rapidement achevés, avec une largeur de .
Les terrains riverains sont vendus par la ville de Paris avec obligation pour les acquéreurs d'y édifier des bâtiments en se conformant aux plans de façades indiqués par l'administration municipale. Les derniers immeubles bordant cette nouvelle percée haussmannienne seront édifiés en 1879.
Une toile anonyme de 1878 conservée au musée Carnavalet figure le percement de l'avenue de l'Opéra« Percement de l'avenue de l'Opéra, en 1878 », parismuseescollections.paris.fr, consulté le 8 août 2024..
Voies absorbées Liste et historique des voies et autres monuments absorbés, totalement ou partiellement, par le percement de l'avenue de l'Opéra : rue des Moineaux, elle commençait au carrefour rue des Moulins, rue des Orties-Saint-Honoré, rue l'Évêque et se terminait rue Saint-Roch. En 1561, elle portait déjà ce nom. Elle était parfois appelée « rue Monceau » car elle conduisait au montceau des Moulins ; rue des Mulets qui reliait la rue d'Argenteuil à la rue des Moineaux ; les buttes des Moulins et Saint-Roch ont été arasées avec les voies et les maisons qu'elles comportaient ; rue des Orties-Saint-Honoré, elle commençait rue d'Argenteuil et finissait rue Sainte-Anne ; rue l'Évêque, elle commençait rue de l'Anglade et finissait rue des Orties-Saint-Honoré. Ouverte vers 1615, elle s'appelait alors « rue Culloir » ; rue de l'Anglade, qui portait le nom de Gilbert Anglade, propriétaire du terrain sur lequel la rue fut ouverte, commençait aux rues l'Évêque et des Frondeurs et se terminait rue Traversière ; rue du Clos-Georgeau., ouverte vers 1605, sur le clos de monsieur Georgeau ; cette rue reliait la rue Traversière à la rue Sainte-Anne ; cul-de-sac de la Brasserie ; cour Saint-Guillaume ; passage Saint-Guillaume ; rue Traversière-Saint-Honoré (en partie), à ne pas confondre avec la rue Traversière (dans le ). Monuments Fontaine d'Amour, qui était alimentée par la pompe à feu de Chaillot.
Depuis 1877 Camille Pissarro, installé au Grand Hôtel du Louvre entre 1897 et 1899, peint onze paysages montrant l'avenue de l'Opéra, la place du Théâtre-Français et l'entrée de la rue Saint-Honoré..
Le premier essai d’éclairage public permanent a lieu sur l’avenue, en 1878, page 92..
Dans les années 1950, l'avenue a été profondément transformée par l'élargissement de sa chaussée automobile, passée de 15 à 20 mètres de large, au détriment des trottoirsFrédéric Héran, Le Retour de la bicyclette. Une histoire des déplacements urbains en Europe, de 1817 à 2050, Paris, La Découverte, 2015, , ..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire : emplacement du Cercle républicain. : emplacement de l'ancienne parfumerie Gellé Frères. : le critique d'art Félix Fénéon y vécut de 1931 à 1941Claire Paulhan et alii, "Histoire vraie", dans le catalogue Félix Fénéon. Critique, collectionneur, anarchiste, RMN, 2019, p. 50 sq.. : emplacement du siège de la Compagnie des mines de Carmeaux, devant lequel le terroriste anarchiste Émile Henry dépose une bombe le . Découverte par la police, elle est transportée rue des Bons-Enfants et y explose. : siège du club Le Siècle. : siège du Comité d'action antibolchévique (CAA) pendant l’Occupation ; : le haut fonctionnaire et premier président de la Cour des comptes Maurice Bloch y vécut jusqu'à sa mort. : emplacement des locaux de la maison de thé Compagnie Coloniale. Durant la Première Guerre mondiale, la municipalité de Reims, en exil, y tient son premier conseil municipal le . Une plaque rend hommage à cet évènement. Au (ou 21, selon certaines sources) se trouvait la salle du Guide, ou salle du Guide du Concert, où avaient lieu concerts et conférences. Elle tirait son nom du Guide du Concert, publication (1910-1966) dont le directeur était Gabriel Bender (1884-1964). : emplacement de l'ancien Hôtel des deux mondes, qui ferma en 1940 et fut après-guerre le siège des services secrets américains. En 1936 est apposée une plaque commémorative sur la façade, rappelant que dans l'hôtel siégea entre et le « Comité national de l'unité roumaine ». : emplacement d'un ancien grand-magasin Au gagne petit, aujourd'hui remplacé par un magasin Monoprix. Subsiste une décoration extérieure. : emplacement de la Banque commerciale pour l'Europe du Nord, qui finance les activités communistes soutenues par l'URSS, jusqu'en 1946. : emplacement des anciennes galeries Goldscheider, éditeur d'art (arts décoratives), implanté à cette adresse dans les années 1890. , à l'angle de la rue Gomboust : un restaurant Bouillon Duval s'y trouvait au . En 1933 y ouvre le cinéma Studio Universel. Son architecte est Maurice Gridaine. Il compte une salle de 400 places, avec balcon. À partir de 1951, il commence à diffuser des dessins animés pour les enfants, notamment des productions de Walt Disney. Il ferme en 1973« Cinéma Studio Universel à Paris », salles-cinema.com, 22 avril 2022.« Studio-Universel (Paris ) », sallesdecinemas.blogspot.com, 15 juillet 2018.. L’écrivain Georges Perec évoque le cinéma disparu dans Je me souviens (251 «souvenir»). : le Vendôme ancien cinéma fermé en . En 1967, Georges Peynet a rénové la salle. : consulat général des États-Unis dans les années 1900Annuaire diplomatique et consulaire de la République française, Berger-Levrault, 1907, p. 461.. bis : siège de Diptyque. : librairie Brentano's ; fondée en 1895, elle est, avec Galignani, une des plus anciennes libraires anglophones de Paris. : plaque commémorative rappelant qu'à cet endroit mourut pour la Libération de Paris le gardien de la paix Michel Guillois le .. : plaque commémorative indiquant que dans cet immeuble, en 1887, le patron de presse James Gordon Bennett junior fonda l'édition européenne du New York Herald, qui deviendra l'International Herald Tribune.Ancien siège du Cercle national des armées.
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Notes et références
Pour approfondir
Bibliographie .
Articles connexes Opéra Garnier Liste des voies du de Paris Liste des voies du arrondissement de Paris Butte des Moulins
Liens externes
Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris . .
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