Le plateau du Heysel (en néerlandais : Heizelplateau), ou simplement le Heysel (en néerlandais : Heizel), est un quartier du nord de Laeken à Bruxelles, délimité par l'autoroute Bruxelles-Anvers ou l'avenue de Meysse, la chaussée romaine, l'avenue Houba-De Strooper et l'avenue du Parc royal (N277) et dont l'histoire est fortement liée à celle du domaine royal adjacent. Presque dénué de toute habitation, il est voué, depuis le début du , au divertissement, au tourisme, aux expositions et aux affaires ; il concentre aussi un patrimoine très important - comme l'Atomium -, parsemé dans les deux grands espaces verts que sont le parc de Laeken et le parc d'Osseghem. Il fut aussi le théâtre d'événements importants, tels les expositions universelles de 1935 et de 1958 et le drame du Heysel.
Toponymie Heysel dérive du mot néerlandais heizel qui signifie pature maigreJean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Lannoo, 2005, . ou collineAlexandre-Guillaume Chotin, Études étymologiques sur les noms des villes, bourgs, villages, hameaux, rivières et ruisseaux de la province du Brabant, Paris, Bruxelles, Malo et Levasseur, s. d. (vers 1859), ..
Le Heyselbeek était un affluent du Molenbeek, formé de plusieurs sources sur les hauteurs d'OssegemJean-Jacques Jespers, ibid. ; Alphonse Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, vol. VI, rééd. 1972, . Les hauteurs d'Ossegem, selon les cartes anciennes, désignent vraisemblablement l'emplacement actuel de Bruparck..
Heyssel est retenu comme toponyme sur le plan Huvenne de 1848Jh Huvenne, Carte topographique et hypsométrique de Bruxelles et ses environs, 1848, en ligne et dans le Dictionnaire géographique des postes aux lettres du royaume de BelgiqueFrançois Meunier, Dictionnaire géographique des postes aux lettres du royaume de Belgique, J. Rozez, 1857, . de 1857.
Une école est inaugurée au hameau du Heysel, sans doute rue du HeyselÉvocation de conférences tenues à l'école, à cette adresse, les 9 janvier et 20 février 1876. Voir Commune de Laeken, Rapport au Conseil communal par le collège des bourgmestres et échevins, Bruxelles, 1876, ., le 1869Société centrale des instituteurs belges, Le progrès : journal de l'éducation populaire, 1869 (), (9 mai 1869), , en ligne..
La rue du Heysel est attestée dans un document officiel en 1875. Elle s'étendait entre la chaussée de Meysse et la rue de la CaveCommune de Laeken, Rapport au Conseil communal par le collège des bourgmestres et échevins, Bruxelles, 1877, .
Le terme Heysel s'est en fait progressivement imposé pour désigner assez largement ce quartier de Laeken, au détriment de deux autres toponymes qui en désignaient des parties plus précisesVoir le plan Huvenne de 1848, en ligne : Hossegem Dries, au nord-ouest, à l'emplacement actuel du parc d'Osseghem et Kauwenberg au sud-est, autour de la chapelle Sainte-Anne.
Histoire Le but de cet historique est de retracer l'évolution urbanistique du quartier ; il ne saurait intégrer l'ensemble des informations contenues dans les articles auxquels il fait référence.
Moyen Âge Le toponyme Osseghem renvoie au nom d'une famille franque, les Ossa, vraisemblablement établis dans la région.
thumb|Chœur de l'ancienne église Notre-Dame de Laeken Aux alentours du plateau du Heysel se dressaient de longue date l'ancienne église Notre-Dame de Laeken dont les origines remontent au , et la chapelle Sainte-Anne et sa source miraculeuse qui attiraient de nombreux pèlerins.
Au , le château du Coensborgh occupait une île sur un étang formé par le MolenbeekAu fil de la Senne à pieds et à vélo, Tielt, Lannoo, 2007, , ; A. Van Nieuwenhuysen, R. Laurent, Inventaire des archives de la famille Van Reynegom de Buzet, ; illustration ; Annales de la Société royale d'archéologie de Bruxelles, 1923 (vol. 31), ; Arthur Cosyn, Les origines du domaine royal de Schoonenberg à Laeken, Annales de la Société Royale d'Archéologie de Bruxelles, tôme 32, Wetteren, 1926.. Il sera vers 1620 la propriété de la famille Meeûs au .
Au , la beauté du paysage motive la construction du Château du Stuyvenberg, en 1725, du Château de Laeken, entre 1782 et 1784 et du château du Belvédère, en 1788.
La carte de Ferraris, qui date de 1777, ne montre pas ces châteaux mais signale la ferme d'Osseghem, située un peu au sud de l'emplacement de l'actuel stade Roi BaudouinVoir sur ReflexCity, en ligne.. Elle apparaît encore sur un plan de 1910, mais a disparu avant l'exposition universelle de 1958.
Jusqu'au , donc le plateau du Heysel conservait un aspect rural et son hameau dépendait de Laeken.
Le gouvernement belge autorise le la construction d'une nouvelle église Notre-Dame de Laeken, destinée à remplacer l'édifice médiéval - détruit à l'exception de son chœur toujours visible dans le cimetière adjacent à l'église actuelle. Léopold en posa lui-même la première pierre en 1854 mais la nouvelle église, nettement plus grande que l'ancienne, ne fut définitivement achevée qu’en 1909. Bien que située à l'écart du plateau du Heysel, par le fait d'abriter la crypte royale, la nouvelle église renforce les liens entre Laeken et la monarchie. La volonté d'orienter le nouvel édifice vers le centre de Bruxelles , montre aussi la volonté de la monarchie de s'impliquer dans le développement urbanistique de Bruxelles.
Une école, œuvre de l'architecte Victor Besme, est inaugurée, sans doute rue du HeyselLa rue du Heysel, qui existe toujours se prolongeait, au-delà de la place Saint-Lambert, le long du domaine royal, jusqu'au Gros Tilleul (voir en ligne., le . C'est à l'époque la seconde école de la commune de Laeken. Elle se compose de quatre belles salles de chacune, pouvant contenir 53 élèves ayant chacun une quantité de d'airSociété centrale des instituteurs belges, Le progrès : journal de l'éducation populaire, 1869 (), (24 janvier 1869), . Les chiffres donnés laissent supposer des hauteurs de plafond de . (53 élèves x d'air = pour chaque classe. Ce volume divisé par la superficie de la classe, soit donne - de hauteur)..
Dès sa montée sur le trône, en , Léopold II se préoccupe de la construction d'un mémorial à son père, placé dans la perspective du château de Laeken. L'aménagement d'un parc public alentours est entériné en 1867. Le parc de Laeken sera progressivement aménagé entre 1876 et 1880 sur base des plans d'Édouard Keilig, associé à l'ingénieur des Ponts et chaussées Louis Van Schoubroeck. Le parc et le monument sont achevés en 1880, pour le cinquantième anniversaire de l'indépendance du pays. Le le conseil communal de Laeken, décide de l'achat de 50 bancs à placer dans le parc.
Une carte de 1891 fait apparaître, environ le long de l'avenue du Centenaire qui n'existe pas encore, un vaste de domaine qui sera, à partir de 1920, celui de l'Institut normal supérieur d'économie ménagère agricole. Il comprend un château, où loge les étudiantes, une ferme, une maison pour le directeur, un jardin botanique. Il fut détruit pour l'aménagement du site de l'Exposition universelle de 1958.
La Villa Van der Borght est construite en 1885 dans le bas de l'actuelle avenue du Centenaire - qui n'était pas encore tracée ; l'immeuble sera rasé en 1956.
Une église - parfois dite du Heysel - est construite vers 1890 - c'est l'actuelle église Saint-Lambert.
La Caserne des Grenadiers, construite , est inaugurée le 1902Wim van der Elst: De serres van Stuivenberg en omgeving. Een historische terugblik, LACA Tijdingen (périodique d'histoire locale de la commune de Laeken), édition spéciale, septembre 2003..
Les plans d’agrandissement du palais royal de Laeken entraînent la démolition de la caserne située sur son flanc droit, où résidait un détachement de grenadiers chargé, depuis 1840, de la surveillance des palais royaux. Léopold II se préoccupe de la construction d'une nouvelle caserne. Les travaux sont entamés le selon les plans de Jules-Jacques Van Ysendyck qui épousent un style néo-Renaissance flamande; les soldats intègrent leurs nouvelles installations le . Les bâtiments sont désormais mis à disposition par la Belgique pour la quatrième école européenne de Bruxelles.
Début du En 1905, les d'indépendance de la Belgique sont fêtés en grande pompe, entre autres dans le parc de Laeken.
Le Centenaire
vignette|gauche|Vue du stade en 1935 En 1921, la commune de Laeken est annexée par la Ville de Bruxelles qui tracera dorénavant l'avenir du site du Heysel.
À la recherche d'un terrain pour organiser les festivités du centenaire de l'indépendance belge, Bruxelles acquiert le plateau du Heysel en 1926. Dès 1927, la Ville choisit le Heysel pour la construction d'un stade de . Le stade du Centenaire est inauguré dans le cadre des fêtes du Centenaire, le , avec le Championnat du monde de cyclisme sur route. Il sera rebaptisé Stade du Heizel après la Seconde Guerre mondiale puis stade Roi Baudouin en 1995Historique du stade en ligne..
Exposition universelle de 1935
vignette|droite|Le palais des expositions lors de l'exposition universelle de 1935
Dès le début des années 1930, c'est tout le plateau qui se transforme pour accueillir l’Exposition universelle de 1935. Le Palais des expositions sort de terre - du moins les palais 2, 4, 5, 6 et 10, selon la numérotation actuelle. Le profil étagé et très reconnaissable du Palais 5, central, a inspiré le logo qui sera repris, à partir des années 1960, sur les panneaux routiers qui guident les visiteurs.
Le parc d’Osseghem est créé sur les plans de l’architecte paysagiste Jules Buyssens. Son projet est notamment d’ériger un nouveau complexe d’expositions, de stature internationale, qui soit digne d’une capitale, en remplacement du parc du Cinquantenaire devenu trop exigu. L’architecte Joseph Van Neck en conçoit le plan général. Les halles d’exposition du Grand Palais et les quatre autres palais constituent pour l’époque une prouesse technique : la grande halle étend ses sous une voute d'arceaux en béton sans soutiens intermédiaires. Une des quatre statues allégoriques de la façade du palais 5 a été conçue par Zhang Chongren.
En 1936, l'asbl Parc des Expositions de Bruxelles, aujourd'hui Brussels-Expo, est créée pour gérer le site et les expositions et salons qui s'y succèdent dont les plus emblématiques sont le Salon de l'automobile de Bruxelles qui se tient sur le site depuis 1937 et le Salon de l'Alimentation et des arts ménagers.
Exposition universelle de 1958
Dans les années 1950, le Heizel connait une nouvelle mue importante en préparation de l’Exposition universelle de 1958.
La plupart des pavillons de l'exposition sont progressivement démolis - y compris quelques-uns, particulièrement emblématiques, comme le - de Le Corbusier - et la Flèche du Génie civil, dynamitée en 1970Voir en ligne ; A. Paduart, J. Van Doosselaere, La Flèche du Génie Civil, au Heysel, Annales des Travaux Publics de Belgique, ; Design and Construction of the Civil Engineering Arrow at the Brussels International Exhibition, Journal of the American Concrete Institute, Proc. vol. 57, July 1960,51-72.. L’Atomium reste le principal vestige de cette époque, avec le Théâtre Américain, l'ancien pavillon américain - occupé par la VRT jusqu'en 2012 -, les vestiges de la passerelle royale qui menait du château de Laeken au site de l'exposition et le pavillon Tuilier, classé, aujourd'hui occupé par un restaurant. La Belgique joyeuse, lieu de divertissement de l'exposition, est remplacée par le parc Meli Heysel - succursale du Meli Park de La Panne.
Fin du Le Palais des expositions s'agrandit progressivement entre 1977 et 1998 avec la construction des palais 11, 12 et 1 : il compte dorénavant , reliés entre eux par des galeries couvertes et occupe aujourd'hui un terrain de .
L'année 1985 est marquée par le drame du Heysel : une rixe entre supporters cause lors de la finale de la coupe des clubs champions européens de football. Depuis, le stade a été réaménagé et renommé stade Roi Baudouin.