La gare de Rennes est une gare ferroviaire française de la ligne de Paris-Montparnasse à Brest, située au sud du centre-ville de Rennes, préfecture du département d'Ille-et-Vilaine et de la région Bretagne.
Elle est édifiée à la limite des quartiers Saint-Hélier, au nord, et Sainte-Thérèse, au sud, à environ un kilomètre de l’hôtel de Ville, à l’extrémité sud de l'avenue Janvier entre les boulevards de Beaumont et Solférino (au nord), la rue de l’Alma (à l’ouest), les rues de Châtillon, de Quinelieu, et Pierre-Martin (au sud) et la rue Saint-Hélier (à l’est).
C'est la principale gare de la ville, qui compte également les haltes voyageurs de Pontchaillou et La Poterie. Quotidiennement, 54 TGV et 180 trains régionaux transportent en moyenne en 2013.. En 2019, environ partent de la gare chaque jour..
Sa création remonte à 1857, lors de l'arrivée dans la ville de la ligne de Paris-Montparnasse à Brest.
Une seconde gare est créée en 1992 par un groupement d'architectes rennais constitué des agences Archipole (Thierry Le Berre), BNR (Brajon, Nicolas, Ressaussière) et Aria (Le Trionnaire) pour la mise en service du TGV Atlantique.. Un ensemble immobilier de bureaux, de services, un second accès par le Sud, et des correspondances avec les autres systèmes de transport la prolongent (gare routière, accès direct au métro).
Une troisième gare est créée d' à sur la base de la seconde. Cette profonde restructuration est destinée à accompagner l'arrivée de la LGV Bretagne (), la mise en service de la seconde ligne de métro (2022), le doublement du trafic ferroviaire (prévu entre 2019 et 2025) et la création d'un quartier d'affaires nommé EuroRennes (fin du programme en 2025).
Situation ferroviaire vignette|gauche|Situation des voies de chemin de fer autour de Rennes en 1857. Établie à d'altitude, la gare de bifurcation de Rennes est située au point kilométrique (PK) 373,251 : de la ligne de Paris-Montparnasse à Brest, entre les gares de Cesson-Sévigné. et de L'Hermitage - Mordelles. ; de la ligne de Rennes à Redon, avant la gare de Saint-Jacques-de-la-Lande. ; et de la ligne de Rennes à Saint-Malo - Saint-Servan, avant la halte de Pontchaillou..
Elle est également l'aboutissement au PK 60,301 de la ligne de Châteaubriant à Rennes, après la gare de Rennes-La Poterie..
Histoire Origine L'époque a ses modes ; aussi, l'arrivée du chemin de fer paraît inévitable aux yeux des autorités rennaises. Pour Ange de Léon, . Cette volonté de modernisation de la ville, en permettant un débouché rapide aux actuelles et futures industries permet aussi un gain d'un point de vue militaire et stratégique. La nouvelle ligne et la gare sont en effet la porte d'accès à la Bretagne, qui peut être le champ de bataille face à une invasion de l'Angleterre ou face à un soulèvement de la province, tout comme une base arrière pour défendre Paris. Dès 1841, ces opportunités stratégiques avaient été communiquées au président du conseil François Guizot, qui dirigeait l'établissement des premières grandes lignes de chemin de fer en France.
L'arrivée du chemin de fer à Rennes se précise avec le classement de la ligne de Paris à Rennes le , dans le cadre de la loi sur les chemins de fer du . Une somme de de francs est attribuée à la réalisation d'une ligne de Chartres à Rennes par la loi du . Elle précise que la concession sera d'une durée de . N'ayant pas trouvé de concessionnaire, l'État prend en charge la construction de Versailles à Chartres qu'il ouvre à la circulation le ..
C'est une compagnie anglaise, dénommée « Compagnie de l'Ouest » (première du nom), qui obtient en 1851 la concession pour d'un chemin de fer de l'Ouest jusqu'à Rennes. Les travaux reprennent conjointement entre l'État et la compagnie, ce qui permet de mettre en service supplémentaires jusqu'à La Loupe le .. Le chantier se poursuit avec les ouvertures de La Loupe à Nogent-le-Rotrou le . et de Nogent-le-Rotrou au Mans le .. La compagnie entreprend les travaux de la section suivante mais, sur décision de l'État, elle est fusionnée, par les décrets du et du , avec d'autres sociétés des chemins de fer normands et bretons, pour permettre la création de la nouvelle Compagnie des chemins de fer de l'Ouest (Ouest). Celle-ci ouvre la section jusqu'à Laval le ..
Emplacement vignette|droite|Emplacements étudiés quant à l'implantation de la gare de Rennes. Plusieurs emplacements pour établir la gare de Rennes sont à l'étude. La plupart sont situés au nord de la Vilaine, hors du tracé des Ponts-et-Chaussées. Sur un plan de la ville de 1854 sont représentés trois emplacements, tous au nordPlan de la ville de Rennes, par E. Gaboriaud, géomètre du cadastre, même plan que 1Fi73, avec différents projets d’emplacement de la gare SNCF, cote 1Fi74. : tout au nord, au cœur du faubourg de Fougères, à la limite d'octroiEntre le bras est de l’Ille près de la rue d'Antrain, l'ancien collège Saint-Vincent, et la rue de Strasbourg. ; à l’est du centre, au lieu-dit du « Mail-Donges », le long du canalEntre les actuelles rues de Viarmes, de Paris, de Strasbourg et l'avenue Aristide Briand. ; et sur les prairies Saint-Georges entre la Vilaine et son canalEntre l'actuel tracé de la Vilaine et l'avenue Alphonse Guérin.. C'est l'emplacement prévu par les Ponts-et-Chaussées, au lieu-dit « de Lorette », à l'emplacement des poudrières au sud de la ville, qui est finalement choisi.
Avant les années 1850, le sud de la Vilaine se trouvait en pleine campagne. On ne trouvait que les casernes du Colombier et l’Arsenal ainsi que le champ de Mars, au sud duquel se trouvaient deux octrois et les poudrières de LorettePlan de la ville de Rennes, 1854, par E. Gaboriaud, géomètre du cadastre, Archives municipales de Rennes, cote 1FI73.. Les seules habitations se trouvaient à l’ouest, le long de la rue de Nantes. Le bras sud de la Vilaine ne sera comblé qu’en 1860 pour créer le boulevard de la Liberté (boulevard de l’Impératrice de 1862 à 1870)Notices sur les rues de Rennes 1883, Lucien Decombe, sur Wikisource.. Les bâtiments publics et les réalisations préalables se concentraient autour de l'axe de la Vilaine. Le précédent édifice public, le palais universitaire des sciencesDevenu le Musée des Beaux-arts de Rennes., sis sur le quai sud, étant orienté vers la rivière, l'arrivée de la gare va complètement chambouler ces repères..
Excentrée par rapport au centre, la gare est reliée à la Vilaine au nord par l'avenue de la GareCette voie est devenue l'avenue Jean Janvier en 1923, après la mort soudaine du maire.. La gare amène à une étude d'urbanisation, menée par Ange de Léon, maire, dont le bilan de Archives municipales de Rennes, Plan de la ville de Rennes avec indication des travaux exécutés depuis 1855, cote 1FI76. montre les grands travaux d'extension de la ville vers le sud : achèvement de la gare, de l'avenue de la gareActuelle avenue Janvier. (l'axe le plus fréquenté de la ville en 1883), d'une rue d'accès à l'estActuel boulevard Laënnec, et la rue de Châteaudun. et du comblement du bras sud de la Vilaine ; en projet l'avenue Napoléon IIIActuel Boulevard de la Tour d'Auvergne., le futur boulevard du Colombier et le Champ de MarsActuelle esplanade du Général de Gaulle.. Jean-Baptiste Martenot, architecte de la ville, entreprend de combler l'espace vide en construisant des hôtels particuliers le long du boulevard de la Liberté, ainsi que le lycée Impérial, actuel lycée Émile-Zola.
La gare amène à la création de nouveaux pôles économiques et de logements, par l'aménagement des prairies Saint-Georges et des alentours de la gare elle-même (logements des cheminots au sud, à Quineleu). La place de la gare, triangulaire, permet de faire rayonner les rues vers la cour aux voyageurs établie au nord des voies, tout en isolant les faubourgs au sud par des franchissements obligatoires. Cette nouvelle limite urbaine ne sera vraiment dépassée que bien plus tard.
Première gare vignette|redresse|Affiche annonçant le déroulement de l'inauguration de la gare de Rennes, le . vignette|redresse|Cortège du duc Jean V, d'après un croquis de , publié dans du . La concession des lignes vers Redon, Brest et Saint-Malo en nécessite de prévoir à Rennes les installations indispensables au bon fonctionnement du service de la traction. La surface prévue pour l'aménagement de la gare de Rennes est de développés sur une longueur de . Le chantier ouvre en . Il consiste notamment à construire un bâtiment voyageurs avec une grande halle pour couvrir les quais, de de long, dans son prolongement une gare marchandises et en face, de l'autre côté des voies, une remise et des ateliers pour les locomotives..
Au printemps 1857, les travaux sont suffisamment avancés pour que l'on puisse mettre en service la gare. Le , la compagnie des chemins de fer de l'Ouest ouvre la ligne et la gare au service des marchandises et le au service des voyageurs. Entretemps, les festivités pour l'inauguration sont organisées sur trois jours, les 26, 27 et , par Adolphe Billault, alors ministre de l’Intérieur, et Ange de Léon, maire de Rennes.. Avec des spectacles historiques : la reconstitution de l'entrée de Jean V de Bretagne à Rennes, un défilé de chars représentant les multiples corporations de la ville, des bals et des banquets.. Un correspondant de l’époque indique le programme suivant : le , inauguration du chemin de fer de Rennes à Paris, bénédiction de la voie et du matériel, grand banquet officiel assaisonné de discours officiels et présidé par M. le ministre de l’intérieur, illumination de la ville ; le , cavalcade historique représentant l'entrée solennelle à Rennes du duc de Bretagne Jean V en l’an 1401, illumination de la promenade du Thabor et feu d’artifice de M. Kervella ; et le : tournoi et carrousel au Champ-de-Mars, tirage de la loterie Rennaise et bal à l’Hôtel-de-Ville..
Le bâtiment voyageurs est dû à Victor Lenoir, architecte de la compagnie. Réalisé en 1855, il présente un bâtiment principal comprenant la billetterie et les salles d'attente, complété par deux ailes perpendiculaires, le fermant en U comme un château. Il dessert cinq voies à quai, couvertes par une verrière.
La gare est à l'origine un ensemble ferroviaire complet. En 1887Archives municipales de Rennes, Plan de la gare de Rennes, septembre 1887, 105x75, plan au 1/, kilomètre , cote 2FI683., elle comprend non seulement la gare aux voyageurs et celle aux marchandises, mais aussi un atelier de réparation du matériel (tenders et voitures) mitoyen d'un dépôt de locomotives au sudÀ l'emplacement de l'actuel technicentre de Rennes, sis entre les voies et la rue Pierre-Martin. et un dépôt des voitures, situé à l'ouest du bâtiment des voyageurs, sur le boulevard Beaumont. L'ensemble tient dans ses limites actuelles nord et sud, tout en se limitant d'est en ouest à la rue du Faubourg-de-GuercheApproximativement l'actuel pont Saint-Hélier. et le pont de l'Alma.
La gare est visée deux fois par des bombardements aériens durant la Seconde Guerre mondiale. Tout d'abord le bombardement du , opéré par l'aviation allemande en rase-mottes, fait près de (bilan incertain). Un train de munitions est touché par plusieurs bombes, alors qu'il stationnait sur le triage de la plaine de Baud aux côtés de trains de militaires et de réfugiés.. Le bâtiment voyageurs ne sera pas touché, contrairement au bombardement du , où l'aviation alliée bombarde le triage à près de d'altitude.. Le triage, la gare, mais aussi les quartiers alentour, seront touchés. Le bombardement fera et ..
Entre 1939 et 1941, est construit le poste central de la gare. Ce poste d'aiguillage est adossé à la gare, le long du premier quai. C'est le dernier construit par la société Mors et il restera en service jusqu'en 2018. En , le bâtiment et l'ensemble de son équipement technique sont inscrits aux monuments historiques..
Deuxième gare