vignette|redresse=1.5|Objets en faïence de la (Brooklyn Museum).

Proche du verre dans la mesure où elle atteint une apparence « vitreuse », la faïence égyptienne est, selon . Annie Caubet et Geneviève Pierrat-Bonnefois indiquent que le terme « faïences, au pluriel indéfini, désigne depuis longtemps dans la littérature archéologique un matériau composite fait d'un corps de quartz fondu et couvert d'une glaçure », selon elles « les faïences exploitent des matières brutes peu coûteuses (sable, chaux, minerais métalliques) dont la mise en œuvre exige des compétences techniques de haut niveau ». La couleur bleu était obtenue par l'application d'une fritte, composée de silice contenue dans les Sables et les quartz, d'un silicate de cuivre, de natron ou de cendres de végétaux, et de chaux, contenant du calcium, permettant de réduire la température de fusion.

Nettement plus poreuse et malléable que le verre authentique, la faïence pouvait être pétrie à la main ou placée dans des moules pour créer des récipients ou d'autres objets David Frederick Grose, The Toledo Museum of Art, Early Ancient Glass: Core-Formed, Rod-Formed, and Cast Vessels and Objects from the Late Bronze Age to the Early Roman Empire, 1600 BC to AD 50, Manchester, Hudson Hills Press, 1999, .. Bien que les mêmes matériaux soient utilisés pour la création de la faïence et du verre, la faïence ne possède pas la structure cristalline rigide de ce dernier.

Selon Paul T. Nicholson, le verre et la faïence étaient utilisés pour imiter les pierres semi-précieuses et tous deux étaient appréciés pour leur beauté et leur durabilité. Bien qu'il ne s'agisse pas de poterie au sens strict, puisqu'elle ne contient pas d'argile, la faïence est souvent traitée comme telle.

Histoire de la technique en Égypte

La période pré-dynastique et l'Ancien Empire En Égypte, la faïence est attestée depuis la fin du en contexte funéraire badarien, sous la forme de petites perles utilisées comme parure ; dans un contexte où les arts du feu, et notamment le travail du cuivre, sont connus. Dans son étude sur ce type de mobilier pour la culture de Nagada au , Mathilde Minotti remarque que les trois procédés de fabrications de la faïence (l'application consistant à recouvrir d'émail un objet en stéatite, la cémentation et l'efflorescence), sont appliqués simultanément ; et que selon la forme de la perle, un de ces trois procédé est privilégié.

La cémentation :

L'efflorescence :

Minotti interprète ces différences techniques simultanées comme révélatrices d'un certain syncrétisme culturel au sein de la culture nagadienne. Effusion culturelle, témoignant d'une réelle mixité sociale, en contraste avec la normalisation de la production de ces faïences pendant l'Ancien Empire par un groupe dominant. Cette normalisation se traduit par la prédominance du procédé de l'efflorescence au sein d'une production centralisée par le pouvoir, favorisant, au cours du , la production d'objets variés.

Le Moyen Empire

La Première Période intermédiaire n'a pas empêché le développement de la faïence en Égypte. À Abydos en effet, plusieurs structures de combustion utilisées pour le travail de la faïence en plein air sont attestées.

Le Moyen Empire, période politique stable où l'Égypte est réunifiée, voit la production de faïence croître et se diversifier. Dans ce contexte, de nouvelles techniques décoratives sont expérimentées comme le mélange de deux pâtes donnant un effet marmoréen à l'objet ; les pratiques de l'incision et de l'incrustation sont également attestées. Enfin, la peinture noire sur fond bleu s'avère être un type de décoration typique de la période.

William l'hippopotame en faïence du Metropolitan Museum of Art démontre l'importance de la variété des styles iconographiques au Moyen Empire. Comme l'écrit Nicholson, les représentations animales étaient communes à cette époque et . Elles peuvent avoir eu une certaine signification religieuse, car elles étaient parfois associées avec une des formes du dieu Seth. Toutes les statuettes d'hippopotames de cette époque n'étaient pas soigneusement peintes, ce qui fait de William un exemple particulièrement important, avec les scènes nilotiques semblant indiquer son environnement naturel. Comme le précise la notice du Metropolitan Museum, l'hippopotame était un des animaux les plus dangereux pour les anciens Égyptiens et, dans ce cas, trois des pattes de William ont probablement été volontairement cassées pour l'empêcher de menacer le défunt dans l'au-delà (le musée a restauré ces pattes).

Plusieurs ateliers de faïenciers sont attestés à Licht, où cet artisanat était étroitement lié au pouvoir. Nicholson fait mention dans son ouvrage de la tombe du notable Debeni, proche du complexe funéraire d', possédant le titre de « responsable des faïenciers ».

Apogée au Nouvel Empire La production de faïence connaît une croissance considérable dans la deuxième moitié du . De nombreux ateliers se développent en parallèle d'une diversification croissante de la production, qui est exportée dans la frange orientale de la Méditerranée.

L'usage du moule mono-valve est également attesté pour des perles, des anneaux et des amulettes produits en grand nombre. La palette de couleur s'étend aussi largement avec l'introduction des mêmes colorants utilisés pour le verre.

Le Pendant la Troisième Période intermédiaire et la Basse Époque, la production de faïence s'étend en Méditerranée et dans le Proche-Orient. En Égypte, la faïence est attestée pour les ouchebtis notamment, destinés à accompagner le défunt dans l'au-delà et le servir.

Avec les et s, la faïence connaît un renouveau important, dans le cadre d'une recherche du passé et des arts traditionnels. Des faïences vertes et mates font leur apparition, à côté de faïences jaunes dû à l'introduction d'antimoine dans la composition, et de faïences noires obtenues grâce à l'application d'un procédé utilisé en poterie, la cuisson à atmosphère réductrice.

À la période lagide et romaine sont pratiquées des techniques décoratives comme l'incrustation, donnant un effet bicolore à l'objet en faïence. Des pièces complexes dans le domaine de la statuaire sont également travaillées, avec une préforme moulée puis travaillée à la main. Dans le domaine de la vaisselle en faïence, l'impression dans un moule similaire à la technique connue pour la céramique sigillée est expérimentée. L'atelier de faïence égyptienne de Kom el-Helul, découvert par Flinders Petrie en 1908, est le seul attesté pour l'époque romaine en Égypte. La technique de l'application de glaçure liquide sur un corps précuit y est pratiquée à grande échelle, et les formes produites par cet atelier sont exportées dans tout l'empire romain.

Notes et références

Bibliographie

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Marie-Dominique Nenna, Mervat Seif el-Din, La vaisselle en faïence d’époque gréco-romaine. Catalogue du Musée gréco-romain d’Alexandrie, Le Caire, 2000.

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