Colette Herzog est une soprano lyrique française, née le à Strasbourg et décédée le dans le République Française, Fichier des décès Notice BnF. Pensionnaire de l'Opéra national de Paris, elle était également l'une des cantatrices capables d'interpréter la musique sérielle.

Biographie Naissance Colette-Marie-Joséphine Herzog naquit à Strasbourg le .

Formation et sa première fonction Colette Herzog aurait étudié, tout d'abord, la littérature.

Puis sa formation musicale fut tenue au conservatoire de Nancy où elle était une élève de Sidonie-Lucie Schaeffer, mère de Pierre SchaefferKarine Le Bail et Martin Kaltenecker, Pierre Schaeffer : Les constructions inpatientes, préface George Henry Hubert Lascelles Earl of Harewood, Opera, tome 38, n° 1 - 6, , 1987 ; consulté en ligne le 2 mai 2022..

Au début de sa carrière, elle n'était autre qu'une enseignante. À partir de 1945, Colette Herzog enseignait au conservatoire de Besançon auquel elle restait en fonction pendant plus de dix ans.

Musicienne très active Pendant cette carrière d'enseignement, Colette Herzog n'était pas un simple professeur. Le magazine Guide du concert et du disque annonçait ses activités d'interprétation.

Elle effectua, les 16 et , ses enregistrements en faveur des radios de Nancy et de Strasbourg, qui étaient programmés en quatre émissions. Ces dernières se composaient des œuvres de compositeurs français, Gabriel Fauré, Claude Debussy, Maurice Ravel, Francis Poulenc, Louis Beydts et un certain LaurentLe Guide du concert et du disque, , , 1955, consulté en ligne le 28 mai 2022.

Son année 1956 s'illustrait de nombreuses interprétations. Le , elle chanta des œuvres de Ravel et de Poulenc au théâtre de Mulhouse. C'étaient les mélodies grecques et les Fiançailles pour rire qu'elle interprétaLe Guide du concert et du disque, n° 104, p. 744, 1956, avec l'accompagnement d'Erard Skutnik, professeur de piano au conservatoire de Belfort, consulté en ligne le 2 juin 2022. Puis le , elle enregistra, à Paris, les deux airs pour la soprano de la Cantate du café de Jean Sébastien Bach, accompagnée du clavecin. À ce jour-là, fut aussi enregistré un programme de mélodies françaises. Il s'agissait du Poème d'un jour de Fauré et, de nouveau, des Cinq mélodies populaires grecques de RavelLe Guide du concert et du disque, n° 111, p. 976, 1956, consulté en ligne le 31 mai 2022. À Nancy, deux autres programmes de radio furent enregistrés : celui des Fiançailles pour rire de Poulenc et celui des chants en allemand de Wolfgang Amadeus Mozart, de Franz Schubert, de Robert Schumann et de Richard Strauss. Puis, elle effectua ses récitals à Belfort et à Besançon, les 9 et . Son répertoire était donc très riche : Fauré, Debussy, Ravel et Poulenc en français mais aussi Bach, Mozart, Schubert, Schumann, Richard Strauss, Johannes Brahms et Hugo Wolf en allemandLe Guide du concert et du disque, , p. 1042, 1956, consulté en ligne le 28 mai 2022. Le magazine mentionnait encore son interprétation des Scènes de Faust de Schumann. Le concert fut tenu à Nancy le Le Guide du concert et du disque, , p. 371, 1956, consulté en ligne le 23 mai 2022. Encore devait-elle se déplacer à Paris le pour l'enregistrement réservé à la radio Paris Inter, lequel était suivi de deux programmes de Nancy et de deux de Lyon, dont les enregistrements étaient prévus en Le Guide du concert et du disque, , p. 386, 1956, consulté en ligne le juin 2022.

Son ascension avec le soutien d'Antoine Goléa Cependant, si elle devint une cantatrice réputée, c'était grâce à un concert, tenu le . Sous la direction de Félix Raugel, Herzog chanta la Missa brevis Sancti Johannis de Deo (Hob.XXII:7) de Joseph Haydn à l'église Sainte-Madeleine de BesançonLe Guide du concert et du disque, n° 164, p. 48, 1957 : « Traditionnellement, le premier dimanche du Festival bisontin se marque d'une Messe solennelle que solennisent des œuvres religieuses inédites ou inconnues. Ainsi, le dimanche 8 septembre, l'infatigable Félix Raugel nous offrait-il, en l'église de la Madeleine, et en première audition en France, une Messe (Missa Santi Johannis de Deo) de Joseph Haydn, un mottet (sic) ( « O Sacrum convivium » ) de Leopold Mozart et un Adagio de la Symphonie pour cordes et orgue de K.-Ph.-E. Bach. ... Colette Herzog, professeur à l'École Nationale de Musique de Besançon, l'interpréta en un beau style et un beau sentiment, prouvant ainsi qu'on peut être chanteuse ... » [consulté en ligne le 22 mai 2022]. Et à cette occasion, elle rencontra le musicologue Antoine Goléa, qui s'impressionna si profondément de la qualité de cette chanteuseAntoine Goléa et Jérome Spycket, Je suis un violoniste raté, p. 168, 1973 . Ce qui reste important est que ce musicologue ayant l'oreille absolueTémoignage de Pierre Belfond, Scènes de la vie d'un éditeur, p. 90 - 91, 2007 ait constaté que cette soprano était capable de chanter en haute précision de hauteur. En conséquence, il n'hésita pas à la conduire à la musique sérielle, dont il avait assez de connaissance.

Colette Herzog et Antoine Goléa se marièrent finalement en 1974Alain Pâris, Le Nouveau dictionnaire des interprètes, p. 631 - 632, 2004 / 2015 .

Cantatrice professionnelle À la suite de cet événement, elle quitta le conservatoire, dans l'optique de se consacrer à l'interprétation. D'abord, il s'agissait des enregistrements pour l'émissionAprès ce concert de Haydn, Le Guide du concert et du disque, (1957) présenta un enregistrement de Colette Herzog, dans les petites annonces : « ♦ La cantatrice Colette Herzog interprétera sur la Chaîne nationale la cantate n° 52 de Bach avec l'Orchestre de Radio-Strasbourg sous la direction de Charles Bruck. » [consulté en ligne le 29 mai 2022]Le même guide, n° 173, p. 344, annonça un autre enregistrement : « Colette Herzog enregistrera fin novembre à la Radio Bâle (Suisse) un programme de musique française consacré à des cantates de Rameau, Campra, Montéclair ; aux histoires naturelles de Ravel et aux quatre airs chantés de Francis Poulenc. » [consulté en ligne le 29 mai 2022]. Puis en 1958, elle chanta Le visage nuptial de Pierre Boulez à Strasbourg ainsi que Le livre des jardins suspendus d'Arnold Schönberg à Paris.

En 1959, elle rencontra Olivier Messiaen. La cantatrice, attendant une exécution des Chants de Terre et de Ciel à l'école normale de musique de Paris, avait demandé une répétition en présence du compositeur, ce qui était accepté de bon gré. Or, en raison du trépas inattendu de Claire Delbos, épouse de Messiaen, ce rendez-vous devint assez dramatique et émouvant. Le au soir, Messiaen lui offrit deux heures de répétition très intense, sans lui dire qu'il venait de l'enterrer au cimetière, juste avant de venir. À vrai dire, ces pièces avaient été écrites pour son épouse et leur nouveau-néChristopher Dingle, The Life of Messiaen, p. 153 - 154, 2007 La veille, Messiaen avait téléphoné à Colette Herzog, en s'excusant avec politesse, et lui demandé si elle pourrait repousser leur répétition une heure plus tard. Sans savoir que son épouse était décédée, elle l'avait accepté..

Colette Herzog eut l'honneur de créer plusieurs pièces. Ainsi, en 1961, elle effectua la première exécution de La Courte Paille, composée par Francis Poulenc (FP178), dans le cadre du festival de RoyaumontCarl B. Schmidt, The Music of Francis Poulenc, p. 496, Oxford University Press .

En 1964, le théâtre national de l'Opéra-Comique organisa sa présentation de Zoroastre de Jean-Philippe Rameau († 1764), en faveur du anniversaire de sa disparition. Colette Herzog participa au concoursMusée des Beaux-Arts de Bordeaux, brochure conservée Mai Musical, année, 1964 . Avant la représentation à Paris le , cette pièce fut jouée à Bordeaux dans le cadre du festival Mai musical. Donc, c'était le début de Colette pour l'interprétation d'opéra. Plus tard, en 1979, elle sortira un disque consacré à ce compositeur. D'ailleurs, cette année 1964, elle était vraiment active. Invitée par le Maggio Musicale Fiorentino, elle participa à jouer l'opéra Die Zwingburg d'Ernst Křenek. Le au théâtre des Champs-Élysées, elle fut une des solistes pour la symphonie n° 8 de Mahler.

Dorénavant, son activité se caractérisait de l'opéra. Elle fut, entre 1964 et 1971, une pensionnaire de l'opéra national de Paris. En tant que membre de son équipe, elle interprétait mêmement auprès d'autres établissements, par exemple, opéra de Limoges pour la saison 1966 - 1967Brochure du Grand théâtre municipal de Limoges, 1966, p. 17 . En 1966, lorsqu'elle interpréta Zerlina de Don Giovanni à Paris, Henri Büsser, ancien directeur musical de cet opéra Garnier, écrivit : « Mlle Colette Herzog très consciencieuse dans le rôle de Zerline ».

Originaire de Strasbourg, Colette continua, convainquant sans difficulté les oreilles des germanophones, à enrichir son répertoire. Une lettre d'Antoine Goléa était le témoignage de son grand succès à Munich en 1967, avec l'exécution de quelques œuvres de Wolfgang FortnerCatalogue d'ALDE, avril 2013, p. 47, .

Et elle restait toujours en collaboration avec ce musicologue et ses amis. Ainsi, le à Paris, elle effectua la première audition de Songe à nouveau rêve d'André Jolivet dont le texte avait été écrit par Goléa. L'œuvre, composée pour soprano et orchestre et donc conçue pour Herzog, était un fruit de leur cercle étroitAssociation Les amis d'André Jolivet, Musique vocale (catalogue) . Or, après elle, son exécution reste très rare, en raison d' « une extrême difficulté vocale »François-René Tranchefort, Guide de la musique symphonique, p. 547, 2014 .

L'année 1974 fut remarquée par son interprétation en solo pour la symphonie n° 2 de Mahler Résurrection, avec une autre soliste, contralto Helen Watts. Il s'agissait de l'inauguration du festival international de musique duquel le thème était « Vienne et sa musique ». Le concert fut tenu à la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg le vendredi , sous la direction d'Alain LombardThe New York Times, A Score of Notes on Music Festivals, le 5 mai 1974 . Au festival de Pesmes, elle participa, avec le Quatuor Parrenin, à interpréter le quatuor de SchönbergLe Monde, Le Festival de Besançon, de Pesmes à Arc-et-Senans, le 13 septembre 1974 . Cette pièce se distingue de sa particularité : la partie de la voix de soprano soutient, en tant que cinquième instrument, les deux derniers mouvements pour le texte de Stefan George. Encore cette année coïncidait-elle une courte fonction de Sergiu Celibidache à Paris. Le au théâtre des Champs-Élysées, Herzog chanta les quatre Lieder avec orchestre (op. 8) de Schönberg, sous la baguette de ce maestro qui dirigeait l'orchestre national de l'ORTFRadio France d'après les archives INA 17/09/1974 TCE Paris, Serigu Celibidache (1/5) par Benjamin François (émission du 15 juillet 2013) L'Express, 1974, n° 1199 - 1211, p. 5, consulté en ligne le 24 mai 2022. Puis, une collaboration avec Jean Fournet et l'orchestre de Paris fut tenue en pour Der Wein d'Alban Berg en musique dodécaphonique ainsi qu'une pièce de Paul HindemithOrchestre de Paris, Janos Starker joue le Concerto pour le violoncelle de Dvořák, les 11 - 13 janvier 1975 .

Encore chanta-t-elle, en 1981, El tigre de oro d'Adrienne Clostre, en faveur de la Radio France. Cela était également sa première représentation.

Dernières années Son âge avancé, elle reprit la fonction de l'enseignante. À Paris, elle enseigna le chant, tant au conservatoire national de région (CNR de Paris, créé en 1978) qu'au conservatoire municipal Francis Poulenc, où le pianiste polonais Alexandre Konicki était chargé de l'accompagnerBibliothèque polonaise de Paris, Alexandre Konicki Le Télégramme, France-Pologne : un concert et une exposition, le 2 mai 2003 .