vignette|upright=1.3|Dessin naturaliste d'une Pelagia noctiluca, méduse la plus célèbre de Méditerranée. vignette|upright=1.3|Pelagia noctiluca, in situ en Italie. Les méduses de Méditerranée constituent un assemblage unique d'espèces de cnidaires pélagiques présentes dans le bassin quasi-fermé de la mer Méditerranée. En Méditerranée, les méduses au sens strict (classe des Scyphozoa) sont représentés par environ vingt espèces, auxquelles s'ajoutent des cuboméduses, hydroméduses et éventuellement des siphonophores (qui ne sont pas organisés morphologiquement dans une forme méduse), ainsi qu'un certain nombre d'autres animaux gélatineux qui ne leur sont pas apparentés.

L'espèce urticante Pelagia noctiluca est l'une des méduses les plus abondantes dans cette mer (avec celles du genre Aurelia, inoffensives), et sans doute la plus célèbre pour les pullulations auxquelles elle est sujette, et les nombreux désagréments que cela peut entraîner pour les usagers de la mer. Toutefois, la plupart des autres méduses scyphozoaires sont inoffensives, mais partagent la mauvaise réputation de leur congénère. Toutes participent activement à l'équilibre biologique de la Méditerranée, et constituent un maillon essentiel de la chaîne alimentaire.

Situation géographique vignette|upright=1.5|alt=Localisation des différentes mers qui forment le bassin méditerranéen entouré par l'Europe, l'Afrique et l'Asie.|Image satellite du bassin méditerranéen.

La mer Méditerranée est une mer quasi-fermée, séparée en quatre bassins principaux : le bassin occidental, la mer Adriatique, la Méditerranée centrale et le bassin oriental ou levantin . La Méditerranée est connue comme étant une mer très oligotrophe, c'est-à-dire pauvre en nutriments (et encore plus le bassin oriental) : seuls deux fleuves majeurs s'y jettent (le Rhône et le Nil), et son faible courant limite la circulation des nutriments, et en particulier des nitrates et des phosphates. . En conséquence, la quantité de phytoplancton y est assez faible, et l'écosystème pélagique moins dense que dans d'autres régions océaniques. Cela explique des disparités parfois importantes dans les populations de méduses.

Bordée par méditerranéens où réside une population côtière de d'habitants, la Méditerranée est la première destination touristique mondiale et l'une des principales voies de navigation commerciale de la planète, qui voit défiler un quart du trafic commercial et un tiers du trafic pétrolier mondiaux.. En conséquence, les pollutions et nuisances y sont très importantes, et le transport maritime accentue les risques d'invasions biologiques..

Généralités sur les vignette|Illustrations représentant des Discomedusae, issues des Formes artistiques de la nature d'Ernst Haeckel (1904).

Le terme est un nom vernaculaire désignant les formes nageuses de nombreux groupes de cnidaires et qui s'opposent donc aux formes , sessiles (attachées au fond), telles que les coraux et anémones. Quasiment tous les cnidaires passent à un moment de leur vie par un stade polype et un stade méduse, même si ce dernier n'est parfois que court et uniquement larvaire. Les méduses peuvent donc être définies au sens large comme les cnidaires chez lesquels le stade méduse domine (ou constitue le stade final, reproducteur). Leur mode de vie les range dans la catégorie du zooplancton (animaux vivant en suspension et incapables de nager contre le courant), même si certaines peuvent être énormes. Ce sont des animaux gélatineux, organisé selon un plan rayonnant, dépourvus d'organes durs et généralement translucides. Ils s'organisent généralement en une ombrelle (qui contient la plupart des organes, généralement dupliqués selon le plan d'organisation rayonnant, donc le plus souvent en 4 ou 8), d'où descendent des filaments (qui contiennent les cellules chasseresses, les nématocystes) et parfois des bras (essentiellement chez les scyphozoaires). Ils sont dépourvus de squelette, de cerveau et de branchies mais, en réalité, leur structure peut être plus complexe qu'elle n'en a l'air, et certaines espèces peuvent même posséder des structures sensorielles très élaborées comme des ocelles (yeux rudimentaires), rassemblées au sein de rhopalies.

Les Scyphozoaires sont les , avec un stade polype fixé très réduit et parfois absent, qui vivent dans les eaux salées, en haute mer ou dans les régions néritiques. Les Staurozoaires, les Cubozoaires et les Hydrozoaires, caractérisés par l'alternance successive de formes polypes (asexués) et de formes méduses (sexuées), sont également des espèces essentiellement marines à l'exception de l'ordre des Hydroida qui vit en eau douce.

Il existe environ de méduses répertoriées au début du ., dont seulement une minorité (182) sont des méduses « vraies » (scyphozoaires), la majorité des cnidaires pélagiques étant des hydroméduses, plus petites et de formes moins régulières. La base de données TaxRef ne recense que de méduses scyphozoaires pour toute la France métropolitaine (Atlantique inclus)Gargominy, O., Tercerie, S., Régnier, C., Dupont, P., Daszkiewicz, P., Antonetti, P., Léotard, G., Ramage, T., Idczak, L., Vandel, E., Petitteville, M., Leblond, S., Boullet, V., Denys, G., De Massary, J.C., Dusoulier, F., Lévêque, A., Jourdan, H., Touroult, J., Rome, Q., Le Divelec, R., Simian, G., Savouré-Soubelet, A., Page, N., Barbut, J., Canard, A., Haffner, P., Meyer, C., Van Es, J., Poncet, R., Demerges, D., Mehran, B., Horellou, A., Ah-Peng, C., Bernard, J.-F., Bounias-Delacour, A., Caesar, M., Comolet-Tirman, J., Courtecuisse, R., Delfosse, E., Dewynter, M., Hugonnot, V., Lavocat Bernard, E., Lebouvier, M., Lebreton, E., Malécot, V., Moreau, P.A., Moulin, N., Muller, S., Noblecourt, T., Pellens, R., Thouvenot, L., Tison, J.M., Robbert Gradstein, S., Rodrigues, C., Rouhan, G. & Véron, S. 2021. TAXREF v15.0, référentiel taxonomique pour la France, UMS PatriNat, Muséum national d'Histoire naturelle, Paris., et le site DORIS en compte 10 de relativement communes et observables sur la Méditerranée française seule, auxquelles il ajoute une cuboméduse et 22 hydrozoaires pélagiquesFiches de méduses méditerranéennes sur DORIS.. En général, on compte environ de scyphoméduses, et (ainsi que , qui ne sont pas morphologiquement des méduses).

Un grand nombre d'autres animaux ont adopté une morphologie et un mode de vie similaires, comme les cténophores, sans faire partie des cnidaires pour autant, et ne devraient donc pas être appelés , même si la désignation anglaise de les englobe tous.

Liste des espèces Méduses au sens strict : Scyphoméduses (Scyphozoa) Les Scyphoméduses (ou Acalèphes) sont les méduses « vraies », plus évoluées que les autres groupes. L'ombrelle est le plus souvent hémisphérique et sa musculature est bien développée (muscle coronal situé sous l’ombrelle). Les acalèphes sont généralement de grande taille et pélagiques. Elles appartiennent soit au plancton côtier, soit au plancton de haute mer. Les Acalèphes ont été répartis en trois ordres. Séméostomes thumb|Dessin de Chrysaora hysoscella par Ernst Haeckel. Les Séméostomes sont des méduses possédant des filaments urticants (mais pas toujours capables de percer un épiderme humain). Aurelia aurita est une méduse séméostome de grande taille bien connue en Europe, et relativement inoffensive. Pelagia noctiluca est une méduse séméostome très urticante de couleur rose (parfois appelée ), régulièrement sujette à de vastes invasions en Méditerranée. Drymonema dalmatinum Chrysaora hysoscella -- Méduse rayonnée Mawia benovici (anciennement Pelagia benovici) Pelagia noctiluca -- Pélagie ou méduse violette Aurelia aurita -- Aurélie Aurelia coerulea -- Aurélie de Méditerranée Aurelia solida Discomedusa lobata -- Discoméduse

Rhizostomes thumb|Rhizostoma pulmo est une grosse espèce assez commune en Méditerranée. Les Rhizostomes sont les méduses les plus évoluées. Elles se nourrissent de petits animaux planctoniques, et complètent leur alimentation grâce à une association avec des algues symbiotiques : les zooxanthelles. Les Rhizostomes abondent surtout dans les mers chaudes, mais elles se plaisent relativement bien en Méditerranée, à tel point que plusieurs espèces tropicales importées par mégarde semblent s'y acclimater. La plupart sont inoffensives ou faiblement urticantes pour les humains, et leurs filaments sont souvent atrophiés. Cassiopea andromeda (méduse ) Catostylus tagi Cotylorhiza tuberculata -- Méduse œuf au plat Marivagia stellata Phyllorhiza punctata (introduite) Rhizostoma luteum -- Rhizostome jaune Rhizostoma pulmo -- Rhizostome Rhopilema nomadica -- Méduse nomade

Coronates thumb|L'espèce Nausithoe punctata se rencontre surtout à son stade fixé, comme ici près de Marseille, associée à une éponge. Les Coronates sont des méduses dont le bord de l'ombrelle est découpé en lobes, au fond desquels sont insérés les tentacules. Les Coronates sont de petites espèces, vivant essentiellement en haute mer (et parfois très profond), le plus souvent dans les régions tropicales. Nausithoe punctata -- Nausithoé

Hydroméduses (Hydrozoa) La classe des Hydroméduses regroupe les formes méduses autonomes de différentes espèces d'hydrozoaires (elles possèdent par ailleurs toutes un stade benthique, plus ou moins long). Ces méduses ont l'organisation la plus simple du groupe, et on en compte cinq ordres principaux. Quasiment tous les hydrozoaires ont un stade pélagique durant leur cycle de vie, mais seuls certains adoptent alors une morphologie . Les Porpitidae ont des formes discoïdes et flottantes, et les siphonophores ont des formes complexes généralement sans organe en forme d'ombrelle. Trachyméduses Les Trachyméduses sont des méduses de petite taille, mesurant quelques centimètres de diamètre. Elles sont hémisphériques ou aplaties. Le nombre de leurs filaments varie de 8 à 32. Les trachyméduses habitent généralement en haute mer et ne sont présentes dans les zones côtières que pendant les saisons froides, amenées par les courants. L'espèce Geryonia proboscidalis est cosmopolite et peut être rencontrée en Méditerranée (elle se reconnaît à sa symétrie d'ordre 6, rare chez les méduses). Aglaura hemistoma Geryonia proboscidalis -- Geryonia à trompe

Narcoméduses vignette|upright=0.8|Dessin de Solmissus albescens, espèce abyssale parfois visible en surface. Les Narcoméduses disposent d'une organisation plus complexe. Leur ombrelle est le plus souvent aplatie, lenticulaire ou discoïdale. Les narcoméduses sont peu nombreuses, mais abondantes en Méditerranée en grande profondeur ; elles sont plus rares dans les mers tropicales et à peine représentées dans les mers froides. Leur taille varie en général de 3 à de diamètre. Elles sont amenées près des rivages par les courants pendant la saison froide. Solmissus albescens -- Solmissus

Limnoméduses vignette|Stade polype de Clytia hemisphaerica. Les Limnoméduses sont de petits hydroïdes en forme de méduses simples, principalement solitaires et rarement coloniales et sessiles. Elles peuvent avoir des tentacules ou non, n'ont pas de thèque mais un périderme muqueux. Quelques espèces peuvent être trouvées en eaux douces. Clytia sp. (nombreuses espèces minuscules très difficiles à distinguer) Gonionemus vertens -- Méduse adhésive Olindias muelleri (synonyme de Olindias phosphorica)

Leptoméduses Les Leptoméduses sont de petites méduses pélagiques à l'organisation extrêmement simple. Beaucoup d'espèces de ce groupe privilégient cependant la forme polype, fixée et coloniale (formant des ramifications d'allure végétale). Aequorea forskalea -- Equorée Eutima gegenbauri Laodicea undulata -- Laodice Neotima lucullana

Anthoméduses