vignette|Le bâtiment de la Faïencerie. La Manufacture lorraine saint-Jean l’aigle, est une entreprise familiale qui conçoit et fabrique artisanalement des céramiques émaillées sous l’appellation « émaux de Longwy », ainsi que des barbotines et des majoliques. Elle est dirigée par Danielle Peiffer, maître-faïencière et directrice générale et Jacques Peiffer, administrateur général, docteur en sciences des céramiques et expert céramographe.

Le bâtiment est installée dans un ancien château de maîtres de forges du . Doté de neuf fours (dont le dernier four à bois de Longwy), il est impliqué dans les recherches historiques et conserve sept-cents volumes de technique céramique et des archives. vignette|Entrée de la Faïencerie St Jean l'Aigle Son atelier-laboratoire est spécialisé dans la restauration du patrimoine et se voit confier des commandes publiques et des restaurations d'ouvrages historiques.

La faïencerie héberge également un musée privé où sont exposés des œuvres céramiques de peintres et sculpteurs tels que Picasso, Mucha, Majorelle, Mougin, Rodin ou Gallé.

Historique vignette|Château des Hauts-Fourneaux de Longwy, vers 1890. La Manufacture lorraine Saint-Jean l’Aigle est conçue en 1977 au cours des travaux réalisés par le sculpteur, designeur et céramiste Jacques Peiffer dont la grand-mère et l’oncle étaient faïenciers à Longwy en 1928, et Danielle Noël, agréée en architecture. Il s'agit d'une société à responsabilité limitée inscrite au registre du commerce de Briey le après sept mois d’essais et d’études techniques pour perfectionner la céramique de Longwy, après la faillite et disparition de l’ancienne Société anonyme des Faïenceries de Longwy le .

En 1981, Jacques Peiffer et Danielle Noël-Peiffer font l’acquisition auprès de Serge d’Huart du bâtiment de l’ancienne fabrique et ils y déplacent les ateliers de Saint-Jean l’Aigle. Cependant, un incendie détruit ce bâtiment la même année, conduisant à l’acquisition du château de direction de la société des Hauts-Fourneaux de la Chiers (fermée en 1979) où ils transfèrent en 1981 leurs activités faïencières et muséographiques. vignette|Décoration : pose des rehauts de feu de moufle sur les émaux en relief d’un décor cerné.Un musée-conservatoire privé dédié aux procédés de conservation-restauration des céramiques anciennes est créé. Cet établissement accueille des étudiants français et étrangers et propose des cycles de formation professionnelle et d’histoire des arts. Son fonds d’archives et sa bibliothèque technologique sont consultés par de nombreux spécialistes et historiens, assurant des expertises et la rédaction de catalogues pour des musées (Bicentenaire de la Légion d’honneur: Musées de la Ville de Luxembourg/Ambassade de France/Chancellerie de la Légion d’honneur, Paris - Luxembourg, 2002; commissariat muséographique et catalogue) et des commissaires-priseurs (Trois belles collections d’émaux de Longwy, Catalogue de vente, Étude Cappelaere, Bar-le-Duc/Paris, 3 juin 2012). vignette|Commande publique - façade en céramique (création par le bureau d’étude de la manufacture). vignette|Travaux de restauration Monument Historique : émaux cloisonnés du grand portail de l’Église Notre-Dame-au-Cierge, Épinal. Cet engagement de la manufacture dans la continuité céramique du Pays de Longwy a été récompensé par le Trophée National Patrimoine et Musées car ses chercheurs publient depuis plus de quarante ans des études de références sur les céramiques, à fondements historiques et techniques, ce qui lui vaut une réputation internationale par ses ouvrages en anglais, en allemand et en Néerlandais.

La marque commerciale «Émaux de Longwy Saint-Jean l'Aigle» Cette marque de la manufacture est réservée pour la céramique décorative et pour l’édition d’artistes contemporains, selon le brevet d’Eugène Collinot déposé en 1864 et adopté à Longwy en 1873. Dirigée par une femme Maître-Artisan d’art, Saint-Jean l’Aigle est engagée depuis sa fondation dans la transmission du savoir-faire traditionnel de Longwy inscrit à l’Inventaire du Patrimoine Culturel Immatériel en France, notamment la pérennisation de la pose manuelle au pinceau et en relief des émaux cernés par un filigrane de piments vitrifiés. La manufacture, sous la régie d’un Meilleur Ouvrier de France, a employé jusqu’à dix-sept praticiens spécialisés et elle a reçu le Grand Prix Régional des Métiers d’art, le Grand Prix de la Formation aux Métiers d’art, le Grand Prix du Dynamisme, le Grand prix de la Création, la qualification d’Entreprise du Patrimoine Vivant. Son inscription à l’Inventaire du Patrimoine Culturel Immatériel en France témoigne de la richesse de son savoir technologique et de ses collections de céramiques historiques. Son domaine est aussi celui des commandes de restauration d’œuvres et de Monuments Historiques (Reliquaire de la cathédrale de Saint-Dié, Émaux du Portail de l’Église Notre Dame-au-Cierge, Épinal; Céramique de la façade de l’École des Arts Déco de Strasbourg, grès architecturaux de la Villa-Musée Majorelle, Nancy ; stèles monumentales de Picart Le Doux, Longlaville, Fontaine Pierre Gessier, Collège de Dannemarie, Alsace) ainsi que des commandes de créations publiques en relation avec des artistes contemporains (Vera Molnar, Johan Creten, Vincent Mauger), pièces uniques d’œuvres de titulaires de Grand Prix de Rome (Claude Goutin et Bernard Mougin) et de Meilleurs Ouvriers de France (Jacques Peiffer, Eddy Légus).

Les racines de la céramique au Pays-Haut La poterie Boch d’Audun-le-Tiche est fondée en 1747 (Rôle des Boch et des Villeroy dans la céramique des et siècles, Thomas Thérèse, Thèse de doctorat présentée à l'Institut supérieur d'histoire de l'art et d'archéologie de l'Université de Liège), suivie en 1796 dans la vallée de la Moulaine par la poterie-faïencerie de Senelle (Herserange-Longwy) puis, en 1798, par la faïencerie en terre de pipe des Carmes (Longwy). La poterie de grès de Mont-Saint-Martin, créée vers 1830 et plusieurs tuileries et briqueteries ont également fabriqué des céramiques dans les villages avoisinants.

Le Pays de Longwy, une famille dans la création contemporaine vignette|Faïencerie St Jean l'Aigle : Vase monumental tourné à la main. vignette|Emaux de Longwy : Vase à décor moderniste sur émaux craquelés, édition d’artiste. (Faïencerie St Jean l'Aigle) Dans les vallées de Longwy, quatre manufactures historiques ont produit pendant plus de deux siècles des céramiques: poteries communes à pâte ferrugineuse, terres blanches dite terres de pipe, faïences, émaux d’art, barbotines, majoliques, grès de grand feu et porcelaines, terres réfractaires industrielles. Cette diversité est le fleuron du pays de Longwy, elle se perpétue par la passion d’une famille qui associe depuis 1928 la maîtrise des flammes à l’âme de la terre (Renaissance du Vieux Metz et des Pays Lorrains, pp. 61-80, ISSN 1158-2626). La faïencerie Saint-Jean l’Aigle fondée en 1978 par Danielle Noël, première femme à établir une faïencerie à Longwy, est la plus ancienne fabrique en activité sans discontinuité au pays de Longwy. Maître-artisan d’art et pionnière dans la formation artistique de ses décoratrices, elle a replacé le Certificat d’Aptitude Professionnelle à l’issue des formations, entretenant ainsi sa production d’Émaux de Longwy manufacturés selon des critères qualitatifs. De vieille souche lorraine, Danielle Noël a conduit ses ateliers d’art à obtenir les plus hautes récompenses officielles, notamment par des savoir-faire 100% manuels selon les protocoles originaux du . Cette volonté éthique repose sur des contributions historiques, comme celle de Maurice-Paul Chevallier, ancien chef décorateur de la fabrique des Carmes, qui reprend du service en 1998 pour réintroduire des décors classiques, certains en affinité avec le style moderniste d’émaux à effets éruptifs, une évolution contemporaine que développe le directeur des ateliers d’art Jacques Peiffer. Neufs fours électriques et à gaz assurent la production, un four à bois à flammes renversées est utilisé pour des œuvres spécifiques atteignant deux mètres de hauteur.

Savoir-faire historique et exploration contemporaine La synergie de la manufacture se fonde sur la conservation des anciens tours de main et des outillages d’antan, associés à la recherche de nouvelles approches créatives, technologiques ou exploratoires. Les pratiques d’atelier entretiennent des spécificités rares pour les collectionneurs et les amateurs de travaux singuliers: glaçures flammées, majoliques à double cuisson, barbotines aux nuances impressionnistes, cloisonnés d’inspiration exotique ou Art Nouveau, cernés Art Déco, ou encore grès mats à peau de velours. Haut-lieu technologique et théâtre des splendeurs séculaires de l’artisanat d’art français, la manufacture s’est faite une réputation nationale avec des créations d’œuvres publiques ainsi que pour des travaux de restauration de monuments historiques. Son bureau d’étude est associé à des recherches technologiques universitaires (extrusion de pâte céramique par 3D, fraisage en commande numérique) pour les travaux sur maquette ou plan pour des architectes et des décorateurs, notamment pour des bâtiments publics ou encore pour des interventions complexes (miniaturisation des bornes de la Voie Sacrée) et reconstitution de la fontaine de Dannemarie de Pierre Gessier, ancien élève de Matisse. Son domaine d’expertise recouvre des prestations techniques (vitraux de Majorelle) ou des interventions fonctionnelles (restauration de la châsse de saint Dié, cathédrale de Saint-Dié; tabernacle de l’église Notre-Dame-au-Cierge, Épinal).

Une vision de la création contemporaine vignette|Dragon, édition d’artiste (Tiph’) : décor à sujet de bandes dessinées L’atelier d’art de la manufacture réalise des commandes publiques pour l’État (œuvres des plasticiens Vera Molnar, Johan Creten et Vincent Mauger) mais également les œuvres d’artistes contemporains dont les exigences artistiques et techniques sont soit des pièces uniques signées, soit des petites séries originales et numérotées. Les archives de la manufacture citent les peintres et plasticiens Denis Bauquier, Becdonnel alias Dutretet, Serge Benti, Louise Bousquet, Laurent Brunel, Fabienne Campèse, le décorateur en chef Maurice Paul Chevallier, Jean-Luc Curabet, Demereau, Jean-Marie Desfossé, Jean-Claude Duvic, Henri Fuss, Gagliardi, Jean-François Galéa, Gégald, Jean-Louis Guermann, Lucien Hamono, Sachiko Hata, Jean-Jacques Jouve, Klément, Gérard Larguier, Leb de Laval, Tania Lecaillon, Eddy Légus, Pascale Lelièvre, Jean-Pierre Lesquoy, Joël Lorique, Lustrat, Gérald Mazzalovo, Jean Morette, Christiane et Jean Olivier, Peggy Peg’s, Magaly Samson, Hélène Tyreck, Guy Untereiner, Philippe Vacherot, le graffeur Valer, Jonathan Zachary, Amilcar Zanoni; les illustrateurs Chandre, Lesourd et Tiph’A, le photographe Pascal Bodez, deux Grands Prix de Rome de sculpture, Claude Goutin et Bernard Mougin, un Meilleur Ouvrier de France, Jacques Peiffer, ont également fait l’objet d’éditions spéciales lors d’expositions (Atlanta, Bandol, Barcelone, Biennale de Châteauroux, Keramik Museum de Mettlach, Laval, Metz, Nancy, Paris, Musées de Sarrebourg et de Sarreguemines). vignette|Émaux de Longwy pour décoration : édition d’artiste (MP Chevallier et Jacques Peiffer)