thumb|Plaque de commémoration des émeutes de la cafétéria Compton apposée le 22 juin 2006 dans le Tenderloin district à San Francisco.
Les émeutes de la Compton's Cafeteria se sont produites en août 1966 dans le quartier de Tenderloin à San Francisco. Les émeutes sont une réponse au harcèlement policier violent et constant des drag queens et des personnes trans, en particulier des femmes trans. L'incident a été l'une des premières émeutes LGBT de l'histoire des États-Unis, précédant les plus célèbres émeutes de Stonewall de 1969 à New YorkIn 1959 a smaller riot broke out in Los Angeles, when drag queens, lesbians, gay men, and transgender people who frequented Cooper Do-nuts and who were often harassed by the LAPD fought back after police arrested three people, including John Rechy. Patrons began pelting the police with donuts and coffee cups. The LAPD called for back-up and arrested a number of rioters. Rechy and the other two original detainees were able to escape. Faderman, Lillian and Stuart Timmons (2006). Gay L.A.: A History of Sexual Outlaws, Power Politics, and Lipstick Lesbians. Basic Books. pp. 1–2. . Cela marque le début de l'activisme transgenre à San FranciscoBoyd, Nan Alamilla (2004). "San Francisco" in the Encyclopedia of Lesbian, Gay, Bisexual and Transgendered History in America, Ed. Marc Stein. Vol. 3. Charles Scribner's Sons. pp. 71–78..
Les années 1960 ont été une période charnière pour les minorités sexuelles, de genre et ethniques, alors que les mouvements sociaux défendant les droits civiques et la libération sexuelle se concrétisaient. Des groupes sociaux ont aidé à se mobiliser et même des églises, comme l'église méthodiste Glide Memorial à San Francisco, ont commencé à tendre la main à la communauté transgenre. Néanmoins, de nombreux policiers ont résisté à ces mouvements et à la visibilité croissante de ces groupes, continuant à harceler et maltraiter les personnes transgenres. Cette augmentation simultanée du soutien aux droits des transgenres d'un côté et la réticence à accepter ces nouvelles idées de l'autre ont créé la tension qui a alimenté l'émeute à la cafétéria de Compton à l'été 1966. L'incident commence lorsqu'une femme transgenre a résisté à son arrestation en jetant du café sur un policier. Elle a été suivie par des drag queens et des femmes transgenres qui ont afflué dans les rues, ripostant avec leurs talons hauts et leurs sacs lourds. vignette|Gâteau « Screaming Queens » d'après le nom du documentaire de Susan Strycker, réalisé pour le 50ème anniversaire des émeutes en 2016. En 2005 Susan Strycker réalise le film documentaire Screeming Queens qui retrace l'histoire des émeutes. Les émeutes sont également représentées dans la série Les Chroniques de San Francisco.
Contexte droite|vignette| L'intersection des rues Taylor et Turk, après la marche Trans de San Francisco en 2019. Un panneau sous le panneau de Taylor Street indique «Gene Compton's Cafeteria Way». Sensibilisation accrue à l'identité transgenre vignette|Howard Knox et Christine Jorgenson en 1959. Le grand public a été sensibilisé aux identités transgenres après la célèbre transition médicale et la chirurgie de réassignation sexuelle de 1952 de Christine Jorgensen au DanemarkScreaming Queens: The Riot at Compton's Cafeteria (documentary film by Victor Silverman and Susan Stryker, 2005). Dans les années 1960, après l'opération de Jorgensen, les idées et les perceptions du genre et des personnes transgenres commencent à changer. Les normes et expressions de genre commencent à être déconstruites. De nombreuses féministes ont cessé de porter des soutiens-gorge et du maquillage, les hippies et les membres des Beatles ont laissé pousser leurs cheveux longs, et une mode non sexiste, par exemple l'utilisation de motifs floraux, devient plus populaire. En 1966, quelques mois avant l'émeute, le Dr Harry Benjamin, qui a traité Jorgensen, publie son livre The Transsexual Phenomenon. Dans les années 1950 et 1960, Benjamin propose des informations, des hormones et des opérations de réassignation sexuelle aux personnes transgenres. Peu de temps avant l'émeute, il ouvre un cabinet à San Francisco, au 450 Sutter Street, et de nombreuses femmes transgenres qui fréquentaient la Cafétéria de Compton ont été traitées par Benjamin. Le livre de Benjamin, The Transsexual Phenomenon, a légitimé le concept de « transsexualité » (terme désormais obsolète) non seulement auprès du public, mais aussi auprès de la communauté médicale. Le livre a également popularisé le concept de transition médicale comme moyen de traiter les patients transgenres. Dans les années qui ont suivi la publication du livre, plusieurs universités ouvrent des cliniques spécialisées dans les questions de genre. De 1964 à 1967, Reed Erickson contribue à la création et au financement de plusieurs de ces cliniques par le biais de la Erickson Educational Foundation. Au milieu et à la fin des années 1960, la clinique de l'université Johns Hopkins prévoit d'offrir des chirurgies de transition médicale.
Tenderloin District La première définition du terme « tenderloin » (en français : filet) de l'Oxford English Dictionary indique qu'il s'agit de . La deuxième définition répertoriée pour le terme d'argot « tenderloin district » (en français : district de filet) indique que le terme désigne . Selon la deuxième définition, le tenderloin district . En termes plus simples, tenderloin district fait référence à un quartier caractérisé par une police corrompue qui ne signale pas les activités illégales en échange d'argent.
Le quartier de San Francisco a toujours été habité par des populations traditionnellement marginalisées - gens de la classe ouvrière, gens de couleur, etc. Au début des années 1960, il y eut une poussée pour la « rénovation urbaine » du quartier riverain de North Beach et du quartier South of Market, qui étaient de façon ouverte des zones ouvrières gays. Grâce à un maintien de l'ordre intense et à un réaménagement ciblé des quartiers, les résidents ont été expulsés et forcés de déménager. Beaucoup ont déménagé dans le quartier de Tenderloin, qui est directement adjacent à South of Market et à quelques pâtés de maisons de North Beach. Cette relocalisation a fait du Tenderloin une zone largement composée de personnes queer et trans. Il y avait déjà quelques bars gays dans le quartier, mais beaucoup d'autres ont été créés à mesure que la population LGBTQ continuait de croître.
Prostitution dans le tenderloin district gauche|vignette| Felicia "Flames" Elizondo prend la parole lors d'une célébration du 50e anniversaire de l'émeute de la cafétéria de Compton en août 2016. De nombreuses femmes trans et drag queens avaient recours à la prostitution , ce que beaucoup d'entre elles qualifiaient de « tapinage », afin de survivre. Un certain nombre de femmes que Susan Stryker a interviewées pour le film documentaire de 2005 Screaming Queens: The Riot at Compton's Cafeteria, qui étaient toutes membres de la communauté trans du quartier Tenderloin au moment de l'émeute de la Compton's Cafeteria, étaient impliquées dans la prostitution de rue. Parmi ces femmes se trouvait Tamara Ching, qui devint plus tard une militante des droits des travailleuses du sexe. Elles se sont retrouvées dans cette position, selon leurs propres confessions, parce qu'elles ont fait face à de la discrimination dans l'activité et à une marginalisation systématique qui leur rendait impossible l'accès à un emploi légal. Finalement, elles ont cessé d'essayer de rechercher un emploi ailleurs, même si certaines « chanceuses » ont été sauvées des dangers de la prostitution de rue parce qu'elles pouvaient « passer » (c'est-à-dire être perçues comme cisgenres par la société) et obtenir d'autres emplois, comme chanteuses et danseuses. Les travailleuses du sexe trans ont été harcelées par la police et maltraitées par leurs clients. Certaines des femmes ont pu aller chercher des clients dans des bars et des clubs, mais de nombreux établissements ne voulaient pas qu'elles y travaillent parce que c'était illégal et que la police pouvait faire une descente dans le bâtiment à tout moment. Beaucoup de femmes ont été forcées de travailler dans la rue, ce que beaucoup d'entre elles considéraient comme plus dangereux. Beaucoup ont été assassinées ou agressées, et il y avait notamment un tueur en série qui ciblait, mutilait et tuait spécifiquement les travailleuses du sexe trans (en particulier celles qui travaillaient dans la rue) dans le Tenderloin. Felicia Elizondo, une participante à l'émeute, rappelle en 2015 que .
Cafétéria Compton La Compton's Cafeteria était une chaîne de cafétérias appartenant à Gene Compton à San Francisco des années 1940 aux années 1970. L'emplacement Tenderloin de Compton's au 101 Taylor Street (à Turk) - ouvert de 1954 à 1972 - était un lieu de rencontre populaire pour les personnes transgenres, en particulier les femmes trans. La cafétéria était davantage un lieu de socialisation qu'un restaurant. Compton's était l'un des rares endroits où elles pouvaient se rencontrer, car de nombreuses femmes trans n'étaient pas les bienvenues dans les bars gays en raison de la transphobie. Avant l'émeute, la cafétéria était ouverte toute la nuit, donc les personnes trans et les drag queens pouvaient se retrouver après une longue nuit de tapinage (c'est-à-dire de travail du sexe). Elles y allaient pour montrer qu'elles avaient passé la nuit et étaient vivantes (au vu des nombreuses agressions de femmes trans dans le secteur) et pour montrer leurs atours féminins.
La direction et le personnel de Compton, dans le but de dissuader la présence de drag queens et de femmes trans, ont fréquemment appelé la police lorsqu'elles étaient présentes, menant à leur harcèlement et leur arrestation pour « usurpation d'identité féminine » (en anglais : female impersonation). La police entrait également dans Compton sans être appelée pour y mener des contrôles. La police pouvait arrêter des drag queens et des femmes trans pour avoir porté des vêtements ou du maquillage pour femmes. L'une des femmes trans de Screaming Queens a noté qu'une femme trans pouvait être arrêtée pour avoir les boutons du mauvais côté (c'est-à-dire le côté gauche de la chemise, où les boutons ont tendance à être placés sur les vêtements des femmes). Le travestissement étant illégal à l'époque, la police pouvait utiliser la présence de personnes transgenres dans un bar comme prétexte pour faire une descente et fermer l'établissementSears, Clare. "Electric Brilliancy: Cross-Dressing Law and Freak Show Displays in Nineteenth-Century San Francisco." WSQ: Women's Studies Quarterly 36, no. 3 (December 14, 2008): 170–87. .. Avant l'émeute de la cafétéria Compton, il y avait souvent des bagarres physiques entre clients qui se produisaient de 2h à 3h du matin, ce qui fournissait une autre raison pour laquelle la police pouvait faire une descente et faire fermer les lieux. La cafétéria était habituellement ouverte toute la nuit avant que l'émeute se produise. Après l'émeute, la cafétéria de Compton a commencé à fermer à minuit dans le but d'éviter de nouveaux conflits, et l'établissement ferme définitivement ses portes en 1972. Il n'existait aucune photo ou enregistrement de l'extérieur du bâtiment. En 2021, des photos prises en 1970 d'un événement sans rapport et montrant la cafétéria de Compton en arrière-plan font surface sur les réseaux sociaux.
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