Les déchets ont toujours été générés par l'homme. Dans les zones à faible densité de population, la production de déchets peut avoir été négligeable. Dans les zones plus peuplées, même des déchets largement biodégradables devaient être traités. Parfois, ceux-ci ont été relâchés dans les eaux souterraines avec à la clef dégradation de l'environnement comme ce fut le cas dans le Nor Loch. Les Mayas d'Amérique centrale avaient un rituel mensuel fixe, dans lequel les habitants du village se rassemblaient et brûlaient leurs ordures dans de grandes décharges.

Antiquité El Kowm, en Syrie Le premier système connu de gestion des eaux usées est situé dans l'actuelle Syrie (El Kowm). Située dans le Croissant fertile, l'oasis mésopotamienne montre des preuves de la gestion des eaux usées à partir d'environ 6500 avant notre ère. La zone est à environ au nord-est de l'ancienne ville de Palmyre.. Le site d'El Kowm bénéficie d'un vaste urbanisme centré sur l'évacuation des eaux usées domestiques.. Il existe un système de gouttière sophistiqué dans les résidences, ainsi que la connexion de ces systèmes de gouttière/drainage à des systèmes plus vastes dans la ville. Les fluides étaient transportés à travers ces systèmes de gouttières depuis les résidences jusqu'aux fossés dans les rues de la ville.. De plus, il existe d'autres systèmes prévus dans les villes des zones environnantes, ce qui suggère qu'il y a eu une diffusion des techniques de gestion des déchets dans toute la région. Beaucoup de ces systèmes comprennent des chambres de décantation pour atténuer les obstructions qui se produisent souvent dans les systèmes d'égouts.. Ces chambres offrent suffisamment d'espace pour que les dépôts de sédiments s'accumulent sans interférer avec le débit de l'égout. Il existe également en Syrie, des preuves d'autres systèmes sophistiqués de gestion des déchets dans d'autres sociétés par le passé.

Rome antique vignette| Tunnel d'égout romain, Cologne

La Rome antique utilisait des systèmes sophistiqués d'aqueduc et d'évacuation des déchets dans tout son empire. Les ingénieurs de la Rome antique ont créé le Cloaxa Maxima, un vaste réseau d'égouts qui s'est déversé dans le Tibre, entraînant une pollution extrême; qui a elle-même entraîné la contamination de l'eau potable utilisée par les Romains (puisée dans le Tibre). Le besoin d'eau douce a finalement abouti au développement de la technologie des aqueducs. La plus grande portée des aqueducs utilisait généralement des tuyaux en plomb, tandis que les tuyaux dans les villes elles-mêmes, souvent étaient en céramique, en bois et en cuir. Il y avait des différences nettes dans la qualité des pratiques de gestion des déchets entre les classes socio-économiques. L'accès aux systèmes d'égouts, ainsi que la plomberie et d'autres produits de luxe à base d'eau, étaient considérés comme un signe distinctif de statut social. L'accès n'était accordé qu'à ceux qui avaient payé. De plus, les sites archéologiques et les textes anciens témoignent de la première main-d'œuvre européenne de la gestion des déchets. Les tâches accomplies comprennent la collecte des déchets stockés dans les maisons non raccordées au système d'égouts et la vente des déchets aux agriculteurs à des fins lucratives. Les ménages utilisant ces services devaient également payer. Comparés aux systèmes utilisés par les civilisations du Croissant Fertile, les systèmes de gestion des déchets de la Rome antique étaient largement socialement stratifiés, dépendant fortement du statut socio-économique des civils. Cette stratification au sein des systèmes de gestion des déchets s'observe également dans l'Égypte ancienne. Une autre forme unique de gestion de l'eau et des déchets se trouvait dans l'Empire aztèque.

Ère moderne Londres Après le début de l'industrialisation et la croissance urbaine soutenue des grands centres de population en Angleterre, l'accumulation de déchets dans les villes a provoqué une détérioration rapide des niveaux d'assainissement et de la qualité générale de la vie urbaine. Les rues sont devenues étouffées par la saleté en raison de l'absence de réglementation sur l'élimination des déchetsFlorence Nightingale, Selected Writings of Florence Nightingale, ed. Lucy Ridgely Seymer (New York: The Macmillan Co., 1954), pp. 38287. Des appels à la création d'une autorité municipale dotée de pouvoirs d'enlèvement des déchets ont été lancés dès 1751 par à Londres, qui a proposé que le nettoyage de cette ville, devrait être placé sous une gestion publique uniforme, et toute la saleté transportée par la Tamise à une distance appropriée dans le pays. Le rapport de 1851 d'Henry Mayhew, « London Labour and the London Poor », estime qu'à Londres, entre 800 et (arracheurs d'os et ramasseurs de chiffons, les ) vivent dans les logis, les mansardes et les chambres mal meublées des quartiers les plus bas de Londres.

Paris En 1185, incommodé par la puanteur, Philippe Auguste commande au prévôt de Paris, d'organiser avec les bourgeois, le pavage des principales rues de ParisQuatre siècles plus tard, seulement la moitié des rues de Paris est pavée.. Pendant le Moyen Âge, les décrets royaux se succèdent pour améliorer la gestion des déchets. Néanmoins l'absence d'égouts fait que les caniveaux au milieu des rues pavées sans trottoirs servent encore de rigole d'évacuation des eaux de pluie et des eaux usées. Les résidus et déchets trop encombrants sont eux abandonnés dans des dépotoirs aux abords des villes. On appelait « voiries » ces lieux « où l'on portait les ordures, les immondices, les vidanges, les fumiers et les débris d'animaux »..

Jean Chardin, découvrant la Perse, ne peut que constater que les eaux courantes y sont trop rares pour créer des égouts et donc emporter les orduresJean Chardin, Journal du voiage du Chevalier Chardin en Perse. 1686.

Jusqu'au , les immondices à Paris sont jetées à la rue et transportées ensuite aux voiries établies autour de l'enceinte de Philippe-Auguste, système interdit sous le règne de François Jacquemet Gérard. Urbanisme parisien : la bataille du tout-à-l'égout à la fin du , Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 26 , octobre-décembre 1979. pp. 505-548.lire en ligne. De 1750 à 1850, la voirie de Montfaucon est un exemple typique de ces voiries qui dégageaient des odeurs pestilentiellesA-J-B Parent-DuChâtelet (1836): Hygiène publique, ou, Mémoires sur les questions les plus importantes de l'hygiène appliquée aux professions et aux travaux d'utilité publique, Tome premier; à Paris, chez J-B Baillière, Librairie de l'Académie Royale de Médecine, p. 12 ss. Consulté le 23 mars 2018. Lire en ligne.

Un métier de chiffonnier se développe, qui atteint son apogée au milieu du , avec environ en activité sur Paris. Certains déchets et boues urbaines sont mélangés aux contenus des fosses d'aisance pour servir d'engrais (la poudrette)..

Puis, à la fin du , l'industrie utilise de plus en plus les matières plastiques, matériau qui n'est pas ou peu biodégradable ;et l'agriculture les engrais issus de la carbochimie (phosphates fossiles, fertilisation azotée), ce qui entraîne le développement du système des décharges..

Il faut attendre ce même pour que l'hygiène et la salubrité publiques deviennent un véritable sujet de préoccupation. La révolution arrive avec le préfet de la Seine Eugène Poubelle qui met en place un premier arrêté le 24 novembre 1883 obligeant les propriétaires parisiens à fournir à chacun de leurs locataires un récipient destiné aux ordures ménagères. Par glissement sémantique, ces récipients prennent vite le nom de « poubelles ». D'autre part, le pavage des rues devient systématique, les égouts se multiplient et le développement de l'adduction d'eau vise à équiper les ménages mais aussi à nettoyer l'espace publicSabine Barles, L'invention des déchets urbains : France, 1790-1970, Éditions Champ Vallon, 2005..

New-York Au , aux États-Unis, les villes étaient souvent étouffées par le fumier de cheval. Alors que l'odeur était tolérable pour les sensibilités du , marcher dans les rues sans bottes entraînait pour les chaussures une apparence déplorable. Dans de nombreuses villes, faute de ramassage des ordures, les cochons et les chiens se sont échappés, consommant les ordures, mais produisant des excréments, qui sentaient mauvais à leur tour. Des animaux morts, en particulier des chevaux, ont été laissés gisant dans les rues, facilitant les maladies.

voisines.

Des systèmes municipaux similaires d'élimination des déchets ont vu le jour au tournant du dans d'autres grandes villes d'Europe et d'Amérique du Nord. En 1895, le est le premier à devenir public..

Innovations Premiers systèmes de collectes Dans l'empire Ashanti, il existait un département des travaux publics qui était responsable de l'assainissement à Kumasi et sa banlieue. Ils gardaient les rues propres quotidiennement et ordonnaient aux civils de garder leurs concessions propres et désherbées.droite|vignette|Sir Edwin Chadwick

Le premier système organisé de gestion des déchets solides apparaît à Londres à la fin du . Un système de collecte des déchets et de valorisation des ressources est mis en place autour des (les « dépôts à poussière »). Le principal constituant des déchets municipaux était la cendre de charbon (« ») qui avait une valeur marchande pour la fabrication de briques et comme amendement du sol. Cette rentabilité a incité les à récupérer effectivement 100 % des déchets résiduels restants après que les articles et matériaux facilement vendables ont été enlevés par le secteur informel dans les rues (les « », les chiffonniers). Il s'agissait donc d'un premier exemple de gestion organisée des déchets solides à l'échelle municipale. Le système de a fonctionné avec succès jusqu'au milieu des années 1850, lorsque la valeur marchande de la «poussière» s'est effondrée. En Angleterre, Il était important de faciliter une transition relativement fluide vers un système de gestion des déchets solides institutionnalisé et géré par les municipalités.

Au milieu du , pour pallier des épidémies de choléra de plus en plus dévastatrices et sous l'impulsion d'un débat naissant sur la santé publique, la première législation consolidée sur la question émerge. de 1842, par le réformateur Edwin Chadwick, vise à améliorer la santé et le bien-être des populations de la ville, et plaide pour des installations adéquates d'élimination et de gestion des déchets. Les propositions de Chadwick sont basées sur la théorie miasmatique de la transmission des maladies, qui s'avérera fausse au tournant des années 1900. Le de 1846 inaugure ce qui devait devenir le processus en constante évolution visant à fournir une gestion réglementée des déchets à Londres. Le Metropolitan Board of Works est la première autorité municipale à centraliser la réglementation de l'assainissement pour la ville en pleine expansion et la rend obligatoire pour chaque ménage de déposer ses déchets hebdomadaires dans des « réceptacles mobiles » () pour élimination - le premier concept de . Le de manière générale, établit un appareil administratif cohérent pour traiter localement les questions de santé et d'assainissement. Les autorités locales sont tenues de fournir eau courante, évacuation des eaux (drainage) et égouts.

À Paris La révolution arrive avec le préfet de la Seine Eugène Poubelle qui met en place un premier arrêté le 24 novembre 1883 obligeant les propriétaires parisiens à fournir à chacun de leurs locataires un récipient destiné aux ordures ménagères.

Sir Edwin Chadwick en Angleterre et Eugène-René Poubelle en France ont été dans le contexte de l'assainissement dans la société moderne, les deux pionniers dans la compréhension de l'importance de la mise en application des lois et règlements émanant des autorités locales.

Premières usines d'incinération vignette| Four destructor par Manlove, Alliott & Co. Ltd. 1894.